Partition de PAS – Parcours Audio Sensible, partition n°10 « Penser, dire, lire »

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Lecture

Lieu :  En ville, en campagne, ailleurs


Temporalité :  A votre choix


Participant (s): En petit groupe


Spécificité : Une marchécoute dans la pensée d’auteurs

Actions
Préparez un parcours, ou partez à l’aventure
Déambulez en silence, pour laisser s’installer l’écoute
Dans votre sac, des textes, des livres, des citations, parlant de la marche, de l’écoute, de l’écologie… Textes de philosophes, écrivains, aménageurs…
Adaptez le choix des textes aux participants, surtout s’il y a de jeunes enfants
Au cours de haltes, un instant d’écoute immobile puis, des lectures, contextualisées ou non
Faits des lectures sur différents points d’ouïe
Ménagez un temps de libre expression au terme du parcours

Remarques
Il s’agit de frotter la parole, l’idée, la pensée, au lieu, à la déambulation, au groupe.
Chaque trajet d’un point à un autre est marqué d’une pensée qui va animer, stimuler la marche de réflexions multiples, donner aux espaces-temps traversés une coloration mentale singulière.

Quelques auteurs pressentis (non exhaustif)
Jean-Jacques Rousseau, Henry-David Thoreau, Francesco Careri, Walter Benjamin, Leslie Stephen, Philippe Robert, Pierre Sansot, Guy Debord, Thierry Paquot…

Variante                                                                                                                                     
Demandez aux participants d’amener des textes, voire proposez leurs de les lire publiquement

Partitions de PAS – Parcours Audio Sensibles

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Bouger Écouter, Partitions de PAS – Parcours Audio Sensibles, pour marchécouter autrement

Move Listen, Scores for Soundwalks, walk the difference

N°1 https://desartsonnantsbis.com/…/point-douie-partition-de-p…/

PAS – Parcours Audio Sensible pour la World listening Day 2020

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Samedi 18 juillet, jour de la World Listening Day, premier parcours d’écoute de puis le mois de février. Public réduit, trois personnes, mais très belles écoutes.
Un immense parc urbain que connaissent bien tous les lyonnais, et touristes, le Parc de la Tête d’or, 117 ha offrant des zones vertes, un lac, un zoo, une très belle roseraie.
Un lieu idéal pour déconfiner l’oreille au grand air tout en gardant de sages distances.
Et pour trouver une vie acoustique entre joyeuse animation et espaces très apaisés.

Séquences
Partir d’une entrée principale très animée et, rapidement, entendre un grand decrescendo en traversant une pelouse. Les sons de la circulation et voix s’estompent, la marche comme un potentiomètre en fade out…
Longer le lac. Voix d’enfants, canards, pédalo, vélos…
Traverser une petite forêt. Retour au calme, crissement des pas sur des branchages et feuilles sèches.
Une petite ile avec un kiosque et un piano au bord du lac. Quelqu’un y joue maladroitement un air du parrain. Instant magique, hommage à Morricone.
L’entrée d’un passage souterrain permettant d’accéder à une autre ile est fermé. Dommage, c’est un couloir très réverbérant. Nous nous contenterons de le faire sonner en criant depuis la grille.
Traversée de la roseraie, plutôt calme. Les fontaines et ruisseaux sont à sec, des sources de fraicheur manquent à l’oreille.
Un train passe au loin, marquant les du parc en le longeant.
Une allée en sous-bois, de joggers rythment les lieux, martelant le sol sablé. Un bus passe à notre droite, en haut d’un talus.
Dans une clairière, une vingtaine personnes dansent sur un air oriental, guidées par une professeur à l’énergie communicative. Belle séquence surprenante.
Retour à la pelouse et à la grand porte, le petite train touristique dit le Lézard, faisant visiter le parc, arrive avec ses sifflets caractéristique. Un flot de voyageurs en, descend, un autre y monte. Le pilote donne ses dernières consignes au micro. Une ambiance qui me rappelle des souvenirs d’enfance…
Nous rompons le silence et trouvons un banc pour deviser autour de nos ressentis, de l’écoute, des sons ambiants, de la crise sanitaire, des rapports sons et images, de l’écologie, de la marche, de nos activités respectives… Comme à l’habitude, une heure de silence collectif favorise et stimule les échanges qui s’en suivent. Ils en seront d’autant plus riches et sympathiques et participent intrinsèquement, au fil du temps et des déambulations, à la construction d’un rituel marchécouté.

