POINTS D’OUÏE – PAYSAGES EN ÉCOUTE

City Sonic 2019,Louvain dessus/dessous

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Grosse journée sonore à City Sonic #16 Winter Sessions l Opening Louvain-La-Neuve. Après de belles rencontres avec de jeunes artistes, et une exploration de la ville surface, agréable à l’œil et à l’oreille, une plongée dans les sous-sols plus underground. Voitures souterraines grondantes, parkings archi réverbérants et à la muzzak improbable, quais en sous-sols jonchés de détritus et de fientes de pigeons, nombreuses ventilations tonitruantes… J’ai adoré ces ambiances à la trivialité peu rassurante ! L’énorme décalage entre le calme d’une ville conviviale et de ses entrailles peu, voire pas du tout avenantes. Au final, une manne pour un PAS – Parcours Audio Sensible bien décalé, qui montre deux facettes Oh combien dissonantes d’une même ville. Jouer avec ces paradoxes.

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City sonic 2019, Arrivée à Louvain la Neuve, un bien-être auriculaire

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Je suis arrivé en fin de soirée, vers 19H30 à Louvain La neuve, LLN comme on dit dans ce terroir belge. Cette « ville nouvelle » était à l’origine un campus universitaire géant, qui s’est progressivement développé vers une ville « normale », ouverte à une population plus large.
J’arpenterai cette cité durant trois semaines environ, pour mon pèlerinage sonore qu’est devenu, au fil des ans, le festival international des arts sonores  City Sonic.
Comme à chaque édition, je tendrai oreilles et micros vers les artistes, comme vers les paysages ambiants, pour alimenter notamment, avec ma comparse Zoé Tabourdiot, la web Sonic Radio. De beaux moments d’échanges en perspectives !

Après pas mal d’années à Mons, ville pour moi laboratoire dans laquelle j’ai testé nombre de parcours, rencontré et sympathisé avec beaucoup de personnalités fascinantes, activistes du monde sonore, puisé moult ambiances pour les re-composer en pièces sonores paysagères, puis un rapide passage à Charleroi, me voici fraichement débarqué à Louvain la Neuve.

Les affaires posées dans mon lieu d’hébergement, je sors immédiatement arpenter ce territoire encore inconnu pour moi, premier repérage, errance au gré de mes envies, des sons, des ambiances. Je me frotte toujours avec un réel plaisir aux lieux que je découvre, pour les apprivoiser sensoriellement.
Nous sommes samedi soir, il fait beau, même si la température est assez hivernale, mais donne un peu d’agréable piquant à ma promenade.

Je connaissais, avant s’y arriver, une des caractéristiques de la bourgade, à savoir l’absence totale de voiture dans tout le centre ville.
J’y étais passé rapidement et avait déjà constaté ce fait assez rare pour être remarquable.
Néanmoins, ce premier soir de promenade, je prends conscience de cette singularité, surtout au niveau acoustique. L’absence des bruits de moteurs en centre ville, où même la rumeur des périphériques voisins ne pénètre pas est un confort incroyable. Un plaisir que moi, naviguant bien urbain, j’avais quasiment oublié, hormis dans de profondes forêts jurassiennes, et encore…
Ce samedi, dans le centre parsemé de nombreux bars, restaurants, au gré de larges places assez minérales, réverbérantes à souhait, nombre de badauds, d’étudiants en goguette, déambulent joyeusement.
Les voix, beaucoup de voix, pour la plupart jeunes, les cris, les rires habitent l’espace, créent l’espace, acoustiquement parlant. Elles y ont tout l’espace vierge de voitures pour s’y ébattre. C’est un ressenti jouissif, un plaisir indéniable.
Les voix donnent des repères spatiaux, marquent des champs de profondeurs, du plus proche au plus lointains, dessinant des trajectoires, des mouvements, se répondent d’un bout à l’autre de larges places… Un festival avant l’heure, une installation sonore impromptue, à ciel ouvert.

Pour moi qui, dans quelques jours, emmènerai dans un PAS – Parcours Audio Sensible, ou Soundwalk pour les puristes, des promeneurs écoutants, c’est un véritable aubaine, un cadre rêvé. L’enjeu sera dés lors de leurs faire sentir comme ce ce confort, ce bien-être d’écoute est assez rare pour en profiter, en jouir, et sans doute, pour les architectes et urbanistes, de chercher à multiplier ce modèle de ville apaisée. Pour moi qui fait un travail autour des points d’ouïe, des oasis sonores, des espaces sereins, LLN est un terrain d’aventure qui s’avère d’emblée privilégié.

