PAS – Parcours audio sensible en duo d’écoute avec Isabelle Favre – La croix Rousse de haut en bas

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Une fois n’est pas coutume, partant de la place Croix-Paquet, au pied des pentes de ce quartier emblématique, toujours à Lyon, nous empruntons le Métro à crémaillère pour rejoindre la place de la Croix-Rousse, sur le plateau.

Histoire d’entendre la machine et ses voyageurs, dans une rame très peuplée à cette heure-ci, vers les 9H30 du matin.

Un temps très couvert, limite de la pluie, un peu frisquet, et avec du vent, l’ennemi des micros, dont nous nous protégerons en choisissant parfois les endroits plus protégés.

Et comme à notre habitude dans ces parcours en duo, nous écoutons, regardons, commentons, digressons de concert, à l’improviste, en suivant le chemin proposé par Isabelle Favre, qui se livre à nouveau à cet exercice, après une précédente exploration de Fourvière. Nous enchainons,un parcours sur la « colline qui prie » à un autre sur la « colline qui travaille », selon des expressions typiquement lyonnaises

Au fil des traversées, des récits inventés in situ, des paysage sonores, ce seizième PAS en duo nous livre de nouvelles tranches de ville, avec des petites ou grandes histoires, anecdotes ou micro-événements, ressentis, commentaires. L’ensemble de ces flâneries sonores commence, avec ses plus de trente heures cumulées d’audio-parcours, à dessiner une ville kaléidoscopique, singulière, parfois imaginaire ou plutôt imaginée, d’espaces imposants ou intimes, de descriptions personnelles, qui l’écrivent à micros ouverts.

Dans ce quartier croix-roussien, pétri d’histoires de soyeux, de canuts, de révoltes et de traditions, de tissage sur des métiers Jacquard, d’esprit festif et de gentrification, chaque recoin urbain se prête à la narration d’une ville multiple. On ne peut pas ignorer ce bout de ville, où être un gone des pentes est un peu différent d’être un « simple » Lyonnais

Commerces, passants, aménagements, ambiances, reliefs, événements, points de vue et points d’ouïe, un puzzle s’assemble, au gré des rues et des places, de leur typonymies, des escaliers et des passages couverts, et sous les mots racontant.

 

 

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PAS – Parcours en duo d’écoute avec Isabelle Favre – Fourvière de Haut en bas

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Comme à leur habitude, les PAS en duo d’écoute poursuivent ces formes libres de marches conversations, écoutes… le tout enregistré sur le vif, sans retouches ou presque.

Le guidant m’invite à le suivre, dans les lieux et moments de ses choix.

Nous déambulons, parlons, enregistrons.

Celui-ci est le quinzième PAS en duo dans Lyon intra-muros, plus un banc d’écoute et un PAS Suisse.

Plus de trente heures de sons qui abordent certes les paysages sonores, mais tout autre sujet, aménagement, projets culturels, politique locales, ressentis in situ, douce rêveries ou ronchonnades bien senties, lectures de textes et poèmes, description du terrain, de son histoire, des choses croisées… Dans l’esprit d’une tentative d’épuisement d’un lieu, façon Pérec, mais en marchant…

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Ici nous descendons, en mouvements pendulaires, la colline de Fourvière à Lyon, en passant par le quartier Saint-Just, les jardins, rues et ruelles, pour achever notre parcours à Saint Jean. Entre basilique et cathédrales, panoramiques et points bas, deux lieux hyper touristiques de la Cité.

Le temps doux et ensoleillé, les belles lumières de l’été déclinant se prêtent à la flânerie.

Nous mettrons donc  environ deux heures pour effectués une distance au finale assez courte, vagabondage et paroles sans contraintes, sans compter de longues conversations en amont et en aval, hors micros, bavards invétérés et curieux que nous sommes.

 

PAS – Parcours Audio Sensible et écologie sonore

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Samedi après-midi, beau soleil, températures printanières, un groupe d’une vingtaine de personnes, un parcours accueilli et organisé par Nomade Land Lyon, et écrit et guidé par Desartsonnants.