Et après quatre mois sans PAS publics, cela fait vraiment un bien fou de retrouver ces moments de sociabilités auriculaires !

En résonance avec le Festival des Humanités

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La marche urbaine, l’écoute, et les calculs salutaires

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PAS – parcours Audio Sensible – Saillans Drôme – Festival « Et pendant ce temps les avions –  avril 2017

Mon activité de marcheur écoutant, bien que dernièrement drastiquement réduite lors du confinement réducteur de distance, m’a poussé à observer mes co-marcheurs urbains, croisées de chaussées en trottoirs.

Lors de cette crise sanitaire, loin de la meilleure façon de marcher en mettant un pied devant l’autre et en recommençant, nos sourdes anxiétés virales ont très sensiblement transformé nos gestes d’homo-déambulatori.

Tout d’abord, durant la phase de confinement stricte, qui nous a cueilli de façon brutale et assez radicale, l’espace comme la durée, ainsi que les motivations à marcher, y compris pour écouter la ville, se sont drastiquement réduits. Des espaces interdits, confisqués à l’usage du piéton.

Plus question d’aller flâner sur les berges d’un fleuve (fermées) ou de faire du lèche-vitrines de magasins en magasins (fermés). Difficile également de profiter, de jouir d’une décroissance sonore contextuelle. Il fallait agir fonctionnellement et rapidement.

Un kilomètre, une heure, avec une auto-dérogation de sortie en poche pour éviter la verbalisation.

Tout cela à changé radicalement nos habitudes, en tous cas pour ceux qui, comme moi, prenons la cité, et ses abords, comme des espaces d’expérimentations sensibles, où la marche, et pour moi la marche d’écoute, est une forme de jeu exploratoire modulable à l’infini. Et qui plus est, restriction des expérimentations majoritairement collectives, dont la pratique est fortement remise en question par les barrières sanitaires.

On est alors obligé de composer avec ces nouvelles règles, et dés lors de calculer bien plus qu’avant. Il nous faut calibrer notre espaces entre un intérieur très enclos et un extérieur ouvert, mais néanmoins Oh combien rétréci.

Nos calculs porteront sur les distances parcourus, nos périmètres d’arpentages tolérés, attentifs à rester, approximativement, dans les règles, dans les espaces-temps autorisés, surveillés, quadrillés, encadrés… une sorte de nouvelle prison à ciel ouvert. Espace déambulatoire resserré, qui nous pousse parfois à refaire invariablement les mêmes trajets, sécurisants car respectant la proximité imposée, quitte à les user progressivement, sensoriellement compris.

Durant le confinement, et même encore aujourd’hui, alors que celui-ci est sensé être levé, ou assoupli, depuis plus d’une semaine, l’espace public marchable est encore calculé, anticipé, et quelque part rationalisé.

Quand sera t-il opportun de changer de trottoir, de descendre la la chaussée, de se glisser le long d’un mur, pour éviter autant que faire se peut la proximité potentiellement sanitairement dangereuse ? L’ennemi est partout, chez le passant croisé et soigneusement évité.

Comment feinter, sans trop toutefois le montrer, pour ne pas croiser l’autre, danger possible viralement parlant ?

Quels espaces risquant d’être les plus occupés, devraient-on éviter ?

Quelle sera l’heure la plus propice pour faire ses courses, et dans quel commerce se sentira t-on en sécurité, en rencontrant le moins de monde que possible ?

Autant de calculs stratégiques pour éviter, esquiver, ne pas se retrouver nez-à-nez avec l’autre, qui d’ailleurs en fera tout autant.

