Faire un PAS – Parcours Audio Sensible ?

@Transcultures – City Sonic 2016- PAS à Mons

Faire un PAS – Parcours Audio Sensible, c’est se promener dans un lieu donné, mais plus encore.
Faire un PAS – Parcours Audio Sensible, c’est écouter un lieu donné, mais plus encore.
Faire un PAS – Parcours Audio Sensible, c’est envisager de construire et d’écrire une, des histoires inspirées, autant que possible collectives, via, entre autres, nos oreilles, curieuses et canailles.
Faire un PAS – Parcours Audio Sensible, c’est rencontrer plein de gens, échanger, questionner, savoir ce qu’ils aiment entendre, et où, et quand, et comment, et comprendre ce qu’ils aimeraient entendre, et comprendre ce qu’ils aimeraient ne pas, ne plus entendre.
Faire un PAS – Parcours Audio Sensible, c’est raconter in situ une géographie sonore, parmi bien d’autres géographies.
Faire un PAS – Parcours Audio Sensible, c’est tout d’abord chercher les aménités, celles qui réconfortent, pour néanmoins se frotter inévitablement aux dysfonctionnements auriculaires, qui ne manqueront pas de se dresser en chemin.
Faire un PAS – Parcours Audio Sensible, c’est imaginer des scénari, des mises en écoute, des mises en scène, des processus, des rêves, voire des utopies, qui partiront du terrain, et reviendront au terrain.
Faire un PAS – Parcours Audio Sensible, c’est frotter des sons à des images, des couleurs, des odeurs, des saveurs, des matières, des textures…
Faire un PAS – Parcours Audio Sensible, c’est frotter du sensoriel, du matériel, du social, du politique, du poétique, de l’aménagement, et plus si affinité.
Faire un PAS – Parcours Audio Sensible, c’est accepter que le terrain, et les co-écoutants présents sur le dit terrain, orientent la lecture et l’écriture vers une aventure sonore la plus inouïe que possible, histoire de se dépayser en faisant un (ou plusieurs) PAS de côté.
Faire un PAS – Parcours Audio Sensible, c’est encore bien d’autres choses, qui restent à découvrir, qui restent à expérimenter.

Pour conclure, sans pour autant en avoir fini avec le sujet : Partout où il y a du vivant, il y a des sons. Partout où il y a du vivant et des sons, on peut imaginer écrire des choses collectives autant que singulières, donc très modestement inouïes.

Point d’ouïe, dérive solitaire marseillaise

Digital Camera

Durant ma semaine marseillaise, les promenades se sont succédées. En duo, en groupe, et parfois, en fin de journée, en solo.

L’une d’elle m’a fait audio-dériver, au sens d’audio-errer sans but, oreilles aux aguets malgré tout, dans le quartier de la place Castelanne.

Fuyant l’agitation de la rue de Rome, je m’enfonce dans une petite rue perpendiculaire, rue Saint Suffren de mémoire.

Rue/ruelle étroite, sinueuse, bordée de petits commerces.

Niveau sonore, on quitte très vite l’ambiance sonique tonique de la rue de Rome pour trouver des espaces beaucoup plus apaisés, où la voix retrouve sa place, et l’oreille un brin de répit-repos.

Prendre le temps d’aller.

Je ne sais pas trop où mais ça m’est égal.

Déboucher sur une place, entourée de commerces, bars restaurants, pour la plupart fermés, covid oblige.

Néanmoins, certains commerces conservent terrasse sur rue.

Quelques chaises, quelques tables, quelques clients.

Suffisamment pour garder un brin de vie sociale.

Ambiance agréable, salutaire, dans ces espaces/temps de (re)confinements à répétition.

Sinon, des parasols pliés, comme des arbres qui resteraient frileusement fermés sur eux-même, attendant des jours meilleurs.

Des empilements de chaises enchainées les unes aux autres.

Une fontaine est endormie.

On imagine facilement qu’en temps normal, hors crise sanitaire, cette place vit, tout autrement.

Qu’elle vit véritablement.

Des bancs sur la place.

Je m’y pose.

Des groupes occupent l’espace, différents espaces à vrai dire.

Adolescentes rieuses ici.

Adolescents footballeurs là.

Isolés lisant ou rêvassant ailleurs…

Chacun dans des espaces qui semblent dédiés, habitués.

Chacun dans des sortes de bulles sonores, ou silencieuses, qui néanmoins se mêlent dans une géographie acoustique assez plaisante.

