Chemins de travers

Mes mots réseaux écoutes en coin…

 

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©Martin Savoie

Des mots bâtisseurs, entre contes et récits

Ne pas prendre les voix, ni les voies les plus logiques, les plus sages, pour se perdre en conjonctures stimulantes.

Des mots et démos…

Tordre le cou aux dires, les prendre au pied de la lettre, leurs faire dire ce qu’ils ne voudraient surtout pas dire…

Des mots pour (ré)activer d improbables réalités, car trop résolument fuyantes.

Des mots qui tentent de produire du récit (presque vérité) ou du conte (presque imaginaire), ou du contre (presque pas), ou les trois entremêlés pour féconder une extrapolation hybride.

Lâcher l’hybride, il revient au galop !

Je marche de concert, sans OGM (oreilles Génétiquement Modifiées), mais avec OGM (Oreilles de Gilles Malatray), steppe bye steppe, par ouïe-dire et ouïe-faire, ouïssiblement – connaître son ouïr de gloire sans pour autant prendre la grosse oreille.

Lobe-trotters, j’assume…

Le mot pour déclencher du rêve d’espaces, qui peut devenir expérience, et pourquoi pas projet, et pourquoi pas réalisation, et pourquoi pas trace, et pourquoi pas rien de tout cela, voire rien tout court…
Mot pour mot…

Œil pour ouïe, je suis l’écoute du regard.

Il n’est jamais trottoir pour bien faire… Et pourtant, les péripatéticiens… Jusqu’au Lycée marchèrent…

Mais ça rime à rien disait un poète un brin trop à droite, limite extrême… Contresens ou impasse ?

Le mot comme tentative de détournement anachroniquement inspirant

ZEN : Zone d’Écoute Naturelle

ANPE : Agencement Naturel Pour l’Écoute

ZAD : Zone Acoustique Déterminée

PAS : Parcours Audio Sensible – Oui je sais, il existe déjà celui-ci, c’est même me semble t-il un certain Gilles Malatray qui l’a commis.

OASIS : Organe Auriculaire Sans Intrusion Saturante

IPON : Inauguration de Points d’Ouïe Narratifs

VILLE : Voix Imaginaires Liant Les Échos…

Réseaux en marche

Marcheurs, à votre sentier les oreilles !

Des réseaux de réseaux

Passons en mode réseau.

Des réseaux sociaux dans un premier temps.

Évitons les asociaux.

Oui, je sais, on peut y déblatérer sa vie, ses misères, angoisses, phobies, lubies et orbi, vindictes, discourir sur la broutille, commettre d’insipides inepties, ou pire, désinformer sciemment, ou non…

On peut tendre des filets, des perches, pour noyer le poisson, jouer du verbe, attirer, sirène, vers soi de potentiels amis, alliés, altruistes, alter ego, écoutants complices, ou combattants…

On peut construire sur du presque rien des récits farfelus dont le vide apparent, contre toute attente, contre toute entente, fertilisera nos gestes, réflexions, contacts embryonnaires ou à venir, ou utopiques…

…Le vide sonne comme un foisonnement de matières…

On peut également, à une lettre près, dynamiser ou dynamiter, ou les deux, nombre de projets. Peut-être qu’une action ne va t-elle pas sans l’autre dans la chaine détruire/construire.

On peut réseauter en méandres encyclopédiques, sauter d’un mot à un autre, du mot à l’idée, ou au concept, du concept à la page, de la page au volume, du volume au portail, du portail à la liste, de la liste au fichier, du fichier au mot…

… J’écoute le temps qu’il fait, tout en faisant faisant la sourde oreille à une époque dont l’avenir se présente déjà comme chose révolue, ainsi qu’en ignorant tout marqueur sonore susceptible de crédibiliser un paysage sonore digne de ce nom… Provocation ?

On peut traficoter des contresens, et jusqu’à des non-sens post carrolliens, à tel point qu’il en restera toujours quelque chose à bricoler sur le terrain, même si juste un murmure informe.

… Chuuuuut, j’écoute en silence des bribes de mes marches nocturnes, peuplées de rêves parties, que les mots sonnent comme une cloche sans battant…

Quant aux réseaux humains…

L’avis ne fait pas le moine.

