Audiobaladologie – plans-guides et partitions d’écoute

 Audiobaladologie et plans-guides, partitions d’écoute

– Repérer, avec des locaux, des lieux qui sonnent joliment
– Construire et cartographier, collaborativement, un parcours d’écoute, des PAS-Parcours Audio Sensibles ponctués de points d’ouïe, signalisés ou non.
– Préconiser des postures d’écoute ad hoc pour chaque point, ou lors de liaisons en marche
– Partager et diffuser les plans-guides partitions d’écoute, sur différents supports, matériels et virtuels, pour les expérimenter, les arpenter collectivement ou individuellement.
– Le faire vivre en développant différents parcours dans des espaces urbains, périurbains, ruraux, naturels…
Pour chaque lieux, mettons en place, ensemble, une méthodologie et une écriture appropriées.
Penser l’Audiobaladologie comme un mode (très) doux, avec l’Homauditus au centre du projet
Envie de réaliser un parcours, de partager nos écoutes, contactez moi : desartsonnants@gmail.com
Ourpount neerpelt
Point d’ouïe – Parcours d’écoute – Centre culturel Musica Neerpel (Be)- 2011
Fichier à télécharger :

PAS et Marchécoute, du sensible à l’intellect, et vice et versa

14C

 

Les PAS – Parcours Audio Sensibles, où les actions de marchécouter procèdent de deux logiques à la fois singulièrement différentes et somme toute complémentaires.

La première, à fleur d’oreille et de corps, convie l’écoutant à vivre une expérience sensible, à la fois silencieuse et bruissonnante, une action-performance lente, liée à une esthétique minumentale, versus monumentale.

La seconde est de l’ordre du diagnostique territorial ambulant. Qu’est-ce qui “sonne bien”, ce qui “dissonne” ? Pourquoi ? Comment je m’entends avec ma ville, et ailleurs ?

Ces deux approches génèrent chacune des postures physiques est mentales appropriées, parfois nettement différenciées.

Elles peuvent être envisagées séparément, soit l’une soit l’autre, alternativement, l’une puis l’autre, ou simultanément, l’une et l’autre, selon les projets de départ.
Croiser ainsi deux modes opératoires via la marche et l’écoute nous amène à de nouvelles formes d’écritures où la spontanéité sensorielle vient se frotter à une forme d’analyse intellectuelle, sans forcément savoir si, dans une exercice de concomitance, l’une prendra ou non le pas sur l’autre, ni laquelle.

Ces formats que j’ai, plus ou moins inconsciemment parfois, tenté de séparer, tiraillant ma démarche entre l’expérience paysagère plutôt pragmatique de ma formation initiale et celle de musicien qui s’y est constamment superposée, retrouvent ici un terrain d’entente quasi pacificateur. Ils offrent une sorte de réconciliation entre deux pôles, une confrontation fertile clairement assumée, permettant de choisir un ou plusieurs modes d’actions contextuelles, ad hoc, selon les publics, les lieux, les états d’esprit du moment, les objectifs initiaux…

Le sujet est néanmoins encore assez vierge, et reste pour moi creuser pour aller plus loin dans l’expérience de terrain et la réflexion inhérente à ces marches-démarches.

 

13C

Écouter, comment s’entendre (mieux)?

aea8c947-47ae-467a-964b-48c0aeedf9a9-original

Écouter c’est trouver l’endroit, le moment, la posture…

Écouter c’est trouver le rythme, la présence, le partage…

Écouter c’est trouver le détour, la surprise, le plaisir…

Écouter c’est vivre, un peu mieux…

Et avec ta ville, comment tu t’entends ?

Et avec toi, comment tu t’entends ?

Et avec moi, lui, avec eux, comment tu t’entends ?

JEU ÉCOUTE – Espaces – postures

Promeneur écoutant toujours inassouvi, quelques questions se posent à chaque PAS – Parcours Audio Sensibles, remettant en question mes façons de faire, selon les sites investis.

Qu’elle est la place de mon corps écoutant dans l’espace ?

Comment je place, déplace, mon corps écoutant dans l’espace ?

Comment l’espace propose à mon corps écoutant des postures qui « vont de soi » ?

Il est évident pour moi que la balade sonore, silencieuse, le PAS – Parcours Audio Sensible, ne sont en aucun cas des finalités. Ils sont plutôt des moyens d’action, des supports – dispositifs d’écoute, y compris et surtout à oreilles nues, des invitations à rencontrer le Paysage, le Monde, l’Autre, par le seul fait de tendre l’oreille, et d’avoir l’oreille tendre.

La question de la posture, je marche, je m’allonge, je m’adosse, je longe, je traverse, je m’assois, je suis avec l’autre, les autres… est au centre de l’écoute, et se construit pour, dans et avec l’espace.
Espace personnel, espace commun, singulier, physique, mental, autant de strates hétérotopiques que le corps traverse, et qui traversent le corps.

Le mouvement, le geste, la posture, la façon d’investir les lieux, vont créer un terrain propice pour entrer en vibration avec les lieux, trouver des résonances sympathiques, activer des empathies, partager des aménités, mettre l’écoutant en position de récepteur actif.

