De la continuité dans les PAS

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Fin des années 80, tout début des années 90, lorsqu’ avec l’association ACIRENE, je commençais à marcher pour écouter le Haut-Jura, à repérer les lieux qui sonnent, partager ces écoutes paysagères avec nombres d’écoliers, d’enseignants, je ne me doutais pas que, trente ans plus tard, cette pratique serait plus que jamais au cœur de mon travail.

Depuis, j’ai testé moult chemins de par le monde, parcours, postures, objets, tout cela en centre ville comme en périphérie et en rase campagne, dans de modestes comme de monumentaux espaces.

J’ai rencontré et rencontre encore nombre de marcheurs activistes, écoutants, regardants, aménageurs, artistes ou écologistes, philosophes ou chercheurs de sacré, de spiritualité, de retour sur soi, de l’altérité, marcheurs prônant la revendication, ou la simple beauté du geste de mettre un pied devant l’autre.

J’ai confronté la vue et l’ouïe, voire tous les sens en alerte, en éveil, odeurs, matières, poids de mon propre corps, sensations kinesthésiques, pluri-sensorielles, parfois synesthésiques.

J’ai arpenté des territoires singuliers, seul ou accompagné, de jour comme de nuit, essayant d’en faire un récit, parfois à plusieurs voix, via les sons, les gestes, les mots, l’image, ou toute autre représentation selon les projets et rencontres.

J’ai lu des pages et des pages autour du paysage sonore, de l’écologie sonore, du soundwalking, balades écoutes, qui ont progressivement donné naissance à mes propres PAS – Parcours Audio Sensibles, les ont nourris, épaissit, assurés.

J’ai consulté et suivi nombre de travaux, expériences d’artistes activistes marcheurs, créateurs sonores de tous bords, et eu très souvent avec eux de riches échanges, souvent en mobilité.

J’ai organisé ou participé à l’organisation de petits ou plus grands événements sur ces sujets, ai encadré beaucoup de workshops, donné des conférences, participé à des rencontres, forums, journées de travail, dans de multiples lieux, institutions, espaces associatifs, culturels, souvent en plein air

J’ai accumulé et commencé de trier des milliers de pages, des adresses de sites, mémoires, thèses articles, cartographies…

J’ai enregistré des heures et des heures, retravaillant parfois ces collectages en créations sonores, radiophoniques, installations environnementales, concerts/performances live…

J’ai tenté de croiser des approches esthétiques, environnementales, sociales, des questions autour de l’urbanisme, l’architecture, l’aménagement urbain, l’espace public, l’écoute partagée

J’ai inauguré des points d’ouïe, raconté ou lu des histoires en marchant, donné la cadence et rythmé les déambulations sensibles, ses pauses, à nombre d’oreilles curieuses et souvent surprises.

J’ai cherché tant le dépaysement, les lisières, les décalages, les singularités, que des formes d’universalités, des communs partageables ici et là, avec un maximum de personnes, dans un langage je l’espère accessible au plus grand nombre, et parfois-même dans le plus profond silence !

Après avoir testé bien des technologies, processus, dispositifs, plus ou moins hi-tech, je suis revenu essentiellement à l’essence de la « marchécoute » à oreilles nues, ce qui ne m’empêche pas de temps à autre, une incursion ponctuelle vers des systèmes plus « branchés ».

J’ai tenté de mettre en place de modestes outils pour engager des recherches-actions, entre art, science et sociabilité auriculaire, en privilégiant souvent l’aménité stimulante contre la tragédie sclérosante, sans pour autant dénier les dangers environnementaux ambiants et Oh combien contemporains.

Je me suis appuyé sur des formes de rituels auriculaires, de cérémonies d’écoute.

Je me suis beaucoup inspiré de philosophes pour creuser l’idée de la marche, de l’écoute, du paysage, de Foucault à Merleau-Ponthy en passant par Montaigne, Husserl, Adorno, De Certeau, Guattari, Deleuze, Thoreau, Benjamin… histoire de prendre un brin de recul sur mes spontanéités in situ, de relier des choses, des pensés et des gestes, des gens et des expériences…

Mais aussi de m’inspirer de l’écriture de Georges Pérec, Will Self, Jacques London, Jacques Réda…

Entre le contextuel et le relationnel, la conscience écologique et sociale, j’ai essayé de garder une certaine éthique dans des approches, où la rencontre est, plus que le « produit », au centre de mes préoccupations, la façon de faire ensemble primant sur la réalisation finale.

Malgré l’emploi de l’imparfait, ici celui du récit, faisant traces d’un parcours jalonné d’écoutes toujours renouvelées, j’écris par ce temps conjuguant le passé, mais étant avant tout le témoin d’actions à long terme, toujours en cours, d’un chantier sans cesse en recherche de nouveaux développements.