Nous avons décidé de marcher et parler autour de la thématique de l’Écologie sonore.

Pour certains, ce terme désigne vaguement quelque chose, la plupart n’en n’ont jamais étendu parlé.
Je m’aperçois que, au fil des actions et rencontres, j’explique un nombre de fois considérable ce que ce vocable signifie, son histoire, ses idées, ses acteurs, ses actions, ses enjeux…
La pensée de Monsieur Raymon Murray Schafer m’a en tous cas permis de creuser le sujet, entre esthétique et social, arts, sciences et politique…
Je ne retracerai pas ici une fois encore ces pratiques et réflexions, et vous conseillerai, si vous en ressentez le besoin, d’aller lire, ou relire, “Le paysage sonore” de Murray Schafer édité aux magnifiques éditions Wild Project de Marseille.
Ou bien encore de vous référer aux liens que je cite en fin d’article.

De la notion de paysage sonore à celle de bioacoustique, de la vision audio-naturaliste à celle d’architecture sonore, l’Acoustical Ecology, terminologie Anglo-saxonne, tisse un réseau d’activistes écoutants dans différentes pratiques, ce qui en fait parfois sa force, et parfois sa faiblesse de chapelles.

Pour revenir à notre parcours Lyonnais, nous avons sillonné une partie du 7e arrondissement, de la Guillotière au parc Blandan, ancienne très grande caserne militaire et aujourd’hui vaste parc assez récemment aménagé tout près du centre ville. Dans un tout autre vert si je peux me permettre.

Notons que le lieu de rendez-vous, la place Gabriel Péri, plus connue à Lyon sous le nom de Place du Pont, épicentre d’un quartier (encore) populaire et riche en mixité sociale, ethnique, est ce jour là le point de départ d’une manifestation pour “L’Algérie libre”. L’ambiance sonore y est chaude, dans le bon sens du terme, très bon enfant et joyeuse; des slogans, musiques, percussions, beaucoup de chants, colorés de vert et de rouge. Du beau son pour se mettre les oreilles en appétit, même si le rassemblement de notre petit groupe est moins facile que prévu de prime abord.

Sur une petite place attenante, que j’adore par son ambiance “coupée du monde”, la Place Pierre-Simon Ballanche, j’expose en quelques phrases se que contient la terminologie d’écologie sonore, en précisant que notre marche serait dés lors silencieuse, ce qui m’est assez coutumier, hormis quelques lectures de textes se rapportant au sujet, sur des arrêts Points d’ouïe.

Et nous partons, de places en ruelles, de cours intérieures en squares, naviguer entre les voix, les automobiles, ne les oublions pas, les jeux d’enfants, les oiseaux qui se réveillent sous les premières chaleurs, une cloche… Tout y est ou presque. Le décor sonore se dresse petit à petit.

Des ambiances en cascades, en couches, assez riantes ce jour, sur un parcours plutôt apaisé même s’il croise immanquablement quelques grandes artères bien circulantes.
Une ville vivante dira en fin de parcours un participant. Le terme est juste, la ville que nous arpentons vit bien à l’oreille.

Chaque lecture sera précédée de quelques minutes silencieuses, pour prendre le pouls acoustique du lieu, puis, la lecture terminée, à nouveaux d’une pause écoute. Les deux points d’ouïe encadrent ainsi le texte, comme pour le mettre en exergue, sans autres commentaires. Une posture parmi tant d’autres, mais qui fonctionne assez bien dans ce format audio-déambulatoire.

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Le terme de notre déambulation, de quasiment deux heures, à marche lente, s’effectue dans Parc Blandan, où alternent promenades, jeux d’enfants. Plus exactement, nous nous posons dans un espace boisé, “aménagé” en friche façon tiers-paysage, comme le définirait Gilles Clément, un de mes jardinier planétaire et penseur favoris.

Dernier spot d’écoute dans cette petite “forêt sauvage”, assis sur une plateforme de bois, ou dans l’herbe… Des voix, des oiseaux, la rumeur de la ville a disparu, un bel endroit, visuellement et acoustiquement parlant.