En fin de cette première déambulation, je trouverai un banc d’écoute qui me convienne, en haut d’une large place passante, un peu retiré, mais en position panoramique Un poste d’observation sonore qui me permet d’épier, d’embrasser un champ auriculaire, à la fois large et profond. Je mets mes oreilles en état de réceptivité maximum, jusqu’au moment où je me laisserai porter par un douce rêverie où les voix chantent joliment. Toute une panoplie d’intensités, de timbres, de mouvements, font entendre une musique des lieux épurée de surenchères, d’hégémonies, d’exagérations soniques. C’est un exemple de ce que Murray Schafer appelle des paysage Hi-Fi, équilibrés, riches en sonorités, agréables, sinon très plaisants à entendre.
Cette première approche nocturne me donne envie de creuser le sujet d’espaces amènes, où l’homme retrouve une place dans laquelle la communication orale se fait naturellement, sans effort, sans tendre sans arrêt l’oreille vers l’autre pour saisir ses propos.
Je pars dés lors à travers le ville, de jour cette fois-ci, magnétophone et micros dans le sac à dos.

A suivre.

PIC – Paysage, Improvisation, Concert

Paysage

Improvisation

Concert

PIC
Les choses étant ce qu’est le son

 

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Intention

Je suis parfois insatisfait de morceler, de diviser, une démarche qui convoque à la fois des approches liées à l’écoute, la musique, ou la création sonore, le paysage, l’écologie voire l’écosophie et des formes de sociabilités sonores.

Comment trouver une cohérence qui puisse servir un propos alliant le faire et la réflexion, avec un large public, non forcément initié ?

Alors je construis un projet , un processus, un démarche qui pourrait tomber à PIC (Paysage Improvisation Concert).

Marcher, écouter, repérer, enregistrer, improviser des paysages en live, à partir des captations sonores captées in situ, faire ré-entendre, en parler... Un projet contextuel, de quelques jours à quelques semaines, que j’ai expérimenté et pratiqué lors de mes dernières résidences artistiques en Russie et au Portugal… Un dispositif à la fois bien cerné pour être efficace, et assez souple pour se confronter à de multiples espaces géographiques.

Des PICs en chantier qui, bien évidemment, ne demande qu’à s’exporter…

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Paysage Improvisation Concert

Le projet:

Un promeneur écoutant preneur de son, un travail autour du field recording, du soundwalking, de la lecture/écriture de paysages sonores.

Phase 1

Se promener, magnétophone en main, oreilles aux aguets.

Capter des ambiances, des échantillons sonores, l’esprit auriculaire des lieux.

Les restituer lors d’un PIC (Paysage, Improvisation Concert).

Phase 2

Improviser, lors d’un concert, d’une performance live, à partir des échantillons sonores, non mixés, récoltés in situ.

Possibilité de précéder le PIC d’un PAS – Parcours Audio Sensible (Soundwalk) et de le poursuivre par une conférence/causerie autour des notions de paysages/parcours sonores et points d’ouïe, des rapports esthétique/écologie/sociabilité sonores.

Timing

Cycle court : 2 à 3 jours d’enregistrement, repérage, écoute, dérushage.

Un jour de répétition, concert.

Résidence sur plusieurs semaines, à définir selon le projet

Dispositif

Enregistreur numérique et logiciels audio amenés par l’artiste.

Sur place, un système son stéréo pour la diffusion improvisation.

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Photos PIC Saint-Pétersbourg/Kaliningrad – Institut Français de Russie Festival Sound Around 2019

 

Desartsonnants


POINTS D’OUÏE ET PAYSAGES SONORES PARTAGÉS

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Pour en savoir plus

EN ÉCOUTE

EN IMAGES

EN VIDÉOS

EN TEXTES

 

PAS – Parcours audio sensible en duo d’écoute avec Isabelle Favre – La croix Rousse de haut en bas

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Une fois n’est pas coutume, partant de la place Croix-Paquet, au pied des pentes de ce quartier emblématique, toujours à Lyon, nous empruntons le Métro à crémaillère pour rejoindre la place de la Croix-Rousse, sur le plateau.

Histoire d’entendre la machine et ses voyageurs, dans une rame très peuplée à cette heure-ci, vers les 9H30 du matin.

Un temps très couvert, limite de la pluie, un peu frisquet, et avec du vent, l’ennemi des micros, dont nous nous protégerons en choisissant parfois les endroits plus protégés.