Bref après un cheminement qui commence à constituer une entreprise assez conséquence, et pour moi intellectuellement fertile, à défaut de l’être économiquement, j’ai l’impression que tant de choses restent à penser, à marcher, écouter, raconter, partager, construire, hybrider…

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Parcs et jardins, paysages en écoute, Points d’ouïe pour l’oreille (ou)verte

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"Revenir à l'essence du son, les espaces sonifères, 
les oasis acoustiques..."

 

Sans doute de par mes premières amours et études, mêlant le paysage (au sens d’aménagements paysagers, ou du paysagisme), et la musique, les sons, je traverse aujourd’hui, dans mes explorations urbaines, mais aussi hors cités, de nombreux parcs et jardins. Lieux que j’apprécie énormément, comme espaces de calme, de biodiversité, de promenades, d’explorations sensibles, de ressourcements, de rencontres, d’expérimentations sonores…

Souvent, ce sont de petits, ou grands oasis urbains, au niveau acoustique en tous cas, terrains privilégiant des échanges où la parole et l’écoute peuvent se déployer sans efforts, lieux de ressourcements apaisants, contrepoints à une densité urbaine parfois frénétique. Des lieux que je qualifie parfois de ZADs (Zones Acoustiques à Défendre).

 

""Le jardin est un territoire mental d'espérance". Gilles Clément

 

Je réfléchis, depuis déjà quelques années, à bâtir une thématique liée aux paysages sonores, dans un sens géographique et sensible du terme, s’appuyant essentiellement sur l’arpentage auriculaire, mais aussi sur les approches pluri-sensorielles. Parcourir des parcs, jardins, promenades urbaines, coulées vertes, qu’ils soient jardins botaniques, de curés, potagers, romantiques, à la Française, Zen, villages de charbonniers, Parcs culturels, historiques, jardins partagés, sites agricoles…

Si l’écoute reste le pivot centrale de mes propositions, il n’en demeure pas moins qu’un jardin, objet paysagé et quelque part architectural, reste naturellement multisensoriel et peut donc s’entendre par et dans tous les sens.
La vue – des couleurs, des formes, des perspectives des plans, des sculptures, folies, fabriques, rocailles, architectures métissées et autres ornementations ou picturalités.
L’odorat – des essences odoriférantes, des parfums, senteurs, des odeurs de terre mouillée, d’humus, d’herbe fraichement coupée, sèche… Le toucher – effleurements et caresses de matières ligneuses, fibreuses, granuleuses, textures des sols… Le goût – déguster des fruits, légumes, herbes aromatiques, de la cueillette à la cuisine… L’ouïe, ici privilégiée – eau ruisselante, vent dans les branchages, crissements des pas, voix des promeneurs, jeux d’enfants, bruissonnements de la faune…

Pour ce qui est du sonore, field recordings, PAS – Parcours Audio sensibles, compositions musicales et/ou sonores, inaugurations de Points d’ouïe, installations éphémères, résidences artistiques autour du paysage sonore,  parcours d’écoutes avec points d’ouïe acoustiques signalisés, croisements photographies/sonographies, arts sonores et écologie, botanique et acoustique… le chantier promet d’être très riche en croisements, hybridations, pour filer une métaphore horticole, et en rencontres ! Un véritable substrat ou terreau, nourrissant le végétal comme le sensoriel, sans oublier les sociabilités, envisagées comme des pépinières de bien vivre ensemble, des espaces où ensemencer et faire germer des cultures communes.

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Parcours d’écoute – Points d’ouïe signalisés – Neerpelt (Belgique)

Par le biais d’approches hybridant esthétique et sociabilité, c’est au travers une forme d’Écosophie, telle que l’ont pensée Arne Næss, puis Félix Guattari, ou bien via la poésie déambulante et pré-écologique d’un Thoreau, ou encore les concepts de Tiers-Paysage et Jardin planétaire de Gilles Clément, en passant par « l’insurrection des consciences » de Pierre Rabhi, les Paysages sonores partagés et sonographies de Yannick Dauby… que j’ai envie de revisiter de l’oreille, les parcs et jardins, des grandes prairies ostentatoires jusqu’aux aux bosquets intimes. De l’oreille, et de concert, une approche naturellement Desartsonnant(e)s…

La seule Métropole Lyonnaise, mon port d’attache, possède nombre de ces jardins, mouchoirs de poche ou immenses parcs, couloirs verts ou réserves naturelles. Mais aussi partout en France, en Europe et dans le Monde ! Un vrai jardin planétaire, pour reprendre l’expression de Gilles Clément, et joliment sonifère comme une oreille rhizomatique sur le Monde, une trame sonore verte maillant des territoires par une sorte d’inventaire d’acoustiques paysagères, et des espaces propices à des parcours  et créations sonores à l’air libre.

De quoi à se mettre l’oreille au vert, et cultiver une écoute (ou)verte !