Le réseaux de chair et de sang, d’écoutes intimes et/ou indiscrètes, et de mal entendus, sans parler des qui à propos, parlent en sourdine, ou claironnent sans complexe… Réseau tympanique, en cochlées labyrinthiques… Réseaux complexes de par la mixité des voix brouillées de super positions…

Le mot participe du récent récit réseau, à l’écoute que coûte, aux jeux de l’ouïe en spirales piégées, avec le risque de retourner à la case Arrivée.

Atelier d’écoute partagée à ciel ouvert

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Un artiste marcheur, promeneur écoutant notamment, promène son atelier avec lui, le plus souvent au grand air, à ciel ouvert, à 360°…

Son atelier est ville, ruisseau, forêt, village, fleuve, montagne, prairie, périphérie, belvédère, passage souterrain, monument, cour intérieure, parc, rivière, couloir, église, sentier…

Ses complices sont le vent, l’eau, les oiseaux, le soleil, les hommes, les échos, la faune furtive, les arbres bruissants, les sols gelés, les voix, la pluie, les cloches, le souffles des ventilations urbaines, l’orage, les pas, les respirations, la vie…

De son atelier en marche, il ouvre régulièrement les portes aux paires d’oreilles de bonnes volonté !

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Parcours en corps

PAS – Parcours audio Sensibles
Parcours en corps

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©Collectif Abi/Abo – Intervention « Sommes nous libres ? » – Givors 2015

Le glissement sémantique
De la balade sonore au Parcours Audio Sensible, n’est pas anodin
Au delà du PAS jeu d’acronymie
La balade est frivole
Le parcours part d’un point
Pour aller vers un autre
Même erratique
Il construit le marcheur
Que je suis – polysémie…
Mon parcours, intime, ou même partagé
Peut-être initiatique
L’après n’est plus comme avant
Audio
J’écoute
Action au centre de l’action
Le paysage n’existe que parce que je l’écoute
Audio
Parce que nous l’écoutons
Audi nos
Et plus fortement si on le partage
Sensible
Un élargissement de l’écoute
Pas seulement les oreilles
Parcours des odeurs,
Parcours des images
Parcours de choses goûtées
Parcours de choses touchées
Des choses caressées,
Parcours kinesthésique
Le sol sous mes pieds
Vibrations du chemin
J’imprime une allure
Une perception des espaces
L’air sur mon visage
Le trajet dans la ville
Ou ailleurs
Comme une carte interne
Carte de l’étendre
Ambulavero ego
Parcours en corps…

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©Dragan – Flickr

PAS – Parcours Audio Sensibles en territoires humanistes

L’Astrée de châteaux en collines, de forêts en rivières

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La cloche surmontant la chapelle  du château de Goutelas