Des questions, des calculs, des contraintes, qui impacterons non seulement notre façon de marcher, d’écouter, de communiquer, mais notre vie sociale dans sa globalité.

Les stratégies d’esquive et de dérobade, le jeu des masques si je puis dire, loin de favoriser le relationnel, la proximité intime, celle que je recherchais et tâchais d’installer précédemment, de la façon la plus spontanée que possible, dans mes PAS – Parcours Audio Sensibles, se jouent aujourd’hui hélas dans l’évitement et la prise de distance. Une altérité et des sociabilités mises à mal.

Jusqu’à quand ces fameuses barrières sanitaires et sociales nous feront-elles souffrir d’un sentiment d’isolement qui nous réduit à des sortes de particules marchantes et écoutantes individuelles, plus ou moins distanciées et isolées les unes des autres ?`

Ces appréhensions, peurs, du risque encouru au contact d’autrui, au fait de marche et d’écouter ensemble, et parfois-même de se toucher pour mieux s’entendre dureront-elles encore longtemps, créant ainsi progressivement des vides, aussi bien culturels que sociaux ?

Combien nous faudra t-il encore calculer des stratégies de la distance spatiale, sociale, des temporalités, des itinéraires, des contraintes en tous genres, pour retrouver des espaces de sociabilités plus apaisés, plus ouverts ? Et je ne parlerai pas ici, pour ne pas noircir le tableau plus que de raison, des risques climatiques qui fondent sur nous à grande vitesse.

Les réponses ne sont pas des plus évidentes. En attendant, les gestes de marche, d’écoute, de constructions collectives de paysages sonores, tentent de se chercher des failles, des interstices, quitte peut-être à jouer avec les limites, tout en respectant les espaces de libertés de chacun, pour garder un cap préservant de belles écoutes, bienveillantes et constructives.

Lyon le 18 mai 2020

Partition de PAS – Parcours Audio Sensible, partition n°9 « variations covid-19 »

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Lieu :  A vos fenêtres, balcons, terrasses
Temporalité :  A votre choix
Participant (s): Solitaire
Milieu : Urbain ou rural
Spécificité : Une écoute bien cadrée et confinée

Actions immobile :
– Choisissez une fenêtre, un bacon, une terrasse, un coin de jardin
– En regardant au dehors, écoutez, imaginez que vous marchécouter
– Suivez des yeux des promeneurs, mettez vous à la place de leurs oreilles
– Réitérez cette expérience à différentes heures, autant de fois que bon vous semble
– Gardez l’expérience dans un coin de votre mémoire.

Variante 1, mobile
Effectuez un PAS – Parcours Audio sensible en mode solitaire, dans la limite d’une heure et du kilomètre réglementaire autour de chez vous, muni votre autorisation dérogatoire de sortie. Si les forces de l’ordre vous interpellent, prétextez la marche comme activité physique (en rapport avec la case cochée) si vous parlez de PAS – Parcours Audio Sensibles, on ne vous comprendra pas et vous vous exposerez à un amende. La marchécoute devient ici clandestine, et acte de résistance !

 

Entre temps, vous pouvez aussi écoutez vers d’autres fenêtres ouvertes, voire contribuer au projet « Fenêtres d’écoute/Listening windows ».

https://soundatmyndow.tumblr.com/

https://soundatmyndow.tumblr.com/archive

A mon corps marchant, mon oreille écoutante

Nature-Brain

Est-ce l’oreille qui met en branle le pied, le pousse à se mettre en marche, le motive à parcourir, ou bien le pied qui invite l’oreille à mieux entendre, l’oriente, la guide, lui donne des points de fuite, des points d’ouïe ?
En tout cas pour le marcheur écoutant que je suis.

Ou bien encore, plus vraisemblablement, une connivence réciproque, gestes favorisant des espaces-temps de connectivité, décidant pieds et oreilles de faire route ensemble, défrichant des territoires sensoriels entrelacés.