 

Je m'en allais dans les bois parce que je voulais vivre sans hâte. 
Je voulais vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie ! 
Mettre en déroute tout ce qui n'était pas la vie, 
pour ne pas découvrir, à l'heure de ma mort, que je n'avais pas vécu.
Henry David Thoreau - Pensées sauvages

 

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Parc Blandan à Lyon 7e

 

Des lieux visités, écoutés, et des expériences Audiobaladologiques

Lyon et alentours : Parc Montel, Parc Roquette, Jardin de l’ENSGrand Parc de Miribel Jonage, Parc de GerlandParc de la Feyssine, Parc des hauteurs, Jardin Sutter, Tête d’or, Parc Blandan

Ailleurs en France: Jardins du Prieuré de Vausse Jardin du Mas Joyeux à Marseille, Jardin des sons à Cavan, Parcs des Buttes-Chaumond et de Belleville  La Villette, à Paris, La Roche Jagu en Bretagne, Le jardin Romieu à Bastia, Jardin des deux rives à Strasbourg, Baraques du 14 de la forêt de chaux, « Parcours sonore Échos de la Saline » Jardins de la Saline Royale d’Arc et Senans, Domaine du château de Goutelas et La Batie d’Urfée en Forez Domaine de la Minoterie de Naurouze, Parc Buffon à Montbard – projet Canopée, jardins du château de Sassenage, jardins ethnobotaniques à la Gardie

Italie  : Le jardin de fontaines de la Villa D’Este

Autriche : Jardin botanique de l’université de Vienne

Espagne : Parc Güell à Barcelone

Angleterre : Hyde Park à Londres

Belgique : Parc du Domel, Klankenbos  Neerpelt,  Parc du Beffroi de Mons

Et bien d’autres lieux encore, dont beaucoup en chantier, et à venir.

Écoutez voir, contrepoint n°1

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Entre chiens et loups
un moment que j’affectionne tout particulièrement
un instant de bascule
un fondu presque au noir amenant à la nuit
un apaisement discret
des choses qui font place à d’autres
des lumières déclinantes
puis à nouveaux des multiples soleils encagés
l’oreille s’adapte
règle ses focales
l’œil en fait de même
tout s’épaissit
ou s’éclaircit
c’est selon
une fenêtre s’ouvre sur le bas de la ville
une fenêtre visuelle
le lointain en perspective
la ville basse à nos pieds
une percée vers la vallée du Gers
barrée au loin des contreforts des Pyrénéens
la cloche
en bourdon imposant
de la cathédrale dominante
vient d’arroser la cité d’un claironnant Angelus
une fenêtre auditive
une percée sur la rumeur de la ville
les murailles trouées d’escaliers abruptes
des couloirs sonores
l’oreille vise le son
l’œil les décrypte
bien qu’on ne sache plus trop qui fait quoi au final
les horizons se brouillent
des voix proches
des piétinements cliquetant le pavés
une poussette grinçante hors-champ
la nuit tombée diffuse
des traines de couleurs d’un ciel chargé
au sortir de l’hiver
des traines de sons
s’accrochant aux murailles
ricochant sur des parois séculaires
une grue tournoyante ferraille joliment
hors-champ elle aussi
une musique en chantier
et pourtant tout est calme
chaque son à sa place
pas d’envahissements frénétiques
les sonorités et les lumières décroissent de concert
un decrescendo glissant tout en quiétude
le groupe d’écoutants jouit de l’instant
dans un silence peuplé de mille bruissements
regardécoutant la ville d’un posture panoramique
orientée par la trouée d’une ruelle pentue
peu de choses filtrent du bas
des rumeurs contenues
par d’inextricables chemins de pierres
un piège à sons
le temps est à l’écoute
comme il est au regard
des polyphonies de lueurs sonores
comme de sons colorés
le point de vue titille l’oreille
et sans conteste réciproquement
la ville paysage s’accroche sensoriellement
nous charme d’aménités offertes à qui sait être là
pour les cueillir fragiles dans l’instant.

 

PAS – Parcours Audio Sensible et écologie sonore

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Samedi après-midi, beau soleil, températures printanières, un groupe d’une vingtaine de personnes, un parcours accueilli et organisé par Nomade Land Lyon, et écrit et guidé par Desartsonnants.

Nous avons décidé de marcher et parler autour de la thématique de l’Écologie sonore.

Pour certains, ce terme désigne vaguement quelque chose, la plupart n’en n’ont jamais étendu parlé.
Je m’aperçois que, au fil des actions et rencontres, j’explique un nombre de fois considérable ce que ce vocable signifie, son histoire, ses idées, ses acteurs, ses actions, ses enjeux…
La pensée de Monsieur Raymon Murray Schafer m’a en tous cas permis de creuser le sujet, entre esthétique et social, arts, sciences et politique…
Je ne retracerai pas ici une fois encore ces pratiques et réflexions, et vous conseillerai, si vous en ressentez le besoin, d’aller lire, ou relire, “Le paysage sonore” de Murray Schafer édité aux magnifiques éditions Wild Project de Marseille.
Ou bien encore de vous référer aux liens que je cite en fin d’article.

