PAS – Parcours Audio Sensible en duo d’écoute avec Sarah Neuffer

groscaillou

Un nouveau PAS – Parcours Audio Sensible en duo d’écoute avec Sarah Neufer, étudiante Berlinoise qui travaille autour de l’écoute dans l’espace public. 50 minutes de balade, du haut de la Croix-Rousse à Lyon, au pied du Gros caillou, jusqu’à la place des Terreaux, au bas des « pentes ». Nous écoutons, parlons, marchons, enregistrons, sans aucune retouche.

Cette demi journée, puisque après le PAS, nous parlerons encore 3 ou 4 heures, autour des PAS, mais aussi du travail d’enquête de Sarah, écoute, espace public, société…

Un beau soleil, l’après-midi, de 15 à 20H, sera placé sous le signe de la convivialité. Plusieurs personnes nous aborderons de façon sympathique, enjouée, avec ou hors micro.

Les pentes sont animées, les terrasses de cafés bondées, chacun profitant de cette température estivale pour flâner dans l’entrelacement de ruelles et escaliers pentus.

 

 

Écoutez d’autres PAS – Parcours audio Sensibles en duo d’écoute :https://desartsonnantsbis.com/les-pas-parcours-audio-sensibles-en-duo-decoute/

Publicités

Point d’ouïe, Charabotte, au fil de l’eau

p1240419

A droite, en contre-bas,
le défilé d’une petite rivière
montagneuse et tortueuse,
enserrée au creux d’une profonde combe,
murs minéraux et boisés quasi a-pic.
accidentée de micros chutes cascadantes
contrainte de blocs de pierre
obstacles perturbateurs
suivie discrètement de sentiers capricieux
apparaissant et disparaissant à l’oreille
au gré d’un détour soudain
parsemée de gourds bains sauvages
cernée d’une foisonnante végétation
Éole tricotant des tissus venteux à fleur de sentes
crissement de graviers roulant sous nos semelles
peu d’humain, ni d’animalité
une cascade repoussant toujours plus loin la faille falaise
qui la déversera enfin
au bout du chemin
ou presque au bout
assis sur des rochers bienveillants
maquettes d’ archipels pétrifiés
que les sinuosités de la rivières viennent caresser
et mille nuances d’aqua bruits sonnances.

Charabotte – Massif du Haut Buggy – Lundi 20 août 2018
Parcours Sensible – Workshop Titre à Venir

Objets d’écoute(s)

Longue-ouïes, sthétophones et autres audiobjets

Parce que l’objet crée la posture, ou bien inversement…

Parce que les sons infimes et vibrations intimes doivent se cueillir à fleur de tympans.

Parce que l’oreille droite et l’oreille gauche peuvent s’emmêler les pinceaux…

Parce que parfois, une ou des images valent mieux qu’un long discours.

 

 

 

Station ZEP – Zone(s) d’Écoute(s) Prioritaire(s), marche des fiertés et fanfare – Lyon hausse le son

Hotel_de_Ville_SMG_1873

2751440152830

Tout commence par une longue Station – ZEP – Zone d’Écoute Prioritaire , sur les marches de l’escalier de l’Hôtel de ville centrale, place des Terreaux à Lyon.
Trois heures de pause – écoute sur son, une première Desartsonnante.
Soleil assez vif, voire très vif en début d’après-midi.
La place est joliment festive.
Je branche ponctuellement mes micros sur de brefs événements, au gré de leurs apparitions et incidences.
Des groupes de marcheurs LGBT qui rejoignent joyeusement la Marche des fiertés LGBT, autrement nommée Gay Pride, Place Bellecour.
Nous la croiserons plus tard.
Il y a des voix.
Des cris, joyeux.
Des bribes de conversations.
Des rires.
Des chants.
Un match de football miniature organisé par Greenpeace opposant Diesel à Monde Pur sans voiture.
Et immuable, le fontaine Bartholdi en fond de scène chuintante.
L’écoutant est un peu en retrait.
Un peu en surplomb.
Une oreille qui embrasse une scène sonore parfois assez diffuse, avec des émergences ponctuelles.