Cependant, cette affirmation me semble encore un peu trop simpliste et un brin réductrice.
Cette dualité complice suffit-elle à mettre en état de marche un promeneur écoutant ?
Le corps entier ne se mobilise t-il pas pour déployer, dans ses espaces d’exploration, toutes sortes d’antennes sensorielles, pour éprouver la résistance et une forme de plasticité du terrain, des choses, des ambiances, et se déplacer comme un réceptacle d’une foule de stimuli sonores, autant que kinesthésiques.
D’ailleurs, le verbe mobiliser a bien, à l’origine, une racine impliquant le mouvement, tout d’abord rendre un immobilier meuble (dans le cas d’un contrat de mariage) puis mettre sur le pied de guerre, et enfin, rassembler, mettre en œuvre, en action… Verbe tonique s’il en fut, pour le meilleur et pour le pire.

Différentes logiques et dynamiques, plus ou moins spontanées, se combinent pour traverser, dans un état d’éveil élargi, ou de veille, au sens premier du terme, des paysages sonores que le promeneur écoutant contribue à modeler, si ce n’est, et c’est souvent ma thèse, de construire a l’envi.
Il trace, dans des cheminements de lignes et des courbes, de repères et d’errances, un entrelacs de parcours possibles, de sentes bruissonnantes, de seuils et de lisières invitant à des marchécoutes sans cesse renouvelées.

Toute une machinerie organique d’interactions stimulantes, sensorielles, corporelles, affectives, nous baignent dans un environnement à la fois complexe, et néanmoins aisément, presque spontanément accessible, à fleur de peau, de tympan.

Ces expériences font émerger des terrains-récits auriculaires, traces/matières à re-composer comme des espaces son-cibles.

Dés lors, le chant d’un oiseau au détour d’un sentier, le grondement d’une cascade qui vient nous cueillir à la sortie d’une courbe minérale, la fontaine glougloutante au fond d’une cour repliée, le volet qui grince et bat au vent d’ouest… seront perçus comme des signaux esthétiques, marqueurs de paysages sonore mouvants, sans cesse en construction.

Ces ponctuations auriculaires, remarquables car émergentes, captées, presqu’isolées par une oreille attentive, influenceront l’écoute, le rythme de la pérégrination, invitant parfois à l’arrêt pour ménager un point d’ouïe, écoute oblige, comme le ferait le regard du haut d’un belvédère.

Les relations étroites nouées au sein d’un corps écoutant prennent ici tous leurs sens, si je puis dire, pieds et oreilles dans un duo sensible.

Le paysage sonore lui-même trouve, dans ces explorations ambulantes, sa propre raison d’être !
Un cheminement parmi tant d’autres, mille-feuilles de strates sensibles, qui nous donnera des repères, teintés d’affects, jalonnés d’indices et d’alertes, dans nos parcours multiples.

Bon pied, bonne oreille !

Points d’ouïe, Paris 8, genres d’espèces et espaces de genres

GENREDEP

Assez tôt le matin, quartier du Télégraphe dans le XXe parisien, je sors prendre un petit-déjeuner sous une belle averse de neige, et me dis que le parcours d’écoute qui s’annonce ce matin devrait nous rafraichir les oreilles.
En en effet…

Arrivé à Paris 8 Saint-Denis, lieu de l’action, après un bon bain de foule sardinée dans le ligne 13, je retrouve deux enseignantes du LEGS ( Laboratoire d’Étude de Genres et de Sexualité) qui mont invité, et avec qui se déroulera un PAS – Parcours Audio Sensible, ainsi qu’avec des étudiants.

Il s’agit cette fois-ci un PAS d’un genre nouveau, que mes comparses universitaires ont pour l’occasion nommé Cont’errance. Ce jeu de mot-valise n’est pas, loin de là, pour me déplaire, et je préviens la rédactrice du texte de présentation que je l’emprunterai volontiers dans certains de mes parcours causerie à venir.
Le but de cette déambulation expérimentale est d’arpenter pour écouter et parler des espaces traversés, sous le prisme du sonore, mais aussi de l’approche d’espaces genrés (ou non), de la place de chacun, des habitus d’un campus… sans toutefois être dans une véritable conférence marchée, plutôt dans un mode causerie dé-ambulante.

