Paysages sonores, espaces vivants

La marche écoutante, le PAS – Parcours Audio sensible, ne sont pas forcément une fin en soi.
Pas plus que ne le sont les points d’ouïe et autres immersions acoustiques posées, immobiles.
Ils sont plutôt un premier pas vers l’écoute in situ, l’oreille hors-les-murs, ou dans les murs.
Ils sont des gestes qui nous connectent, nous reconnectent, nous maintiennent connectés à des espaces audibles partagés.
Ils sont une façon de nous dépayser dans nos propres lieux de vie, de faire un pas de côté, de mettre l’oreille aux aguets.
Ils sont des manières de traverser, d’éprouver, de ressentir, de mettre un corps écoutant en action, de se poser dans le monde buissonnant.
Ils sont des moyens de ralentir, de ne pas s’enfermer dans des situations avant tout performatives, de développer des attentions curieuses, des attentions qui prennent le temps de faire.
Ils proposent des prologues à l’écriture, aux écritures, multiples, croisées, transmédiales.
Ils offrent des ouvertures vers des extensions du réel, un imaginaire auriculaire, comme à d’éventuelles prémices d’aménagements in situ.
Ils sont facilitateurs d’espaces de convergence, de connivence arts/sciences et autres indisciplinarités.
Ils sont une façon de rester étonnés, envers et contre tout.
Ils sont autant de préludes à d’autres possibles, comme un livre ouvert d’histoires auriculaires sans cesse renouvelées.
Ils sont une manière de résister à la cacophonie ambiante, voire de lutter contre, et de cultiver l’harmonie.

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