REGARDEZ COMME ÇA SONNE BIEN !

 

PAS – Parcours Audio Sensibles

Interventions artistiques, marchées, et écologiques

autour du paysage sonore partagé

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Regardez comme ça sonne bien !

PAS – Parcours Audio Sensibles

POINTS D’OUÏE ET PAYSAGES SONORES PARTAGÉS

Un PAS – Parcours Audio Sensible, c’est une balade sonore collective, pour déchiffrer, défricher, écrire et se régaler des paysages sonores partagés. Il s’agit de se promener dans nos lieux de vie, ou ailleurs, l’oreille en chantier, l’oreille enchantée, pour les écouter de concert, tout simplement. Mettons nos pavillons aux aguets, participant temporairement à une joyeuse communauté d’écoutants.

Ici et là, nous marchons, nous nous posons. Notre guide promeneur-écoutant joue avec les acoustiques, les sons ambiants, fait parfois sonner les lieux, ou raconte une petite histoire d’écoute, installe et désinstalle de mini sonorités, repart, s’arrête à nouveau, au gré des sons, et des envies… Nous construisons ensemble un parcours sonore, semi écrit, semi improvisé, en fonction de ce qui se passe, des événements ou accidents sonores…

En fin de promenade, nous échangeons des ressentis, partageons des paroles, du vécu in situ…

En pratique :

Nombre d’interventions : (à voir selon le projet)

Durée : Entre 40 et 60mn, voire plus si affinités

Matériel : Fourni et embarqué par l’artiste

Lieu : Extérieur – possibilité d’installation paysagère, conférences en intérieur

Jauge public : 20/25 personnes maximum – Tout public, enfants, scolaires, étudiants, professionnels…

Préparation in situ : Repérage de circuits 1 jours avant.

 

EXTENSION(S) OUÏSSIBLES POSSIBLE(S)

Inauguration officielle, en présence d’élus, d’un Points d’ouïe cartographié.

https://desartsonnantsbis.com/partenaires/points-douie-paysages-en-ecoute/

Rencontres/conférences/ateliers autour des pratiques des balades sonores, si l’oreille vous en dit, et en demande encore…

Gilles Malatray aka Desartsonnants

Promeneur écoutant

Desartsonnants en quelques mots

Gilles Malatray, artiste créateur sonore, promeneur écoutant, travaille depuis de nombreuses années autour du paysage sonore. Dans une posture associant des approches esthétiques, artistiques et écologiques, l’écriture, la composition de paysages sonores sont fortement liées aux territoires investis, sites, villes, quartiers, espaces naturels, architectures, et occupent une position centrale dans la pratique désartsonnante. Formation et interventions artistiques in situ constituent la base de ce travail où l’écoute reste au centre de toute création et construction, notamment via des PAS – Parcours Audio Sensibles, marches d’écoute collectives.

Des collaborations et interventions 

Collectif ABI/ABO, friche RVI (Lyon), CIDB Paris, Parisonic, Fondation de France, Réseau Écologie Sonore, Aciréne, ‘École d’art fructidor de Chalon sur Saône, Transcultures/City Sonic (Mons/Bruxelles), le Musée des moulages (Lyon), l’UniversitéLyon2 Lumière, Festival Les Nuits Sonores (Lyon), SOS-Art (Paris), Ville de Saint-Étienne, Lac des Sapins à Cublize, Parc d’installations sonores de Neerpelt (Belgique),CNR et CNSMD de Lyon, Nathalie Bou/Ateliers 500, Centre Hospitalier de Chambéry, Festival Sonor/Le Lieu Unique (Nantes), CDMC (Paris), École d’architecture à Nantes, Rencontre Architecture, Musique et Environnement à Saillan (Suisse), , GMVL à Lyon,Tempo Real à Florence (Italie), Alte Schmiede à Vienne (Autriche), Festival Kontacts sonoreS à Chalon/Saône, RES Réseau Environnement Sonore, CIDB à Paris, CAUE du Rhône, GMVL Lyon, Centre de découverte du son (Cavan), Rencontre du film court de Madagascar à Tananarive, Friche artistique Lamartine (Lyon), École Supérieure de Design La Martinière Diderot à Lyon, École Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon à Vaulx-en-Velin, Médiathèque d’Auch, Festival Aude Numétique (Carcassonne), Festival Émergence (Toulouse), Festival Electropixel (Nantes), Le bruit de la neige( Annecy), CRANE LAB (Chevigny), GRAVE (Victoriaville, Canada), ParaKomand’art (Liège, Belgique), École Supérieure d’Arts et de Design d’Orléans, festival Electrochoc (Bourgoin-Jallieu), Assises Nationales de la qualité de l’environnement sonore (CIDB/Lyon/Paris), Education Nationale, IESA Lyon (Institut Supérieur des Arts) ESPE (IUFM) Paris, Centre culturel du Brabant wallon (Belgique), La Minauterie de Narouze, Un autre chameau (Villefranche de Lauragais), Jardins ethnobotanique de la Gardie Rousson (Alès), JAU de Lausanne (CH), Université d’Architecture de MONS (BE), École supérieure des arts – Arts2 de Mons (BE), Yaoundé (Cameroun), o25rjj (Loupian), la Fab-Ka (Saint-Étienne)…