Nous alternerons donc les moments de silences, les expériences sensorielles, les jeux d’écoute, des échanges autour de la vie universitaire, via une approche résolument polyphonique, plutôt flexible dans son déroulé.
La conversation embraye d’ailleurs devant un thé et café, alors que les étudiants arrivent. Musicologie, science de l’éducation, sociologie, littérature et genres, les profils et expériences sont diverses. Se joindra à nous un chargé de mission qui travaille sur une étude des espaces publics de l’université, et qui en profitera pour tendre l’oreille vers des lieux qu’il n’appréhende pas habituellement de cette façon.
Nous avons là un petit groupe d’une dizaine de personnes, mais avec un beau potentiel de croisements sensibles.

Quelques lieux et architectures ont été préalablement repérés, tels la bibliothèque, des halls, cours extérieures, passerelles, maison des étudiants, espaces verts peuplés de moutons éco-brouteurs urbains, qui finalement, garderont obstinément le silence.
Nous jonglerons entre intérieur et extérieur au gré d’averses parfois virulentes et d’un bon petit vent frais.

D’acoustique en acoustique, d’architecture en architecture, nous cherchons tout à la fois les ambiances, les signes, parfois genrés – tags, affiches, sons – observons les mouvements d’étudiants, d’ailleurs assez peu nombreux ce matin entre les mouvements de grève et la météo très ingrate.

La bibliothèque nous livre quelques pistes, disparates, sur papier, des écrits et es penseurs, philosophe, sociologues, anthropologues…. Nous aurions aimé descendre dans les incroyables sous-sols techniques, que nous avions déjà exploré lors d’une rencontre précédente, mais la personne habilitée à nous y conduire n’étant pas présente, nous resterons donc hélas en surface.

Entre deux écoutes, les enseignantes commentent le campus à l’aune de leurs recherches respectives, et de l’actualité un brin surchauffée.
Tout cela se mélange dans un sympathique petit chaos qui emprunte des chemins de traverses, lors d’une déambulation qui bouscule quelque peu les pratiques enseignantes universitaires habituelles, ce qui n’est pas pour me déplaire. Un brin de désordre dans l’institution remet parfois quelques idées en ordre de marche.

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Le auvent d’un restaurant abritera temporairement une installation sonore quadriphonique (à quatre haut-parleurs autonomes), à partir de voix et de chants de femmes de différents pays et continents, mixées et spatialisées. Le tout est composé spécialement pour cette déambulation. Genre oblige.
Nous promènerons d’ailleurs un moment ces voix à travers les couloirs et halls, histoire de faire sonner autrement les lieux dans une intime et bavarde polyphonie mobile, et de surprendre les personnes croisées sur notre passage.

Et comme à l’accoutumée, nous ausculterons un espace extérieur à l’aide de stéthoscopes et autres longues-ouïes, malgré le temps capricieux et particulièrement humide.

Cette forme de PAS mêlant silences, marches, points d’ouïe, jeux de l’ouïe et installations, paroles et commentaires, échange autour de ressources écrites ou sonores, est assez vivifiante, dans les marges qu’elle explore, y compris architecturales, sociales et acoustiques. Elle permet une intervention qui questionne l’espace universitaire et ses pratiques, entre approche sensible, histoire des lieux, usages, aménagements et cohabitations humaines, dans les tensions sociales et politiques du moment, et comme une appréhension spatio-temporelle vivante… tout en restant dans une approche privilégiant le sensible.

Avec certains, en fin de parcours, nous avons longuement continué à échanger, à réfléchir, à nous questionner. Que reste t-il vraiment de l’espace public et des libertés d’action et d’expression qu’il pourrait nous offrir, au travers les tensions qui le traversent et le secouent régulièrement, les emprises institutionnelles et politiques ?
Quelles sont les modes d’interventions, dans des espaces politiques et sociaux complexes, surveillés, encadrés, les désobéissances civiles, militantes, qui résisteraient à une instrumentalisation paupérisante ou à un violente chape de silence ?

