City sonic 2019, Arrivée à Louvain la Neuve, un bien-être auriculaire

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Je suis arrivé en fin de soirée, vers 19H30 à Louvain La neuve, LLN comme on dit dans ce terroir belge. Cette « ville nouvelle » était à l’origine un campus universitaire géant, qui s’est progressivement développé vers une ville « normale », ouverte à une population plus large.
J’arpenterai cette cité durant trois semaines environ, pour mon pèlerinage sonore qu’est devenu, au fil des ans, le festival international des arts sonores  City Sonic.
Comme à chaque édition, je tendrai oreilles et micros vers les artistes, comme vers les paysages ambiants, pour alimenter notamment, avec ma comparse Zoé Tabourdiot, la web Sonic Radio. De beaux moments d’échanges en perspectives !

Après pas mal d’années à Mons, ville pour moi laboratoire dans laquelle j’ai testé nombre de parcours, rencontré et sympathisé avec beaucoup de personnalités fascinantes, activistes du monde sonore, puisé moult ambiances pour les re-composer en pièces sonores paysagères, puis un rapide passage à Charleroi, me voici fraichement débarqué à Louvain la Neuve.

Les affaires posées dans mon lieu d’hébergement, je sors immédiatement arpenter ce territoire encore inconnu pour moi, premier repérage, errance au gré de mes envies, des sons, des ambiances. Je me frotte toujours avec un réel plaisir aux lieux que je découvre, pour les apprivoiser sensoriellement.
Nous sommes samedi soir, il fait beau, même si la température est assez hivernale, mais donne un peu d’agréable piquant à ma promenade.

Je connaissais, avant s’y arriver, une des caractéristiques de la bourgade, à savoir l’absence totale de voiture dans tout le centre ville.
J’y étais passé rapidement et avait déjà constaté ce fait assez rare pour être remarquable.
Néanmoins, ce premier soir de promenade, je prends conscience de cette singularité, surtout au niveau acoustique. L’absence des bruits de moteurs en centre ville, où même la rumeur des périphériques voisins ne pénètre pas est un confort incroyable. Un plaisir que moi, naviguant bien urbain, j’avais quasiment oublié, hormis dans de profondes forêts jurassiennes, et encore…
Ce samedi, dans le centre parsemé de nombreux bars, restaurants, au gré de larges places assez minérales, réverbérantes à souhait, nombre de badauds, d’étudiants en goguette, déambulent joyeusement.
Les voix, beaucoup de voix, pour la plupart jeunes, les cris, les rires habitent l’espace, créent l’espace, acoustiquement parlant. Elles y ont tout l’espace vierge de voitures pour s’y ébattre. C’est un ressenti jouissif, un plaisir indéniable.
Les voix donnent des repères spatiaux, marquent des champs de profondeurs, du plus proche au plus lointains, dessinant des trajectoires, des mouvements, se répondent d’un bout à l’autre de larges places… Un festival avant l’heure, une installation sonore impromptue, à ciel ouvert.

Pour moi qui, dans quelques jours, emmènerai dans un PAS – Parcours Audio Sensible, ou Soundwalk pour les puristes, des promeneurs écoutants, c’est un véritable aubaine, un cadre rêvé. L’enjeu sera dés lors de leurs faire sentir comme ce ce confort, ce bien-être d’écoute est assez rare pour en profiter, en jouir, et sans doute, pour les architectes et urbanistes, de chercher à multiplier ce modèle de ville apaisée. Pour moi qui fait un travail autour des points d’ouïe, des oasis sonores, des espaces sereins, LLN est un terrain d’aventure qui s’avère d’emblée privilégié.

En fin de cette première déambulation, je trouverai un banc d’écoute qui me convienne, en haut d’une large place passante, un peu retiré, mais en position panoramique Un poste d’observation sonore qui me permet d’épier, d’embrasser un champ auriculaire, à la fois large et profond. Je mets mes oreilles en état de réceptivité maximum, jusqu’au moment où je me laisserai porter par un douce rêverie où les voix chantent joliment. Toute une panoplie d’intensités, de timbres, de mouvements, font entendre une musique des lieux épurée de surenchères, d’hégémonies, d’exagérations soniques. C’est un exemple de ce que Murray Schafer appelle des paysage Hi-Fi, équilibrés, riches en sonorités, agréables, sinon très plaisants à entendre.
Cette première approche nocturne me donne envie de creuser le sujet d’espaces amènes, où l’homme retrouve une place dans laquelle la communication orale se fait naturellement, sans effort, sans tendre sans arrêt l’oreille vers l’autre pour saisir ses propos.
Je pars dés lors à travers le ville, de jour cette fois-ci, magnétophone et micros dans le sac à dos.