Un morcellement d’occupations tacites qui s’entend autant qu’il se voit.

Le soleil déclinant, la fraîcheur s’installant, je reprends mon chemin, cessant une écoute scrutatrice pour retrouver la posture du marcheur lambda.

PAS – Parcours Audio Sensible, des sons et des mots

Suite de promenade écoute 2M2C

Un apéro dans un jardin, oasis de calme en centre ville.

Des discussions autour des pratiques de chacun, et bien d’autres choses encore.

Un questionnaire rédigé par Caroline Boë, notre hôte, questionnaire inspiré de celui de Stéphane Marin et aussi de Raymond Murray Schafer.

Un coin studio d’enregistrement autonome, au fond du jardin, où chacun viendra répondre aux question, raconter des bouts de balades, ressentis, plaisirs et agacements, souvenirs…

Des mots et des sons…

Des commentaires, textes produits en balade, ou après.

Distributeurs ronronnants, panneaux publicitaires, réverbération underground, voix, machines, voitures, ventilations, moteurs, métro, bruits de roulement, motos, claquements, ambiances, encore des voix, fontaines, oiseaux, vent, bips, portes, chat, musiques, réverbérations… Et plus encore aurait dit Prévert.

Un montage sonore à partir des enregistrements de Caroline et quelques uns de Gilles, montage Desartsonnants.

@ photos, sons, Caroline Boë

Point d’ouïe, Massalia Sound Si j’taime

Contexte

Arpentages marseillais

Cette résidence artistique est née d’une impulsion, d’un appel sur des réseaux sociaux, suite à une série de confinements et autres empêchements dus à des contraintes sanitaires rendant les déplacements, espaces de travail restreints, et productions artistiques publiques quasiment réduites à néant.

Devant cette situation pour le moins compliquée et contraignante, une résidence de forme assez libre voit le jour, par l’invitation spontanée et généreuse de Caroline Boé, artiste sonore et chercheuse autour de la pollution sonore « invisible », due à des micros sonorités envahissant insidieusement nos espaces de vie.

Balades écoute en duo, solitaire, groupe, enregistrements, échanges et conversations autour de nos pratiques, rencontres, écritures multiples, arpentages s’en suivront joyeusement, comme une sorte de workshop un brin free style, ballon d’oxygène jouissif dans ces situations sanitaires tendues.

Premier volet d’une série de rencontres à venir, d’expériences à construire, de récits à croiser ; les oreilles ont besoin d’air, le corps d’espaces et de rencontres…

Remerciements

À Calorine et Jean-Eudes qui m’ont si gentiment accueilli et offert un lieu de travail formidable ; à leurs salades et petits plats riches en couleurs et goûts

À Éléna Biserna, Nicolas Mémain, et Caroline Boé, qui ont œuvré avec moi à l’écriture et à l’exécution polyphonique de 2M2B, une balade sensible pleine de rebondissement sonores

Aux participants, au public qui ont joué le jeu de répondre à nos sollicitations parfois bien surprenantes

A Sophie Barbeau pour la présentation visite de son beau projet de jardin partagé à la cité Castellane

Au bureau des guides pour le sympathique entretien que nous avons eu, ainsi qu’à George Withe

A tous les marseillais, marseillaises croisés ici ou là ; commerçants ou flâneurs.

Au superbe temps ensoleillé, propice à de belles déambulations

À Marseille la pétulante, qui sait offrir le meilleur d’elle-même à qui prend le temps de l’arpenter.

Premier arpentage, ces sons qui nous envahissent

Ma compère Caroline, artiste sonore et chercheuse, travaille actuellement sur une thèse autour de sons envahissants, problématique autour de laquelle elle a construit une méthodologie et des outils de création recherche.

https://anthropophony.org/a_propos.php

Pour cette dernière, la promenade urbaine, l’enregistrement et la compilation description, sur un site dédié, forment une série d’outils qui vont alimenter le travail de réflexion, et questionner les auditeurs urbains que nous sommes parfois, la présence dans l’espace public ces étranges objets sonores qui peuplent, parfois insidieusement, nos espaces de vie.

Caroline m’entraine donc, dans nos premières balades, écouter ces sons parfois étrangement fascinants lorsqu’on prend le temps de les écouter. Je redécouvre Marseille par le petit bout de l’oreillette, oreille collée, sensible à des drones insistants bien que quasi ignorés, ou inconsciemment filtrés de nos conscience auditive ; effets de gommages psychoacoustiques… Protection inconsciente, sonorités résiduelles peu prises en compte dans l’aménagement urbain… Mais aussi, sans doute paradoxalement, de beaux objets sonores esthétiques pour l’artiste sonore.