 

41050499750_8fd208021b_k

42812536182_084496f448_k

À bout d’écoute, enfin je le pense, je bouge.
Et pourtant cette fin de soirée restera encore tonique et sonique, plus que je ne le pensais a priori.
Je croise sur le chemin du retour la Marche des fiertés LGBT, et cette fois-ci, plus en ordre dispersé, mais en ordre de marche. Un défilé que j’entends de loin, et dont la rumeyur grandit rapidement.
Vivace, coloré, tonitruante, dansante, exubérante, joyeuse, revendicative, militante, multi-générationnelle, imposante, je m’approche de cette masse sonore et bariolée…
Liberté(s) de son corps, de ses pratiques sexuelles, sociales, mais aussi droits de l’homme, écologie, migrations, des revendications bouillonnantes d’actualité, voire même brûlantes sous ce soleil, en résonance, sur fond de disco mobile endiablée.
Des costumes et des corps bougeant, plus ou moins dénudés, courant, dansant, virevoltant, et un son Dance floor sur macadam d’enfer.
Je tente d’enregistrer, sature bien souvent mes micros. Tant pis, l’ambiance est communicative, j’ai envie d’en capter un brin de cette liesse collective énergisante.
Je remonte le défilé à contre-sens, jusqu’à son dernier convoi dansant.
Juste derrière, les balayeuses municipales qui nettoient à grandes eaux la rue, l’affaire est rondement menée.
Remontée de la rue Mercière et de ses restaurants, une ambiance moins dynamique, mais néanmoins joyeuse.
Le soleil met du baume au cœur, et aux corps.
Des voix, beaucoup.
Un cliquetis de mon sac, je n’ai pas pris la précaution pourtant élémentaire de chausser le casque pour éviter ces bruits parasites. Pas très pro.
Tant pis, un défaut qui restera tel quel, tic, tic, tic…

 

22826650026_701c51dbbe_k

Arrivé près de la place des Jacobins, je m’apprête à ranger magnétophone et micros.
Mais Lyon en ce jour hyper-sonique en décide autrement.
Une fanfare étudiante, festive, joue des mélodies populaires, près de la fontaine.
C’est ce que l’on appelle un « pétage », dans le jargon fanfaronnant.
Musique dans la rue, sur une place, avec un étui à instruments ouvert pour recueillir les dons du public, et une « petite » fête qui s’ensuivra si les auditeurs ont été généreux…
Autre musique que précédemment, acoustique cette fois-ci.
Un jeu parfois aux instruments un brin faux (musicalement parlant), mais qu’importe, c’est l’énergie festive qui prime là encore.
Déguisements, danses, et autres sympathiques clowneries bien rythmées.
Un public amusé et bon enfant.

Et toujours le soleil de la fête.

Presque saturé de sonorités festives, je quitte la fanfare sur ces derniers éclats de cuivres percutants.

Et tente de condenser cette grosse demi-journée en un montage audio, raccourcis de ces Station d’écoute et autres points d’ouïe aujourd’hui très enjoués.

 

Et les sons

 

 

Partition de PAS – Parcours Audio Sensible, partition n°7 – « Dos à dos»

img_37357

Public
A 2, en  groupe (en nombre pair de préférence)

Temporalité et durée
De jour, de nuit, durée variable, de quelques minutes à quelques heures

Lieu
Ici ou là, en ville ou en milieu naturel, ailleurs, sur un banc…

Actions

  • Sur un territoire donné, peu importe lequel, on formera des duos d’écoutants
  • Nous marchons, en duo
  • A chaque pause, nous écoutons, en duo, en silence, dos à dos, assis ou debout
  • Ressentons l’espace environnant avec son co-écouteur, au rythmes de nos respirations/vibrations croisées, échangées, ressenties, senties, comme une peau qui vibre au contact d’une autre.
  • Répétons ce geste autant de fois que nous le désirons, dans différents lieux

 

Remarques et variations

  • Nous pouvons changer (ou non) de partenaire co-écouteur durant la partition.
  • Gardons à l’esprit qu’il ne s’agit pas de tourner le dos à l’autre, mais bien au contraire d’ouvrir avec lui une écoute sensible en restant en contact physiquement, mentalement, et sensoriellement.