Cette journée passée à tendre l’oreille et déployer la parole dans une ambiance universitaire marquée de mouvements sociaux, conforte en moi le fait que travailler sur le paysages et les écosystèmes sonores, au-delà de leurs esthétiques, d’une approche écosophique, ne peut faire l’économie du geste politique, tant s’en faut. Ce qui me questionne à nouveau sur les leviers d’action, de résistance, de militance, pacifistes, à commencer par le niveau dans lequel j’interviens, le monde des sons et de l’écoute, à leurs portées, si modeste soit-elle, et intrinsèquement, à leurs limites.

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PAS – Parcours Audio Sensibles et Points d’ouïe, vers des territoires élargis

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Durant des années, l’écriture et la pratique de PAS – Parcours Audio Sensibles ont été essentiellement liées, en ce qui me concerne, à des approches esthétiques et écologiques, notamment dans la construction de paysages sonores et de points d’ouïe partagés.

Ces marchécoutes collectives s’appuyaient, et d’ailleurs s’appuient encore, sur des notions de paysage/musique et d’écologie sonore, questionnant plus largement le monde de l’écoute, des sociabilités, aménités et sensibilités auriculaires.

Aujourd’hui, au fil des rencontres et des échanges, sans renier ni abandonner les problématiques initiales, les questionnements que soulèvent les PAS élargissent les problématiques vers de nouvelles sociabilités à portée d’oreille.

Je reste évidemment dans un modeste rôle de promeneur écoutant, metteur en situation d’écoute, pratiques dans lesquelles j’ai je pense une certaine expérience et un savoir-faire forgé au fil des expériences, même si mes PAS m’amènent à des hybridations et des croisements où l’écoute in situ se frottent à diverses situations.

M’appuyant sur les actions passées, celles en cours et celles à venir, je citerai de façon non exhaustive quelques domaines élargis, où s’aventurent, généralement collectivement, pieds et oreilles, tels  que :

la santé, physique ou mentale, le bien -être

les espaces publics et les études de genres, la place de chacun dans les espaces piétons

la sécurité, l’insécurité, la surveillance

l’esthétique paysagère

La ville underground, résonances et trivialités

l’architecture sonore,écoutée, l’aménagement du territoire

la qualité d’une belle écoute, les zones acoustiques privilégiées pour la communication orale

la muséographie, ou muséophonie

l’eau, le végétal, bruissonnances

les cartographies et représentations sensibles

l’univers de la nuit

les rapports zones calmes, ilots de fraîcheur

le tourisme culturel, sensible, l’écotourisme

l’écologie sonore, l’écosophie

le patrimoine immatérielle, entre autre sonore

l’écoute et le sacré

les mobiliers et bancs d’écoute

la littérature, la philosophie, la marche

les réseaux d’activistes marcheurs

la création artistique et le projet culturel en espace public

les personnes porteuses de handicaps, publics empêchés (hôpitaux, prisons…)

les populations migrantes…

Je ne prétends absolument pas être un spécialiste, loin de là, de ces multiples questions sociétales, et encore moins apporter des réponses dans des secteurs et pratiques que je ne connais et ne maitrise pas suffisamment. Je tente simplement, par la pratique du Parcours Audio Sensible, de développer une oreille curieuse, des écoutes collectives, vers différents territoires, entre déambulations sensibles, Conf’errances, rencontres croisées avec différents chercheurs-euses, acteurs-trices, arpenteurs-teuses, habitants-es et autres pratiquants-tes de l’espace public.

C’est un terrain tourné vers des formes de recherches-actions, stimulées par une bonne dose d’altérité, des expériences passionnantes, portant l’oreille vers des paysages fluctuants, entrelacés, hybridés, complexes.

C’est une invitation à des PAS de côté, des chemins de traverses, voire ses façons de se perdre pour tenter de mieux se re-trouver, autrement.

