Marcher – Écouter – Résister

Pour un apaisement du Monde au PAS à PAS

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@photo – Florian Clerc

Sans doute vais-je répéter ce qui a déjà mille fois été dit, me répéter moi-même, mais, selon le vieil adage, cela va mieux en le disant, si ce n’est en le re-disant.
La marche, associée à l’écoute, instaure une série de rituels, de spiritualités, de rayonnements, à vivre en groupe comme individuellement, parfois.
Adopter ces états d’esprit comme un apaisement, une Slow Life assumée, une quiète zénitude, nous fait un peu plus profondément jouir des espaces urbains, naturels, humains, intérieurs…
Le rythme de la marche fait, ou devrait faire fi de l’agitation, bien au contraire, il doit résister, à contre-courant du stress et du zapping ambiant.
L’expérience de la durée, une forme de performance de l’écoute en marche, met le corps à l’épreuve du physique, des aléas météorologiques, des accidents topographiques, jusqu’à une fatigue lancinante, qui peut devenir exaltante, catalysante, cristallisante, magnifiante…
Jusque vers une marche hypnotique.
La majesté ou l’intimité des lieux, de monuments en clairières, nous convient à communier avec les lieux, pour peu qu’on leur tende une oreille généreuse, qu’on y prête une attention suffisante et dénuée de trop d’a priori, de préconçus verrouillant d’emblée nos accointances encore ignorées.
Les pauses jalonnant la marche sont souvent inopinées, guidées par l’ouverture, la disponibilité à profiter de l’instant sérendipien,  de ce qui s’y passe, ou non, de l’autre, des absences et des présences, des entre-deux fluctuants.
La ville n’est plus forcément une arène sonore, aux prises à la seule grande bataille des sons.
Pas plus que la campagne, ou la nature, ne seraient que des modèles idylliques, jardins sonores idéaux.
La marche silencieuse recherche et entretient une forme de méditation partagée, soudant, même momentanément, un groupe dans une bienveillance commune.
Et c’est fou ce que l’on entend (mieux) lorsque l’on fait silence, et qui plus est lorsque l’on écoute.
Le frémissement du vent, le glougloutements de l’eau, entre autres, nous font prendre conscience des échelles soniques, et des limites jusqu’où l’on peut vivre et communiquer sereinement. Au-delà…
Écologie toujours, jusqu’aux bouts des sons, et des oreilles.
Les postures d’écoute, mais aussi celles du regard, du toucher (assis, en rond, dos à dos, yeux fermés, oreilles collées à, allongés…) sont prétextes à ressentir  et à générer des vibrations communes, de préférences inouïes.
Le corps est une antenne, un réceptacle sensible, pouvant être profondément touché, pour le meilleur et pour le pire, par les innombrables sonorités dans lesquelles il se meut, et qui le traversent, y rebondissent, s’y lovent…
C’est en même temps un émetteur capable de rayonner vers l’extérieur, vers d’autres corps écoutants, et eux même rayonnants, corps foyer, corps irradié, corps irradiant. Plus le corps est plongé dans une sorte d’éther acoustique, organique, plus il peut être investi à tisser, autant que faire se peut, de bonnes et belles ententes.
Good vibrations.
Les géographies sont également cartographiées sur des territoires traversés de fureurs et de bruits, de murmures et de chuchotements. Le promeneur écoutant que je suis, inscrit des lignes et des courbes, des vides, des pleins et des déliés, d’interminables sentiers et de fourbes impasses, au rythme de ses pas, et de ceux d’autres marcheurs.
Jamais hélas, le Soundwalking, le PAS – Parcours Audio Sensible, n’éradiqueront la violence, mais sans doute contribueront-il, même très modestement, à en adoucir la pression, voire à en désamorcer une certaine partie.