Et comme à notre habitude dans ces parcours en duo, nous écoutons, regardons, commentons, digressons de concert, à l’improviste, en suivant le chemin proposé par Isabelle Favre, qui se livre à nouveau à cet exercice, après une précédente exploration de Fourvière. Nous enchainons,un parcours sur la « colline qui prie » à un autre sur la « colline qui travaille », selon des expressions typiquement lyonnaises

Au fil des traversées, des récits inventés in situ, des paysage sonores, ce seizième PAS en duo nous livre de nouvelles tranches de ville, avec des petites ou grandes histoires, anecdotes ou micro-événements, ressentis, commentaires. L’ensemble de ces flâneries sonores commence, avec ses plus de trente heures cumulées d’audio-parcours, à dessiner une ville kaléidoscopique, singulière, parfois imaginaire ou plutôt imaginée, d’espaces imposants ou intimes, de descriptions personnelles, qui l’écrivent à micros ouverts.

Dans ce quartier croix-roussien, pétri d’histoires de soyeux, de canuts, de révoltes et de traditions, de tissage sur des métiers Jacquard, d’esprit festif et de gentrification, chaque recoin urbain se prête à la narration d’une ville multiple. On ne peut pas ignorer ce bout de ville, où être un gone des pentes est un peu différent d’être un « simple » Lyonnais

Commerces, passants, aménagements, ambiances, reliefs, événements, points de vue et points d’ouïe, un puzzle s’assemble, au gré des rues et des places, de leur typonymies, des escaliers et des passages couverts, et sous les mots racontant.

 

 

https://www.linkedin.com/in/isabelle-favre-013920103/

PAS – Parcours Audio Sensible et Points d’ouïe en Roannais

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Samedi 05 octobre 2019, je suis invité par la Médiathèque de Roanne Agglomération, pour effectuer un PAS – Parcours Audio Sensible, lors d’une rencontre que la structure de lecture publique a judicieusement nommé Point d’Ouïe.

La journée se divisera en deux temps. Le matin 3H30/4H00 de repérage dans le quartier de la médiathèque.
L’après-midi, un PAS collectif suivi d’une petite causerie.

Malgré un temps incertain, un ciel noir roulant de lourds nuages, quelques gouttes éparses durant midi, et un vent frais le matin, je me mets en marche d’écoute.
Si certains quartiers semblent évidents à l’oreille (et au regard), d’autres le sont moins. Les accroches auriculaire et ambiances visuelles ne sautent pas aux oreilles, ni aux yeux.
Le quartier que j’explore est de ceux-là. De grands boulevards tirés au cordeau, des alignées de bâtiments sagement disposés, pas de relief pour prendre un peu de hauteur.
Il faut aller creuser le terrain, le passage, l’interstice, la ruelle, le délaissé, bref, un brin encanaillé l’oreille, le pied et le regard, pour décaler une perception d’un lieu où chercher les aspérités sensibles, les petites surprises urbaines.

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Je commence a avoir, modestement, une certaine expérience en ce domaine, naviguant de l’oreille et de l’œil pour dénicher là où installer des écoutes, expérimenter des auscultations intimes, questionner les promeneurs écoutants sur la place su son…

En fin de repérage, je choisis un banc et une table dans un petit parc public, pour m’adonner à un petit jeu d’écriture descriptive en temps réel, c’est à dire celui de la fenêtre temporelle de l’écoute.

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Angle de plusieurs rues, face à une place, la place du Champ de foire
Assis sur banc d’écoute et table de pic-nique, dans un petit jardin public, square urbain, point d’ouïe/arrêt sur sons.

Des oiseaux piaillent, différents, discrets, mais néanmoins bien présents.

Des voitures, beaucoup de voitures parfois, de toutes sortes, plus ou moins audibles, vrombissantes ou feutrées, selon les flux et les cassures des aux feux tricolores, le vent.

Des piétons, adultes passant rapidement, presque furtivement, peu nombreux, souvent solitaires, donc peu bavards; des bruits de pas qui réveillent l’espace à gauche, puis à droite, en étalons de l’espace acoustique ambiant.

Champ de foire

Un bus s’arrête à quelques mètres, à la station « Champ de foire », ligne 3, direction de Mably. Il ronronne, souffle parfois, une annonce vocale st très audible lors de son redémarrage.

Bruits de balai à droite, dans un couloir à la porte ouverte qui fait caisse de résonance.