De la notion de paysage sonore à celle de bioacoustique, de la vision audio-naturaliste à celle d’architecture sonore, l’Acoustical Ecology, terminologie Anglo-saxonne, tisse un réseau d’activistes écoutants dans différentes pratiques, ce qui en fait parfois sa force, et parfois sa faiblesse de chapelles.

Pour revenir à notre parcours Lyonnais, nous avons sillonné une partie du 7e arrondissement, de la Guillotière au parc Blandan, ancienne très grande caserne militaire et aujourd’hui vaste parc assez récemment aménagé tout près du centre ville. Dans un tout autre vert si je peux me permettre.

Notons que le lieu de rendez-vous, la place Gabriel Péri, plus connue à Lyon sous le nom de Place du Pont, épicentre d’un quartier (encore) populaire et riche en mixité sociale, ethnique, est ce jour là le point de départ d’une manifestation pour “L’Algérie libre”. L’ambiance sonore y est chaude, dans le bon sens du terme, très bon enfant et joyeuse; des slogans, musiques, percussions, beaucoup de chants, colorés de vert et de rouge. Du beau son pour se mettre les oreilles en appétit, même si le rassemblement de notre petit groupe est moins facile que prévu de prime abord.

Sur une petite place attenante, que j’adore par son ambiance “coupée du monde”, la Place Pierre-Simon Ballanche, j’expose en quelques phrases se que contient la terminologie d’écologie sonore, en précisant que notre marche serait dés lors silencieuse, ce qui m’est assez coutumier, hormis quelques lectures de textes se rapportant au sujet, sur des arrêts Points d’ouïe.

Et nous partons, de places en ruelles, de cours intérieures en squares, naviguer entre les voix, les automobiles, ne les oublions pas, les jeux d’enfants, les oiseaux qui se réveillent sous les premières chaleurs, une cloche… Tout y est ou presque. Le décor sonore se dresse petit à petit.

Des ambiances en cascades, en couches, assez riantes ce jour, sur un parcours plutôt apaisé même s’il croise immanquablement quelques grandes artères bien circulantes.
Une ville vivante dira en fin de parcours un participant. Le terme est juste, la ville que nous arpentons vit bien à l’oreille.

Chaque lecture sera précédée de quelques minutes silencieuses, pour prendre le pouls acoustique du lieu, puis, la lecture terminée, à nouveaux d’une pause écoute. Les deux points d’ouïe encadrent ainsi le texte, comme pour le mettre en exergue, sans autres commentaires. Une posture parmi tant d’autres, mais qui fonctionne assez bien dans ce format audio-déambulatoire.

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Le terme de notre déambulation, de quasiment deux heures, à marche lente, s’effectue dans Parc Blandan, où alternent promenades, jeux d’enfants. Plus exactement, nous nous posons dans un espace boisé, “aménagé” en friche façon tiers-paysage, comme le définirait Gilles Clément, un de mes jardinier planétaire et penseur favoris.

Dernier spot d’écoute dans cette petite “forêt sauvage”, assis sur une plateforme de bois, ou dans l’herbe… Des voix, des oiseaux, la rumeur de la ville a disparu, un bel endroit, visuellement et acoustiquement parlant.

La parole est alors libérée, et elle sera prolixe.
Beaucoup de questions, un débat (presque) improvisé. Le silence du chemin a accumulé les questionnements, parfois les frustrations, mais stimule l’échange final.
Des questions autour des textes, des auteurs lus.
Des questions autour du son au quotidien, des seuils de tolérance, de l’écoute, du respect mutuel des postures écouteurs/producteurs sonores.
Des échanges autour de l’inter-culturalité sonore, des cités auriculaires et de leurs aménagements acoustiques, ou de la non-pensée bru(i)tale, des zones délaissées, des espaces assagis (trop ?), des zones calmes, du zonage urbain, des conforts acoustiques où la voix étalon reste le critère d’audibilité, du peu de place du sonore (paysager, sensible, qualitatif, culturel) dans les enseignements, en architecture et urbanisme, des rapports sons-musiques, des actions de l’artiste écouteur en résidence, se ses lectures écritures de territoires par l’oreille, de la mise en scène d’écoutes dans l’espace public…

Le public est varié, curieux de la chose sonore, ou écologique, curieux d’appréhender une tranche de ville autrement, artistes, aménageurs, promeneurs patentés voire créateurs de parcours sensibles…

Presque encore deux heures d’échanges suivront la déambulation, pour les plus tenaces, qui s’achèveront à la terrasse d’un café, pause bien méritée. Un format de parcours à la fois sensible et pédagogique, construit entre bulles d’écoute et relationnel, que j’affectionne tout particulièrement.