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PAS – Parcours Audio Sensibles, résidence artistique, collectages/écritures/offrandes…

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@photo – Florian Clerc

Au cours d’une résidence artistique avec Isabelle Clermont, artiste interdisciplinaire québecoise, Gilles Malatray (Desartsonnants) et Abi/Abo, après un mois de pérégrinations écritures dedans/dehors, les balades, axe privilégié de ce travail, ont entre autres fourni une riche matière, entre écrits, images, sons, et réflexions sur la ville, l’autre, la marche, la rencontre, le partage, l’absence et la présence…
A ce propos, sans compter les repérages, 17 marches, certaines assez longues, ont été effectuées, en petits groupes ou avec du public. Ce sont donc Cinq PAS à Lyon (avec Patrick Mathon), dix à Nantes ( pour le Festival [sonor]), deux à Besançon (avec Radio campus Besançon et le FRAC de Franche Comté), qui ont entrainé dans leurs sillages plus de 150 personnes, publics écoutants, étudiants, amis, curieux…

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@photo – Florian Clerc

Mais aussi, ces promenades ont été le champ de nombreux collectages, des glanages multiples, au fil des PAS, Nous avons ainsi glané, en même temps d’ailleurs que semé :
Des paysages,
des ambiances,
des instants,
des rencontres,
des sourires,
des images,
des paroles,
des relations parfois complexes,
des photos,
des sons,
des mots et des phrases,
des arômes (sauge, romarin)
d’autres traces diverses, fugaces, parfois intangibles…
Ces collectages ont favorisé la construction de territoires, notamment sonores, entre réel et imaginaire, des fictions ou frictions urbaines, tissées sur trois villes, au bord du Rhône et de la Saône, de la Loire, et du Doubs. Se sont inscrites en filigranes des narrations in situ, lors de balades qui étaient à la fois le théâtre des collectages et des lectures-écritures d’espaces scénographiés, sonographiés  et partagés.
Des formes de cadres d’écoute se sont installées, improvisations performatives, gestes d’écoute, connivences à deux guides promeneurs écoutants, jouant à partager des espaces sonores, entre mots et couleurs, objets et postures…
En toute fin de séjour, lors d’une soirée sortie de résidence, toutes ces bribes de couleurs de formes et de sons, ces images, ces mémoires tricotées (de fils de laine) ont participé à alimenter une nouvelle histoire, transposée à l’intérieur celle-là.

Et cette nouvelle histoire, comme aime à le dire Isabelle, est une offrande, une offrande collective qui plus est.

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@photo – Patrick Mathon

Mais tout cela n’est qu’un début, car déjà, d’autres projets sont en marche !

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Concevoir, construire le paysage sonore comme une œuvre plastique, en marchant

(en marchant)

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En écouter ses contours (même mouvants)
En écouter ses limites (même mouvantes)
En écouter ses plans (sonores)
1e plan, 2e plan, arrière-plans
lointains (diverses rumeurs et bruits de fond)…
Lui donner une existence géographique, topologique, par la marche
pas à pas
soundwalking
balade sonore
Itinéraire d’écoute
parcours d’écoute
sentier d’écoute
traces et traçages
cartographies du promeneur écoutant
rendre le paysage sonore tangible
objet sonores
objets d’écoute
installations sonores délimitant des cadres auditifs
installations sonores interactives
jouer sur les couleurs sonores du paysage
ambiances
filtrages
irisations
gommage
camaïeux
jouer sur des couches ou amas sonores
accumulations
stratifications
magmas
jouer sur des principes compositionnels
géographies trans-soniques (en marchant)
mixages (en marchant)
passages (en marchant)
transitions (en marchant)
atténuations (en marchant)
augmentations (en marchant)
fondus, fade in/fade ou (en marchant)
coupures (en marchant)
paysages sonores hétérotopiques, paysages sonores sensibles
Construire des architectures d’écoute dédiées à la choses sonore
Construire des architectures sonores ou sonnantes
des sculptures éoliennes
des sculptures aquatiques
des sculptures cinétiques
favoriser ou provoquer des synesthésies couleurs/formes/sons…
représenter graphiquement des sons, partitions graphiques de la ville
des textures sonores
des matières sonores
des densités sonores
des granulosités sonores
des mouvements sonores
des dynamiques sonores
considérer la ville, ou ailleurs, comme une installation sonore à ciel ouvert
considérer la ville, ou ailleurs, comme une installation sonore à 360°
considérer la ville, ou ailleurs, comme une ample orchestration des bruits urbains
considérer la ville, ou ailleurs, comme une fenêtre radio ouverte sur le monde
favoriser des esthétiques relationnelles entre écoutants et paysages
et vice et versa
toujours en marchant.