Parcours Audio Sensibles nocturnes, nuits sur écoute

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@photo GMVL – Le paysage sonore dans lequel nous vivons – Projet Européen Erasmus+

En préambule, donner à entendre, la nuit

Entendre, la nuit.

Écouter est une activité qui peut nous sembler naturelle, plus ou moins consciente, presque vitale dans certaines circonstances, ou tout au moins des plus importantes dans des relations sociales au quotidien.

Écouter son environnement, au-delà des situations de crise, d’agression et de pollution sonore, est un geste moins habituel qu’on pourrait le penser de prime abord.

Mieux comprendre comment fonctionnent des écosystèmes, territoires acoustiques, à l’aune de notre écoute, et les apprécier d’autant plus qu’ils nous sont ou deviennent familiers, décryptables, est encore une étape supplémentaire, une forme de (re)connaissance sensible, élargie, de son milieu.

Ce qui ne doit pas pour autant occulter la magie de l’écoute instinctive, intuitive, spontanée, liée au seul plaisir d’entendre, ou de bien s’entendre.

Le territoire, ou paysage sonore, diurne ou nocturne, est bien souvent ignoré, passant généralement au second plan de la chose vue, et restant semble-t-il plus difficile à cerner du fait de sa non visibilité, de son côté sans cesse mouvant, instable, souvent imprévisible, et de son immatérialité avérée.

Pourtant il existe bel et bien des constantes, des agencements récurrents, tout comme des singularités signant un espace sonore, qui de fait, devient plus identifiable, et dissociable d’un autre, et où l’on peut plus facilement trouver sa place en temps que résidant auditeur. Qui plus est la nuit

Un centre-ville n’est pas une zone portuaire, une montagne ne sonne pas comme une plaine, une forêt ne résonne pas comme une place publique minérale, les langues et dialectes, accents et expressions locales consolident des formes d’appartenance, les cloches et les fontaines ont de vraies personnalités, et s’ancrent dans les espaces acoustiques qui les transforment autant que ces dernières colorent et façonnent leurs environnements. Réciprocité acoustique.

La nuit, bien évidemment, ne sonne pas comme le jour.

Comment, via un PAS – Parcours Audio sensible, nous pourront marcher, arpenter, pour mieux entendre, écouter, mettre en place un processus de partage d’expériences sensibles ?

Comment faire pour que ces marchécoutes, en l’occurrence nocturnes, contribuent à faire émerger la conscience de paysages sonores, à la fois quasiment universels et pourtant Oh combien singuliers.

Nous nous attacherons ainsi à l’écoute d’ambiances urbaines nocturnes.

 

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@photo Séverine Bailly – PAS Parcours Audio Sensible nocturne à Crest (26)

L’instant du paysage sonore nocturne

En règle générale, la nuit amplifie les ressentis, sonores y compris.

Je citerai ici, pour illustrer le propos, le beau titre d’une œuvre musicale d’Arnold schœnberg « La nuit transfigurée ».

Pourrait-on parler ici de nuit transonifiée?

Une nuit écrin de l’audible, support du sonore, scène acoustique à ciel ouvert, à 360°, espace propice à des sources sonores qui agenceraient les sons urbains sous nos pas, lors d’un parcours d’écoute, pour nous donner une forme de sérénade singulière, dédiée tout particulièrement aux promeneurs écoutants noctambules.

L’apaisement sonore que connaissent certains lieux, surtout lorsque la voiture tend à déserter la cité, l’obscurité tombante et la transformation, l’installation d’ambiances lumineuses, donnent de nouvelles colorations à la ville, jusque dans ses atmosphères auriculaires.

Tout marcheur urbain connaît le plaisir de la bascule sensorielle, progressive, celle qui s’effectue entre chiens et loups, jusqu’au moment où l’oreille, et les autres sens, entrent pleinement dans l’univers nocturne.

Un sentiment d’immersion sensorielle, acousmatique1 pourrait-on dire, nous imprègne dés lors, faisant émerger de nouvelles sensations.

Expérimentons ici l’inouï, au sens littéral du terme, celui nimbé de pénombre.