La parole est alors libérée, et elle sera prolixe.
Beaucoup de questions, un débat (presque) improvisé. Le silence du chemin a accumulé les questionnements, parfois les frustrations, mais stimule l’échange final.
Des questions autour des textes, des auteurs lus.
Des questions autour du son au quotidien, des seuils de tolérance, de l’écoute, du respect mutuel des postures écouteurs/producteurs sonores.
Des échanges autour de l’inter-culturalité sonore, des cités auriculaires et de leurs aménagements acoustiques, ou de la non-pensée bru(i)tale, des zones délaissées, des espaces assagis (trop ?), des zones calmes, du zonage urbain, des conforts acoustiques où la voix étalon reste le critère d’audibilité, du peu de place du sonore (paysager, sensible, qualitatif, culturel) dans les enseignements, en architecture et urbanisme, des rapports sons-musiques, des actions de l’artiste écouteur en résidence, se ses lectures écritures de territoires par l’oreille, de la mise en scène d’écoutes dans l’espace public…

Le public est varié, curieux de la chose sonore, ou écologique, curieux d’appréhender une tranche de ville autrement, artistes, aménageurs, promeneurs patentés voire créateurs de parcours sensibles…

Presque encore deux heures d’échanges suivront la déambulation, pour les plus tenaces, qui s’achèveront à la terrasse d’un café, pause bien méritée. Un format de parcours à la fois sensible et pédagogique, construit entre bulles d’écoute et relationnel, que j’affectionne tout particulièrement.

Au-delà de son histoire, de ses actions et réflexions, l’écologie sonore est, ou doit être une prise de conscience des saturations/disparitions, mais aussi des milles plaisirs à partager de l’oreille, au quotidien. Dans mon parcours artistique, je cultive ces formes d’échanges déambulants, où la parole s’ouvre au fil des pas, même s’ils préservent des zones silencieuses, et s’affinent au fil des situations rencontrées, sans doute plus qu’entre quatre murs.

Cerise sur le gratin, une participante a saisi, de son habile crayon, des moments de lectures et d’écoutes.

 

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https://naisa.ca/radio-art-companion/an-introduction-to-acoustic-ecology/ (EN)
https://www.wfae.net/
https://www.acousticecology.org/
http://syntone.fr/exclusif-lecologie-sonore-est-nee/
https://www.wildproject.org/journal/4-glossaire-ecologie-sonore

Audiobaladologie, PAS – Parcours Audio Sensible, Partition Guide d’écoute 1

PAS – Parcours Audio Sensible
Partition Guide partition d’écoute 1
Quartier de Vaise/industrie

 

Notice : Ce premier guide partition d’écoute s’appuie sur une série de repérages dans un site donné. En l’occurrence mon quartier, terrain favori et privilégié pour mener mes explorations et expérimentations audio-sensibles. Il propose un parcours pédestre d’environ deux kilomètres, en boucle, partant d’une station de métro, et nous y ramenant. Il ne demande aucun équipement spécifique, ni ne propose aucune installation sonore amplifiée, s’effectuant via des situations d’écoutes purement acoustiques. Cet itinéraire s’appuie au mieux que possible, sur une éco-audiobaladologie non énergivore, non intrusive, non invasive, privilégiant l’oreille, nue pour aborder des formes d’installations sonores quasi aléatoires, au final déjà pré-existantes, et éminemment contextuelles et interactives. Les PAS ainsi encartés œuvrent à créer des partitions de marches sensibles où la mise en situation et la posture sont au centre de processus créatif, tant en lecture qu’écriture paysagère. Il s’agit de goûter, de savourer des paysages sonores ambiants, en pour moi d’en faire collection. Ce jeu de partitions marchécoutées s’inscrit dans un long processus d’actions récurrentes, avec tout un contexte de variabilité in situ, impulsé il y a déjà une dizaine d’années maintenant, « Et avec ta ville, comment tu t’entends ? »

