PAS – Parcours Audio Sensible pour la World listening Day 2020

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Samedi 18 juillet, jour de la World Listening Day, premier parcours d’écoute de puis le mois de février. Public réduit, trois personnes, mais très belles écoutes.
Un immense parc urbain que connaissent bien tous les lyonnais, et touristes, le Parc de la Tête d’or, 117 ha offrant des zones vertes, un lac, un zoo, une très belle roseraie.
Un lieu idéal pour déconfiner l’oreille au grand air tout en gardant de sages distances.
Et pour trouver une vie acoustique entre joyeuse animation et espaces très apaisés.

Séquences
Partir d’une entrée principale très animée et, rapidement, entendre un grand decrescendo en traversant une pelouse. Les sons de la circulation et voix s’estompent, la marche comme un potentiomètre en fade out…
Longer le lac. Voix d’enfants, canards, pédalo, vélos…
Traverser une petite forêt. Retour au calme, crissement des pas sur des branchages et feuilles sèches.
Une petite ile avec un kiosque et un piano au bord du lac. Quelqu’un y joue maladroitement un air du parrain. Instant magique, hommage à Morricone.
L’entrée d’un passage souterrain permettant d’accéder à une autre ile est fermé. Dommage, c’est un couloir très réverbérant. Nous nous contenterons de le faire sonner en criant depuis la grille.
Traversée de la roseraie, plutôt calme. Les fontaines et ruisseaux sont à sec, des sources de fraicheur manquent à l’oreille.
Un train passe au loin, marquant les du parc en le longeant.
Une allée en sous-bois, de joggers rythment les lieux, martelant le sol sablé. Un bus passe à notre droite, en haut d’un talus.
Dans une clairière, une vingtaine personnes dansent sur un air oriental, guidées par une professeur à l’énergie communicative. Belle séquence surprenante.
Retour à la pelouse et à la grand porte, le petite train touristique dit le Lézard, faisant visiter le parc, arrive avec ses sifflets caractéristique. Un flot de voyageurs en, descend, un autre y monte. Le pilote donne ses dernières consignes au micro. Une ambiance qui me rappelle des souvenirs d’enfance…
Nous rompons le silence et trouvons un banc pour deviser autour de nos ressentis, de l’écoute, des sons ambiants, de la crise sanitaire, des rapports sons et images, de l’écologie, de la marche, de nos activités respectives… Comme à l’habitude, une heure de silence collectif favorise et stimule les échanges qui s’en suivent. Ils en seront d’autant plus riches et sympathiques et participent intrinsèquement, au fil du temps et des déambulations, à la construction d’un rituel marchécouté.

Et après quatre mois sans PAS publics, cela fait vraiment un bien fou de retrouver ces moments de sociabilités auriculaires !

En résonance avec le Festival des Humanités

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L’oreille, ses gares, mais ne s’y perd pas

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Un de mes topos acousticus préférés, les gares

Des espaces entre-deux, ferraillant, cliquetant, bipant, sifflant, grondant, parlant, vociférant, chuchotant

Une impressionnante collection de sonorités humaines mécaniques, médiatiques

Des flux, et reflux, en veut-tu en voilà

Des acoustiques dedans/dehors, ni vraiment dedans ni vraiment dehors, des entre-deux, ambiances neutres, sèches ou réverbérantes

Des annonces, sonals1, haut-parleurs plus ou moins efficaces, parfois brouillons, façon Jacques Tati, annonces et dés-annonces, messages et contre-messages, et ces temps-ci, consignes pour les mesures de précautions sanitaires anti pandémiques moult fois répétées

Une de mes gare expérientielle à l‘oreille, Vaise, 9e arrondissement lyonnais, terminus de la ligne de métro D, extrémité nord de la ville, petit laboratoire d’écoute appliquée

Un nœud intermodal (métros, trains, bus,voitures, deux-roues, piétons), générant un trafic soutenu, et des afflux en pics ponctuellement répétés

Une position stratégique, un point d’ouïe remarquable bien déterminé

Entre-deux dedans/dehors

Couloir couvert arrêt de bus

Au pied d’un talus juste sous la gare de Vaise SNCF, les trains passent au-dessus de l’écoutant

Vers 18 heures, heure flux assez bouillonnante

Un banc d’écoute

Des bus devant, derrière, un banc entre deux voies de bus, comme sur une ilot central

Des métros en-dessous

Des voyageurs en transition, parfois en conversation

Un grand mixe de moteurs, ponctuels, très spatialisés, des trains en échos aux bus, et inversement, derrière, devant, dessus, de gauche à droite et vice-versa, une belle rythmicité qui reste cependant très lisible à l’oreille

Des signaux sonores émergents, bips des trains, fermetures et ouvertures des portes, annonces de départ

Des passages ferraillants, trainée sonore véloce, déferlante acoustique, rapidement à son paroxysme, et aussi rapidement décrue, puis disparue de notre champ auditif

Des grilles d’aération sur les chaussées des couloirs de bus qui claquent joliment

D’autres aérations, suspendues sous une voûte

Des portes automatiques qui ouvrent et referment des espaces ainsi resserrés ou agrandis, presque à géométries auriculaires variables

Une sorte de symphonie qui nous transporte en commun, juste assis sur un banc stratégiquement choisi.

1Mot valise Son-Signal pour franciser le terme de Jingle. Employé notamment pour les indicatifs sonores des gares, aéroports…

Auricularités paysagères kinesthésiques

Gilles Malatray ( desartsonnants)
PAS – Parcours Audio Sensible – Soundwalk « Titre à venir Centre d’Art Contemporain de Lacoux (Fr 01)

 

Faire avancer un travail, c’est sans cesse le requestionner, le remettre dans un champ de problématiques qui évoluent au fil du temps, et des expériences.

Quelques questions récurrentes, dont je me suis fais miennes, m’aident à garder une dynamique évolutive, à ce que je nommerai ici un projet d’auricularités paysagères kinesthésiques.

L’écoute, comment ça marche ?

Comment avance t-elle entre ses mobiles et ses mobilités ?

Et avec ta ville, comment tu t’entends ?

 

RUSSIA
PAS – Parcours Audio Sensible – Soundwalk – Festival « Around Sound 2019 » Kaliningrad Russia

 

To advance a work is to constantly requeste it, to put it back in a field of problems that evolve over time and experiences.

Some questions, which I have made myself, help me to keep an evolutionary dynamic, what I will call a project of kinesthetic landscape auricularity.

Listening, how does it work, and walk?

How is she moving between her motives and her mobility?

And with your city, how do you get along, or listen ?