Point d’ouïe – L’expérience du vécu, un laboratoire d’écoute ambulante

62209343_2953982774619572_7938362850328707072_n

La marche, associée à l’écoute, le Soundwalking, le PAS – Parcours Audio Sensible made in Desartsonnants, sont à la fois des gestes, des actions, des plongées immersives, des modes d’écritures in situ, des outils de recherches et de conceptions de parcours… Et plus si affinités.

Marcher, c’est vivre une expérience, personnelle, collective, et en règle générale les deux.
Le fait d’arpenter les paysages, si ce n’est de les fabriquer en les marchant, tout en les écoutant, s’appuie intrinsèquement sur l’expérience du vécu.

L’expérience du vécu est un axe structurant, moteur, par des formes d’approches qui nous confrontent à notre propre corps, corporalité, face à et dans des espaces, intérieurs extérieurs, dans différentes acceptations du terme, où les sons, lumières, chaleurs, odeurs, nous enveloppent littéralement. Le vécu, l’expérience d’espaces divers imbibent notre corps-éponge de mille effets, sensations, comme autant de caresses kinesthésiques, qui peuvent parfois avoir la rugosité d’un gant de crin.
L’expérience, c’est un geste par définition inédit, souvent volontaire, faire l’expérience de. C’est en cela quelque chose de non encore réalisé personnellement, d’in-abordé, ou de toute autre façon. L’expérience n’a pas besoin d’être démesurée, grandiose, bouleversante, un simple chant d’oiseau près d’un ruisseau peut nous transporter dans des espaces encore jamais entendus, ou jamais de cette façon, moment où le sensible règne en maitre. Vivre une expérience, la convoquer, la provoquer, est par définition un fait vécu qui nous confronte avec le monde, ou une parcelle de monde, autrui compris, et où les sens, la mémoire, les ressentis, nous apprennent forcément quelque chose, de nous-même et d’extérieur, même infime. L’apprentissage permanent est de vivre au plus près du terrain en restant à l’écoute du monde.

Chaque lieu arpenté de l’oreille est en fait unique dans son appréhension du moment, de son espace spatio-temporel. Chaque marche sera donc elle aussi unique, expérientielle, lieux d’apprentissage sans cesse renouvelé.
Le vécu relève, pléonasme s’il en fut, du vivant, du vivre, du vivre avec, ensemble, impliquant des aventures auriculaires, des scénari où des géographies, des architectures sonores se mettent en place au pas à pas, structurent notre pensée, aiguisent nos perceptions, enrichissent nos rapports au monde.

Le parcours d’écoute est une expérience qui met en mouvement notre corps, frotté à des milieux parfois amènes, parfois déstabilisants, voire agressifs et anxiogènes. Mais le plaisir de rechercher des situations inédites, en l’occurrence inouïes, nous fait emprunter avec passion, vivre, moult cheminements tortueux. Ces parcours sont de véritables bibliothèques vivantes, bibliothèques du vivant, collections de matières, matérielles ou éthérées, tangibles ou impalpables, dans un vaste laboratoire multi-sensoriel à ciel ouvert.

La rencontre avec autrui, co-marcheur, co-écoutant, co-acteur, est aussi une expérience, en terme notamment de sociabilité, parfois très forte, jusque dans le silence de l’écoute vécue comme une expérimentation commune.

Dans les milieux traversés, auscultés, la pratique de l’expérience corporelle, du corps réceptacle, auditeur sensible, avec ses filtres et ses proprioceptions, ses approches phénoménologiques, est déterminante pour nous trouver, écosophiquement parlant, une place raisonnable à l’échelle du monde.

Auricularités paysagères kinesthésiques

Gilles Malatray ( desartsonnants)
PAS – Parcours Audio Sensible – Soundwalk « Titre à venir Centre d’Art Contemporain de Lacoux (Fr 01)

 

Faire avancer un travail, c’est sans cesse le requestionner, le remettre dans un champ de problématiques qui évoluent au fil du temps, et des expériences.

Quelques questions récurrentes, dont je me suis fais miennes, m’aident à garder une dynamique évolutive, à ce que je nommerai ici un projet d’auricularités paysagères kinesthésiques.

L’écoute, comment ça marche ?

Comment avance t-elle entre ses mobiles et ses mobilités ?

Et avec ta ville, comment tu t’entends ?