Rencontres sonores en chemin

Alarme de grille fermée, dérèglée https://anthropophony.org/sons.php?id_aff=841

Distributeur de boissons et de malbouffe, sation de métro https://anthropophony.org/sons.php?id_aff=844

Prises de sons, photographie et site Caroline Boë

Paysage sonore station de métro Castelanne

Grondements, claquements, voix, bips, ronflements, ronronnements… La vie acoustique marseillaise souterraine. Un univers acoustique somme toute très immersif !

Prise de son et mixage Gilles Malatray

Point d’ouïe, ambiances en échos

Digital Camera

C’est un petit PAS – Parcours Audio Sensible a minima, et aussi une réunion de travail, avec un collègue, lui aussi passionné de paysages sonores, il y en a.

Nous sommes sur les bords de Saône à Lyon.

Sous un pont, le pont Schuman pour être précis, qui enjambe la Saône en reliant le 9e arrondissement au 4e.

IL fait un temps magnifique.

Nous marchons en devisant des choses sonores et de projets en cours et à venir.

C’est un quartier, le mien, que je connais comme ma poche, et sans doute mieux encore, lieu d’expérimentations auriculaires.

Sous le pont, de beaux reflets aquatiques animés font spectacle, sous le tabouret bétonné de cette architecture réfléchissante.

Et en écho, le mot est ici adéquat, un effet sonore singulier et surprenant. L’écho justement.

Sept échos en réponse à nos sollicitations sonores, identiques à ceux rencontrés en paysage de moyenne montagne, le Haut-Jura étant un territoire on ne peu plus sonnant.

Trois puissants, suivis de quatre brutalement estompés, allant decrescendo jusqu’à tendre l’oreille.

On en joue sans compter, à la trompe, à la voix, au mains claquées.

Les passants sont interpellés par nos jeux, les oreilles titillées, amusés, surpris, dubitatifs…

C’est un de mes points d’ouïe fétiche, que je ne me lasse de faire sonner, et de faire découvrir.

C’est un micro spot d’écoute où il pourrait se jouer bien des choses, sans grand dispositif, juste les lieux sonnants et les sonneurs joueurs.

Et c’est ce que j’aime par dessus tout.

Partition de PAS – Parcours Audio Sensible N° 22 « Lignes et cercles »

Lieux : N’importe où, site urbain, périurbain, rural, naturel….

Publics : Tout public, solitaire, en petit groupe

Temporalité : A définir selon l’exploration, le parcours choisi, le temps imparti…

Actions :
Choisir un lieu, une ville, un quartier, une forêt, un site spécifique…
Avoir de préférence une carte du lieu, matérielle ou numérique, embarquée.
Définir un périmètre du PAS, des limites.
Choisir une option de déambulation, en ligne droite, est/ouest, nord/sud, ou en cercle, dans le sens des aiguilles d’une montre, ou inversement.
Tracer un itinéraire d’après ces choix, de X à Y en ligne droite, en cercle…
Le marchécouter en essayant de respecter un maximum le tracé, mais en jouant, par la force des choses, avec les (nombreux) obstacles du terrain.

Jouer des contraintes, aléas, imprévus, obstacles, contournements…

Remarques :
Des aménagements ou spécificités typologiques peuvent parfois favoriser l’exécution et le suivi d’un tracé (route, cheminement piéton, rives, périphériques…)

Partition de PAS – Parcours Audio Sensible N°21 « ambiances et frottements »

Lieux : Tous les lieux, intérieur, extérieur, durée variable selon le parcours

Temporalité : Toute période, au cours d’un parcours, ou en spot

Public : Groupe de 2 à 20 personnes

Action : Le guide emmène les promeneurs en silence, parfois, il s’arrête, pose une enceinte amplifiée au sol, des musiques viennent se superposer, se frotter aux environnements sonores ambiants; à chaque halte, une musique, une ambiance différente est écoutée, créant différents climats, décalages, atmosphères aléatoires.