En pratique : Prévoyez une heure trente à deux heures pour le parcours intégral. Il est possible de le faire de façon fractionné, ou point par point, bien qu’il soit préférable de l’envisager comme une continuité spatio-temporelle qui gagnera à être appréhendée dans sa totalité. Vous pouvez télécharger et imprimer le plan guide, le consulter sur votre smartphone.  Une application autonome est en cours d’écriture. Votre marche doit être apaisée, sans presser le pas, comme un geste d’arpentage non stressant. Libre à vous de choisir la durée des points d’ouïe immobiles, sachant que deux à trois minutes sont des valeurs propices à apprécier les ambiances à leur juste valeur, à « rentrer dedans ». Selon les moments, les événements sonores, vos humeurs d’écoutants, ces durées pourront être adaptées à chaque situation. A chaque point d’ouïe, il est intéressant de tester plusieurs postures d’écoute – yeux fermés, en tournant le dos à la source sonore, en mettant ses mains en pavillon derrière (ou devant) les oreilles, en tournant lentement sur soi-même, en faisant de lents aller-retours entre deux sources sonores… L’écoute reste ici le geste privilégié, mais n’exclue en rien de se délecter des couleurs d’une nuit tombante, des reflets de l’eau, des odeurs, des textures sous nos pieds, du vent sur le visage… Nous restons des être fondamentalement multi-sensoriels ! Vous pouvez effectuer ces parcours en solitaire, ou à deux ou trois. Au vue de leur caractère intime, où le silence est de mise, il est beaucoup plus difficile de les pratiquer en groupe plus conséquent.

Bonne déambulation, bonne écoute, bon PAS !

 

Calcul d'itinéraires - Course à pied, Vélo, Randonnée, Roller...

Parcours Vaise Industrie (Lyon9) : Rendez-vous sur le parvis de l’église Notre-Dame de l’Annonciation, place de Paris à Lyon 9, de préférence en fin de journée, dans l’idéal entre chiens et loups, nuit tombante.
Regardez et écoutez en direction de la place, ou plutôt des deux places, celle du marché, devant vous, celle de la gare, plus à gauche. Un cœur urbain généralement très fréquenté et animé.

Prenez à gauche, traversez la rue de la Claire, puis celle du 24 mars 1852. Légèrement sur votre gauche, empruntez le passage couvert qui passe sous le bâtiment qui, longez le sur votre droite.
Sur votre gauche, le talus de la voie de chemin de fer. Avancez jusqu’au premier embranchement, par où sortent les bus. Arrêtez vous dans l’avancée du trottoir.
Écoutez ! passage de bus, soufflerie, trains, rythmes de grilles métalliques sur la chaussée au passage des bus, voix. Un espace entre-deux, singulier, plein de sonorités et rythmicités toniques !

Continuez en longeant le trottoir jusqu’au deuxième passage de bus, suivez le trottoir sur votre droite jusqu’à l’arrivée aux portes de la gare routière, sur votre droite également.
Entrez dans le couloir intérieur d’attente des bus.
Accoudez vous sur la rambarde dominant la fosse du métro au niveau inférieur.
Écoutez la surprenante polyphonie du lieu. Voix, trains, métros, pas réverbérés… Un véritable concert multimodale !

Continuez le couloir jusqu’aux commerces (bureau de tabac, boulangerie). Contournez les par la droite pour prendre le couloir et l’emprunter vers la gauche. Peu après la boulangerie, quittez le hall par une porte coulissante à droite, avancez jusqu’au coude de la voie des bus. Traversez via le passage piéton pour vous diriger vers un passage couvert.
A l’entrée de celui-ci, sur l’avancée de trottoir, vous pouvez écouter un nouveau point d’ouïe, surtout animé par le passage fréquent de bus dans un acoustique très réverbérante.

Empruntez le couloir à droite de la fresque murale, ressentez la transition acoustique. Des voix et des pas, tout s’apaise soudain.
Légèrement sur votre gauche, empruntez l’escalier menant au premier niveau des parkings. Entrez dans ceux-ci.
Traversez le parking en largeur, pour venir contre la paroi de grilles métalliques, d’où vous pouvez entendre la gare juste en face. De belles sonorités ferroviaires.
Des voitures qui entrent ou sortent du parking font joliment claquer des joints métalliques au sol.
Longez la paroi sur votre droite. Vous vous retrouvez juste au dessus d’une voie d’arrivée de bus.
Une grosse dynamique visuelle et sonore, juste sous vos pieds.
Au centre du parking, des grondements de basses sur la dalle au dessus de votre tête.
De nuit, l’ambiance est assez saisissante.