A suivre.

PIC – Paysage, Improvisation, Concert

Paysage

Improvisation

Concert

PIC
Les choses étant ce qu’est le son

 

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Intention

Je suis parfois insatisfait de morceler, de diviser, une démarche qui convoque à la fois des approches liées à l’écoute, la musique, ou la création sonore, le paysage, l’écologie voire l’écosophie et des formes de sociabilités sonores.

Comment trouver une cohérence qui puisse servir un propos alliant le faire et la réflexion, avec un large public, non forcément initié ?

Alors je construis un projet , un processus, un démarche qui pourrait tomber à PIC (Paysage Improvisation Concert).

Marcher, écouter, repérer, enregistrer, improviser des paysages en live, à partir des captations sonores captées in situ, faire ré-entendre, en parler... Un projet contextuel, de quelques jours à quelques semaines, que j’ai expérimenté et pratiqué lors de mes dernières résidences artistiques en Russie et au Portugal… Un dispositif à la fois bien cerné pour être efficace, et assez souple pour se confronter à de multiples espaces géographiques.

Des PICs en chantier qui, bien évidemment, ne demande qu’à s’exporter…

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Paysage Improvisation Concert

Le projet:

Un promeneur écoutant preneur de son, un travail autour du field recording, du soundwalking, de la lecture/écriture de paysages sonores.

Phase 1

Se promener, magnétophone en main, oreilles aux aguets.

Capter des ambiances, des échantillons sonores, l’esprit auriculaire des lieux.

Les restituer lors d’un PIC (Paysage, Improvisation Concert).

Phase 2

Improviser, lors d’un concert, d’une performance live, à partir des échantillons sonores, non mixés, récoltés in situ.

Possibilité de précéder le PIC d’un PAS – Parcours Audio Sensible (Soundwalk) et de le poursuivre par une conférence/causerie autour des notions de paysages/parcours sonores et points d’ouïe, des rapports esthétique/écologie/sociabilité sonores.

Timing

Cycle court : 2 à 3 jours d’enregistrement, repérage, écoute, dérushage.

Un jour de répétition, concert.

Résidence sur plusieurs semaines, à définir selon le projet

Dispositif

Enregistreur numérique et logiciels audio amenés par l’artiste.

Sur place, un système son stéréo pour la diffusion improvisation.

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Photos PIC Saint-Pétersbourg/Kaliningrad – Institut Français de Russie Festival Sound Around 2019

 

Desartsonnants


POINTS D’OUÏE ET PAYSAGES SONORES PARTAGÉS

SONOS//FAIRE

DESARTSONNANTS PROFIL ET PROJETS SUR LINKEDIN

34 rue Roger Salengro

69009 LYON

Skype : desartsonnants
Portable : +00 33 (0)7 80 06 14 65
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Pour en savoir plus

EN ÉCOUTE

EN IMAGES

EN VIDÉOS

EN TEXTES

 

PAS – Parcours audio sensible en duo d’écoute avec Isabelle Favre – La croix Rousse de haut en bas

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Une fois n’est pas coutume, partant de la place Croix-Paquet, au pied des pentes de ce quartier emblématique, toujours à Lyon, nous empruntons le Métro à crémaillère pour rejoindre la place de la Croix-Rousse, sur le plateau.

Histoire d’entendre la machine et ses voyageurs, dans une rame très peuplée à cette heure-ci, vers les 9H30 du matin.

Un temps très couvert, limite de la pluie, un peu frisquet, et avec du vent, l’ennemi des micros, dont nous nous protégerons en choisissant parfois les endroits plus protégés.

Et comme à notre habitude dans ces parcours en duo, nous écoutons, regardons, commentons, digressons de concert, à l’improviste, en suivant le chemin proposé par Isabelle Favre, qui se livre à nouveau à cet exercice, après une précédente exploration de Fourvière. Nous enchainons,un parcours sur la « colline qui prie » à un autre sur la « colline qui travaille », selon des expressions typiquement lyonnaises

Au fil des traversées, des récits inventés in situ, des paysage sonores, ce seizième PAS en duo nous livre de nouvelles tranches de ville, avec des petites ou grandes histoires, anecdotes ou micro-événements, ressentis, commentaires. L’ensemble de ces flâneries sonores commence, avec ses plus de trente heures cumulées d’audio-parcours, à dessiner une ville kaléidoscopique, singulière, parfois imaginaire ou plutôt imaginée, d’espaces imposants ou intimes, de descriptions personnelles, qui l’écrivent à micros ouverts.