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PAS – Parcours Audio Sensibles à Besançon

La ville lyre , une musique des lieux

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Nous sommes accueillis, avec Isabelle Clermont, dans le cadre du festival « Hors les murs » organisé par Radio Campus Besançon et  le FRAC Franche Comté.
Le chœur de la vielle  cité bisontine est un superbe site enchâssé dans les méandres du Doubs, qui dessinent une lyre autour de cette ville musique.
Besançon se prête à l’écoute.
Se donne à entendre.
Invite à prêter l’oreille.
Se fait belle toute en sons.
Superpose généreusement points de vue et points d’ouïe.
Ses rues resserrée, ses falaises alentours, les miroirs d’eau bordés de vertes promenades, sont autant de micro dépaysements, comme une invitation au PAS.
Départ du FRAC, pour un enfoncement progressif dans une ruelle ne cessant de se rétrécir, jusqu’à ne laisser passer que deux personnes de front.     Une belle intimité qui laisse percevoir un débouché, une échappée en perspective fuyante, fenêtre cadrée sur une rue perpendiculaire. Le calme s’installe rapidement après la déferlante des quais.
Un square  gallo-romain, oasis de verdure ornée d’antiques fontaines, murs, porches  en ruines majestueuses mais sans trop, petit musée à ciel ouvert où notre oreille joue à se faufiler contre des pierres chargées d’histoire. Des auscultations, des micro installations, un groupe d’écoutants joueurs, une écriture collective mi-proposée, mi-improvisée, un micro théâtre auriculaire des plus agréable.
Plus haut, la cathédrale, perchée, regardant, et peut-être protégeant la ville en contrebas, avec ses cloches qui arrosent d’un heaume protecteur la cité séculaire.
A l’intérieur, l’apaisement d’un repli empli de quiétude, d’une spiritualité tangible, de rituels imprégnants, qui semblent baigner chaque recoin. Les sons furtifs ricochent de travées en travées, s’adjoignant au passage une vie prolongée de mille échos additionnés. La déambulation s’attarde naturellement dans ce havre acoustique, occasion de discrètes explorations, pour ne pas troubler le lieu,  d’immersions en aveugle.
Un sas suffit à nous réouvrir sur la ville, l’espace acoustique se trouvant subitement élargi, les plans s’étageant de nouveau en strates donnant de plus vastes échelles des profondeurs urbaines.
Quelques pas pour franchir un escalier en arrière de la cathédrale,suffisent pour que tout change , subrepticement, quasi subitement. Une nouvelle ambiance s’installe, un instant superposée à l’ancienne, comme un jeu de calques marquant les stratifications auditives du quartier.
Un carrefour où des voitures et des piétons cohabitent, au pied de la citadelle dominant Besançon,  alternance de séquences qui dessinent des mouvements sonores devant, derrière, dessus, dessous, à droite, à gauche. Sans compter les mouvements incessants. Beaucoup de situations acousmatiques où l source sonore est d’emblée cachée par les murs ambiants, avant que de s’offrir de visu, au détour d’un virage, et au débotté.
Une enfilade de rues étroites, à flanc de colline, presque silencieuses, néanmoins scandées de voix ou de moteurs, tout cela restant baigné d’un doux équilibre.
Redescende, progressive, vers le centre ville, direction vers la place Gravelle, épicentre de la ville.
Les sons bien évidemment de re-densifient, crescendo vers une nouvelle ambiance qui reste néanmoins très écoutable.
Un mixte très intéressant, nous traversons la place centrale (Granvelle)  habitée ce jour d’un marché européen, et d’une fête foraine. Et là, un mixage s’opère, ou plutôt est opéré, en marchant,  entre voix, musiques des manèges forains, accidents et autres imprévus audibles; un kiosque à musique nous permet de nous poser dans une sorte de système inversé : nous sommes des écoutants dans un lieu qui est initialement prévu pour jouer une musique. Ce qui veut dire que l’’oreille peut aussi s’adapter à, participe bien sûr, en actrice principale, à des formes d’écriture in situ, en marche.
Puis encore des choses à venir, des postures à tester, des rencontres privilégier, des suites à donner… A suivre !