Parcours métropolitainS Grand-Lyon et lisières; être dans la boucle

Trace 1 – Récit de Gilles Malatray

interpol-marks-25-years-in-lyon-as-it-looks-to-the-future

Un mercredi après-midi, 14 heures, Sept personnes, toutes intéressés par le fait de marcher les lisières de la ville, se retrouvent à la station de bus Interpol à Lyon. Nous sommes tout près du Parc de la Tête d’Or et de la Cité Internationale, vers les périphériques Nord de Lyon.

Atmosphère lourde, orageuse, ciel plombé, saturé de gris/noir, ce qui n’arrête pas, pour l’instant, les pèlerins promeneurs ponctuels autant que périurbains.

Quatre zones bien différenciées jalonneront le parcours.

Quatre zones en boucle.
Comment faire la boucle ?
Comment boucler la boucle ?
Comment être dans la boucle ?
Des questions de tracés, de parcours, d’enchainements, de transitions, de passages par, vers, d’un espace à l’autre, d’occupations, de zonages fonctionnels, parfois de ruptures, de cassures, des petites frontières, plus ou moins visibles…
Des esthétiques et des ambiances spécifiques ou communes, distinctes ou entremêlées, question de perception…

Lorsque j’ai proposé ce circuit, je connaissais personnellement bien chaque tronçon, pour m’y être déjà longuement promené. J’avais néanmoins l’envie de tenter de (re)coller les espaces bout à bout, d’éprouver la boucle pédestre qui réunirait, ou tenteraient de réunir, ces territoires à forte personnalité, ayant chacun des singularités paysagères bien affirmées. Une boucle qui pourrait également être une partie, une micro variante d’un tout, un segment d’une autre boucle à beaucoup plus grande échelle, celle que pourrait tracer le circuit de Parcours MétropolitainS dans son intégralité.

lyon_citc3a9_internationale_4

Au tout début, la Cité Internationale de Lyon, traversée d’une rue semi couverte, site architectural monumental d’Enzo Piano, avec logements de luxes, casino, restaurants, bureaux d’entreprises hi-tech, Musée d’art contemporain, complexe cinématographique, espace de congrès, salle de spectacle… Une ville « moderne » quasi ex nihilo, reconstituée façon mixage fonctionnel (pas trop social).
A droite, les rives du Rhône, à gauche le parc de la Tête d’or. Un cadre assez privilégié pour cette bande urbanisée de façon somme toute assez cohérente, visuellement parlant.
Une acoustique de ville intérieure.
Des allées et venues, plutôt feutrées, assez loin de l’agitation d’une centralité urbaine.

 

Direction le proche parc péri-urbain de la Feyssine. Traversons la barrière très circulante du périphérique.
Une escapade un brin sauvage est proposée en variante, supplément, par Patrick. Traverser les 4 voies d’un immense rond-point (en courant pour ne pas servir de cibles aux furieuses automobiles), marcher sur les extérieurs d’une fosse centrale jusqu’à trouver un sentier qui descend au cœur de la fosse. Nous sommes dans une enclave ronde, enterrée, à la nature buissonnante et sauvageonne, des sous-sols cachés, entrailles d’un rond-point, une sorte de dent creuse boisée, d’étrange cirque sauvage, en contre-bas des flots circulaires et circulants.
Retour sur les berges du Rhône. Vers un paysage bucoliquement péri-urbain. À gauche, Le Rhône majestueux, puis un périphérique, à droite, un autre périphérique. Au centre une longue bande paysagère, avec d’anciennes stations de pompage hydraulique, de très grands et vénérables arbres, et des castors, invisibles à cette heure là.
Des chants d’oiseaux se mêlent à ceux de moteurs périphériquants. De temps à autre, le bruissement de l’eau, en s’approchant des rives, parfois impraticables, encombrées de végétations foisonnantes, de blocs de pierres, longées de sentiers discontinus, cheminements en pointillés.
D’ailleurs des sentiers multiples jalonnent le parc. Sur l’axe central, une ligne droite en caillebotis, ou un chemin principal, terrain de jeu des promeneurs, avec ou sans chiens, joggeurs, cyclistes…
Plus près des rives, un entrelacement de sentes plus capricieuses, au gré des promeneurs « aventuriers ». Des balmes, creux, pelouses, un amphithéâtre de verdure, des espaces quasi sauvages ou nettement aménagés, l’équilibre est judicieux, et le public de déambulateurs semble s’y trouver bien.

