POINTS D’OUÏE – PAYSAGES EN ÉCOUTE

Partition de PAS – Parcours Audio Sensible n° 11

Partition de PAS – Parcours Audio Sensible n° 11 « Rejouer/détourner le parcours »

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Lieu :  Partout où il existe déjà un, des parcours sonores géolocalisés (applis)

Temporalité :  A votre choix
, selon les circuits choisis

Participant (s): Seul ou en groupe

Spécificité : Un détournement d’usage d’un appli audio-guidée, un jeu sous forme de variation

Actions Téléchargez une application, un parcours d’écoute au casque, un circuit géolocalisé, type GPS.

Faite le parcours en suivant les consignes données, en écoutant les sons écrits pour le circuit.

Refaite le parcours différemment.

Cette fois-ci, ne chaussez pas le casque, gardez les oreilles au vent.

Suivre visuellement le déplacement du parcours proposé, s’arrêter si l’appli le propose.

Substituez, naturellement, les sons du parcours par ceux des espaces traversés, voyez si cela résonne (autrement), crée des décalages, des frottements, des espaces imprévus, entendus plus ou moins différemment du parcours initialement proposé.

Remarques
Il ne s’agit absolument pas de dénigrer, de contester, de déformer les parcours existants, mais simplement d’en re-jouer une version ludique, frottant deux écoutes, ou formes d’écoutes d’un même lieu.

Point d’ouïe, connaitre et s’y re-connaitre

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Plus de 20 ans à habiter dans ce même quartier, malgré d’incessants déplacements, y revenir toujours, s’ y ancrer en quelque sorte, comme dans un port où il fait bon mouiller pour s’y ressourcer.
Forcément, le temps marque un territoire, forcément, le temps fait territoire.
Territoire de vie, d’activité, de loisirs, de rencontres, d’habitudes, d’habitus. Territoire vu sans être vu parfois, ni entendu vraiment.
Par manque d’exotisme et de dépaysement ?
Et pourtant mille détails le construisent au quotidien. Se stratifient en mémoire vive.
Et parmi eux des sonorités à foison.
Je m’entends finalement bien avec ce coin de la place de Paris à Lyon 9e.
J’y connais et reconnais tant de choses repères, balises, marqueurs…
Les cloches voisines.
Les voix de mes voisins.
De certains passants.
Des commerçants.
Des camelots et primeurs des marchés.
Des clients du bar en bas.
Des trains ferraillant sur le pont.
Des marchés qui s’installent, et se plient.
Des surprenants échos sous le pont Schuman.
Un haut-parleur qui crachote depuis des années dans le hall de la station de métro.
La sirène des premiers mercredis du mois à midi, sur le toit du théâtre.
Les cliquetis du volet roulant du bar en face
Et même la Saône silencieuse.

Toujours trouver un terrain d’entente.
Même s’il semble instable.
Surtout s’il semble instable.
Et avec ta ville, ton quartier, comment tu t’entends ?

PAS – Parcours Audio Sensible, art(s) dans la rue ?

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Le titre, volontairement ambigu, pose la question du positionnement des pratiques auditives et déambulatoires, façon Desartsonnants, notamment face et dans l’espace public.

J’ai rencontré les arts de la rue, théâtre de rue à l ‘époque, arts en espace public aujourd’hui, il y a de nombreuses années, alors que celui-ci était tout jeune et en plein essor, à Chalon sur Saône, où je travaillais sur le paysage sonore, déjà.

J’ai été très vite surpris, conquis, parfois emballé par ces créations souvent impertinentes, inattendues, parfois tout feu tout flammes, parfois très intimistes.

J’ai croisé beaucoup de personnages remarquables, dont certains questionnaient la chose sonore, ou l’utilisaient avec beaucoup de talent et d’inventivité, ce qui n’a pas manqué de questionner, et parfois sans doute d’influencer mon regard, mon écoute, mes approches de l’espace public, et du ou des publics eux-même.