Parcourons des espaces parfois plus feutrés, plus intimes, laissant la place à de douces émergences, à des ambiances acoustiques sereines.

Jusqu’à ce que parfois, un son anodin, le claquement des pas sur le pavé, d’un briquet, réverbéré pas la minéralité urbaine, puissent prendre une connotation inquiétante, sinon anxiogène, différente en tous cas qu’elle ne l’aurait été en journée.

La nuit porte conseil dit-on, elle porte aussi, et fait porter les sons dans de plus vastes espaces laissés libres, ou rendus plus disponibles, par la disparition, ou l’estompage de nombreuses sonorités diurnes.

Une forme de désaturation acoustique se fait sentir, ce qui ne peut que nous profiter, dans une société prônant la vitesse et la démultiplication galopante des média.

Il nous est parfois nécessaire de vivre un desépaississement urbain, y compris par l’oreille et la lenteur de la marche.

Le temps de la nuit est sans doute un instant privilégié pour cela.

Dans l’idée d’une certaine poésie liée au climat nocturne, si on prend le temps d’en rechercher les aménités paysagères, l’oreille n’est certainement pas en reste.

Bien sûr, tout n’est pas si simple.

L’apaisement du jour tombant faisant mieux ressentir, voire entendre les émergences sonores, la fraicheur invitant le badaud noctambule à converser dans l’espace public, voire à y fêter quelques esprits de la nuit, font que certains conflits d’usage peuvent naitre et perturber la vision, et en l’occurrence l’audition, d’une douce nuit enchanteresse.

Mais prenons ici le parti de rechercher, d’explorer, d’expérimenter, à travers une marchécoute nocturne et collective, un PAS – Parcours Audio Sensible, le partage de sensibilités et d’aménités audio-paysagères, à fleur de tympan, plutôt que les espaces pouvant être perçus comme négatifs.

1Nom donné aux disciples de Pythagore qui, pendant 5 années, écoutaient ses leçons, cachés derrière un voile, sans le voir.

Se dit d’un bruit que l’on entend sans voir les causes dont il provient.

 

1Nom donné aux disciples de Pythagore qui, pendant 5 années, écoutaient ses leçons, cachés derrière un voile, sans le voir.
Se dit d’un bruit que l’on entend sans voir les causes dont il provient.

Invitation à des  Conf’errances et PAS – Parcours audio Sensibles

Une Conf’errance, entre silence(s) partagé(s) et échange(s).

Un PAS – Parcours Sonore Audio Sensible nocturne dans une ville, un quartier, un site spécifique, d’après repérage.

Un parcours en fonction de ce qui se passe, des sons qui se déroulent en chemin, des accidents et aléas auriculaires.

Une heure de marche silencieuse, ponctuée de Points d’ouïe (pauses, lectures, objets et postures d’écoute), suivie d’un échange autour des partages de ressentis, notions de paysages sonores et d’écologie acoustique…

Jauge public : Dans l’idéal, 20 à 30 personnes maximum.

Possibilité de faire plusieurs marches sur différents jours, dont une diurne pour comparer les ambiances nuit/jour.

 

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@photo Ienka Kastelein – Night Soundwalk – Made of Walking 2018– La Romieu (Gers)

Liens – Carnets de notes et de sons autour de PAS nocturnes

Charleroi by night

De rives en rives, Walk Dating Nocturne

« Les Temps d’Arts » est levé, deux nocturnes

Loupian et les chants de la nuit

PAS – Parcours Audio Sensible nocturne à Lyon Vaise

Oasis sonores et traversées nocturnes

Point d‘ouïe nocturne bastiais, les oreilles au vent !

Victoriaville, souffles et chuintements nocturnes

Points d’ouïe nocturnes

Nocturne montoise (sons)

Une petite Nuit de bout à Lyon (sons)

Mons le son, nuit centrale (Sons)

Nuitées (sons)

Soir de pluie (Sons)

Promenade nocturne dans les couloirs et jardin de l’Hôpital de l’Hôtel-Dieu à Lyon (Sons)

Parc Roquette nocturne (Sons)