Au-delà de son histoire, de ses actions et réflexions, l’écologie sonore est, ou doit être une prise de conscience des saturations/disparitions, mais aussi des milles plaisirs à partager de l’oreille, au quotidien. Dans mon parcours artistique, je cultive ces formes d’échanges déambulants, où la parole s’ouvre au fil des pas, même s’ils préservent des zones silencieuses, et s’affinent au fil des situations rencontrées, sans doute plus qu’entre quatre murs.

Cerise sur le gratin, une participante a saisi, de son habile crayon, des moments de lectures et d’écoutes.

 

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https://naisa.ca/radio-art-companion/an-introduction-to-acoustic-ecology/ (EN)
https://www.wfae.net/
https://www.acousticecology.org/
http://syntone.fr/exclusif-lecologie-sonore-est-nee/
https://www.wildproject.org/journal/4-glossaire-ecologie-sonore

PAS – Parcours Audio Sensible, des marches, des silences, des sons, des parcours, des paroles

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Suite à un PAS récemment effectué, sur la thématique de l’écologie sonore, que finalement très peu connaissent, je réfléchissais, une fois de plus, aux tenants et aux aboutissants de cette pratique, pour moi incontournable qu’est le Parcours Audio Sensible.

Un PAS est tout d’abord un espace-temps, un instant marché, où mille particules sonores, infimes bruissements, fragments d’un puzzle acoustique morcelés, épars, avec lesquels nous reconstituons un flux-paysage cohérent, un tout écoutablement logique et logiquement écoutable.
Le parcours tisse des lignes géographiques sonores, où se répondent places et jardins, cours et impasses, rires d’enfants et harangueurs des marchés. Une géographie sonore se dessine. Les espaces et les sons, au départ fragmentés, éparpillés en événements disséminés, disparates, sont recollés, recousus à l’aune de l’écoute et des traversées sensibles, kinesthésiques. Ces parcours écrivent un chemin qui prend sens au cœur d’un paysage sans cesse renaissant à l’écoute.
Le promeneur écoutant devient alors à même de se re-trouver dans des écoutes peuplées d’indices auriculaires, qui lui donnent petit à petit des clefs, confortant ses quêtes et recherches. Clés de lectures, ou d’écriture, parmi celles qui nous proposent de reconsidérer le paysage sonore comme un objet d’étude, ou comme une source de plaisirs. Entre autre, plaisir de se reconnaître dans un parcours non pas entièrement balisé, ce qui serait assez mortifère, mais au moins jalonné, tout en gardant la possibilité de se perdre encore à certains moments, pour mieux se retrouver ensuite.

Un PAS, c’est encore une série de gestes qui font que le silence est instauré, installé et entretenu au sein du groupe de promeneurs. Ce silence accepté, y compris sur une assez longue durée, celle de la déambulation, contribue fortement à rendre le monde audible, ou tout au moins un peu plus audible, et ce de façon plus efficace que mille savants discours. C’est dans ce silence qu’est perçue plus finement la complexité de notre environnement sonore, et que nous pouvons devenir un peu plus acteur, ne serait-ce qu’en posant une oreille curieuse sur ce qui nous entoure.

C’est également le moment où, lorsque le silence, intrinsèquement peuplé de sons, est rompu, que la parole collective peut à nouveau se libérer. Après un long silence, pas toujours facile à maintenir, les voix collectives ont à nouveau le pouvoir d’échappées belles, d’exprimer des ressentis, des frustrations, de narrer des gestes ayant donné naissances à de beaux moments, comme à des espaces-temps parfois discordants, dans une expérience d’écoute à la fois commune, et néanmoins individuelle et singulière, que la marche silencieuse a cependant souvent unifiée.

Le parcours sonore comme partition d’un paysage sensible

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Parcourir, c’est tout simplement aller d’un point à un autre, avec un itinéraire plus ou moins défini. C’est aussi arpenter, se frotter aux lieux, les mesurer, s’y mesurer.
On peut aussi parcourir un document des yeux, et pourquoi pas un territoire, tel un document. Le scruter de l’œil comme de l’oreille pour en jauger son étendue, ses topologies, architectures. En chercher les horizons, des points de repère, des points/lignes de fuite, balayer un panoramique, lire le paysage comme une carte à portée de vue, et bien souvent hors-champ lorsque les sons sont de la partie.

Par analogie, en transposant la vue vers l’ouïe, nous lirons le paysage sonore en le parcourant des oreilles, en ayant conscience que ce dernier est truffé de hors-champs, et sans cesse en mouvement, et ne peut donc être de ce fait aussi aisément circonscrit qu’un espace visuel.

Le parcours peut aussi s’appréhender comme une expérience personnelle globale, ou partielle, parcours professionnel, parcours de vie, parcours mental, dans lesquels le paysage sonore y trouverait une place sinon centrale et incontournable, du moins indéfectible.

