Partition de PAS – Parcours Audio Sensible N° 22 « Lignes et cercles »

Lieux : N’importe où, site urbain, périurbain, rural, naturel….

Publics : Tout public, solitaire, en petit groupe

Temporalité : A définir selon l’exploration, le parcours choisi, le temps imparti…

Actions :
Choisir un lieu, une ville, un quartier, une forêt, un site spécifique…
Avoir de préférence une carte du lieu, matérielle ou numérique, embarquée.
Définir un périmètre du PAS, des limites.
Choisir une option de déambulation, en ligne droite, est/ouest, nord/sud, ou en cercle, dans le sens des aiguilles d’une montre, ou inversement.
Tracer un itinéraire d’après ces choix, de X à Y en ligne droite, en cercle…
Le marchécouter en essayant de respecter un maximum le tracé, mais en jouant, par la force des choses, avec les (nombreux) obstacles du terrain.

Jouer des contraintes, aléas, imprévus, obstacles, contournements…

Remarques :
Des aménagements ou spécificités typologiques peuvent parfois favoriser l’exécution et le suivi d’un tracé (route, cheminement piéton, rives, périphériques…)

Partition de PAS – Parcours Audio Sensible N°20 « géographie sonore oulipienne »

Lieux : Près de chez vous, ou loin, ou très loin, en ville…

Temporalité : Quand l’envie vous en prend, pour une durée indéterminée, ou déterminée

Publics : En solitaire ou en groupe

Actions : Se procurer une carte de la ville, ou suivre un itinéraire géolocalisé sur son smartphone
Se noter, au préalable, une liste de contraintes, ou de règles du jeu.
Exemple : Compter six rues à droite (ou à gauche), à l’intersection de la 6e, faites une arrêt écoute de 3 minutes (ou plus, ou moins), installez un point d’ouïe donc; puis prendre la rue à droite (ou à gauche) réitérez l’opération autant de fois que vous le souhaitez.
Arrêtez vous à tous les numéros de rue se terminant par le chiffre 6 (ou un autre de votre choix) écoutez, repartez…
Arrêtez vous à chaque croisement dont le nom de la rue de droite fait référence à un lieu, ville, région… (Rue de Paris, de Brest, de Provence, d’Italie…) Postez votre oreille.
Suivre une ligne de métro, ou de bus, arrêtez vous à chaque station pour effectuer un point d’ouïe de la durée de votre choix.
Inventez d’autres consignes de jeux, vous pouvez, à certains moments, les tirer au sort ou les faire choisir à l’aveugle par des membres du groupe.

Variantes : en forêt, comptez le 6e (ou un autre ième) arbre sur la gauche du chemin…
Inventez des variantes selon la géographie locale.

Partition de PAS – Parcours Audio Sensible N° 19 « Les sons imaginaires »

Publics : Groupe jusqu’à 20/25 personnes

Lieux : Plutôt urbains, ou péri-urbains

Temporalité : 1 à 2h, jour ou nuit

Actions : Visiter de l’oreille un quartier en rénovation, ou possédant des friches industrielles, des zones habitations, ou industrielles, ou les deux…

Le « guide d’écoutes imaginaires » emmène le groupe vers des lieux préalablement choisis, ou non, et propose à chaque étape, à chaque point d’ouïe, une mise en situation pour stimuler des imaginaires audio-sensibles.

Le but est d’imaginer les ambiances sonores d’usines désaffectées, du quartier il y a très longtemps, ou dans un futur plus ou moins proche, ce qui peut se dérouler, invisible, derrière les murs de maisons… Faire entendre ce qui est inaudible, au-delà des sons « réels »… Travailler un imaginaire auriculaire, fabriquer des auditions virtuelles, sans autre technologie que notre propre imagination.

Échanger, en fin de parcours, sur ses propres expériences, confrontées à celle du groupe, à celle d’autres écoutants.

Remarques : L’enregistreur étant ici totalement inefficace, en tant qu’écouteur de l’instant vécu, pourra être utilisé pour recueillir les récits oraux de ressentis-traces. L’écrit sera très également opportun pour formaliser et construire un récit post expériences.