Et très bientôt chez vous !

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Pour en savoir plus
PRÉSENTATION

https://readymag.com/desartsonnants/Pointsdouie/

POINTS D’OUÏE

https://desartsonnantsbis.com/

EN ÉCOUTE

https://www.mixcloud.com/desartssonnants/

EN IMAGES

http://desartsonnants.tumblr.com/archive

EN VIDÉOS

https://vimeo.com/user5600299

EN TEXTES

https://fr.scribd.com/collections/4313163/DESARTS

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Contacts

Friche artistique Lamartine – 28, rue Lamartine

69003 LYON

Téléphone : +33 (0)9 53 39 86 41

 Portable : +33 (0)7 80 06 14 65

Courriel : mailto:desartsonnants@gmail.com

Sites internet : https://desartsonnantsbis.com/

https://desartsonnants.wordpress.com/

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Gilles Malatray Desartsonnants

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INAUGUREZ VOTRE POINT D’OUÏE !

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contacts : Gilles Malatray – Desartsonnants – desartsonnants@gmail.com                           +00 33 (0)7  0680 1465 – 34 rue Roger Salengro 69009 LYON

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Environnement, écologie et arts sonores. Faire entendre mes tissages, métissage.

Environnement, écologie et arts sonores. Faire entendre mes tissages, métissage

ECOUTE

Faire entendre, donner à entendre

Une question, a priori simple,voire un brin bêtasse me revient régulièrement l’esprit: mais que fais-je donc, avec mes postures, auto-proclamées, de promeneur écoutant, et parfois de paysagiste sonore ?
Une réponse, sans doute simpliste : je tente de faire entendre, ou de donner à entendre, avec une forme de générosité intrinsèque indiquée par le  don.
Mais donner à entendre quoi ?
Donner à entendre l’existant, le quotidien, ce qui est « à l’état (presque) naturel », l’environnement sonore en quelque sorte.
Donner à entendre les constructions, les fabrications, les compositions musicales et sonores qui contribuent à modeler l’espace, les scènes d’écoute. Y compris les agencements nés d’une simple écoute musicalisée. Et si l’espace manque de ce genre de musiques, ne pas hésiter à les composer, dans le respect des lieux de leurs tailles, dans la recherche d’un équilibre ne donnant pas prise à l’envahissement de la rumeur. De la musique des lieux aux arts sonores, si tant est que la première n’en soit pas fondamentalement un.
Donner à entendre ce qui semble paraître beau, ou non, avec toutes les pincettes et  et les précautions d’usage liées aux approches culturelles, au contexte, à l’humain, aux mille et une perceptions… Chercher les aménités paysagères au travers l’écoute. Une construction esthétique du sonore, ou une construction sonore de l’esthétique paysagère…
Donner entendre les stabilités, les fragilités, ce qui semble ou est menacé, parfois dégradé, dysfonctionnant… Donner à prendre conscience. Le son comme un révélateur de choses en voie de disparition, d’une forme d’antropocène plus avancé qu’on ne pourrait le penser. Vous avez dit écologie sonore ?
Les frontières, les limites de ces positions sont minces, fluctuantes, poreuses, voire parfois inexistantes, ou construites in auditu. Construites pour structurer une analyse, un discours, un récit, pour avoir un peu plus de prise sur l’intangibilité et l’évanescence des matières sonores. Construites pour rassurer l’écoutant , son auditoire, devant la complexité (grandissante ?) du monde sonore.
Une autre problématique se profile, concernant le faire, ou le donner à entendre, des paysages pluriels, recomposés, revisités, entre autre par les prismes de l’esthéthétisation, de l’artialisation sono-paysagère. On s’aperçoit alors que les écritures convoquées replacent néanmoins, pour moi en tous cas, la chose sonore dans un questionnement multiple, social, culturel, relationnel, mais aussi écologique. Nos y revenons donc.
Donner à entendre, faire entendre, faire ensemble, faire s’entendre, ou tenter de le faire….
Il faut battre les faires pendant qu’ils sont chauds, et sans doute avant qu’ils ne ne révèlent des choses bien  trop brûlantes, si temps est qu’il soit encore temps.