C’est à l’aune de ces différents parcours, ou modes de parcours que je réfléchis à des outils d’écoute en marchant, grilles d’analyses des composants acoustiques, stratégies de descriptions s’appuyant sur une démarche en grande partie phénoménologique, y compris dans leurs approches sensibles. Bref, je mets en place une sorte d’écritoire partitionnant le paysage en le donnant à lire par les oreilles, mais en nous incitant également auparavant à l’écrire, pour en faire saillir un jeu de cohérences.
Cohérences esthétiques, qu’est-ce qui s’accorde, qui impulse des harmonies, mixages, transitions ? Ou bien comme tel un instrument qui sonnerait désaccordé, tout au moins face à nos codes culturels, qui seraient très différent d’ailleurs, et ne doutons pas qu’il en irait de même pour un paysage sonore, même si la “nomanitude” ambiante a tendance à aplanir les différences et spécificités.
Cohérences dynamiques, des questions d’équilibre, voire de confort et si possible de plaisir.
Cohérence sociale, comment bien ou mieux s’entendre dans et avec nos lieux de vie, améliorer des lieux où la parole devient quasi inintelligible, où est on laminé de flux sonores hégémoniques ?

Parcourir un lieu c’est en tracer des lignes de force, des lignes directrices, c’est se repérer dans un espace complexe, du presque vide où nous manqueront des repères auditifs, rassurants, au trop plein où nous seront noyés dans une masse rendant inaudible toute information pouvant nous guider dans des lieux au final trop chaotiques. Toute personne ayant déjà travailler avec des aveugles ou mal-voyants saura parfaitement de quoi je parle.
Si un trajet quotidien devient, à l’oreille, un parcours du combattant, une haute lutte pour trouver quelques signaux et repères, gageons que l’urbanité sera alors tout sauf sociale !
Si les lignes de vie deviennent systématiquement lignes de fuites, les tensions auriculaires d’une ville, d’un quartier, trop prégnantes, alors nous déchiffrerons des partitions sonores tellement discordantes, dans un bruitisme incontrôlé, que l’espace public en deviendra invivable, livré aux voitures maitresses sans concession.

Tableau un brin noirci au jour où le moteur électrique apparait peu à peu, avec l’espoir de faire disparaître petit à petit l’impétuosité pétaradante des moteurs thermiques. Attendons de voir, et surtout d’entendre comment se rééquilibrera ou non les partitions sonores urbaines, comment se redessinerons des parcours plus harmonieux et apaisés.
Il nous faut ici, à travers les parcours et traversées écoutantes, éviter le manichéisme confrontant et opposant les espaces de “silence”, de calme, de belle écoute, avec des espaces appréhendés comme bruyants, saturés, et au final inécoutables. Il nous faut considérer le paysage (sonore) comme un objet complexe, multiple, trop mouvant pour être réduit à un parcours unique et indiscutable. Gardons à l’esprit que nous traversons un flux sonore permanent, d’une ambiance sonore à l’autre, cueillant au passages des fragments aux contours incertains, éphémères, et qui pourtant nous permettent de nous repérer, si ce n’est de survivre à l’agitation complexe du monde.
Écrire des partitions sonores, des traces ré-intèrprétables de territoires arpentés préalablement, avec la volonté d’un recul se posant comme une condition nécessaire devient alors une problématique intéressante.

L’espace visité, ausculté, le parcours et la partition inhérente, nous fournissent de nouveaux outils de lecture, comme d’écriture, voire même de ré-écriture.
Dans l’idéal, un processus de ré-écriture devrait nous permettre de chercher des solutions pour apaiser ce qui nous agresse, mais aussi dynamiser ce qui nous parait d’un ennui mortifère.

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La partition sonore dune ville s’écrit aux tempi des écoutants, des praticiens, des résidents, des aménageurs. Et ils ne sont certes pas les mêmes pour tout le monde, laissant parfois l’environnement sonore dans un total marasme et les oreilles dans un profond désarroi, tellement il est négligé, laissé en friche, et souvent totalement ignoré.
La parcourir régulièrement nous montre les creux, les carences, les dysfonctionnements qui perturbent sensiblement nos écoutes, nos vies.

Il existe fort heureusement des îlots protégés ce que je nome des oasis sonores, et qu’il faudrait considérer comme des ZAD – Zone Acoustique à Défendre. Nous devrions d’ailleurs prendre les espaces où l’écoute reste privilégiée comme des modèles d’aménagement qui inspirerait ici et là, l’installation de réserves sonores qualitatives.
Parcourir une ville, ce peut être l’occasion de dresser un inventaire de lieux acoustiquement équilibrés, riches, voire d’exception. En dresser une partition, un plan, un itinéraire, serait une seconde phase, en veillant bien à ne pas transformer ces espaces en zones de grande circulation, même piétonne, pour ne pas réduire un havre de paix en point noir, acoustiquement parlant. L’équilibre acoustique de certains est déjà si fragile qu’il s’agit de ne pas contribuer à un nouvel envahissement contre-productif.

