Sound walking et field recording, un art vert, un brin d’humanité?

DESARTSONNANTS - SONOS//FAIRE

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Longtemps, la notion d’art environnemental est restée associée aux pratiques du Land Art, né dans les année 60, avec entre autres comme chefs de fil des artistes tels Richard Long et Robert Smithson.
Arts de la construction in situ, Earthworks (Terrassements), traces de marches, constructions in situ, usage de matériaux naturels, recherche de grands espaces, le Land Art privilégie une relation forte aux milieux investis, à l’environnement qui l’accueille et le nourrit.

Depuis quelques années, les relations artistes environnement ont pris une autre tournure, avec d’autres modes de revendications, parfois plus politiques, ou autrement politiques, la COP21 aidant, où la coloration verte de nuages d’incinérateurs ou du Grand Canal de Venise, attire l’attention sur des urgences climatiques de plus en plus brûlantes.

Du symbolisme poétique des grands espaces, des rituels post Amérindiens, des éco-artistes de ces dernières mettent le doigt sur des dérives écologiques, réinvestissent la ville mégalopole, les grands…

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Chemins d’écoute – La pratique du soundwalk (promenade sonore) en écrits

DESARTSONNANTS - SONOS//FAIRE

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Comme vous l’avez sans doute constaté, Desartsonnants aime l’écoute en marche, au sens littéral du terme. Il la pratique régulièrement, l’explore, en cherche des déclinaisons, des modes de contextualisation. Il expérimente différentes formes de déambulations auriculaires avec d’autres artistes plasticiens, écrivains, conteurs, danseurs…, des aménageurs, des chercheurs, des écoutants de tous crins. Il use de ces chemins d’écoute sans cesse réécrits au fil des pas, pour réfléchir à nos propres postures d’écoute au quotidien, mais aussi à celles, plus extraordinaires, qui nous offrent un décalage sensoriel propre à jouir de perceptions environnementales élargies. Il questionne nos relations avec l’espace, le son, nos co-habitants/co-écoutants, la construction de paysages voire de territoires sonores partagés.

Au-delà de la (dé)marche d’écouteur public, via des approches esthétiques qui ne perdent jamais de vue une forme de militance pour la belle écoute liée à l’écologie sonore, celle que nous a fait découvrir Murray Schaeffer, une réflexion…

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PAS – Parcours en duo d’écoute n°14 avec Isabelle Gessen

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Lundi 22 avril 2019, jour de Pâques, départ du 14e PAS en duo Lyonnais, de la gare Saint-Paul vers les hauteurs de Fourvière.

La visite est cette fois-ci emmenée par Isabelle Gessen.

Des escaliers, des écoles, couvents reconvertis, des parcs, un parcours en Acro-branches, des points de vue panoramiques, un cimetière, hélas fermé à cette heure, et des points d’ouïe aussi, sur le parvis d’une basilique, à l’intérieur et dans la crypte de celle-ci, d’autres parcs, une fin dans les ruines gallo-romaines, pour finir une redescente hors-micros.

Près de trois heures de marches, dont plus de deux enregistrées non-stop, sans retouches aucunes. Des dialogues, des lectures, certaines inédites, circonstanciées, beaucoup de dénivelés, et des espaces somme toute assez apaisés. Une nouvelle tranche de ville Lyonnaise à portée d’oreille s’offre à nous.

Au-delà des choses écoutées, c’est notre petite fabrique de paysages sonores qui est toujours au cœur du processus. C’est la façon dont nous le vivons, racontons, faisons vivre par notre récit croisé, in situ, en grande partie imprévisible, selon ce qui se passe, les sensibilités de chacuns -unes…

Je ne m’en lasse pas.

 

En écoute

 

 

Les sons de l’EmoSonne

PAS – Parcours Audio Sensible, des marches, des silences, des sons, des parcours, des paroles

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Suite à un PAS récemment effectué, sur la thématique de l’écologie sonore, que finalement très peu connaissent, je réfléchissais, une fois de plus, aux tenants et aux aboutissants de cette pratique, pour moi incontournable qu’est le Parcours Audio Sensible.

