Sources et ressources vives d’inspirations pour un promeneur écoutant

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Liste non exhaustive, intergénérationnelle non triée, non hiérarchisée, en chantier

 

Jean-Jacques Rousseau (promenades, philosophie)

Raymond Murray Schafer (Paysages sonore, écologie sonore)

Max Neuhaus (Soundwalking, Listen, installations sonores « environnementales )

Guy Debord (Dérives, situationnisme, psychogéographie)

Michel de Certeau (L’invention du quotidien, L’acte de marcher )

Henry David Thoreau (Walden, Walking )

Hildegard Westerkamp (Soundwalking )

Claude Merleau-Ponty (Phénoménologie de la perception)

Gilles DeleuzeFélix Guattari (Écosophie, les 3 écologies)

Michel Foulcaut (Hétérotopie)

Henri Lefebvre (Rythmanalyse, poétique urbaine)

Pierre Sansot (Poétique de la ville, du bon usage de la lenteur, approche sensible)

Alain Corbin (Silence, histoire du sensible)

Jacques Réda (Poésie et marches urbaines)

Élie Tête (Conception d’environnements sonores)

Stalkers (Walkscape, vides urbains)

Richard Long (Land Art, Lign Made by Walking)

John Cage (Silence, aléatoire, écoute)

Myriam Lefkowitz (Marche – Danse, Walk Hands, Eyes a city)

Luc Gwiazdzinski (Géographie, hybridation, nuit)

Mathias Poisson (cartographie sensible, marche blanche)

Hendrik Sturm (Artiste marcheur, penser avec ses pieds)

Jean-Christophe Bailly (Dépaysement, poétique de l’espace)

George Pérec (Espèces d’espaces, tentative d’épuisement d’espace)

Nicolas Bouvier (voyage, usage du monde et altérité)

Gilles Clément (Tiers paysage, Jardin planétaire)

Nicolas Bourriod (Esthétique relationnelle)

Nicolas Mémain (Conférences marchées, GR13)

René Dumont (Écologie)

Ingrid Saumur (Cartographie sensible, paysage)

Myriam Suchet (L’indiscipline, recherche action, penser hors-cadre)

Arne Nass (Écologie profonde, communauté et style de vie)

Pierre Schaffer (Musique concrète, solfège de l’objet musical)

Michel Chion (Acoulogie, Promeneur écoutant)

Francis Alÿs (Marche performance)

Batiste Lanaspèze (Wild Project Editions, GR13)

John Dewey (L’art comme expérience)

Jean-Marc Besse (Cartographie et Cheminements)

Augustin Berque (Géographie, mésologie, écoumène, milieux)

Peter Szendy (Philosophie, écoute)

Pierre Rabhi (Agroécologie, Colibris)

Gilles A Thibergien (Arts et paysages)

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J’ai, à un moment ou à un autre, croisé ces auteurs-trices, artistes, chercheur-euses activistes de toutes générations, œuvrant dans différentes pratiques, champs d’activités, quelquefois physiquement, d’autres fois, selon les époques ou les aléas de la vie, uniquement par leurs écrits ou productions, factuelles ou intellectuelles.

Il a parfois suffit d’une phrase, de quelques paroles, d’une fragment d’œuvre, d’un récit, d’une image ou d’un son, pour qu’ils/elles m’embarquent dans un univers qui allait, à plus ou moins long terme, infléchir mes travaux, et certainement ma façon de penser, d’écouter, de vivre.

Tant d’autres pourraient y trouver place, cette liste n’étant pas exhaustive loin de là, laissant ainsi toutes les opportunités, envies, aléas, de croiser bien d’autres penseurs activistes.

Je livre cette ressource en l’état, c’est à dire en chantier, forcément inachevée, ce qui peut permettre à ceux et celles qui en ressentent le besoin de la compléter ou retailler à leur façon.

Puisse t-elle ouvrir quelques désirs de cheminer aux grès des pensées et actions, voire de s’en inspirer pour creuser les sillons de la marche, de l’écoute, de l’écologie, quitte à oser des hybridations quasi contre-nature, ou des chemins de traverses hasardeux.