Partition de PAS – Parcours Audio Sensible N°18 « Les guetteurs de son »

Point d’ouïe immobile, CEGEP de Drummondville (Québec »)

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Lieu : Partout, espace public

Temporalité : Jour, nuit, sur une longue durée

Actions : Promenade immobile; Écoute au long cours, choisir un lieu d’écoute; s’y installer (confortablement); écouter, sur une longue durée, minimum une heure, une demi-journée, une journée, plus…; s’installer dans une écoute performance immersive, collective, prendre le temps d’installer un geste d’écoute.

Publics: De une à… personnes

Remarques : Prévoyez des postures pouvant alterner les stations assises, debout, voire allongées, en marchant très lentement, dans un faible périmètre si nécessaire.

Possibilité de faire des relais pour une écoute marathon ancrée dans la durée

Le titre est une référence hommage à une pièce de Georges Aperghis et une installation éponyme d’Aciréne « Le pavillon des guetteurs de sons »

Partition de PAS – Parcours Audio Sensible N°15, s’allonger dans les sons

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Hamac d’écoute, parcours sonore Jardin des Allivoz, Le Gand Parc de Miribel Jonage

Lieux : Partout

Temporalités : Pas de contraintes, de jour comme de nuit

Public : Groupe de 2 à 20 personnes

Actions : Parcourir une ville, une forêt, un parc… De temps à autre, selon les points d’ouïe, scènes sonores, s’allonger sur le sol, écouter, se laisser totalement immerger, yeux fermés… Jalonner son parcours d’écoutes allongées, les comparer, les commenter….

Remarque : Pour votre confort, prévoir un tapis de sol si possible imperméable

Centre de découverte du son à Cavan

Partition de PAS – Parcours Audio Sensible N°14 – Sonner écouter sentir les sols

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Lieux : Partout

Temporalités : Pas de contraintes, de jour comme de nuit

Public : Groupe de 2 à 20 personnes

Actions : Marcher sur différents sols de textures très différentes – herbes, sous-bois, graviers, sablé, dalles, pierres, planches, eau, sable…

Écouter ses pas sonner, faire sonner, sentir la matière sous ses pieds, la résistance du sol, la kinesthésie des PAS, collectionner, cartographier des matières/PAS.

Remarque : En hommage à Pauline Oliveros « Deep Listening – Listening to th ground » “Sometimes we walk on the ground, sometimes on sidewalks or asphalt, or other surfaces. Can we find ground to walk on and can we listen for the sound or sounds of ground? Are we losing ground? Can we find new ground by listening for it?”—Pauline Oliveros (1932-2016)

Partition de PAS – Parcours Audio Sensible n° 12 – Itérations

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Lieu : Une place publique, un parc, une forêt, une rue…

Temporalité : N’importe quand, 15/20 minutes, voire moins, ou plus.

Public : 1 à5 personnes

Action : Effectuer le même parcours 5 à 6 fois, voir plus, ou moins. Durant les pauses, discuter des ambiances traversées, des constances, de ce qui bouge, apparait, disparait, se modifie, évolue…

Traces : Écrire, enregistrer, dessiner, raconter, refaire, faire (re)vivre…

Remarque : Cette partition est née suite à une contrainte sanitaire qui nous a conduit à subdiviser en 12 groupes une promotion d’une centaine d’élèves en architecture, et donc de réitérer dans une même journée 12 fois une écoute arpentage d’une même place lyonnaise.

Le parcours sonore comme partition d’un paysage sensible

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Parcourir, c’est tout simplement aller d’un point à un autre, avec un itinéraire plus ou moins défini. C’est aussi arpenter, se frotter aux lieux, les mesurer, s’y mesurer.
On peut aussi parcourir un document des yeux, et pourquoi pas un territoire, tel un document. Le scruter de l’œil comme de l’oreille pour en jauger son étendue, ses topologies, architectures. En chercher les horizons, des points de repère, des points/lignes de fuite, balayer un panoramique, lire le paysage comme une carte à portée de vue, et bien souvent hors-champ lorsque les sons sont de la partie.

Par analogie, en transposant la vue vers l’ouïe, nous lirons le paysage sonore en le parcourant des oreilles, en ayant conscience que ce dernier est truffé de hors-champs, et sans cesse en mouvement, et ne peut donc être de ce fait aussi aisément circonscrit qu’un espace visuel.

Le parcours peut aussi s’appréhender comme une expérience personnelle globale, ou partielle, parcours professionnel, parcours de vie, parcours mental, dans lesquels le paysage sonore y trouverait une place sinon centrale et incontournable, du moins indéfectible.