Du vent, petites rafales fraiches, qui froissent les feuilles jaunissantes d’un catalpa et trainent au sol différents objets de plastic râlant la terre du square; des traces audibles du souffle d’Éole.

Un moto de petite cylindrée rugit en montant nerveusement ses régimes de vitesse, alors que d’autres scooters bourdonnent plus mollement.

Un instant de presque rien. De calme soudain, seule un rumeur ténue autant que tenace subsiste au loin.

La ville paraît un brin endormie à l’oreille, ce samedi midi, les Universités voisines étant fermées.

Un homme sur le trottoir d’en face, marche, silencieux, en tout cas de mon banc, trop d’interférences s’interposent entre lui et son oreille.

Une musique rythmée, ponctuée de basses rageuses, s’échappent d’une voiture discothèque.

Une petite mouche marche sur la table, à quelques centimètres de mon calepin, elle aussi comme un symbole d’un infime silence en mouvement.

Un coup de klaxon bref et isolé fait sursauter l’espace alentours. Un autre est amoindri par l’angle d’un bâtiment, un troisième, plus volontaire, pestant pour que le flux automobile redémarre. Ce qu’il ne tarde pas à faire.

Les voitures ébranlées, des passereaux reprennent le dessus du concert urbain, dans des tranches de calmes relatifs, réapparaissant à l’oreille en pointillés, figures sur fond.

Le vent est tombé, expression étrange, dans une atmosphère se traduisant par une impression de calme renforcé, les arbres se sont tus, le ciel c’est noirci, pourvu que…

Une portière claque à gauche. Petite voiture me semble t-il à l’oreille.

Un jeune homme passe en téléphonant, une pie semble lui répondre, perchée sur un érable lacinié.

Des talons, presque imperceptibles, mais en tendant l’oreille, je zoome pour les garder en ligne de mire (sonore).

Je commence à me refroidir, immobile sur mon banc d’écoute, je vais donc quitter cette posture d’énumération/portrait ponctuel, sorte de petite carte postale auditive instantanée.

C’est un exercice que j’affectionne, c’est comme faire des gammes pour les oreilles. Hier encore, je conseillais à des étudiants de l’école d’architecture de Lyon Vaulx-en-Velin, avec qui nous travaillons sur la notion de Point d’ouïe, de s’y adonner, pour développer leur ses de l’écoute, mais aussi la sensibilité et le plaisir auriculaire lié aux lieux arpentés.

Et encore un immense merci à Georges Pérec, dont certains auront peut-être reconnu ici les influences de sa « Tentative d’épuisement d’un lieu parisien »; œuvre qui ne cesse de m’inspirer, comme un outil de perception élargie, de rendu et de matière à créations, écrit incontournable.

Après une petite pause restauration, je reprends le chemin de la médiathèque pour attendre mes promeneurs écoutants. Ils sont une vingtaine d’inscrits et seront tous présents rendez-vous. Groupe intergénérationnel, d’une dizaine d’années pour deux enfants, jusqu’à plusieurs dizaines d’années pour d’autres.

Nous partons un peu à l’écart de la médiathèque pour échapper aux automobiles.
Comme à l’accoutumée, quelques mots sur les origines, les pratiques et les desseins des PAS, ou Soundwalks.

Nous mettons nos oreilles en situation, jouant à focaliser, à orienter l’écoute par un jeu de mains plus ou moins ouvertes ou fermées autour de nos pavillons. Petite gymnastique auriculaire douce, exploitable à l’envi le long du parcours.

Le silence est installé, nous partons lentement.

Le silence sera vraiment un acteur du groupe, une composante, une forme de réceptacle sonore, et aussi de lien, ou liant notre communauté écoutante d’un instant.

Nous testerons l’angle d’une architecture orientant l’écoute,
une passerelle bordée de buissons et d’herbacées caressés par le vent,
le dessous d’arbres aux feuilles bruissonnantes,
un parking désert où j’installerai, de façon éphémère, de vrais faux chants d’oiseaux,
des ruelles calmes,
une cour intérieure en friche où nous ausculterons minéraux et végétaux,
un passage étrange entouré de barrières et poteaux métalliques que nous ferons sonner, et sur lesquels nous colleront oreilles et stéthoscopes, improvisant de petites musiques inaudibles à oreille nue…
Des cassures, ruptures, enchainements, passages intimes cherchant à échapper à l’uniformité des grands axes, espaces décalés où expérimenter des postures d’écoutes collectives… Le parcours se boucle par un retour à l’université voisine.