Retour sur deux belles journées au château de Goutelas en Forez (42).
Tout cela commence par des déambulations au cœur de cette demeure Renaissance, l’un des fiefs de l’humanisme, construite par Jean Papon (1505 – 1590), Juriste humaniste avisé. Cette visite est conduite et commentée par la passionnée présidente du Centre Culturel de Rencontre qu’abrite ces lieux.
Une histoire singulière où un château quasiment en ruine est légué à un village par un agriculteur, à condition qu’il devienne un lieu de culture ouvert au public.
Puis une incroyable restauration dans les années 60, entreprise par une équipe de juristes et d’intellectuels lyonnais, emmenés par Paul Bouchet, ainsi que d’ouvriers et de paysans locaux, de maçons italiens, d’artistes tels le mime Marceau, Duke Ellington, Bernard Cathelin, retroussant ensemble leurs manches ou militant pour faire connaître et redonner au bâtiment son lustre d’antan.
Duke Ellington lui-même viendra séjourner à Goutelas, y donnera un concert au piano solo, chose rarissime, et composera en dédicace de ce lieu et projet qui l’ont conquis la Goutelas-Suite.
La bâtisse, en H (comme Humanisme), est perchée à flanc des coteaux des Monts du Forez, dominant la vallée où coule le Lignon, capricieuse et sinueuse rivière sinuant dans une quiète campagne.
Il a neigé précédemment, quelques jours avant mon arrivée. Les alentours sont recouverts d’un manteau blanc scintillant sous les belles lumières d’un soleil hivernal et d’un ciel bleu, complices.
Le château voisine un autre bâtiment lui aussi Renaissance, beaucoup plus imposant et célèbre, la Bâtie d’Urée. C’est dans ces paysages, villages, châteaux, buttes volcaniques, hameaux, que se situe le célèbre roman fleuve, l’Astrée d’Honoré d’Urée. Une inextricable intrigue pastorale de plus de 5000 pages, tissant des aventures amoureuses d’un berger et d’une bergère, où mythologie, philosophie, poésie et autres arts, nous content des amours contrariés, des guerres, des embrouilles politiques, des critiques esthétiques… On y retrouve les utopies humanistes liées à l’Arcadie, territoire originellement Grec, qui a donné naissance, à la Renaissance à de multiples terres utopiques, lieux de l’Age d’or, de Florence aux parcs de Weimar en passant par le Forez.
ET IN ARCADIA EGO.
Des chemins, des stèles, des bornes, des sentiers, un aménagement piétonnier au cœur des paysages foréziens, nous permettent de parcourir ces utopies de paradis perdus en même temps que les cheminements, entre amours et autres batailles, relatés dans les paysages de l’Astrée.
Une autre promenade nous emmène autour du château de la Bâtie d’Urée, près du Lignon dont on peut lire les nombreux passages fluctuant au fil du temps, laissant des bras morts qu’il réempruntera peut-être d’un jour à l’autre.
Il glougloute joliment en se faufilant entre des vernes et des peupliers qui le bordent respectueusement.
Il faut bien reconnaître que les paysages enneigés que je découvre, au fil des sentiers, sont tout simplement magnifiques.
Tous au long des promenades, les sons de pas crissants sur la neige gelée et des plaques de glace rythment nos parcours d’une lancinante percussion, qui nous relie auriculairement et physiquement au paysage.
Revenons sur les bords méandreux du Lignon, ce dernier étant au trois-quart gelé, vers midi, alors que le soleil parvient difficilement à réchauffer son cours quasi figé.
Ici se produit une scène sonore des plus surprenantes que je n’ai jamais encore entendue jusque là.
La glace réchauffée, émet moult craquements, gémissements, se fendille en de sonores micro fissures et brisures. Nous sommes au creux d’une méandre très accentuée, et ces craquèlement nous entourent, devant, derrière, à gauche, à droite… C’est un concert à la fois tout en finesse et très spectaculaire, instant magique s’il en fût.
Et comme souvent, je peste contre moi-même, n’ayant pas amené mon magnétophone lors de cette marche !
Autre agréable surprise, à quelque mètres de ma chambre, dans le haut du château, une porte donne sur le sommet d’une petite terrasse, tourelle campanile, où est installée une cloche dominant la vallée.
La lumière rosée du jour levant la nimbe de couleurs et de lumières délicates, faisant ressortir les moindres détails de ses gravures en relief.
Loger à deux pas d’une belle dame d’airain contemplant un paysage qui s’éveille doucement sous son manteau de neige, ne fait que renforcer le plaisir de mon séjour.
Au fil des promenades et discussions, il s’agit de concocter un, plutôt plusieurs PAS, dans le cadre d’une rencontre internationale autour du paysage, organisée, à l’automne prochain, par le Centre Culturel de Rencontre de Goutelas. Des promenades écoutes commentées, racontées, ponctuées de lectures autour du paysage sonore, de son histoire, de ses multiples constructions plaçant l’homme au cœur-même de l’écoute…

Paysage sonore humaniste ?
La preuve en est dans cette éthymologie reliant Grèce antique et Forez Renaissance:
CÉLADON (berger héros de l’Astrée): du grec keladon, « sonore, retentissant ».
kelados désigne le chant et le cri, le bruit naturel du fleuve, de la mer, du vent : Céladon développe à travers son nom le symbolisme de la rivière dont le bruit chante (ou crie). Keladôn est le nom d’une rivière d’Élide chez Homère ou d’Arcadie chez Callimaque et Théocrite (assimilable au Ladon actuel), puis le nom de personnages chez Homère et Ovide.
Céladon, « la rivière qui chante », se jette dans la rivière comme dans un miroir (image baroque) et mêle aux flots du Lignon la poésie arcadienne.