PAYSAGES ET AMBIANCES DES VILLES, APPROCHE SENSIBLE ET ARCHITECTURALE

PAYSAGES ET AMBIANCES (SONORES) DES VILLES

Module d’enseignement destiné à des étudiants de master de l’ENSAL (École Supérieure d’Architecture de Lyon)

ECOLE D ARCHITECTURE A VX EN VELIN

Il s’agit par cette approche toute à la fois analytique et sensible, de donner aux étudiants des outils de lecture et d’écriture croisés pour appréhender la ville au travers différents média, outils, axes de recherches.
Plusieurs TD et cours magistraux viennent apporter des ressources et méthodes, répartis sur une durée de deux à trois mois.

En préalable, des interventions théoriques seront menées, introduction au paysage, outils de cartographie sensible, écouter et enregistrer la ville pour en restituer une carte postale sonore et enfin, une approche/observation en marchant du quartier de la Guillotière à Lyon7.
La plupart de ces approches s’effectue en binôme, avec un architecte/urbaniste/cartographe, et un « spécialiste » de la chose sonore.

En ce qui concerne mes interventions, l’approche historique du paysage sonore, notamment via Murray Schafer et l’écologie sonore est présentée, illustrée de nombreuses écoutes de field recording, ainsi que différentes recherches contemporaines et approches artistique liées à la création sonore environnementale.

Une cession en TD autour du montage audionumérique via le logiciel Reaper est organisée.

La sortie sur le terrain sera une première expérimentation pratique pour voir-écouter-commenter un quartier urbain, encadrée et  argumentée par un binôme aménageur/écoutant. Une carte sensible sera à cette occasion demandée aux étudiants, qui devront, au travers la représentation d’un parcours, garder trace de leurs ressentis, d’une approche personnelle pouvant mêler différents média et modes de représentation où les ambiances visuelles et sonores (entre autres) seront notifiées.

Par la suite, de petits groupe d’étudiants se verront attribuer un espace donné, rue, place, cours intérieures. Ils devront en fournir une analyse urbaine reprenant l’essentiel de ce qui a été abordé en TD et lors de la promenade.
Recueillir des données historiques, sociologiques, aller sur le terrain, plusieurs fois, à différents moments, pour l’écouter, le regarder vivre… Noter, photographier, dessiner, cartographier, enregistrer, constituer une réserves de récits et de matières, de paroles et d’écrits…

En ce qui concerne la carte postale sonore proprement dite, il s’agit de représenter, en 3 à 4 minutes, un espace urbain, en lien avec le lieu analysé. Le fait de n’utiliser que le son pour cet exercice interroge certains étudiants quelque peu desarçonnés par l’approche, le fait d’envisager le seul son comme une constituante urbaine (autrement qu’en terme de nuisance et d’isolation normées) n’étant pas franchement habituel chez des aménageurs.
Il convient bien ici d’envisager l’approche auriculaire comme un prolongement, naturellement intégré dans l’analyse urbaine globale, et non pas comme une sorte d’annexe anecdotique et déconnectée.

Au-delà d’une recherche esthétique, la construction de la carte postale sonore devra donc intégrer une problématique liée au terrain, à ses usages, à ses populations, événements, aménagements.

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Le fait de travailler sur une large rue, ou sur des petites îlots intérieurs, sur une place ou des rives de fleuve conditionnera donc grandement un axe d’approche, tout en soulevant une problématique singulière.
L’analyse urbaine, sons y compris, ne pourra se contenter d’une simple description où seraient amassés ou juxtaposés différents renseignements, textes, photos, sons…
Il va falloir en cerner une approche questionnante, problématisante, un axe d’attaque qui tirera et tricotera des fils selon une logique donnant au rendu un réel intérêt prospectif. C’est en tout cas ce que tente de convoquer cette UE, qui se déroule maintenant depuis plusieurs années.