PAS – Parcours Audio Sensibles à Nantes

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Contexte

En compagnie d’Isabelle Clermont, et invités par le festival de création radiophonique « Sonor #9, nous arpenterons 10 fois l’Ile de Nantes en trois jours, emmenant avec nous différents publics au gré de nos sono-pérégrinations.
Raconter 10 balades sonores pouvant se révéler difficile, voire un rien redondant, c’est donc par mot-clés que je relaterai, comme à l’accoutumée d’une façon très subjective, très personnelle, nos duos d’écoute nantais.

Duo
Partager à deux des parcours sonores est une belle expérience, réalisée avec l’artiste interdisciplinaire et performeuse  québécoise Isabelle Clermont. Nous repérons à deux paires d’oreilles et d’yeux. Nous mettons en commun nos synergies. Nous prenons la maîtrise du PAS alternativement, l’un guidant, proposant, improvisant, l’autre répondant, dialoguant, complétant, étirant le champ des possibles, puis relançant à son tour une autre scène. Le scénario s’écrit  naturellement à deux, tout comme le parcours. Regards, clins d’œil, clins d’oreille, le duo fonctionne à la connivence, à l’envie du moment, à la chose ou au lieu interpelant l’un ou l’autre, parfois en contre-point, parfois en alternance, parfois en accumulation, ou en effacement. Le rythme, les directions, les haltes, les propositions sont ainsi toujours renouvelés, d’un parcours à l’autre, dans une forme d’improvisation binomique.

Itinéraires et errements
Là où nous avons repéré préalablement des choses singulières, emblématiques, triviales, intéressantes, surprenantes, déroutantes…
Là où nos pas nous mènent, au hasard d’une marée nous barrant le passage, d’une pluie violente et soudaine, d’un obstacle ou de l’invitation d’un passage discret, ou de celle d’un son sirène, du détour assumé ou imprévisible, de l’envie du moment, du groupe…

Rythmiques et temporalité
Balisage d’un début et d’une fin reliés de séquences, spots plus ou moins longs – Vitesse modulable, changements d’allures, marcher vite vers, avant que quelque chose ne s’estompe, ne disparaissent, ou mixer l’ici d’où l’on part et le là-bas vers lequel on se dirige. Des cassures, ruptures se posent comme des effets de surprises, tout en restant dans une attention et des modes de perceptions plutôt zen, sereins, qui tentent d’échapper à la violence du monde et à son chaos ambiant.

Pédagogie
La première journée est consacrée à l’accueil de lycéens et collégiens. Il faut rebondir vite, entre le ludique et le questionnement, le geste, la posture, parfois désarçonnante pour de jeunes ados qui craignent souvent le regard de l’autre, celui du groupe comme celui des passants – Nous sommes dans l’espace public, donc bien visibles, surtout dans des actions un brin singulières, ne serait-ce que de ne « d’écouter sans rien faire », du moins en apparence. Une fois le groupe embarqué, un lâcher prise installé, la surprise des sons rarement écoutés agit, questionne, même si parfois elle déstabilise.

Corps sonores, rituels et postures d’écoute
La notion de postures, ou de rituel est essentielle.
Parler pour mettre en condition, en réception, pour préparer l’immersion.
La lenteur, une marche apaisée, prenant le temps de faire ensemble, de l’imprégnation, du bain sensoriel, pluri-sensoriel, du ressenti, du contact…
Les postures communes, communions sonores, regarder vers, tourner le dos à, coller l’oreille à, longer, traverser, s’assoir, se mettre dos à dos, être reliés par un fil de laine, ou par la seule écoute, convoquer moult attitudes, gestes, en fonction de ce qui se passe, du groupe…
Le rituel de la marche recommencée, d’un début, d’une progression, d’une fin, d’une forme de pensée sacrale, d’une fête sensorielle, d’un œcuménisme audio-paysager, d’une célébration d’un moment unique, d’un état unique, dans un lieu qui plus jamais ne sera le même, de l’événement à partir duquel rien (surtout l’écoute) ne sera plus comme avant.