 

universitc3a9_claude_bernard_lyon_1-campus_de_la_doua

Le Campus universitaire de la Doua, Lyon 1
3e étape, après le franchissement d’un périphérique, nous abordons le retour via un gigantesque campus universitaire. Une centaine d’hectares, plus de 30 000 personnes, des équipements scientifiques, culturels, que nous traverserons en zigzaguant. C’est une ville au confins de la ville. Le campus est en travaux via une gigantesque restructuration, mise aux normes, démolitions/reconstructions, réaménagements des espaces verts, modernisations diverses et variées… Ces espaces, entre des architectures modulaires bétonnées, des passages, des espaces verts en chantiers ou plus anciens, est une sorte de kaléidoscope à l’urbanisation recentrée ces dernières années sur la percée du tramway. De grands pôles universitaires, notamment Lyon 1 Claude Bernard, L’INSA, et d’autres pôles d’ingénieries scientifiques, où physique, mathématique, biologie, informatique s’interconnectent dans cet univers singulier. Le campus, à l’origine très renfermé et cloisonné, s’est ouvert par l’arrivée du tramway qui nous fait maintenant le traverser aisément, sans franchissements. Le parcours piétonnier peut être extrêmement varié, empruntant les grands axes ou chemins de traverses, passages entres des bâtiments, contournements de travaux, traversées herbeuses et boisées… Souvent nous croisons une fête étudiante, ici ou là, expression de la vitalité des lieux, et surtout de leurs occupants…
Les ambiances sont changeantes, aujourd’hui de plus en plus humides, voire pluvieuses, ce qui influera sensiblement sur la fin présumée de notre boucle.

 

1208px-parc_de_la_tc3aate_d27or_de_lyon_-_vue_des_pelouses_de_la_coupole

Pour ce qui est de boucler la boucle, notamment en traversant le parc de la Tête d’Or, la pluie, qui se fait de plus en plus insistante nous décide d’abréger notre itinéraire initial. Nous pouvons dés lors l’imaginer dans son achèvement, traverser mentalement les allées du parc, longer le lac central, les grandes serres, la roseraie, croiser des joggeurs haletants, une cohorte de canards cancanant, écouter le bruit de la pluie sous de grands arbres, admirer les lumières changeantes de la fin de journée, et regagner ainsi, virtuellement, notre point de départ. La boucle serait ainsi bouclée.

Tranches de villes, ou de zones frontières périurbaines, en attendant les prochaines.
Espaces et parcours à re-construire, entre autre en fabriquant de la trace, et du récit.

 