Quittez le parking, rejoignez le passage couvert, sortez en direction de la rue de Saint-Cyr – Quai de la gare d’eau. Traversez cette dernière, longez le bâtiment Groupama sur votre droite, puis pénétrez par un chemin descendant dans l’espace extérieur des stades Joseph Boucaud, et des pistes de vitesse “Sport dans la ville”.
Promenez vous le long des stades, dans les tribunes, écoutez l’acoustique très réverbérante des lieux, la rumeur de la ville étant sensiblement étouffée. Les jeux de ballon et parfois les courses de rolliers donnent à l’espace de belles dynamiques acoustiques, joliment spatialisées.

Ressortez par le même chemin, continuez sur votre gauche, en direction du Pont Schuman. Traversez la rue à l’angle du quai du Commerce – Quai Hyppolythe Jaÿr, empruntez le pont Robert Schuman par la large allée côté gauche. Arrêtez vous quelques minutes sur un banc vers le centre du pont, tourné vers la Saône. Écoutez.

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Pont Schuman

 

Reprenez votre chemin vers le quai Joseph Gillet, parvenu à l’extrémité du pont, empruntez l’escalier à votre gauche qui descend vers les bas-quais des rives de Saône. Revenez légèrement sur votre droite, pour vous arrêter sous le pont, au milieu de préférence. Regardez la Saône. Écoutez. Après quelques instants, claquez dans les mains, ou poussez de brefs cris, assez forts. Écoutez les incroyables échos du pont. Jouez à les faire sonner, en tournant le dos à la Saône, testez différents sons, courts, longs, vous êtes au cœur d’une surprenante chambre d’échos !

Reprenez votre chemin sur le cheminement piétonnier des bas-quai, en vous dirigeant vers la passerelle Masaryk, sur votre gauche en regardant la Saône.
Écoutez les clapotis, remous, les grincements des amarres et des gréements des péniches. Les sons des coureurs, promeneurs et parfois festoyeurs animent ces aménagements piétons très empruntés…

Continuez jusqu’à la passerelle Masaryk. Arrêtez vous au-dessous. Écoutez le grincement de ses haubans et les rythmes et percussions sur vos têtes, des piétons et vélos qui l’empruntent.

Remontez par les escaliers sur les quais hauts. Empruntez la passerelle Masaryk en écoutant sonner vos pas, ceux des promeneurs croisés, les sons des bicyclettes, skates, trottinettes et autres engins légers, éventuellement le passage de bateaux, péniches, sur la Saône, en contrebas…

Prenez droit devant vous, la rue Mazarik, jusqu’à revenir place de Paris, en face l’église Notre-Dame de l’Annonciation. Dernière petite halte d’écoute sur le parvis, pour voir ce qui à, ou non changé à l’oreille depuis votre départ.
La boucle sonore est alors bouclée !
Vous pouvez la réempruntez à d’autres moments, plus tôt, plus tard, un jour de marché (Mercredi samedi et dimanche matin, de jour, de nuit…) J’avoue avoir une préférence pour la nuit, juste après la tombée du jour.

 

Parcours online : https://www.calculitineraires.fr/index.php?id=872401#tab-Export

 

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Gare de Vaise nocturne

 

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Passerelle Mazaryk
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Stade Joseph Boucaud – Gare d’eau

Audiobaladologie PAS – Parcours Audio Sensible à Lyon

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Jeudi 14 mars 2019 de 18:30 à 20:30

Dans le cadre de la Journée Nationale de l’Audition, PAS, Parcours Audio Sensible. Parcours d’écoute à tombée de nuit et nocturne autour de la gare de Vaise. Dedans-dehors, dessus-dessous, l’oreille se balade au rythme de nos pas

Pour découvrir des lieux décalés, insolites, à fleur de tympan…

Départ 18H30 Place de Paris Lyon 9, parvis de l’église Notre Dame de l’Annonciation – Métro D terminus Gare de Vaise.