Ces parcours et partitions doivent pour moi être une forme d’arpentage, d’appropriation, en mode doux, très doux. A l’heure où des tensions sont hélas de plus en plus perceptibles dans l’espace public, pour quelques raisons que ce fût, il convient de préserver une certaine sérénité, sans pour autant se voiler la face sur les dangers encourus, tant sociaux qu’écologiques, les deux d’ailleurs étant parfois très  fortement liés. Le son a certainement ici son mot à dire, et surtout sans hausser le ton, plutôt dans une proposition intime et raisonnée.

Audiobaladologie, PAS – Parcours Audio Sensible, Partition Guide d’écoute 1

PAS – Parcours Audio Sensible
Partition Guide partition d’écoute 1
Quartier de Vaise/industrie

 

Notice : Ce premier guide partition d’écoute s’appuie sur une série de repérages dans un site donné. En l’occurrence mon quartier, terrain favori et privilégié pour mener mes explorations et expérimentations audio-sensibles. Il propose un parcours pédestre d’environ deux kilomètres, en boucle, partant d’une station de métro, et nous y ramenant. Il ne demande aucun équipement spécifique, ni ne propose aucune installation sonore amplifiée, s’effectuant via des situations d’écoutes purement acoustiques. Cet itinéraire s’appuie au mieux que possible, sur une éco-audiobaladologie non énergivore, non intrusive, non invasive, privilégiant l’oreille, nue pour aborder des formes d’installations sonores quasi aléatoires, au final déjà pré-existantes, et éminemment contextuelles et interactives. Les PAS ainsi encartés œuvrent à créer des partitions de marches sensibles où la mise en situation et la posture sont au centre de processus créatif, tant en lecture qu’écriture paysagère. Il s’agit de goûter, de savourer des paysages sonores ambiants, en pour moi d’en faire collection. Ce jeu de partitions marchécoutées s’inscrit dans un long processus d’actions récurrentes, avec tout un contexte de variabilité in situ, impulsé il y a déjà une dizaine d’années maintenant, « Et avec ta ville, comment tu t’entends ? »

En pratique : Prévoyez une heure trente à deux heures pour le parcours intégral. Il est possible de le faire de façon fractionné, ou point par point, bien qu’il soit préférable de l’envisager comme une continuité spatio-temporelle qui gagnera à être appréhendée dans sa totalité. Vous pouvez télécharger et imprimer le plan guide, le consulter sur votre smartphone.  Une application autonome est en cours d’écriture. Votre marche doit être apaisée, sans presser le pas, comme un geste d’arpentage non stressant. Libre à vous de choisir la durée des points d’ouïe immobiles, sachant que deux à trois minutes sont des valeurs propices à apprécier les ambiances à leur juste valeur, à « rentrer dedans ». Selon les moments, les événements sonores, vos humeurs d’écoutants, ces durées pourront être adaptées à chaque situation. A chaque point d’ouïe, il est intéressant de tester plusieurs postures d’écoute – yeux fermés, en tournant le dos à la source sonore, en mettant ses mains en pavillon derrière (ou devant) les oreilles, en tournant lentement sur soi-même, en faisant de lents aller-retours entre deux sources sonores… L’écoute reste ici le geste privilégié, mais n’exclue en rien de se délecter des couleurs d’une nuit tombante, des reflets de l’eau, des odeurs, des textures sous nos pieds, du vent sur le visage… Nous restons des être fondamentalement multi-sensoriels ! Vous pouvez effectuer ces parcours en solitaire, ou à deux ou trois. Au vue de leur caractère intime, où le silence est de mise, il est beaucoup plus difficile de les pratiquer en groupe plus conséquent.

Bonne déambulation, bonne écoute, bon PAS !

 

Calcul d'itinéraires - Course à pied, Vélo, Randonnée, Roller...

Parcours Vaise Industrie (Lyon9) : Rendez-vous sur le parvis de l’église Notre-Dame de l’Annonciation, place de Paris à Lyon 9, de préférence en fin de journée, dans l’idéal entre chiens et loups, nuit tombante.
Regardez et écoutez en direction de la place, ou plutôt des deux places, celle du marché, devant vous, celle de la gare, plus à gauche. Un cœur urbain généralement très fréquenté et animé.

Prenez à gauche, traversez la rue de la Claire, puis celle du 24 mars 1852. Légèrement sur votre gauche, empruntez le passage couvert qui passe sous le bâtiment qui, longez le sur votre droite.
Sur votre gauche, le talus de la voie de chemin de fer. Avancez jusqu’au premier embranchement, par où sortent les bus. Arrêtez vous dans l’avancée du trottoir.
Écoutez ! passage de bus, soufflerie, trains, rythmes de grilles métalliques sur la chaussée au passage des bus, voix. Un espace entre-deux, singulier, plein de sonorités et rythmicités toniques !