Pour le son par exemple, il s’agira, en écoutant/regardant, avant-même d’avoir tendu le moindre micro, par quelle biais, quelle approche se construira notre carte postale. Et bien évidemment, le questionnement choisi conditionnera les sources sonores collectées, et la manière formelle et esthétique qui sera structurera le rendu final.
Pa exemple, choisir de parler de mixité ou de gentrification, de s’appuyer sur des travaux de requalification, ou réhabilitation, sur les commerces ou la structuration d’une rue via un tramway, sur le réaménagement piétonnier des rives d’un fleuve, les fêtes, les marchés ou les sports urbains, sur l’acoustique des ilots et des cours intérieures… ou bien d’autres approches, impliquera des choix de de matériaux et de montage spécifiques.
Enregistrera t-on en point fixe, en marchant, sur quels trajets, ou  via un montage de différents spots combinés ou non… Quelles ambiances panoramiques ou zooms sur des micro événements, quelles place(s) à la voix,  à quels moments du jour ou de la nuit, quel parti pris montrer pour avoir une approche singulière tout en restant en adéquation avec le discours général… ?
Bien souvent, l’arpentage systématique du terrain, souvent hélas réduit par négligence, ou périodes de charrettes, est en mesure de donner des réponses pertinentes, ou en tous cas des questionnements, et de fournir matière à (re)composer.
Formellement, cette carte postale sonore sera contrainte par le choix des matériaux des ambiances…
Comment trier les sons, effectuer un dérushage pertinent pour ne garder que « la substantifique moelle » sonore ?
Comment introduire la séquence, la faire évoluer par une construction assumée qui pourra comparer des lieux, des ambiances, proposer des transitions en fondues, des cassures, des phénomène d’amplification, ou d’apaisement, des tensions, des points forts, des  effets de surprises, une fin « logique »… ?  
Comment marquer des transitions, l’affirmation et l’évolution d’un discours, même en trois minutes de sons, en gardant l’attention et la curiosité de l’auditeur en éveil ?
Bref, comme les partis pris graphiques, ceux liés au sons devront rendre compte d’une approche personnelle, d’une analyse de terrain plausible, même si l’imaginaire, le rêve, le décalage, les distorsions ou amplifications subjectives ont tout à fait le « droit à la parole », voire sont les bienvenues pour échapper à une froide description.

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Globalement, ces approches sensibles donnent lieu à d’assez intéressants rendus, même si parfois disparates dans les investissements et la qualité des réflexions et mises en forme.

Une présentation publique est organisée en fin de parcours, dans la grande rue centrale de l’école, où documents visuels, photographiques, cartes, maquettes, écrits et sons, sont mis en scène par lieux, comme une sorte de patchwork combinant différentes approches sensibles et analyses du quartier de la Guillotière.

Quelques projets singuliers et pertinents émergent. La ville, voire plus, vue/entendue en coupe du haut en bas, jusqu’à l’intérieur de la matière – la cité au rythme d’objets glanés, mis en espace, en scène et en rythmes – une vraie fausse approche via un guide touristique décalé, d’une ville en façades décors et de ses arrières « sauvages » – un travail de parcours très fouillé, méthodique, sur 12 places triangulaires et leurs rapports au quartier…

On s’aperçoit, en suivant les démarches des étudiants, leurs tâtonnements, errements, fausses routes, impasses, idées lumineuses… que la problématisation des projets, souvent tardive et parfois très floue, ou fluctuante, vient grandement freiner l’avancée, voire la pertinence des travaux.
On met parfois la charrue avant les bœufs, en allant prendre sur le terrain sons et photos, puis en s’apercevant que ces derniers ne servent pas le propos, le récit, la problématique, qui se sont progressivement mis en place, et qu’il faut retourner in situ pour agrandir, compléter ou revoir complètement sa bibliothèque multimédia, ses collectages de matières sensibles.