Un PAS est tout d’abord un espace-temps, un instant marché, où mille particules sonores, infimes bruissements, fragments d’un puzzle acoustique morcelés, épars, avec lesquels nous reconstituons un flux-paysage cohérent, un tout écoutablement logique et logiquement écoutable.
Le parcours tisse des lignes géographiques sonores, où se répondent places et jardins, cours et impasses, rires d’enfants et harangueurs des marchés. Une géographie sonore se dessine. Les espaces et les sons, au départ fragmentés, éparpillés en événements disséminés, disparates, sont recollés, recousus à l’aune de l’écoute et des traversées sensibles, kinesthésiques. Ces parcours écrivent un chemin qui prend sens au cœur d’un paysage sans cesse renaissant à l’écoute.
Le promeneur écoutant devient alors à même de se re-trouver dans des écoutes peuplées d’indices auriculaires, qui lui donnent petit à petit des clefs, confortant ses quêtes et recherches. Clés de lectures, ou d’écriture, parmi celles qui nous proposent de reconsidérer le paysage sonore comme un objet d’étude, ou comme une source de plaisirs. Entre autre, plaisir de se reconnaître dans un parcours non pas entièrement balisé, ce qui serait assez mortifère, mais au moins jalonné, tout en gardant la possibilité de se perdre encore à certains moments, pour mieux se retrouver ensuite.

Un PAS, c’est encore une série de gestes qui font que le silence est instauré, installé et entretenu au sein du groupe de promeneurs. Ce silence accepté, y compris sur une assez longue durée, celle de la déambulation, contribue fortement à rendre le monde audible, ou tout au moins un peu plus audible, et ce de façon plus efficace que mille savants discours. C’est dans ce silence qu’est perçue plus finement la complexité de notre environnement sonore, et que nous pouvons devenir un peu plus acteur, ne serait-ce qu’en posant une oreille curieuse sur ce qui nous entoure.

C’est également le moment où, lorsque le silence, intrinsèquement peuplé de sons, est rompu, que la parole collective peut à nouveau se libérer. Après un long silence, pas toujours facile à maintenir, les voix collectives ont à nouveau le pouvoir d’échappées belles, d’exprimer des ressentis, des frustrations, de narrer des gestes ayant donné naissances à de beaux moments, comme à des espaces-temps parfois discordants, dans une expérience d’écoute à la fois commune, et néanmoins individuelle et singulière, que la marche silencieuse a cependant souvent unifiée.

Le paysage sonore qu’on assassine !

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Beaucoup assassinent le terme de Paysage sonore (et parfois les pratiques liées), sous différents prétextes.

Ces prises de positions souvent abruptes génèrent, entre « spécialistes », de longs débats tendus, où d’ailleurs on s’aperçoit que les partis-pris inflexibles écornent paradoxalement beaucoup l’écoute de l’autre, du groupe, voire de soi-même. Paysage sonore et éthique sociale ne résonnent pas toujours hélas en harmonie…

Au final, sous l’avalanche de propositions sémantiques, concepts forcément innovants, rien de neuf ni de solide ne se construit. Force est de constater que le paysage sonore, si décrié et complexe fut-il, comme tout paysage du reste, possède aujourd’hui une histoire, des postulats, des pratiques, des recherches, des productions, des acteurs, une continuité temporelle, bref, une existence que l’on ne remet pas en cause si facilement, sous l’envie soudaine de réformer, quitte à flirter avec la pure Tabula rasa.

Le paysage sonore, des premiers travaux de Raymond Murray Schafer à aujourd’hui, ne cesse de se remettre en question, d’écoutes en captations, d’écrits en installations, de parcours en Points d’ouïe, de recherches en actions… et n’est pas, n’en déplaise à certains détracteurs, synomyme de collectages et autres field-recordings qui figeraient un sonore muséal poussiéreux.

Ce n’est pas une impasse, intellectuellement pauvre ou contre productive non plus. C’est en fait tout le contraire, à une époque d’hybridation de pratiques, géographie, aménagement, esthétiques, socialités, mobilités, éthique, écologie à l’appui…

Je pense, au risque de passer pour un indécrottable passéiste réac, qu’il serait dommageable de jeter le bébé avec l’eau du bain, et de raser sans égards un champ de recherche et d’action qui au final, ne fait que commencer et ouvre progressivement nombre de portes à nos oreilles reconnaissantes.