Événement Facebook ICI

Inscriptions (gratuites) ICI

Des rives en rives, Walk Dating nocturne

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©photo Charlène Gruet

Une marche exploratoire du « Parcours métropolitainS »

C’est une très douce fin de journée, à nuit tombante, vers 20H30, le long des quais du Rhône à Lyon.

Trois marcheurs et quatre marcheuses, réunis ce soir là pour tester un parcours pédestre, en nocturne, au fil de l’eau.

Objectif, descendre le Rhône (une petite partie Lyonnaise) cap au sud, le longer par les berges aménagées, et remonter cap au nord, via la Saône, également par les berges aménagées.

Lyon a su, ces dernières années, mettre en valeur ses cours d’eau, et relier, connecter les piétons aux flux aquatiques.

En cette période de rentrée scolaire, la chaleur aidant, le début de notre périple sera très animé.

Les nombreuses péniches bars restaurants amarrées le long du Rhône voient leurs terrasses bondées.

D’autres préfèrent les pelouses pour siroter des bières et autres boissons.

Les conversations vont bon train.

Vélos, et différents objets roulants non motorisés filent et slaloment en tous sens.

Des voix, des voix et encore des voix, à droite, à gauche, devant, derrière, nous sommes immergés dans un flux vocalisant, riant, avec une certaine bonne humeur ambiante.

Tous les membres de notre communauté ambulante et ponctuelle ne se connaissent pas, même si, avant de nous mettre en marche nous avons discuté autour de nos pratiques respectives.

Et les « spécialités » sont variées, trek urbain, performances marchées sur un quartier Lyonnais, travail sur les formes et traces urbaines, Parcours d’écoute, doctorat autour de marches féminines Algériennes, projets de territoire, poésie, arts plastiques…

Notre groupe est vraiment pluri… et la marche nous rassemble.

D’ailleurs, tout au long du parcours, de petits groupes se créeront, se modifieront, s’aggloméreront, se séparerons à nouveaux, se reconstitueront… au fil des conversations.

Le concept du Walk Dating est né dira (et illustrera) l’une d’entre nous.

Le secteurs des péniches de loisirs étant passé, la foule, dense au début de parcours se raréfie progressivement. Nous croisons maintenant de petits groupes, étudiants en goguette, jogguers noctambules, amoureux cherchant les coins d’ombre. L’ambiance se fait plus intime.

Nous longeons l’imposante Piscine du Rhône et ses colossaux pylônes, sensés éclairer l’édifice, mais que personne d »entre nous ne se souvient avoir vu allumés.`Nous filons vers le sud, direction Perrache, pont Galliéni.

Les bas-quais, assez encaissés, nous protègent de l’agitation tonitruante des voies routières, très circulées, abrités dans un petit couloir apaisé au fil de l’eau.

Nous quittons les rives du Rhône pour enjamber le fleuve par le pont Galliéni.

Rupture.

Nous sommes à nouveaux au cœur de la ville trépidante et pétaradante, remontés en surface dirais-je..

Gare de Perrache à notre gauche, que nous longeons via la place Carnot… Des jets d’eaux glougloutent et susurrent à notre passage, et sûrement continueront-iles après.

Un quai aux ramifications complexes, envahi de voitures.

Nous descendons cette fois-ci vers la Saône, via une rampe pavée, enchâssant une étrange petite voie ferrée plus en service.

Nouvelle rupture, un apaisement s’installe.

Une installation artistiquement singulière, ou brute, de bric et de broc, au pied de la rampe d’accès aux quais semble nous faire un malin clin d’œil en signe de bienvenue. Les quais de Saône sont, dans leur début, plus obscurs, plus intimes peut-être, dans ce début de parcours, moins festifs, en tous cas que les précédents.

Ici aussi, nous marchons au en suivant des aménagements de promenades piétonnes, plus resserrées que précédemment, configuration tologique exige, parsemées d’œuvre d’art type Land Art urbain.