Trace 2 – Récit de Catherine Serre

La balade commence.
Lieu de rendez-vous un arrêt de bus devant les barrières du Parc de la Tête d’Or. Le petit groupe qui se retrouve là devrait faire une boucle marchante, la pluie en décidera autrement, et séparera les uns des autres au cœur du Campus de la Doua.
Nous rentrerons sous la pluie menaçante par le chemin inverse de l’aller, un tout seul vaquera deux heures avant son prochain rendez-vous, les derniers prendront le tram.
Mais cela se passera dans trois heures, pour l’instant nous commençons la traversée de la rue intérieure de la Cité Internationale.
Aussitôt un effet de palimpseste que je connais bien se déclenche : lorsque je marche dans un lieu connu, chemin, rue, campagne ou ville, me reviennent les occasions précédentes d’y marcher. Dans la rue intérieure de la dite Cité Internationale c’est l’ancien Palais des Congrès un jour de Foire de Lyon, au long des couloirs, à travers des coursives et des kilomètres de passages pour une traversée d’un pavillon à l’autre.
Se mêle à cette journée adolescente le chantier de démolition de ce même palais des Congrès dix ans plus tard, et ses montagnes de gravats de béton armé.
A la fin de ces années c’est la très attendue ouverture du Musée d’Art Contemporain dans le seul pavillon conservé, et la nouvelle biennale qui fait suite à Octobre des Arts.
Ce sont des impressions colorées et kinesthésiques, celles du corps qui marche en plusieurs temps, ce sont des émotions qui superposent les espaces actuels et les souvenirs que j’en ai. Des images de l’ancien, du très ancien ou du récent, de l’individuel ou du collectif qui hantent mes lieux et me transportent dans de paradoxales sensations temporelles.
Aujourd’hui notre groupe s’étire et se regroupe au fil de la rue-ville qui n’en finit de rentrer dans un présent presque fictionnel, puis longe la rive gauche du fleuve et son périphérique et enfin traverse le campus universitaire contre l’orage.
Ce sera un lot nouveau pour mes archives intérieures en construction constante… Une expérience entièrement nouvelle commence par nos voix en éclats lors de la traversée du rond-point pour atteindre la clairière cachée dans un fond. On y verra un homme qui dort, son dos nu à peine visible à travers les feuillages, son visage est tourné vers le mur de soutènement du bosquet. Nous sommes pleins de questions dans ce petit havre, dans ce creux protégé du passage de dizaines de milliers de voitures juste au-dessus. Nous réussirons à nous en arracher sans en avoir compris le mystère, laissant le dormeur à sa sieste.
Des vélos, des chiens, leurs maîtres et maîtresses, quelques coureurs à pieds, personne ne semble-là par pur désir comme l’est notre troupe. Alors à l’entrée du Parc de la Feyssine, pour le plaisir enfantin, nous grimpons sur une borne de captage et nous nous offrons la vue panoramique d’une ouverture entre les arbres aux proportions idylliques. Devant cet équilibre, ensemble, en riant, en se faisant un peu peur, pour rien, nous escaladons cette butée de béton presque rocher, couverte d’herbe et de traces anciennes.
Ensuite nous marcherons au plus près de l’eau, les pieds dans le sable, le long d’étroits passages, avec des restes d’inondation dans les branches, ces petits fouillis d’herbes sèches effilochées un peu grises coincés dans les feuilles nouvelles. Un bord d’eau surveillé mais rendu au naturel, au presque sauvage. Un arbre centenaire ferme la traversée du parc de la Feyssine et nous voilà dans le campus de la Doua, l’orage arrive et nos préoccupations changent.
Parcours métropolitainS nous a impliqué dans une boucle exploratoire un peu modifiée par la pluie, nous avons avancé et serpenté dans ce coin de Lyon que j’ai connu ancien et vu se transformer, si je lui cherche un nom comme d’un pays rêvé à explorer ce sera aujourd’hui, Nom de pays : Le nom.

Carnet de voyage, de point d’ouïe en point d’ouïe

32708078_1576925332426469_5131208294798458880_n

Mon carnet de voyage, toujours en chantier, est fait de sons et de silences, d’ombres et de lumières, de couleurs et de matières, d’odeurs et de goûts, de visages et de paysages, d’architectures et de natures, de haltes et de mouvements, de trajectoires et d’errances, et surtout, d’une infinité de réminiscences furtives…

L’imprécision chronique d’un réel parcellaire, où le corps et l’esprit semblent pourtant trouver ce qui pourrait faire sens, enracine moult paysages sensibles, complexes, aussi présents que volatiles, dans une mémoire vibrante.

Se nouent ainsi à l’envi, des espace-temps déliés ou entremêlés à l’aune des périples cheminants.

Strate par strate, se compile un mille-feuilles à jamais inaccompli, un sédiment mémoriel où la pensée s’aventure parfois, sans doute pour se rassurer d’être encore bien là, et d’aller de l’avant.