C’est à l’aune de ces différents parcours, ou modes de parcours que je réfléchis à des outils d’écoute en marchant, grilles d’analyses des composants acoustiques, stratégies de descriptions s’appuyant sur une démarche en grande partie phénoménologique, y compris dans leurs approches sensibles. Bref, je mets en place une sorte d’écritoire partitionnant le paysage en le donnant à lire par les oreilles, mais en nous incitant également auparavant à l’écrire, pour en faire saillir un jeu de cohérences.
Cohérences esthétiques, qu’est-ce qui s’accorde, qui impulse des harmonies, mixages, transitions ? Ou bien comme tel un instrument qui sonnerait désaccordé, tout au moins face à nos codes culturels, qui seraient très différent d’ailleurs, et ne doutons pas qu’il en irait de même pour un paysage sonore, même si la “nomanitude” ambiante a tendance à aplanir les différences et spécificités.
Cohérences dynamiques, des questions d’équilibre, voire de confort et si possible de plaisir.
Cohérence sociale, comment bien ou mieux s’entendre dans et avec nos lieux de vie, améliorer des lieux où la parole devient quasi inintelligible, où est on laminé de flux sonores hégémoniques ?

Parcourir un lieu c’est en tracer des lignes de force, des lignes directrices, c’est se repérer dans un espace complexe, du presque vide où nous manqueront des repères auditifs, rassurants, au trop plein où nous seront noyés dans une masse rendant inaudible toute information pouvant nous guider dans des lieux au final trop chaotiques. Toute personne ayant déjà travailler avec des aveugles ou mal-voyants saura parfaitement de quoi je parle.
Si un trajet quotidien devient, à l’oreille, un parcours du combattant, une haute lutte pour trouver quelques signaux et repères, gageons que l’urbanité sera alors tout sauf sociale !
Si les lignes de vie deviennent systématiquement lignes de fuites, les tensions auriculaires d’une ville, d’un quartier, trop prégnantes, alors nous déchiffrerons des partitions sonores tellement discordantes, dans un bruitisme incontrôlé, que l’espace public en deviendra invivable, livré aux voitures maitresses sans concession.

Tableau un brin noirci au jour où le moteur électrique apparait peu à peu, avec l’espoir de faire disparaître petit à petit l’impétuosité pétaradante des moteurs thermiques. Attendons de voir, et surtout d’entendre comment se rééquilibrera ou non les partitions sonores urbaines, comment se redessinerons des parcours plus harmonieux et apaisés.
Il nous faut ici, à travers les parcours et traversées écoutantes, éviter le manichéisme confrontant et opposant les espaces de “silence”, de calme, de belle écoute, avec des espaces appréhendés comme bruyants, saturés, et au final inécoutables. Il nous faut considérer le paysage (sonore) comme un objet complexe, multiple, trop mouvant pour être réduit à un parcours unique et indiscutable. Gardons à l’esprit que nous traversons un flux sonore permanent, d’une ambiance sonore à l’autre, cueillant au passages des fragments aux contours incertains, éphémères, et qui pourtant nous permettent de nous repérer, si ce n’est de survivre à l’agitation complexe du monde.
Écrire des partitions sonores, des traces ré-intèrprétables de territoires arpentés préalablement, avec la volonté d’un recul se posant comme une condition nécessaire devient alors une problématique intéressante.

L’espace visité, ausculté, le parcours et la partition inhérente, nous fournissent de nouveaux outils de lecture, comme d’écriture, voire même de ré-écriture.
Dans l’idéal, un processus de ré-écriture devrait nous permettre de chercher des solutions pour apaiser ce qui nous agresse, mais aussi dynamiser ce qui nous parait d’un ennui mortifère.

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La partition sonore dune ville s’écrit aux tempi des écoutants, des praticiens, des résidents, des aménageurs. Et ils ne sont certes pas les mêmes pour tout le monde, laissant parfois l’environnement sonore dans un total marasme et les oreilles dans un profond désarroi, tellement il est négligé, laissé en friche, et souvent totalement ignoré.
La parcourir régulièrement nous montre les creux, les carences, les dysfonctionnements qui perturbent sensiblement nos écoutes, nos vies.