 

RUSSIA
PAS – Parcours Audio Sensible – Soundwalk – Festival « Around Sound 2019 » Kaliningrad Russia

 

To advance a work is to constantly requeste it, to put it back in a field of problems that evolve over time and experiences.

Some questions, which I have made myself, help me to keep an evolutionary dynamic, what I will call a project of kinesthetic landscape auricularity.

Listening, how does it work, and walk?

How is she moving between her motives and her mobility?

And with your city, how do you get along, or listen ?

Workshop – MarchÉcouteR – Installer l’écoute (et l’écoutant) dans la Ville

Installer l’écoute (et l’écoutant) dans la Ville

IM1

Logo seul.jpegIM2

 

Quelques pistes pour bien (mieux) s’entendre avec la ville :
Poser une oreille curieuse, ouverte, sensible, au gré des pas, dans des approches esthétiques, écologiques et sociales.
Laisser ses préjugés au vestiaire (beaux sons ou vilains bruits considérés avec le même statut d’objet d’écoute)
Capter des sons (enregistrés), les renseigner, annoter, commenter, faire commenter, constituer un corpus sonore, des objets à re-composer, installer, improviser…
Marchécouter, arpentécouter la ville, seul et/ou en groupe, de jour, de nuit, entre chiens et loups…
Repérer, localiser, cartographier, décrire et écrire des Points d’ouïe; Quelles définitions, quels critères de sélection ?
Imaginer, construire un parcours sonore urbain, via et entre les Points d‘ouïe.
Chercher des postures d’écoute en fonction des lieux, des ambiances, des mobiliers urbains, des événements, des envies de décaler l’écoute, la perception d’une ville entre les deux oreilles…
Inventorier des zones calmes, des oasis sonores, des ZEP (Zones d’Écoutes Prioritaires), des aménités auriculaires, imaginer comment les favoriser, ausculter, protéger.
Inaugurer, officiellement, des Points d’ouïe remarquables, ou non. Des cérémonies tympanaires.
Utiliser les bancs publics comme des affûts auriculaires, bricoler des objets d’écoute, des longue-ouïe pour ausculter la cité.
Imaginer, construire, aménager des lieux d’écoute, y installer des sonorités éphémères.
Diffuser un PAS – Parcours audio Sensible (signalétique, guide, cartographie, géolocalisation, applications embarquées…)
Favoriser les échange entre écoutants, habitants, passants, recueillir des paroles, de ressentis, des sentiments, des souvenirs, des envies, fabriquer des audio-utopies collectives, rêver la ville auditorium, installation sonore à ciel ouvert, à 360°, promouvoir la belle écoute urbaine…
Conserver et valoriser des traces multimédia, construire et partager des récits croisés de ville à portée d’oreilles…

Voir : Gestes, postures, sensorialités
Voir : Directions d’écoute(s)

 

sc zoé
@photo Zoé Tabourdiot

Gilles Malatray – Desartsonnants

Logo seul.jpeg

34 rue Roger Salengro
69009 LYON

Skype : desartsonnants
Portable : +00 33 (0)7 80 06 14 65
Courriel : desartsonnants@gmail.com

Pour en savoir plus

POINTS D’OUÏE ET PAYSAGES SONORES PARTAGÉS

DESARTSONNANTS PROFIL ET PROJETS SUR LINKEDIN

EN ÉCOUTE
EN IMAGES Flickr
EN IMAGES Instagram
EN VIDÉOS
EN TEXTES Scribd
EN TEXTES Academia

Radiophonie

France Culture On Air « Un promeneur écoutant »
France Inter – Le cri du patchwork « Écouter l’environnement »

 

Les choses étant ce qu’est le son !

PAS – Parcours Audio Sensible, Soundwalking

aaiaaqdgaaoaaqaaaaaaaayjaaaajgvkzmfly2iylwu2owitngmxnc1hnjk3lwq4mmfjmdiymzuwyg

(English below)