Partition de PAS – Parcours Audio Sensible N°20 « géographie sonore oulipienne »

Lieux : Près de chez vous, ou loin, ou très loin, en ville…

Temporalité : Quand l’envie vous en prend, pour une durée indéterminée, ou déterminée

Publics : En solitaire ou en groupe

Actions : Se procurer une carte de la ville, ou suivre un itinéraire géolocalisé sur son smartphone
Se noter, au préalable, une liste de contraintes, ou de règles du jeu.
Exemple : Compter six rues à droite (ou à gauche), à l’intersection de la 6e, faites une arrêt écoute de 3 minutes (ou plus, ou moins), installez un point d’ouïe donc; puis prendre la rue à droite (ou à gauche) réitérez l’opération autant de fois que vous le souhaitez.
Arrêtez vous à tous les numéros de rue se terminant par le chiffre 6 (ou un autre de votre choix) écoutez, repartez…
Arrêtez vous à chaque croisement dont le nom de la rue de droite fait référence à un lieu, ville, région… (Rue de Paris, de Brest, de Provence, d’Italie…) Postez votre oreille.
Suivre une ligne de métro, ou de bus, arrêtez vous à chaque station pour effectuer un point d’ouïe de la durée de votre choix.
Inventez d’autres consignes de jeux, vous pouvez, à certains moments, les tirer au sort ou les faire choisir à l’aveugle par des membres du groupe.

Variantes : en forêt, comptez le 6e (ou un autre ième) arbre sur la gauche du chemin…
Inventez des variantes selon la géographie locale.

Conf’Errance, causerie marchée

Conf’Errance

Causerie marchée

Conf’Errance Paysage sonore de Kaliningrad (Ru) – Festival Around the Sound

Organiser une Conf’Errance ?

Une Conf’Errance, comme son nom l’indique,

c’est arpenter de concert un lieu

C’est l’écouter

C’est échanger autour de différentes thématiques

C’est faire sortir le débat hors des murs pour le frotter au terrain

Discussions en marche 

Paysage sonore

Parcours sonore

Écologie sonore

Création sonore

Cartographie sonore

Géographie sonore

Rapports architecture, urbanisme, espaces sonores

Et tout autre sujet susceptible de mettre les lieux en écoute, en mots et en mouvement…

Quelques partenariats

Nomade Land Lyon (Architecture, urbanisme et espaces sonores, écologie sonore..)

Centre Culture et Rencontre de Goutelas (Paysage et parcours sonores)

Université Paris 8 Saint Denis, Laboratoire LEGS ! (Espaces sonores et genres)

Institut Français de Saint Pétersbourg et Festival Around the Sound de Kaliningrad (Parcours et arts sonores)

Institut Français de Tananarive, Festival de films courts de Tana (Paysage et design sonore)…

Festival DME Seia (Portugal) (Parcours autour de l’eau à Sabugeiro, World Listening Day)

Gare au Théâtre, Vitry/seine (Les Ardoines de jour et de nuit)

Festival City Sonic (Parcours à Mons, Charleroi, Louvain la Neuve, Rixensart, Genappe…)

Université Lyon2, Centre Culturel La Ferme et CFMI de Lyon , Centre psychiatrique Vinatier (Paysages sonores, enfermement et ouverture)…

Contact Desartsonnants@gmail.com – 0032 (0)7 80061465

Document téléchargeable ici :

Partition de PAS – Parcours Audio Sensible N° 19 « Les sons imaginaires »

Publics : Groupe jusqu’à 20/25 personnes

Lieux : Plutôt urbains, ou péri-urbains

Temporalité : 1 à 2h, jour ou nuit

Actions : Visiter de l’oreille un quartier en rénovation, ou possédant des friches industrielles, des zones habitations, ou industrielles, ou les deux…

Le « guide d’écoutes imaginaires » emmène le groupe vers des lieux préalablement choisis, ou non, et propose à chaque étape, à chaque point d’ouïe, une mise en situation pour stimuler des imaginaires audio-sensibles.

Le but est d’imaginer les ambiances sonores d’usines désaffectées, du quartier il y a très longtemps, ou dans un futur plus ou moins proche, ce qui peut se dérouler, invisible, derrière les murs de maisons… Faire entendre ce qui est inaudible, au-delà des sons « réels »… Travailler un imaginaire auriculaire, fabriquer des auditions virtuelles, sans autre technologie que notre propre imagination.

Échanger, en fin de parcours, sur ses propres expériences, confrontées à celle du groupe, à celle d’autres écoutants.

Remarques : L’enregistreur étant ici totalement inefficace, en tant qu’écouteur de l’instant vécu, pourra être utilisé pour recueillir les récits oraux de ressentis-traces. L’écrit sera très également opportun pour formaliser et construire un récit post expériences.