Admirations

J’admire les danseurs et danseuses, pour leur art de mettre le corps en espace, de fabriquer de nouveaux lieux où déambuler à corps ouvert.
J’admire les photographes qui, d’un regard, d’un cliché, nous font découvrir et imaginer mille choses, y compris et peut-être surtout celles hors cadre.
J’admire les auteurs et autrices, les poètes qui, par l’agencement de signes, de phrases, d’images mentales, font éclore des mondes à fleur de peau et de mots.
J’admire les chercheurs et chercheuses qui nous font comprendre les mécanismes complexes d’un monde en perpétuel mouvement.
Ils et elles inspirent mes parcours d’écoutes au quotidien. J’aspire toujours à croiser leurs chemins, dans des histoires communes, sensibles, de celles qui restent à écrire, à broder, à rejouer, encore et en corps.

Propositions desartsonnantes, pour écouter le monde à portée d’oreilles

Inauguration de Points d’Ouïe – Parc Buffon à Montbard – CRANE Lab

Le printemps est là, l’oreille se redéploie, dedans/dehors, aux alentours et ailleurs, plus loin.

  • Des PAS – Parcours Audio Sensibles, au fil des ondes et des territoires aquatiques, au cœur de la nuit, en suivant des zones calmes et trames blanches, en terrains résonnants, au gré des points d’ouïe à inaugurer, des parcours en duo d’écoute, des cartographies sonores locales…
  • Des rencontres, écoutes, débats, workshops, autour de la notion de paysages et territoires sonores, des rapports arts audio/environnement/transition/aménagement…
  • Et d’autres approches acoustiques encore inouïes, à écrire in situ, vivre et ouïr de concert…

Paysages sonores, espaces vivants

La marche écoutante, le PAS – Parcours Audio sensible, ne sont pas forcément une fin en soi.
Pas plus que ne le sont les points d’ouïe et autres immersions acoustiques posées, immobiles.
Ils sont plutôt un premier pas vers l’écoute in situ, l’oreille hors-les-murs, ou dans les murs.
Ils sont des gestes qui nous connectent, nous reconnectent, nous maintiennent connectés à des espaces audibles partagés.
Ils sont une façon de nous dépayser dans nos propres lieux de vie, de faire un pas de côté, de mettre l’oreille aux aguets.
Ils sont des manières de traverser, d’éprouver, de ressentir, de mettre un corps écoutant en action, de se poser dans le monde buissonnant.
Ils sont des moyens de ralentir, de ne pas s’enfermer dans des situations avant tout performatives, de développer des attentions curieuses, des attentions qui prennent le temps de faire.
Ils proposent des prologues à l’écriture, aux écritures, multiples, croisées, transmédiales.
Ils offrent des ouvertures vers des extensions du réel, un imaginaire auriculaire, comme à d’éventuelles prémices d’aménagements in situ.
Ils sont facilitateurs d’espaces de convergence, de connivence arts/sciences et autres indisciplinarités.
Ils sont une façon de rester étonnés, envers et contre tout.
Ils sont autant de préludes à d’autres possibles, comme un livre ouvert d’histoires auriculaires sans cesse renouvelées.
Ils sont une manière de résister à la cacophonie ambiante, voire de lutter contre, et de cultiver l’harmonie.

Métaphores et métaphones

L’esprit de clocher « Acirène »

Parler du son, de l’écoute, c’est aussi utiliser des formes imagées, passées dans le langage de tous les jours, où les mots nous en font entendre de toutes les couleurs.

Un bruit blanc
Un bruit rose
Avoir le blues
Se mettre au diapason
Avoir les oreilles qui sifflent
Mener à la baguette
Se faire sonner les cloches
Avoir l’esprit de clocher
Insister à cor et à cri
Aller de concert
Être un ténor du barreau
Mettre un bémol
Accorder nos violons
Hausser le ton
Donner de la voix
Être muet comme une carpe
Avoir plusieurs sons de cloche
Avoir la puce à l’oreille
Avoir le bourdon