Dans ce quartier croix-roussien, pétri d’histoires de soyeux, de canuts, de révoltes et de traditions, de tissage sur des métiers Jacquard, d’esprit festif et de gentrification, chaque recoin urbain se prête à la narration d’une ville multiple. On ne peut pas ignorer ce bout de ville, où être un gone des pentes est un peu différent d’être un « simple » Lyonnais

Commerces, passants, aménagements, ambiances, reliefs, événements, points de vue et points d’ouïe, un puzzle s’assemble, au gré des rues et des places, de leur typonymies, des escaliers et des passages couverts, et sous les mots racontant.

 

 

https://www.linkedin.com/in/isabelle-favre-013920103/

PAS – Parcours Audio Sensible, des marches auriculaires thématiques

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English below

Sensorialité, sociabilité, l’oreille partage des PAS et des écoutes…

PAS – Parcours Audio Sensible, étrangeté urbaine
Où l’on recherche les lieux les plus insolites, surprenants, parfois dérangeants, pour en écouter les triviales beautés. L’instant idéal, entre chiens et loups et nuit tombée.

PAS – Parcours Audio Sensible, ligne de flottaison
Où l’on suit le cours d’un fleuve, d’une rivière, d’un ruisseau, un parcours de fontaines… Comment se rafraichir l’écoute au fil des ondes bruissonnantes.

PAS – Parcours Audio Sensible, auscultation, sonification
Ausculter les matières, les mobiliers, végétaux, bâtiments… Amplifier les micro-sons, composer une intime musique des lieux, tester des objets d’écoutes insolites, donner de la voix aux choses…

PAS – Parcours Audio Sensible, gare aux oreilles !
Une gare, ses ambiances, acoustiques, annonces, flux humains et mécaniques. L’oreille va bon train…

PAS – Parcours Audio Sensible, l’oreille verte, l’oreille ouverte
De jardins en parcs, de coulées vertes en délaissés, vers la sagesse des arbres murmurants, un parcours d’écoute pour mettre notre oreille au vert.

PAS – Parcours Audio Sensible, postures des marches
Chercher la posture ad hoc, physique, mentale, commune, singulière… Ce qui nous relie au lieu, à l’autre, celle de l’oreille kinesthésique.
Possibilité de travailler avec un(e) artiste danseur.euse.

PAS – Parcours Audio Sensible, points d’ouïe en oasis sonores
Des zones calmes, espaces apaisés, où l’écoute et la parole se déploient sans forcer. Des oasis auriculaires urbains où il fait bon écouter et vivre.

PAS – Parcours Audio Sensible et écologie sonore
Comment sonne la cité ? Et avec ta ville, comment tu t’entends ? Un parcours, des lectures, autour de l’écologie sonore sur les concepts de Raymond Murray Schafer, Félix Guattari, Henry David Thoreau…

PAS – Parcours Audio Sensible, entrez dans la résonance
La ville et ses effets acoustiques, réverbérations… Des lieux qui sonnent, intérieurs extérieurs, des espaces architecturaux où l’oreille prend la mesure des lieux…

PAS – Parcours Audio Sensible, Inauguration d’un point d’ouïe
Après des balades repérages collectives, on choisit un point s’ouïe pour ses spécificités et aménités paysagères et sensibles. On l’inaugure officiellement par une cérémonie avec des discours, minutes de silence-écoute, signalétique…. S’ensuit une géolocalisation cartographique, des traces sonores, visuelles et écrites…

PAS – Parcours Audio Sensible, écritures et guidages de parcours d’écoute pour un lieu donné
Construction d’un parcours d’écoute in situ, selon des thématiques locales (site minier, portuaire, industriel, architectural, ville d’art, parc naturel ou urbain, forêt…) L’écoute contextualise le territoire arpenté et se joue de ses ambiances. Possibilité de travailler avec des structures culturelles, associations, artistes locaux pour co-écrire/construire à plusieurs oreilles, mains, pieds, regards…

 

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English

PAS – Parcours Audio Sensible, thematic Soundwalks; Sensoriality, sociability, the ear shares PAS and listenings …

PAS – Parcours Audio Sensible, urban strangeness
We research the most unusual places, surprising, sometimes disturbing, to listen to the trivial beauties. The perfect moment is between Dogs and Wolves and in the night.