Trouver la bonne cadence, le moment opportun où s’assoir, le geste qui va caresser, effleurer, tendre la main, mettre en perspective le regard et l’oreille, implique d’avoir conscience d’une très forte adéquation entre le corps et l’espace, ou pour citer Perec, les Espèces d’espaces.

Le geste chorégraphique est sans doute celui que je sens le plus proche de ma façon d’appréhender l’écoute, bien que n’étant pas personnellement, tant s’en faut, un danseur digne de ce nom.
C’est d’ailleurs à ce point que peuvent se jouer des rencontres où chacun amène ses compétences pour enrichir mutuellement les expériences auriculaires, en croisant des sensibilités et savoir-faire, de façon à trouver des réponses et des enrichissements circonstanciés.

L’œil du photographe, du vidéaste, ou la maîtrise d’un paysage par le coup de crayon d’un artiste dessinateur, peintre, posent également d’autres repères, des représentations qui peuvent mettre l’oreille et la pensée dans des situations inédites, inouïes, en créant des stimuli dynamiques décalés.

Tout ce qui peut élargir le jeu, stimuler des postures qui me placent et me font agir au cœur même de l’écoute, de la construction de paysages sensibles, m’entraine à pousser plus avant mes pérégrinations d’un corps-oreille en quête de belles écoutes.

J’ai collecté ici une petite série d’images qui présentent ou me suggèrent des cheminement possibles. Et il y en a tant ! Tant d’autres possibles !

 

IMG_5617

Le dossier images par ici

 

Points d’ouïe en Stations d’écoute

10653396_847456401931423_4607522757846799105_n

Husserl disait que les choses n’allaient jamais de soi et méritaient toujours d’être questionnées. Questionnées notamment en terme de phénomènes. Le philosophe indique que par le questionnement, nous aurons une démarche d’explorateur qui pourra ainsi expérimenter le monde, ce qui me convient parfaitement dans la posture de promeneur écoutant.
Le phénomène n’est pas ici lié au phénoménal, à l’énorme, au hors-norme, mais plutôt dans son acception première « Ce qui apparaît, ce qui se manifeste aux sens ou à la conscience, tant dans l’ordre physique que dans l’ordre psychique, et qui peut devenir l’objet d’un savoir- source (Centre National Textuel et linguistique) », donc dans la description phénoménologique du terme. Or pour questionner le phénomène, il convient tout d’abord de le décrire.

Et pour décrire, il nous faut observer, ou dans le cas de phénomènes sonores, écouter.

Et c’est là que resurgit l’importance de la posture, celle qui poste notre corps, nos sens, notre attention, face à un objet, ici paysage sonore, dans une position favorable pour l’écouter, le questionner, et l’expérimenter, de préférence collectivement.

Après les PAS – Parcours Audio Sensible, qui impliquent une écoute en mouvement, même si cette dernière est ponctuée de Points d’ouïe stationnaires, et les inaugurations événementielles de certains de ces dits points d’ouïe, c’est maintenant autour de zones, ou stations  d’écoute que je recherche de nouvelles postures, méthodologies, protocoles, rituels…

En résonance avec ces expériences, toujours en chantier, je suis en train de mettre en place, à titre expérimental, des Stations d’écoute in situ, rassemblements ponctuels d’écoutants potentiels sur un site précis, dans une durée assez longue (quelques heures). Il s’agit de mettre en commun nos oreilles, les paysages sonores ambiants, nos ressentis, dans une posture d’écouteurs publics postés.
Je réfléchis donc à des sites pouvant accueillir ces Stations, places publiques, parcs, escaliers, rivages, clairières…
Ces lieux devront pouvoir offrir un certain confort d’écoute pour y stationner assez longtemps (bancs, assises, ombrages, possibilité d’amener ses fauteuils…) et bien entendu offrir une biodiversité auriculaire intéressante, même si elle n’est pas spectaculaire, sans doute bien au contraire.

L’écoute sensible doit tenter de revenir aux sources, sans autres artifices que l’attention portée aux choses, la synergie d’un groupe d’écouteurs publics, et de la mise en commun d’une écoute »partagée.

Remarques : Selon les cas, on pourra assimiler ces actions à des ZEP (Zones d’Écoutes Prioritaires), ou à des ZAD (Zones Auriculaires à Défendre)

 

Imaginons ici quelques dispositifs postés, comme assises d’écoute, dans tous les sens du terme.

10660095_847449711932092_9190762952213334244_n

 

10606347_847453971931666_3896924599817667710_n

 

10425078_847448948598835_2492915813000726613_n

 

12063659_1075531602457234_294173307775118979_n

 

Chaises bois

 

CHAISES ÉCOUTE

 

28435120926_008ab671cb_n

 

9d8a200a72aad0ea0d498cb55a9788b4

 

9369_10200865785583470_211076436_n

 

Chairs-Before-the-Circle-1024x768

 

Garden-Chair-Dallas

 

assiso

 

2777336221_e796161ec6_b

 

homepage-gallery-fall-chairs-field

 

Oak Meadows 1Chair Circle

 

yellow-feathers-5

 

IMG_3161