Objets sonores, objets d’écoute
Des prolongements, des extensions… Des effets loupes, grossissements/amplifications sonores, auscultations stéthoscopiques à fleur de membranes, des cônes dirigeant, orientant, axant ou désaxant, menant en avant ou obscurcissant, filtrant, colorant, percutant, grattant… Objets d’écoutes, objets d’écoutants, objets écoutants, récupérations, DYI, bricolages pour mettre les oreilles en colimaçon.
Ici c’est un sifflement rajouté
une caresse ou un raclement métallique,
une série de petits haut-parleurs entourant le groupe, emmenés au creux de la main, échangés
une radio déplacée
des graviers lancés
des tiges pour exciter les barrières métalliques…

Jour et nuit, ambiances
Des parcours en journée, des parcours nuit tombée. De l’intime à l’extime, de la clarté à la pénombre, du clair au feutré, de l’agitation à l’évanescence, atténuation nocturne, bouillonnement diurne, les ambiances se fabriquent au fil des heures, dans des densités de sources sonores fluctuante, avec ou sans éléphants barrissants, cris d’enfants et d’adultes, vociférations machinantes ou pas doucement réverbérés sous la grande galerie. Les potentiomètres semblent se placer à des curseurs différents selon le moment, les mixages se font plus progressifs de nuit, même si, à tout moment, peut surgir une brutale émergence…

Pépites sonores
Des clapotis, glougloutements, chuintements, sifflement, une passerelle longeant la Loire, des marées venant agiter l’espace aquatique…
Et de la pluie qui ruisselle, goute, s’écoute à goutes, paysage humide et animé de mille irisations sonores, véhicules semblant glisser sur des nappes chuintantes…
Des voix multiples, réverbérées, disséminées, mouvantes, en groupe, isolées, des rires en éclats.
Des skates et rollers tissant des espaces claquants, des explosions boisées, des striures sonores filantes.
Des claquements métalliques secs, ou réverbérés, dans un parking souterrain, des autos qui grondent sur un couloir de métal ajouré, juste sur nos tête, l’étrange filtrage acoustique de la ville, comme une couche de ouate, dans ce même parking, ses réverbérations, un véritable parcours d’écoute dans le parcours global.
D’étranges sons d’eau aspirée par le trop plein d’une fontaine à l’intérieur d’une cour.
Le grondement fréquent d’avions à très basse altitude, qui peut être selon les cas, de belles et puissantes nappes sonores, comme, il y a de fortes chances, une pollution difficile à vivre pour les riverains exposés.

Rencontres et dialogues
La marche achevée, peut s’engager un espace de dialogue la prolongeant. Ressentis, plaisirs, surprises, images, couleurs, synesthésie, souvenirs, pratiques, questionnements, projets… On tisse une nouvelle écoute, des relations renforcées par l’expérience vécue. Parfois, il faut laisser décanter, prendre du recul, revenir à la surface de soi-même, attendre que nos PAS se recalent dans le quotidien.

Album photos

Marches desartsonnantes - Sonor #9 Nantes

 

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Partager les « Chants de la Terre »

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PAS – Parcours Audio Sensibles, des ateliers à ciel ouvert

Arpenter le terrain-paysage comme un atelier d’écoute à ciel ouvert, une radio diffusant les innombrables musiques du Monde à 360°.

Écrire de multiples chemins d’écoute, trouver les lieux où l’oreille soit au centre-même d’espaces auriculaires magnifiés.

Construire des relations intimes, privilégiées, entre les écoutants, le paysage sonore, chercher les postures communes qui feront d’un groupe d’écoutants une véritable enceinte acoustique vivante, sensible et réactive.

Envisager tout ce qui peut nous relier aux sonorités du monde, notamment en favorisant les interactions – les gestes, les objets, les écrits, les graphismes, les images, les sculptures et architectures, même infiniment fragiles et éphémères.

Rechercher toutes les connivences entre artistes musiciens, danseurs, sculpteurs, architectes, plasticiens, poètes, sculpteurs, aménageurs, pédagogues, chercheurs, marcheurs, écoutants des villes et des campagnes.

Chercher le paysage hétérotopique, multiple, le repérer, tenter d’en trouver les ou des contours, tout en continuant de l’improviser au gré des marches.

Privilégier une forme de tourisme culturel respectueux, privilégiant des approches écosophiques, en s’appuyant sur l’existant plus que sur de nouvelles couches de sons rajoutés.

Transmettre par la parole, l’expérience, le partage de gestes et de postures d’écoute, l’inscription de parcours sensibles tracés de l’oreille à même le chemin.

Desartsonnants dans ses PAS est toujours en quête de belles expériences d’écriture in situ, de rencontres pétries des sons de la Terre.