C’est donc un projet passionnant, de par sa thématique, la beauté des paysages ambiants, les rencontres passées et à venir, qui me fait convoquer l’esthétique, l’écologie (sonore), l’histoire, par le petit et le grand bout de l’oreillette, toute emprunte d’humanisme. Le fait de remettre l’homme au centre du paysage (au sens large du terme, y compris sonore), dans une époque qui en a souvent grand besoin, est déjà pour moi une belle action à entreprendre.

http://www.chateaudegoutelas.fr

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Goutelas - Paysages sonores

PAS – Parcours Audio sensible, à la recherche de l’ordinaire extraordinaire

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Il y a quelques jours, nous avons emmené, avec Nomade Land, au cours de plusieurs PAS de jeunes étudiants en première année de BTS.
Les professeurs me dirent en préambule que ces promenades s’inscrivent dans un projet qui s’amorce autour de « l’extraordinaire ».
Vaste sujet s’il en est.
Donc je me demande logiquement en quoi mes PAS sont extraordinaires, ou si je dois pour l’occasion les rendre moins ordinaires, donc un peu plus extra-ordinaires.
Mais aussi qu’est-ce que, pour moi, promeneur écoutant, l’extraordinaire ?
Simple réponse, voire simpliste réponse, c’est sans doute ce qui sort de l’ordinaire.
Bien et alors, la marche est un acte somme toute ordinaire.
Écouter est un geste également ordinaire, sauf pour, comme aurait dit Brassens.
Par contre, écouter en marchant, ou marcher en écoutant, devient quelque chose de moins… habituel, donc d’un peu plus extra-ordinaire.
Si l’on ajoute le fait de faire cela en groupe.
Et qui plus est en silence.
Et sur une durée qui peut être parfois bien plus importante que les 3 minutes formatées au standard des radio/télés/chansons, alors là…
Nous tenons peut-être un tout petit début d’extraordinaire, restant néanmoins à portée d’oreilles, au coin de la rue.
Cela reste , dirais-je, un extraordinaire assez ordinaire.
Alors il me faut creuser un peu plus.
Par exemple, aller écouter dans des lieux improbables.
Au pied d’un tunnel routier vouté, en pierre, assez ancien, très pentu, écoutants tapis dans un recoin sombre, en principe interdit au public piétonnier, pour pimenter l’affaire.
Au fond d’un jardin urbain bien caché, assez peu visité, surtout en ce jour glacial, avec la bise qui nous cingle les oreilles.
Dans une cour étroite, reculée, planquée derrière des portes de bois apparemment closes…
L’attention est alors mobilisée ici par l’insolite des situations.
Allons plus loin, si vous demandez à chacun de tourner le dos à la rue, dans le tunnel par exemple, les sons nous submergent, parfois violemment, par surprise.
Si vous faites la même chose avec des lunettes aux verres floutés, ou dos à dos, ou assis sur des sièges pliants… Si vous recherchez des situations étranges, paradoxales, un peu « barrées » comme m’ont dit certains jeunes étudiants…
L’ordinaire se fait plus… moins ordinaire sans doute. Et cela sans pour autant chercher à l’expliquer, à le montrer, le démontrer, à convaincre les auditeurs, et même à se forcer à employer ce qualificatif (extraordinaire), à le placer à tout prix dans une belle phrase, pédagogiquement correcte.
De plus, il nous faut faire confiance aux caprices des sons. Et en l’occurrence, ils savent nous jouer bien des tours.
Je reviens à mon tunnel, une voiture aborde la longue et raide pente pavée – une ancienne voie de funiculaire au pied de la Croix-Rousse, les lyonnais la reconnaitront certainement- le tout à vive allure. Grondement subit, puis une longue trace de basse profonde qui s’éloigne dans une réverbération des plus spectaculaire. je vous assure, c’est vraiment l’effet ressenti.
Mieux encore, une moto monocylindre, type Harley Davidson, vous entendez ce que je veux dire, qui aborde le tunnel plein gaz, dans une puissante vague, une déferlante sonore incroyable. C’est fort, très fort, dans tous les sens du terme, mais c’est beau, c’est puissant, c’est extraordinaire, n’ayons pas peur ici des mots, ou du mot.
Plus loin, dans la cour intérieure précédemment citée, une impasse discrète, un trompettiste, jazzy, répète, déroule des phrases cuivrées, virtuoses, véloces. Un trompettiste qui a audiblement du métier, qui swingue d’enfer, et que l’on ne voit pas, acousmate jouant à l’intérieur d’un un atelier d’artiste vitré.
Plus loin encore, une placette en rond, avec des banderoles aux petits fanions de plastique colorés, façon fête foraine, ou kermesse, qui tissent des lignes striant l’espace au niveau des premiers étages, mais surtout, beaucoup de vent pour les agiter. Et ça bruisse et ça claque, et sa froisse incroyablement au dessus de nos têtes.
Tout ce que je vous dis là s’est véritablement passé dans les deux premières balades, rien n’est inventé, ni même un tant soit peu exagéré, rien que du vécu, à oreilles nues.
Sinon de petites mises en scène, quelques propositions décalées, des objets d’écoute, des micro installations éphémères dans les pots de fleurs d’une traboule… Et avec un peu de chance, qu’il faut savoir saisir néanmoins, on touche ici, sans grands moyens, à l’ extraordinaire. Certes pas celui du grand spectacle, quoique, mais un extraordinaire qui nous fait dire que jamais auparavant, on n’avait vécu cela. Et il bien normal que l’écoute d’un lieu soit comme la rivière, vue et entendue au prisme de la sagesse orientale, dans lit de laquelle il n’y coulera jamais deux fois les mêmes ondes.
Fort heureusement pour moi d’ailleurs, car sinon j’aurais abandonner depuis longtemps mes PAS, alors que je m’émerveille toujours de ce modeste et captivant extraordinaire, sans doute construit d’un nombre infini de situations sonores.
Ouf, j’ai l’impression d’avoir réussi ma mission. Le faire entendre, ce fameux extraordinaire, sans rien forcer, ou si peu.