Marcher
Les pied accordés au sol
à l’humus nourricier
humus et humilité ont une même racine
écouter le sol
l’air
le vivant
donc le Tout
les oreilles accordées aux vibrations sonores
dans une écologie où la sociabilité est au centre du projet
un process écho-logique où la bienveillante est essentielle
l’expérience collective est avant la connaissance
être ouvert à l’immédiateté du mouvement
de la perception
du ressenti
déployer des antennes sensibles
traverser les sons et lumières
en être traversé
partager les traversées
accumuler les marches d’écoute
pour un récit tissé de mémoires des lieux
les raconter
même enjolivées
extrapolées
réécrites par la parole
le mot
le son
Sentir le monde sous ses pieds
sous nos pieds
entre ses deux oreilles
et par celles des autres
par tous les pores de son corps membrane
chercher l’accordage du monde*

* « The Tuning of the World » Raymond Murray Schafer

18016955521_eb1a60d26f_o

Walk
Foot granted to the ground
to the nourishing humus
humus and humility have a same root
listen to the ground
the air
the living
so the All
ears tuned to sound vibrations
in an ecology where sociability is at the center of the project
an echo-logical process where the benevolent is essential
collective experience is before knowledge
be open to the immediacy of the movement
of perception
feeling
deploy human sensitive antennas
to cross the sounds and lights
to be crossed
share the crossings
accumulate the listening steps
for a story woven of memories of places
tell them
even embellished
extrapolated
rewritten by speech
word
the sound
Feel the world under his feet
under our feet
between his two ears
and by those of others
by all the pores of his membrane body
seek the tuning of the world *

* « The Tuning of the World » Raymond Murray Schafer

22736311250_372148ba2b_k_d

Dépaysement auriculaire

26849954809_018df0e443_k_d

Du tour, des tours, de mon quartier, à pied, itinéraires micro-itinérances triviales pour faire les courses, prendre un transport en commun, ou bien errer, en désœuvrance…

Jusqu’aux bords de la mer baltique, et autres océans, de la forêt malgache, jurassienne, des plaines québecoises, des montagnes portugaises, sardes, suisses… Entre autres lieux arpentés et à venir…

Dès que j’enclenche l’écoute, l’écoute bien entendante, impliquée, sensible, mon oreille part en voyage, au quart de tour (du monde ?) et sitôt se déploie, déplie, dépayse, auriculairement.

Mais l’oreille est insatiable, et je cherche sans cesse de nouveaux lieux, de nouvelles hétérotopies, hétérosonies, sonotopies, topophonies, sociauphonies, géophonies, scriptosonies… En connaitriez-vous ?

 

img_1631_dxo800_dxo800

Soundwalking Groupe

1622042_797695640240833_2245316737458639404_n

 

Un tout nouveau groupe Facebook autour du Soundwalking et autres parcours sonores.

https://www.facebook.com/groups/470506840200246/

 
Soundwalking
Groupe Public · 84 membres

Rejoindre ce groupe

Soundwalk, audiowalk, parcours sonores, listening, soundscape, paysages sonores…
 

Corps Espaces Corps

52595407_2364309183579463_443589500845686784_n
Promeneur écoutant, auditeur nomade, en partie libre en partie contraint, fabriqueur et arpenteur de paysages sonores en devenir, mon corps-oreille, mon oreille-réceptacle, mon corps-espace, mon espace-corps, inscrits parfois malgré eux dans un jeu d’espaces inextricables, constatent que ma place-posture n’est pas toujours clairement ni définie, ni établie. Elle n’est pas toujours décryptable, qualifiable, descriptible, ni même suffisamment stable pour l’être. Est-ce bien ainsi ? Une zone de questionnements, d’inconfort, ou un terreau fertile à l’éclosion de nouveaux corps-espaces qui ne seraient pas trop sur-définis, échappant ainsi à un cloisonnement d’emblée sclérosant.
Entre une matérialité, physiquement assumée, et une ligne de flottaison sonore fluctuante, alternativement productrice et auditrice, et vice versa, quand ce n’est pas les deux postures concomitantes, se pose le statut de mon corps écoutant. Celui s’incarnant dans des traversées performatives, bruyamment silencieuses, des méditations ponctuées d’errances et d’immobilités, des micro gestes aux macro perceptions, et les myriades de nuances sonores à peine entrécoutées et déjà disparues.
Donner à voir et à entendre dans les espaces du promeneur écoutant potentiel.
Se donner à voir et à entendre dans les espaces scénographiés par le, les corps.
Se noyer dans des espaces acoustiques tout à la fois communs et singuliers.
Se distinguer dans des espaces auriculaires aussi imbriqués que dissolus.
Hésiter entre le mouvement et l’immobilité, la résistance et la fuite, la sage contemplation et l’imprudente et légère distraction.
Chercher les moyens de passer d’un état à un autre, sans cesse, vivant échappatoire.
Corps-espaces-corps, allers-retours entre dedans-dehors, ici-ailleurs, dans une construction tout à la fois apollinienne et une ivresse dionysiaque, l’espace me joue des tours que le corps ne déjoue pas forcément; le corps me joue des espaces dans lesquels lui-même s’entremêle les sens, signifiants comme signifiés, des espaces compris les vides, le corps comme l’esprit duals, hésitants, jamais sûr du bon chemin, du bon geste… Entre-deux chaotique mais rassurant quelque part. Ne jamais être vraiment sûr de rien.
Des écarts qui laissent la place à un pure jouissance, ou à un souffrance teintée d’indécisions ?
Écarts qui peuvent emprisonner, comme libérer, le corps dans ses contradictions, l’étendre dans l’espace de ses non-lieux, lui faire explorer le geste dans ses in-aboutissements.