PAS – Parcours Audio Sensible, Waterlines
We follow the course of a river, a river, a stream, a walk about fountains … Refresh the listening over the waves rustling…

PAS – Parcours Audio Sensible, auscultation, sonification
Auscultate materials, furniture, plants, buildings … Amplify the micro-sound, compose an intimate music places, test unusual listening objects, give voice to things …

PAS – Parcours Audio Sensible, beware of the ears !
A Railway station, its atmospheres, acoustic, announcements, human and mechanical flows. The ear is going well …

PAS – Parcours Audio Sensible, green-ear, open ear
From gardens to parks, from green castings to abandoned spaces, the wisdom of whispering trees, this a soundwalk for to put our green-ears.

PAS – Parcours Audio Sensible, Walking ans listening postures
Seeking the ad hoc walking and listening posture, physical, mental, common, singular …
What connects us to the place, to the other, to the kinesthetic ear.
Possibility to work with a dancer artist.

PAS – Parcours Audio Sensible, hearing points in sound oases
Quiet areas, soothed spaces, where listening and speech unfold without forcing. We’re looking for the Urban ear oases.

PAS – Parcours Audio Sensible and Acoustical Ecology
How does the city ring? And with your city, how do you get along?
A course, readings texts around Acoustical ecology about the concepts of Raymond Murray Schafer, Felix Guattari, Henry David Thoreau …

PAS – Parcours Audio Sensible, enter the resonance !
Listen to the city and its acoustic effects, reverberations, echoes …
Listen to places that sound, exterior interiors, architectural spaces where the ear takes the measure of places …

PAS – Parcours Audio Sensible, Inauguration of a hearing point
After collective sounwalks, we choose a « point d’ouïe » for its specificities and landscaping and sensitive amenities. It is officially inaugurated by a ceremony with speeches, minutes of silence-listening, signage ….
Then follows a cartographic geolocation, sound traces, visual and written…

PAS – Parcours Audio Sensible, writing and route guidance for a specific location
Construction of a listening path in situ, according to local themes (mine site, port, industrial, architectural, historic city, natural or urban park, forest …
The listening contextualizes the surveyed territory and plays with its atmospheres.

 

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Document PDF téléchargeable ici : https://www.academia.edu/40315529/Du_PAS_-Parcours_Audio_Sensible_au_Point_dou%C3%AFe?fbclid=IwAR2o5HFrkiJUODMF_IQ9PGaLgKrxQubWlPKuUk9stBhJiDwylvBy8UwkEJc

PAS – Parcours en duo d’écoute avec Isabelle Favre – Fourvière de Haut en bas

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Comme à leur habitude, les PAS en duo d’écoute poursuivent ces formes libres de marches conversations, écoutes… le tout enregistré sur le vif, sans retouches ou presque.

Le guidant m’invite à le suivre, dans les lieux et moments de ses choix.

Nous déambulons, parlons, enregistrons.

Celui-ci est le quinzième PAS en duo dans Lyon intra-muros, plus un banc d’écoute et un PAS Suisse.

Plus de trente heures de sons qui abordent certes les paysages sonores, mais tout autre sujet, aménagement, projets culturels, politique locales, ressentis in situ, douce rêveries ou ronchonnades bien senties, lectures de textes et poèmes, description du terrain, de son histoire, des choses croisées… Dans l’esprit d’une tentative d’épuisement d’un lieu, façon Pérec, mais en marchant…

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Ici nous descendons, en mouvements pendulaires, la colline de Fourvière à Lyon, en passant par le quartier Saint-Just, les jardins, rues et ruelles, pour achever notre parcours à Saint Jean. Entre basilique et cathédrales, panoramiques et points bas, deux lieux hyper touristiques de la Cité.

Le temps doux et ensoleillé, les belles lumières de l’été déclinant se prêtent à la flânerie.

Nous mettrons donc  environ deux heures pour effectués une distance au finale assez courte, vagabondage et paroles sans contraintes, sans compter de longues conversations en amont et en aval, hors micros, bavards invétérés et curieux que nous sommes.

 

Dépaysement auriculaire

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Du tour, des tours, de mon quartier, à pied, itinéraires micro-itinérances triviales pour faire les courses, prendre un transport en commun, ou bien errer, en désœuvrance…

Jusqu’aux bords de la mer baltique, et autres océans, de la forêt malgache, jurassienne, des plaines québecoises, des montagnes portugaises, sardes, suisses… Entre autres lieux arpentés et à venir…

Dès que j’enclenche l’écoute, l’écoute bien entendante, impliquée, sensible, mon oreille part en voyage, au quart de tour (du monde ?) et sitôt se déploie, déplie, dépayse, auriculairement.