J’ai vu et vois encore évoluer ces pratiques artistiques au fil du temps, de l’installation de ces formes dans des réseaux de création, de l’évolution du public qui est devenu de plus en plus averti, des contraintes économiques, sécuritaires, et aujourd’hui sanitaires… Contraintes qui d’ailleurs ne semblent pas avoir pas bridé ni affaibli la vivacité de ce vivier d’expérimentations, qui a toujours su s’adapter, se renouveler et se ré-inventer, malgré des périodes pour le moins compliquées telle celle que nous vivons actuellement.

De fait, mes parcours sonores croisent ces pratiques artistiques, pour lesquelles vous l’aurez sans doute compris, j’ai beaucoup d’estime et d’admiration, sans toutefois rentrer vraiment dans cette grande famille.

On m’a dit à différentes reprises que mes parcours, lents et silencieux, étaient une forme de performance, dans le sens de performance artistique j’entends, liée à des partages d’expériences auriculaires dans l’espace public, mettant le corps plus que le dispositif au cœur d’immersion dans des paysages sonores en devenir. Ce que j’accepte bien volontiers, sans toutefois là encore me considérer comme entrant vraiment dans le champs de l’art performance.

Je reste sur des seuils, des lisières, des entre-deux, des interstices, ce qui n’est pas pour moi contre-productif, mais au contraire plutôt inspirant.

L’hybridation est pour ma part une façon de résister aux multiples contraintes, et à rester dans un état mouvant, façon de penser mes interventions à l’aune de multiples synergies et modes d’écritures que propose et contraint le terrain et ses aléas de tous genres.

Pour la petite histoire, ce texte à été écrit sur les marches d’une scène nationale voisine, et sur la première page d’un tout nouveau carnet de notes, objet presque sacré pour moi, qui symbolise une rentrée où le mot d’adaptation est plus que jamais d’actualité.

Points d’ouïe et maillage

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Je relie de plus en plus les lieux et les moments d’écoute, non pas comme une somme d’identités plus ou moins indépendantes et singulières, mais comme une sorte de récit globalement cartographié, mis en son et en mots. A la façon de Gilles Clément, dont le Tiers-paysage est tissé d’une multitudes de friches, de dents creuses, par des parcelles de non emprise, dans un éco-système global et cohérent, je pense de multiples points d’ouïe, spots auriculaires appréhendés par l’écoute, comme la fabrique, le façonnage, d’un paysage sonore aussi diversifié que quasiment universel.

Certes je n’ai pas posé, loin de là, mes oreilles partout, il me reste tant de zones que j’aimerais tant entendre, mais j’ai sans doute suffisamment posté mes écoutes me me tisser, métisser, un large récit auriculaire à portée d’oreilles.

Des villes et des pays – Lyon, Mons, Cagliari Victoriaville, Tananarive, Saint-Pétersbourg, Kaliningrad, Vienne, Paris, Sabugueiro…  endroits singuliers où j’ai installé, souvent se façon récurrente, diverses écoutes, parcours, solitaires ou collectifs, ont fortement maillé une géographie auriculaire qui se fait progressivement cohérente. Partout de l’inouï, partout du déjà entendu…

Et des entre-deux, comme des interstices où l’oreille cherche les seuils, les limites, les lisières et les passages…

Au fil des arpentages, collectages, rencontres, expériences de terrain, se construit un territoire sonore sensible et mouvant, mais néanmoins de plus en plus descriptible dans une forme d’entité perceptible.

Si chaque projet, dans sa contextualité spatio-temporelle, est écrit et cousu main, ou cousu-oreille, il apporte néanmoins à chaque expérience, une pièce supplémentaire à une sorte de carte-puzzle, un jeu dont les règles ne cessent de se ré-écrire, de s’adapter au milieu et aux personnes croisés.

Entre deux villages, voire deux hameaux, à quelques kilomètres ou centaines de mètres, comme entre deux métropoles distantes de milliers de kilomètres, le fil d’écoute est déroulé virtuellement, comme celui d’une pelote de laine vagabonde – un « fil qui chante » transmetteur, qui dessine un voyage au creux de l’oreille. Oreille collective dans le meilleur des cas.

Un voyage où l’image est aussi sonore que visuelle, si ce n’est plus.

Un voyage où les sensations kinesthésiques, haptiques, invitent le corps entier, y compris à gouter et à savourer les saveurs du monde. Le son d’une cuisine qui mijote, associé à sa tenace et jouissive persistance odoriférante, gustative est souvent un moment d‘exception, d’altérité amène. Les épices de la vie passent par et dans tous les sens.