Écoutez voir, contrepoint n°1

aaeaaqaaaaaaaaduaaaajgq2mtawndfmlte1ntgtndzkzs05zjjiltkyztjmowrmmmmzzq

Entre chiens et loups
un moment que j’affectionne tout particulièrement
un instant de bascule
un fondu presque au noir amenant à la nuit
un apaisement discret
des choses qui font place à d’autres
des lumières déclinantes
puis à nouveaux des multiples soleils encagés
l’oreille s’adapte
règle ses focales
l’œil en fait de même
tout s’épaissit
ou s’éclaircit
c’est selon
une fenêtre s’ouvre sur le bas de la ville
une fenêtre visuelle
le lointain en perspective
la ville basse à nos pieds
une percée vers la vallée du Gers
barrée au loin des contreforts des Pyrénéens
la cloche
en bourdon imposant
de la cathédrale dominante
vient d’arroser la cité d’un claironnant Angelus
une fenêtre auditive
une percée sur la rumeur de la ville
les murailles trouées d’escaliers abruptes
des couloirs sonores
l’oreille vise le son
l’œil les décrypte
bien qu’on ne sache plus trop qui fait quoi au final
les horizons se brouillent
des voix proches
des piétinements cliquetant le pavés
une poussette grinçante hors-champ
la nuit tombée diffuse
des traines de couleurs d’un ciel chargé
au sortir de l’hiver
des traines de sons
s’accrochant aux murailles
ricochant sur des parois séculaires
une grue tournoyante ferraille joliment
hors-champ elle aussi
une musique en chantier
et pourtant tout est calme
chaque son à sa place
pas d’envahissements frénétiques
les sonorités et les lumières décroissent de concert
un decrescendo glissant tout en quiétude
le groupe d’écoutants jouit de l’instant
dans un silence peuplé de mille bruissements
regardécoutant la ville d’un posture panoramique
orientée par la trouée d’une ruelle pentue
peu de choses filtrent du bas
des rumeurs contenues
par d’inextricables chemins de pierres
un piège à sons
le temps est à l’écoute
comme il est au regard
des polyphonies de lueurs sonores
comme de sons colorés
le point de vue titille l’oreille
et sans conteste réciproquement
la ville paysage s’accroche sensoriellement
nous charme d’aménités offertes à qui sait être là
pour les cueillir fragiles dans l’instant.

 

World Listening Day 2019

wld19draft-800x661

 

You are invited to participate in World Listening Day 2019, an annual global event held every July 18.

 

This year’s theme is LISTENING WITH created by internationally acclaimed sound artist Annea Lockwood.

Listening with …

listening with the neighborhood

at midnight, and again at dawn.

Listening with an awareness that all around you are other life-forms simultaneously listening and sensing with you – plant roots, owls, cicadas, voles – mutually intertwined within the web of vibrations which animate and surround our planet.

Dozens of organizations and thousands of people from six continents have participated in World Listening Day since its inception in 2010. Help share and grow participation in this annual event please by adding your information to our online form (coming soon).

July 18th is the birth date of renowned Canadian composer, music educator, and author, R. Murray Schafer. His World Soundscape Project developed the fundamental ideas and practices of acoustic ecology in the 1970s. These inform the current, burgeoning interest in our changing acoustic environment. Thus, World Listening Day honors Schafer’s contribution to understanding our world.