De longues passerelles, constructions de bois entrecroisés de l’artiste Tadashi Kawamata font sonner nos pas sur des caillebotis serpentant au dessus de l’eau.

Un pont de pierre nous révèle de beaux échos, et d’intéressantes réverbérations.

Ici et là, des groupe d’étudiants fêtant une rentrée a priori joyeuse. Nous les contournons, les traversons, les saluons, zigzagant dans ces joyeux sittings.

Une interruption dans notre parcours. Des travaux non achevés sur une centaine de mètres, dus à des problèmes de malfaçon, de maîtrise d’œuvre, d’assurance, nous oblige à rebrousser chemin pour quitter temporairement les bas-quais. Depuis quelques années, cette partie est à l’abandon, protégée de hautes grilles, attendant que se résolvent les questions technico-judiciaires pour voir le cheminement pédestre prendre totalement et intégralement forme, sans cette coupure accidentelle.

Les quais sont maintenant de ce côté-ci aussi très peuplés, très arpentés, très occupés par des groupes festifs, même si la densité de l’occupation est moindre que sur le côté Rhône.

La promenade se terminera à la hauteur du quartier des Terreaux, par un petit rafraichissement débriefing bien mérité.

Une belle promenade où lumières et sons jouent en miroir sur les eaux scintillantes.

Une presque boucle qui nous permet de tester une petite traversée urbaine nocturne, où l’espace sensible est riche de surprises.

L’envie de pousser, une fois prochaine, plus au sud, jusqu’à la pointe de la Confluence. Peut-être aussi de rejouer cette promenade en deux épisodes, Nord-Sud par le Rhône, Sud-Nord par la Saône, en l’agrandissant un peu.

Chemin faisant, nous avons construit des traces, chacun chacune à sa façon; Croquis, photos, carte sensible, texte, notre voyage de rive en rive se matérialise ainsi et construit une parcelle de mémoire, et une extrapolation du projet Parcours métropolitainS, Grand Lyon et lisières. Mémoire et outil prospectif. Comment parcourir sa ville, ses alentours, relier des points géographiques, des espaces emblématiques, ou triviaux, comment surprendre encore le marcheur ?

Aujourd’hui, les lisières, thématique qui nous préoccupe, étaient celle de l’eau, fleuve et rivière, structurant fortement le territoire Lyonnais, le centre en tous cas, prétexte à déambulations nocturnes, à expérimentations d’écritures plurielles, sensibles et kinesthésiques.

A suivre.

 

Des traces

Carte sensible ©Alice Neveu 42655872_1034913076680730_5502099512744738816_n

 

 

Album photos ©Chalène Gruet, Croquis ©Claire Daudin : https://flic.kr/s/aHsmo1wJkC

Des PAS – Parcours Audio Sensibles avec Alice Neveu

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Rencontre entre Desartsonnants, promeneur écoutant, et Alice Neveu, artiste marcheuse performeuse plasticienne, travaillant actuellement sur le quartier de la Guillotière à Lyon.

Première déambulation pour faire connaissance, une fin de matinée ensoleillée, juste avant les vacances, et bien entendu à la « Guill’ ».
Nous marchons à l’envi, sans itinéraire, juste pour papoter, faire connaissance, parler de nos marches, relations à la ville, à l’autre, collections de traces, actions, affinités, territoires…
Fin du prologue, rendez-vous est pris pour deux nouvelles balades dés septembre.

Nous sommes en septembre, les marches peuvent reprendre.