Il existe fort heureusement des îlots protégés ce que je nome des oasis sonores, et qu’il faudrait considérer comme des ZAD – Zone Acoustique à Défendre. Nous devrions d’ailleurs prendre les espaces où l’écoute reste privilégiée comme des modèles d’aménagement qui inspirerait ici et là, l’installation de réserves sonores qualitatives.
Parcourir une ville, ce peut être l’occasion de dresser un inventaire de lieux acoustiquement équilibrés, riches, voire d’exception. En dresser une partition, un plan, un itinéraire, serait une seconde phase, en veillant bien à ne pas transformer ces espaces en zones de grande circulation, même piétonne, pour ne pas réduire un havre de paix en point noir, acoustiquement parlant. L’équilibre acoustique de certains est déjà si fragile qu’il s’agit de ne pas contribuer à un nouvel envahissement contre-productif.

Ces parcours et partitions doivent pour moi être une forme d’arpentage, d’appropriation, en mode doux, très doux. A l’heure où des tensions sont hélas de plus en plus perceptibles dans l’espace public, pour quelques raisons que ce fût, il convient de préserver une certaine sérénité, sans pour autant se voiler la face sur les dangers encourus, tant sociaux qu’écologiques, les deux d’ailleurs étant parfois très  fortement liés. Le son a certainement ici son mot à dire, et surtout sans hausser le ton, plutôt dans une proposition intime et raisonnée.

Partition de PAS – Parcours Audio Sensible, partition n°6 – « immobilité, statues de l’écoute »

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Public
Solitaire, à 2, en  groupe

Temporalité et durée
De jour, de nuit, durée variable, de quelques minutes à quelques heures

Lieu
Ici ou là, en ville ou en milieu naturel, ailleurs…

Actions


- Choisissez un itinéraire, repéré, ou non; sinon préférez lui une pure errance…
– Mettez vous en marche
– Lorsque vous en sentez le besoin, lorsqu’il se passe à vos oreilles des choses intéressantes, surprenantes, immobilisez vous
– Gardez, autant que faire se peut,  une immobilité totale, quelques minutes, plus, beaucoup plus… Selon l’humeur et la scène qui se joue, votre résistance physique à l’absence de tout mouvement
– Écoutez en vous sentant au centre, le centre, du paysage sonore. Sentez le bouger autour de vous. Ces temps d’écoute immobiles s’effectueront il va sans dire dans le plus parfait silence.
– Repartez lorsque vous le souhaitez, et réitérer l’action autant de fois que vous le désirez

 

Remarques et variations
Si vous effectuez ces actions en groupe, n’ayez pas peur d’être observés avec une certaine curiosité, voire jouez en pour interroger l’espace public et ses passants intrigués.

Si groupe il y a, ce dernier devra rester assez compact pour conserver l’énergie partagée de l’écoute collective.

Un ou plusieurs décideurs pourront proposer des points d’écoute immobiles. Tout un chacun peut le faire à un moment donné après en avoir signalé son intention au groupe.

 

 

Partition de PAS – Parcours Audio Sensibles, partition N°5

 

Point d’ouïe et partition de PAS – L’oreille collée à…

 

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Crédit photo ©Yuko Katori – Inauguration d’un Point d’ouïe à l’Abbaye de Vausse (21) – World Listening Day le 18 juillet 2017, avec CRANE-Lab

Public
Solitaire ou groupe

Temporalité et durée
De jour, de nuit, durée variable, de quelques minutes à quelques heures

Actions
– Choisissez un itinéraire, repéré, ou non; sinon préférez lui une pure errance…
– Regardez autour de vous, repérez, choisissez des cloisons, portes métalliques, portails, vitres, barrières, mains courantes, de préférence métalliques…
– Collez votre oreille contre ces différentes matières/surfaces pour en écouter, ressentir leurs invisibles et intimes vibrations.
– N’hésitez pas à stimuler les surfaces et matières par de légers frottements, tapotements, raclements… de la main ou à l’aide d’un objet.
– Le cas échéant, imaginez ce qui peut se passer derrière les cloisons, des sons invisibles eux aussi, peut-être même de l’histoire ancienne, des bribes de souvenirs enfouis dans et par-delà la matière.
– Passez d’une surface à l’autre pour en comparer les imperceptibles vibrations sonores…

Variations
– Si votre oreille craint le froid, l’humidité, ou si vous voulez tester via un objet d’écoute interposé, vous pouvez utiliser un stéthoscope.
– Dans le cas d’une écoute en groupe, un guide propose, les autres agissent par imitation, tout écouteur ayant potentiellement la possibilité de guider vers une autre surface.