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PAS étudiants - Nomade Land

Points d’ouïe nocturnes

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La nuit
tous les sons ne sont pas gris
tant s’en faut !

La nuit
D’autres couleurs,
des ambiances
des amplifications
des amenuisements en fondus.

L’obscurité urbaine tissée de lumières
points diffus
halos laiteux
raies lignes trainées
évanescentes colorées…

Les sons ne s’en sortent pas pour autant indemnes.

Ils fricotent canailles
enserrés noctambules
des lumières ambiantes
couleurs sonores
lumières bruissantes
pas tout à fait la vie commune.

Écoute de l’incertitude
entre chiens et loups
Glissement vers l’obscur
vers la nuit affirmée
amoindrie d’urbanité
contrariée de lumières
sécuritaire oblige

Écoute allant decrescendo

Des spots frissonnants
souffleries ronronnantes
cliquetis hyper-basses
concert d’air brassé
ville respire expire
bouches grillagées de métal
crachant à même les trottoirs
gémissements organiques ventilés.

Des présences s’affirment
presque fantomatiques
voix rires traces habitées
clic-clac pressés de pas
inquiets du macadam
détails auparavant noyés
exacerbés dès lors
de noctambulisme bienveillant.

Une déclinaison parfois apaisante
décroissante en pente de clair-obscur.

La rumeur souvent résiste et signe.

Nuit de l’écoutant posé
hardi jusqu’au oreilles
de rêves et inquiétudes.

Des ilots blocs bétonnés
cousant des cités sirènes
attirantes comme des phares de silence
du moins croit-on.

Expériences de sombres marcheurs
traque d’obscurs passages
abrités des trop plein de lumière.

Nuitées en refuges demi-teintes
chuchotements lunaires
confidences d’étoiles cachées
tout ce que jour délaisse
qui sourd en nuit sens.

Une chaleur amène
emmagasinée d’estivale
au cœur de la pierre
de réfractaires cloisons
des effluves torrides
libérés en vagues nocturnes.

Les sons résistent
presque apaisés
presque silence doucereux
havre de tympans épuisés
que la nuit réconforte.

Règne de l’imprécision emprunte de pénombre
gardons les incertitudes à mi-voix
que fertilisent la nuit tombée.

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Balades sonores, et autres

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Balade sonore
urbaine
naturelle
touristique
relationnelle
esthétique
poétique
silencieuse
contextuelle
contestataire
physique
décalée
écologique
écrite
erratique
sociale
kinésthésique
performative
décroissante
onirique
philosophique
amicale
sensorielle
politique
artistique…
et bien d’autres
balades encore
balades toujours
variations
déclinaisons
itérations
insistance
peut importe
histoire d’avancer

 

https://desartsonnantsbis.com/2017/01/15/balades-sonores-et-a/