Une première que je guiderai, toujours entre le 7e et le 3e arrondissement, donc toujours à la Guillotière, de l’autre côté du pont, échappant à la Presqu’ile..
Ambiance nocturne.
Entre chiens et loups, 8H15 à cette période de l’année.
Une de mes périodes favorites, moment de bascule, d’étouffements, de rééquilibrage parfois.
Une température clémente, voire chaude pour l’heure.
Départ à l’épicentre de la Guillotière, place Gabriel Péri, autrement nommée localement Place du Pont.
Un lieu de rendez-vous d’une population bigarrée, quartier où se croise le Maghreb, l’Afrique noire et l’Asie, en des lieux, zones géographiquement assez bien définis.
Ici les robes de mariées brillantes de perles, les pâtisseries au miel, les kebabs et couscous…
Ici les salons de coiffures avec colorations et tresses Africaines, les bars où on à l’impression d’entendre un grillot conter ses terres brûlantes.
Ici des supermarchés où des montagnes de riz, épices, légumes asiatiques et accessoires de cuisine s’entassent, des restos à Bo buns.
Ici une immense boutique arménienne, très ancienne institution Lyonnaise, où on trouvent (presque) tous les épices thés cafés, fruits confits du monde, caverne d’Ali Baba où les yeux et le nez sont à la fête. Dans tous le quartiers, les senteurs sont de la partie.
Ici des bars restaurants flambants neufs, branchés, d’autres anciens, dans leur jus.
La Guillotière est un territoire toujours en mouvement, en couleurs, en odeurs, et en sons…
Cette nuit tombante, nous arpenterons rues et ruelles, places et parcs, sans itinérau-ire prédéfini…
Alice se chargera de construire une trace à sa façon.

Une deuxième balade, non prévue au programme initial, avec un petit groupe, nous emmènera, toujours en nocturne, des quais du Rhône à ceux de la Saône, dans le cadre d’une expérience de repérage pour le projet Parcours métropolitainS, Grand Lyon et lisières. Mais de celle-là, je reparlerai dans un autre article spécifique.

Troisième PAS, en duo d’écoute.
Un de ceux que j’aime à pratiquer régulièrement.
Une heure, un lieu de RDV, quelqu’un m’invite, me guide, j’enregistre, des échanges en marchant et devisant, à la volée, sans retouche, sans montage, sans coupure…
Ainsi, une collection de balades Lyonnaises, dans différents quartiers, à différentes heures, avec différentes personnes, qui se constitue progressivement. Des envies d’installer tout cela je ne sais encore où, ni comment.
Récits de ville.
Aujourd’hui, 16H30, chaleur assez étouffante pour la saison, sortie des écoles, tout bruisse.
Des moteurs énervés, des voix enjouées, harangueuses, un chassée-croisé entre vendeurs à la sauvette et policiers très nombreux ce jour sur la place Gabriel Péri…
On déambule de places en ruelles, voire ici dans une galerie, celle de Loren Larage, figure emblématique de la culture Lyonnaise, défendeur infatigable de l’art brut, singulier, activiste de quartier, et d’ailleurs, entre ateliers avec des enfants et raconteur intarissable sur son seuil de sa galerie.
Passages couverts, jardins, école lovée dans un recoin, mais à cette heure ci remplie, presque saturée, de voix enfantines.
Un bar (« moderne ») où des chats se prélassent sur les tables, concept.
Le quartier change à vue d’œil et d’oreilles, brassant les signes d’une gentrification en marche et d’une résistance active. Frottements.
Derniers bastions à la fois populaire, canaille, étudiant, culturel, artistique, associatif, patchwork séduisant qui garde encore des ambiances bien spécifiques, agoras de coin de rue, cuisine tous azimuts, et vie nocturne…
Il y a de quoi dire.
Il y a de multiples surprises pour qui veut les saisir au vol.
Et nous tentons de le faire.
Le magnétophone poilu ne passe pas toujours inaperçu.
Regard et oreilles vers le haut, ou à ras le sol, indiscrétion assumée, prêt à dérober le trivial dans son ébullition du moment.
Marche erratique, au gré des événements et envies d’Alice.
La paroles se collent à la marche, errante et donc sans itinéraire, collée au moment et au lieu, comme à la chose advenante.
Un piano, celui d’une école de danse toute proche, laisse filer de guillerettes mélodies par les fenêtres grandes ouvertes à même la rue, tandis qu’une main enragée klaxonne à tout va, pestant contre le camion qui bloque son véhicule.
Scène de guérilla motorisée dont la cité regorge.
Polyphonie urbaine, pour le meilleur et pour le pire.
Choisissons le meilleur, si possible, les sons du vivant bien vivant.
Pour le reste, et il en reste, le magnétophone vous raconte.

 

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