Des voyages donc dans tous les sens, même sans presque bouger…

Lobe-trotters est le surnom que m’a donné un collègue, Michel Risse pour ne pas le citer, lui aussi voyageur et voyagiste de la chose sonore. J’avoue apprécier cette perspective d’une écoute nomade, assez librement déployée partout où un lieu se met à sonner à sa façon, c’est à dire vraiment partout !

Une belle offrande au promeneur écoutant insatiable dans sa quête d’un paysage sonore partagé par de multiples récits et expériences.

Lieux ouïs, lieux dits

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Je me pose à différents endroits de la ville, souvent sur un banc, des marches d’escaliers, une pierre d’angle d’un porche… Je regarde, j’écoute, je laisse dériver mes sens dans un flux de stimuli chaotiques. Je cherche à déceler ce que me racontent ces lieux, leurs évidences, sans doute parfois trompeuses, leurs apparences, les choses plus fugaces, quasi secrètes, que seule une immersion prolongée, itérative, fera émerger. Sans compter ce que je construis de purement fictif, d’imaginaire, d’onirique, en toute subjectivité, parfaitement assumée. J’imagine comment les aborder, ces lieux. Comment les parcourir, les écrire ou les ré-écrire à ma ou à mes façons. Façons qui fassent sons, façons qui fassent sens. J’échafaude des scénari pour installer une, voire quantité d’écoutes collectives, expériences singulières, si simples fussent-elles, dans des dispositifs quasi imperceptibles pour qui n’est pas dans le geste concerté, si ce n’est concertant. Parfois déconcertant…

Mais dans la cité, le jeu en vaut le chant d’elle.
Jeu de l’ouïe je dis.

Tentative de mode d’emploi d’épuisements d’espaces

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Un auteur
Trois livres
Une généreuse source d’inspiration(s)

Georges Pérec est pour moi une véritable mine d’or pour inspirer et stimuler des projets. Une œuvre vers laquelle je reviens régulièrement, comme vers un ressourcement généreux.

Espèces d’espaces
Envisager une multitude d’espaces différents, entremêles, inhabitables, superposés, juxtaposés, du plus intime au plus vertigineux, nous offrant un champ d’action, de voyage, quasi infini.

La Vie mode d’emploi
Quatre vingt dix-neuf récits de vie en mode puzzle. Des interactivités spatio-socio-temporelles tissent une histoire sociale ramifiée, architecturale, vivifiante et inépuisable.

Tentative d’épuisement d’un lieu parisien
L’observation obstinée, itérative, d’un lieu a priori trivial et banal, construit un champ narratif qui fait de la vie quotidienne une ressource foisonnante. Question de point de vue.

Si je transpose ces réflexions et expériences dans l’objectif d’écouter tout autour de moi, de mieux entendre et de mieux m’entendre, de comprendre un peu plus finement l’écoute, les postures et les motivations de l’écoutant, s’ouvrent à moi un champ d’action on ne peut plus dynamique.

Comme je dis et redis très souvent à des étudiants, lisez et relisez Georges Pérec, il élargira vos façons de voir, d’entendre et de comprendre et sans doute d’envisager les choses.

Éloignement et terrain

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Banc d’écoute et « bureau de plein-air » – Résidence d’écriture « Paisagem sonora » Juillet 2019 à Sabugeiro (Portugal) – Festival DME et Hostel Criativo do Sabugueiro

 

L’essentiel de mon travail, en tous cas dans les phases de maturation de projets, se passe dehors. Je veux dire en dehors de chez moi. Assis sur un banc, des marches d’escalier, en arpentant la ville, un hall de gare, d’aéroport (avant…). Carnet de notes en main, rempli de notes (parfois très difficiles à relire), signes, croquis, idées, projets à la volée, ou avec un magnéto… Puis retour au bercail, devant l’ordi, les idées se posent, s’enregistrent, se trient, se construisent, se peaufinent, se développent, se documentent, s’argumentent, s’organisent… Puis retour au dehors, à l’air libre, ou presque, pour tester, mettre en pratique, adapter aux lieux et aux moments, partager, encore améliorer, trouver des variantes, des espaces de jeux fonctionnels… Ces dernières phases qui, durant quelques mois, m’ont fait cruellement défaut, m’ont beaucoup manqué, m’ont laissé amèrement frustré, dans ces temps de crise qui nous éloignent sans ménagement du terrain, de l’espace public, et surtout de la « vraie » vie sociale…