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Nous ferons une dernière étape/arrêt autour de bancs et de tables, dans le jardin du campus, pour libérer la parole, et les échanges qui, en général, ne manquent pas, après plus d’une heure de déambulation silencieuse.

Les deux jeunes enfants, qui ont fait preuve d’une remarquable attention, d’un silence amusé, complice, ont joué avec tous les objets et postures d’écoute que j’ai proposé, ouvrent le feu. Ils sont ravis, et parlent de tout ces petits bruits glanés ça-et-là. Pour eux un terrain de jeux sonores.
Les adultes ne sont pas en reste.
On commence par parler de l ‘expérience vécue, des perceptions, décalages sensoriels, plaisir de faire lentement, en silence, en groupe… Mais aussi de la place importante du moteur en ville, de la recherche de calme que cela inclue, des gommages que notre cerveaux s’échine à faire pour lui échapper au mieux que faire se peut.
Les échanges élargissent progressivement l’expérience vers des problématiques liées à l’écologie sonore, la place des technologies, de l’architecture, de ce que l’artiste, ou tout au moins l’écoutant sensible peut infuser dans des approches qualitatives, esthétiques, sensorielles.
Puis le débat s’élargit encore vers des problèmes écologiques actuels plus globaux, les dysfonctionnements, et le terme est gentil, les solutions, l’éthique et la responsabilité de chacun, les questions de sociabilité face à des situations parfois exacerbées…
Bref, nous refaisons le monde, ou une partie, par le biais d’une écoute qui vient réactiver la parole.
Nous causerons ainsi une heure.
Via ces partages d’expériences « marchécoutées », ces mini agoras parfois, comme ici, très informelles, constituent des moments que j’apprécie tout particulièrement, qui font intrinsèquement partie de la marche, voire de la dé-marche d’écoute.

Desartsonnants, presse, flyers, programmes, actus, affiches…

Un press book élargi et Desartsonnants

 

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Par ici : https://www.academia.edu/40686963/Desartsonnants_pr%C3%A9sentation_articles_de_presse?fbclid=IwAR10ndEzfnsvl449EwjxOJ3vMzqu_Q9vSfBHV4T93SEvR65I-67mVi1yr6s

Émergences et constructions d’éco-sociabilités, ou éco-auricularités, via le soundwalking

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Arpenter un territoire auriculaire, ou entendu comme tel, doit soulever quelques questionnements, pointer des problématiques inhérentes aux lieux investis, pour donner du grain à moudre à notre oreille bien pensante, ou en tous cas impliquée.

Par exemple :
Entend t-on, perçoit-on, dans l’espace public notamment, des positions de domination, de soumission, de résignation ? Si oui quelles sont-elles (sociales, économiques, politiques…), comment se manifestent-elles notre écoute ?
Notre oreille décèle t-elle des appropriations genrées, des formes d’écoutes et de perceptions singulières, liées à des cohabitations dans des espaces où la mixité n’est pas toujours un modèle d’équilibre ?
Comment se révèlent des violences de quartier, via les coups de klaxons rageurs, harangues alcoolisées, bris de canettes pulvérisées… ?
Ou à l’inverse, se révèlent des aménités bienveillantes, rires d’enfants, fêtes populaires, marchés animés… ?
Les parcours d’écoute peuvent-ils favoriser des partages de sensibilités, d’aménités, de communs, la conscience de participer à une vie sociale intrinsèquement liée à des paysages sonores partagés ?
Comment ces situations spatio-temporelles, auriculaires, voire ces mises en situation orchestrées par des artistes, chercheurs en sciences sociales et humaines, aménageurs… contribuent-elles à modifier, voir à construire un paysage sonore, via de nouvelles formes d’éco-sociabilités, d’éco-auricularités, objets esthétiques, écosophiques, sociaux, que l’on commence tout juste à entrevoir, à entrécouter.

L’artiste n’est bien sûr pas en capacité à aborder avec toutes les compétences requises de tels sujets sociétaux. Par contre, il sait, notamment via la mise en situation de mobilités sensibles, parcours d’écoutes ici, stimuler des perceptions auditives, déployer des sortes d’antennes vivantes autour de nos oreilles rendues plus curieuses, et donc plus actives, si ce n’est activistes.
Le sociologue, anthropologue, historien, géographe, architecte, urbaniste… viendra co-tisser le récit sensible, construire et affiner des objets d’études où l’écoute et la marche restent des pivots au centre du processus d’éco-auricularités.

Travail en chantier.