Néanmoins il s’agit d’un enseignement pour moi très riche, qui m’apporte beaucoup dans la perceptions d’espaces sensibles, et pas seulement sonores, leurs usages, leurs fonctionnements, ou dysfonctionnements, leurs appropriations (ou non), leurs difficultés, ou leurs aménités, les approches croisées d’aménageurs, urbanistes cartographes, architectes…

Mon regret : ce module, datant maintenant de 5 à 6 ans je crois, qui avait progressivement évolué, s’était structuré dans sa méthodologie, ses outils, ses ressources, ses exigences, ne sera pas reconduit l’an prochain, victime d’une refonte générale du projet éducatif de l’école.

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RITUEL DU BANC D’ÉCOUTE

STATUTS, PASSAGES ET RITUELS

Bancs roquette

Comment un simple jeu, celui des bancs d’écoute, s’instaure t-il progressivement comme une habitude, un geste récurrent, une sorte d’exercice, d’entrainement, de gammes pour l’oreille, pour finalement se ritualiser en une fête cérémonie structurante de l’écoute, du paysage en point d’ouïe, et de l’écoutant.

 

LES LISTES NOURRICIÈRES

LE POUVOIR DES LISTES
Ou la construction de paysages sonores par des procédés langagiers énumératifs

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J’ai toujours aimé les listes, les suites logiques, même si personnellement j’ai une logique assez distendue et capricieuse, les inventaires, les accumulations, les énumérations…
Rabelais et ses litanies, Prévert et ses inventaires, Anne-James Chaton et ses listes de courses, Eco et ses listes linguistiques et littéraires, Perec et ses tentatives d’épuisement ou ses variations, les listes me fascinent.
Lorsque le mot, l’image, ne suffisent plus, il faut les étendre, les augmenter, les traverser  par d’autres, vers d’autres. Et cela selon une certaine logique, ou non – Listes/classements alphabétiques, numériques, ordonnées, ou désordonnées, cadavres exquis, associations d’idées, même singulières et anachroniques, voire loufoques, associations de sonorités, de rimes… La liste semble s’auto-entretenir pour construire son propre monde. Cherche t-elle une forme d’épuisement, de finitude, de variations en redondances, via des saturations, des sauts et des passages sans fin ?
Par la liste, c’est ainsi, parfois, souvent, que j’appréhende certaines méthodologies, ou rendus, via l’écriture in situ, et certains paysages sonores qui en émanent.
Je liste, j’énumère, j’amalgame, je brasse, je confronte, je juxtapose, je mets bout à bout, pour tenter de donner  vie, pour justifier une partie de l’existant, pour espérer trouver un brin de logique génitrice.
Pour cela, je convoque des accumulations de sources sonores.
Voix, moteurs, oiseaux, pas, valises à roulettes, téléphones, vent dans les branchages, autoradios, skate-board, cornes de trains, claquements de portières, balayeuse, ambulances…
C’est ce que je viens de noter ici, à l’instant, sur mon banc test d’écoute.
J’évoque des actions, par verbes interposés
Bruire, résonner, pépiller, claquer, pétarader, vrombir, souffler, chuinter, corner, gémir, gronder, gazouiller, crier, racler…
Des actions toujours prises sur le vif du banc d’écoute.
J’évoque des ressentis, des ambiances, des sensations – Saturation, apaisement, sérénité, décalages, vivacité, tristesse, dynamisme, fragilité, redondance, monotonie, pression, bienveillance…
Je convoque de l’espace, du mouvement.
Devant, sur le côté, derrière, à droite, fond sonore, à gauche, pointillisme, traversée, background, émergence, immersion, de droite à gauche, l’inverse…
Je convoque des dynamiques, des volumes sonores.
Prégnance, micro-sons, tintamarre, silence, calme, envahissement, bruissements, pollution, decrescendo, chuchotements, vacarme, amplification, disparition, apaisement, tonitruance, crescendo…
C’est en croisant ces prémices, ces ébauches de listes, d’énumérations, très, trop vite ici notées, à la volée, que le paysage se matérialise un peu plus, se nourrit, jusqu’à une forme de satiété, de rassasiement, quand ce n’est pas à la limite de la saturation, d’un excès langagier tissé de proliférations propres à une liste, qui aurait son propre feedback. Saturation néanmoins, me semble t-il, salutaire, un trop plein, susceptible d’être épuré, valant souvent mieux qu’un grand vide.
C’est en tous cas par l’usage de ces procédés littéraires énumératifs, et la conscience de leur capacité à donner vie, à incarner, que je construit en partie mes écoutes, leurs traces, les paysages qui en découlent, et surtout leurs partages.