Mais l’oreille est insatiable, et je cherche sans cesse de nouveaux lieux, de nouvelles hétérotopies, hétérosonies, sonotopies, topophonies, sociauphonies, géophonies, scriptosonies… En connaitriez-vous ?

 

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PAS – Parcours Audio Sensible et World Listening Day, Sabugueiro Opus 6

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Le 18 juillet, chaque année, la World Listening Day, association réseau internationale pour l’écologie sonore (Acoustical Ecology), fête la Journée Mondiale de l’Écoute, qu’elle a du reste créer.
Ainsi, écoutants, militants, marcheurs, partout dans le monde, peuvent inscrire un événement, de la simple soundwalk (marche d’écoute) à des rencontres plus ambitieuses, pour faire vivre et défendre ce mouvement à la recherche d’une belle écoute mondialement partagée . Et Dieu sait sil y a du travail pour y parvenir !

Depuis déjà quelques années, Desartsonnants agit donc en conséquence, où qu’il se trouve, en impulsant des marches d’écoutes suivies de petites causeries autour de cette problématique auriculaire autant qu’écologique.

2019, Je me trouve dons, le 18 juillet, en pleine résidence audio-paysagère dans les montagnes de Sabugueiro, l’occasion ou jamais de fêter ce rendez-vous avec es promeneurs écoutants locaux. D’autant plus que j’ai déjà arpenté le territoire durant plus d’une semaine, micros et oreilles ouverts.

Le parcours s’est d’ailleurs rapidement et logiquement imposé à moi, construit autour de l’eau, sources, rivières, lavoirs, fontaines…

15H30, Rendez-vous sur la place de l’église par un bel après-midi ensoleillé. Des curieux, des membres d’une associations culturelle, des étudiants et professeurs d’un conservatoire de musique de Seia, ville voisine.

Un débriefing rapide sur les origines des Soundwalks et de l’écologie sonore, quelques consignes habituelles, notamment le fait de respecter un silence favorisant une écoute profonde, un premier Point d’ouïe sur la place, et nous nous mettons très lentement en marche.

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Nous passons par de minuscules ruelles très calmes, très minérales, où les sons ambiants sont comme étouffés.
L’une d’elle nous aux deux murs parallèles et très rapprochés nous révèle un bel effet de d’écho Flutter, une sorte de réverbération en échos très rapides, aux sonorités à la fois cristallines et métalliques, que les claquements de mains excitent facilement.

Nous débouchons sur un vallon en contrebas, celui de la rivière Fervença, au bord de laquelle nous descendrons lentement, par un très étroit sentier verdoyant. Les sons se sont soudainement déployés dans l’espace avec l’ouverture, l’élargissement rapide du paysage. Oiseaux, chiens, voix, murmures de micros sources, les espaces acoustiques se dessinent, avec le continuum de la rivière à notre droite en contrebas.

Nous longerons ce cours d’eau rafraîchissant l’écoute, après avoir ponctuellement installé via de petits haut-parleurs autonomes, les sons d’un troupeau de chèvres enregistré, traversant le village quelques jours avant.
Nous profiterons de ce point d’ouïe pour ausculter la végétation et les sols alentours, équipés de mes stéthoscopes et longue-ouïes bricolées pour la circonstance.

Des baigneurs viennent animer le paysage. Quelques véhicules sur la route du haut soulignent les reliefs, des chiens, toujours très présents dans le village, se répondent de loin en loin. Des ouvriers maçons pavent le chemin pentu que nous reprenons pour remonter dans le centre du village.

Nous nous arrêterons pour ausculter la fontaine de la petite place centrale, puis le superbe lavoir tout près de l’église, en lui superposant temporairement les tintements d’un mobile de chimes, petites cloches tubulaires en carillon, venant rappeler de façon anecdotique les chèvres ensonaillées des montagnes alentours.

S’en suivra un échange sur les ressentis, les impressions, la perception de ce paysage en écoute, globalement perçu comme un moment d’évasion tranquille.

Après une pause finale, je retrouverai un peu plus bas dans le village, deux personnes assises à l’ombre d’un porche, qui me disent avoir eu envie de prolonger ce moment d’écoute, et que je laisserai donc profiter de cette extension auriculaire post PAS.

Avoir donner envie de poursuivre ces gestes d’écoute collectifs est pour moi une des plus belles récompense à ces parcours sensibles.

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Résidence artistique Paysage sonore à Sabugueiro (Portugal) avec le Festival DMEHostel Criativo – Juillet 2019