Point d’ouïe, une gestuelle auriculaire de l’intime

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Inauguration d’un point d’ouïe – Prieuré de Vausse – CRANE Lab –  Festival Ex VoO – @photo Yuko Katori

L’oreille (tout) contre

Il existe d’innombrables façons d’écouter, de tendre l’oreille, des plus intimes, celles qui nous intéressent ici, jusqu’aux plus ostentatoires.
Parmi ces façons, nous trouvons une posture physique que j’adore, coller l’oreille à, coller l’oreille contre, que j’ai d’ailleurs déjà mise en scène, dans une partition de PAS – Parcours Audio Sensible N°5.

Je colle mon oreille
Au cœur ou au corps d’un ou ou d’une amie
Aux feuilles d’arbres frissonnantes dans le vent
Au sol vibrant de pas
Contre une porte, de l’extérieur vers l’intérieur, ou inversement
Contre le tronc de l’arbre enlacé
A la rambarde d’un pont frémissant
Sur la peau de tambour caressée
Sur le chéneau qui s’égoutte après la pluie
Contre une gaine de ventilation vibrante
Contre un pylône électrique vrombissant
Contre « un fil qui chante »
Contre une bâche qui claque au vent
Contre les piliers d’un échafaudage grinçant
Contre une tôle légèrement secouée, grattée, une sculpture résonante
Au portillon métallique qui grince…
Contre des centaines de matières/objets vibrants croisés par hasard, ou non…

Ici, la vibration est reine, de matière à matière, pas de transports aériens, distanciés, du touche-touche, de matière à Tympan.
C’est une façon de réduire la distance, d’entendre l’infiniment petit, le presque inaudible, de faire corps avec le sonore, d’établir une relation fusionnelle, par un contact physique, charnel on ne peut plus proche.
C’est une posture parfois étrange, décalée, un peu fofolle, regardée du coin de l’œil par les passants dubitatifs et moqueurs dans l’espace public.
C’est un geste de l’intime, de l’auscultation au plus proche des choses et des sons.

Partition de PAS – Parcours Audio Sensible, partition n°10 « Penser, dire, lire »

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Lecture

Lieu :  En ville, en campagne, ailleurs


Temporalité :  A votre choix


Participant (s): En petit groupe


Spécificité : Une marchécoute dans la pensée d’auteurs

Actions
Préparez un parcours, ou partez à l’aventure
Déambulez en silence, pour laisser s’installer l’écoute
Dans votre sac, des textes, des livres, des citations, parlant de la marche, de l’écoute, de l’écologie… Textes de philosophes, écrivains, aménageurs…
Adaptez le choix des textes aux participants, surtout s’il y a de jeunes enfants
Au cours de haltes, un instant d’écoute immobile puis, des lectures, contextualisées ou non
Faits des lectures sur différents points d’ouïe
Ménagez un temps de libre expression au terme du parcours

Remarques
Il s’agit de frotter la parole, l’idée, la pensée, au lieu, à la déambulation, au groupe.
Chaque trajet d’un point à un autre est marqué d’une pensée qui va animer, stimuler la marche de réflexions multiples, donner aux espaces-temps traversés une coloration mentale singulière.

Quelques auteurs pressentis (non exhaustif)
Jean-Jacques Rousseau, Henry-David Thoreau, Francesco Careri, Walter Benjamin, Leslie Stephen, Philippe Robert, Pierre Sansot, Guy Debord, Thierry Paquot…

Variante                                                                                                                                     
Demandez aux participants d’amener des textes, voire proposez leurs de les lire publiquement

Partitions de PAS – Parcours Audio Sensibles

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Bouger Écouter, Partitions de PAS – Parcours Audio Sensibles, pour marchécouter autrement

Move Listen, Scores for Soundwalks, walk the difference

N°1 https://desartsonnantsbis.com/…/point-douie-partition-de-p…/