Continuez en longeant le trottoir jusqu’au deuxième passage de bus, suivez le trottoir sur votre droite jusqu’à l’arrivée aux portes de la gare routière, sur votre droite également.
Entrez dans le couloir intérieur d’attente des bus.
Accoudez vous sur la rambarde dominant la fosse du métro au niveau inférieur.
Écoutez la surprenante polyphonie du lieu. Voix, trains, métros, pas réverbérés… Un véritable concert multimodale !

Continuez le couloir jusqu’aux commerces (bureau de tabac, boulangerie). Contournez les par la droite pour prendre le couloir et l’emprunter vers la gauche. Peu après la boulangerie, quittez le hall par une porte coulissante à droite, avancez jusqu’au coude de la voie des bus. Traversez via le passage piéton pour vous diriger vers un passage couvert.
A l’entrée de celui-ci, sur l’avancée de trottoir, vous pouvez écouter un nouveau point d’ouïe, surtout animé par le passage fréquent de bus dans un acoustique très réverbérante.

Empruntez le couloir à droite de la fresque murale, ressentez la transition acoustique. Des voix et des pas, tout s’apaise soudain.
Légèrement sur votre gauche, empruntez l’escalier menant au premier niveau des parkings. Entrez dans ceux-ci.
Traversez le parking en largeur, pour venir contre la paroi de grilles métalliques, d’où vous pouvez entendre la gare juste en face. De belles sonorités ferroviaires.
Des voitures qui entrent ou sortent du parking font joliment claquer des joints métalliques au sol.
Longez la paroi sur votre droite. Vous vous retrouvez juste au dessus d’une voie d’arrivée de bus.
Une grosse dynamique visuelle et sonore, juste sous vos pieds.
Au centre du parking, des grondements de basses sur la dalle au dessus de votre tête.
De nuit, l’ambiance est assez saisissante.

Quittez le parking, rejoignez le passage couvert, sortez en direction de la rue de Saint-Cyr – Quai de la gare d’eau. Traversez cette dernière, longez le bâtiment Groupama sur votre droite, puis pénétrez par un chemin descendant dans l’espace extérieur des stades Joseph Boucaud, et des pistes de vitesse “Sport dans la ville”.
Promenez vous le long des stades, dans les tribunes, écoutez l’acoustique très réverbérante des lieux, la rumeur de la ville étant sensiblement étouffée. Les jeux de ballon et parfois les courses de rolliers donnent à l’espace de belles dynamiques acoustiques, joliment spatialisées.

Ressortez par le même chemin, continuez sur votre gauche, en direction du Pont Schuman. Traversez la rue à l’angle du quai du Commerce – Quai Hyppolythe Jaÿr, empruntez le pont Robert Schuman par la large allée côté gauche. Arrêtez vous quelques minutes sur un banc vers le centre du pont, tourné vers la Saône. Écoutez.

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Pont Schuman

 

Reprenez votre chemin vers le quai Joseph Gillet, parvenu à l’extrémité du pont, empruntez l’escalier à votre gauche qui descend vers les bas-quais des rives de Saône. Revenez légèrement sur votre droite, pour vous arrêter sous le pont, au milieu de préférence. Regardez la Saône. Écoutez. Après quelques instants, claquez dans les mains, ou poussez de brefs cris, assez forts. Écoutez les incroyables échos du pont. Jouez à les faire sonner, en tournant le dos à la Saône, testez différents sons, courts, longs, vous êtes au cœur d’une surprenante chambre d’échos !

Reprenez votre chemin sur le cheminement piétonnier des bas-quai, en vous dirigeant vers la passerelle Masaryk, sur votre gauche en regardant la Saône.
Écoutez les clapotis, remous, les grincements des amarres et des gréements des péniches. Les sons des coureurs, promeneurs et parfois festoyeurs animent ces aménagements piétons très empruntés…

Continuez jusqu’à la passerelle Masaryk. Arrêtez vous au-dessous. Écoutez le grincement de ses haubans et les rythmes et percussions sur vos têtes, des piétons et vélos qui l’empruntent.

Remontez par les escaliers sur les quais hauts. Empruntez la passerelle Masaryk en écoutant sonner vos pas, ceux des promeneurs croisés, les sons des bicyclettes, skates, trottinettes et autres engins légers, éventuellement le passage de bateaux, péniches, sur la Saône, en contrebas…

Prenez droit devant vous, la rue Mazarik, jusqu’à revenir place de Paris, en face l’église Notre-Dame de l’Annonciation. Dernière petite halte d’écoute sur le parvis, pour voir ce qui à, ou non changé à l’oreille depuis votre départ.
La boucle sonore est alors bouclée !
Vous pouvez la réempruntez à d’autres moments, plus tôt, plus tard, un jour de marché (Mercredi samedi et dimanche matin, de jour, de nuit…) J’avoue avoir une préférence pour la nuit, juste après la tombée du jour.

 

Parcours online : https://www.calculitineraires.fr/index.php?id=872401#tab-Export

 

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Gare de Vaise nocturne

 

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Passerelle Mazaryk
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Stade Joseph Boucaud – Gare d’eau