Gilles Malatray aka Desartsonnants

 

NB : Les liens ci-dessus renvoient soit à des sites personnels, biographiques, soit à des textes en ligne, en rapport direct avec la marche, l’écoute, l’écologie…

 

Point d’ouïe bastiais, les oreilles au vent !

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Atterrissage un brin agité, venté, à l’aéroport de Bastia Poretta en fin d’après-midi pour rejoindre la belle cité bastiaise. Au menu, des rencontres autour des paysages sonores urbains. Tout un programme !

Le premier soir, après un excellent diner où les poissons locaux ravissent nos palais, je décide, comme à mon habitude, de faire une promenade en nocturne. C’est ma troisième venue dans cette ville nichée au pied du Cap Corse, face à la mer, et j’aime toujours autant, et sans doute de plus en plus, l’ayant un brin apprivoisée lors de mes précédentes déambulations, y trabouler, selon l’expression  lyonnaise. Ce terme convient d’ailleurs bien à cette ville pentue, agrippée à la montagne, où l’on peut se glisser de petites rues en placettes, via des escaliers serpentant à flanc de collines.

Ce soir, la météo est capricieuse, très capricieuse même,  en cette fin de janvier. A la fois un ciel dégagé, des températures  clémentes pour l’époque et une alternance de moments calmes, presque endormis, et de sautes de vents tempétueux, dans le vrai sens du terme.

Alors, tout siffle, gémit, craque, claque, gronde… De grosses poubelles en sacs plastiques traversent la rue dans un bruit de friture amplifiée, parfois accompagnées d’une chaise de bar grinçant métalliquement sur la chaussée. La nuit se déchaine dans une série de flux tonitruants, qui rafraichissent soudainement l’atmosphère et déclenchent des tempêtes soniques, balayant et griffant l’espace auriculaire sans ménagement.

Puis, aussi soudainement que ces séquences venteuse sont apparues, tout se calme. Durant quelques instants, la ville semble s’ébrouer en silence, remettant un peu d’ordre dans un espace apaisé, pour un temps durant lequel l’oreille reprend des repères plus sereins. Avant que tout ne reparte de plus belle, dans une sorte de désordre plus frénétique que jamais, les vents d’Ouest étant Oh combien capricieux !

Ces enchainements de tensions et de détentes ravissent au final mes oreilles rafraichies. J’ai choisi de faire halte sur un banc, en évitant toutefois ceux placés sous d’imposants platanes ancestraux, sait-on jamais… Je me délecte alors, solitaire, de ces concerts éoliens aux sonorités si changeantes, si joliment capricieuses. Le vent semble contester l’ordre des choses trop bien établies, ou mettre en garde, en apportant un brin de révolte urbaine incontrôlable et rebelle. Sans doute là une vision très personnelle, métaphore météorologique d’une société traversée de soubresauts sociaux, politiques, autant que climatiques.

Je suis apparemment un des seuls à apprécier ces sautes d’humeur atmosphériques, la ville étant désertée, y compris des automobiles, les rares passants marchant vite, tête baissée, cache-cols remontés sur les oreilles, insensibles à ces tourbillonnements d’air toniques, voire les fuyant au plus vite pour s’en mettre à l’abri.

Le lendemain, le vent est totalement tombé, le soleil brille, la vie et la ville ont repris leurs rythmes de croisière, les terrasses se déploient, les passants et voitures sont de retour. Une journée plus paisible s’amorce, presque radieuse, avant que d’autres déchainements impromptus ne viennent secouer la quiétude ambiante, notamment d’un paysage sonore aux multiples facettes.

Bastia, le 30 janvier 2020, Forum des arts sonores, Semaine du son, accueilli par Zones Libres

https://www.zonelibres.com/

https://www.lasemaineduson.org/

Workshop – MarchÉcouteR – Installer l’écoute (et l’écoutant) dans la Ville

Installer l’écoute (et l’écoutant) dans la Ville

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Quelques pistes pour bien (mieux) s’entendre avec la ville :
Poser une oreille curieuse, ouverte, sensible, au gré des pas, dans des approches esthétiques, écologiques et sociales.
Laisser ses préjugés au vestiaire (beaux sons ou vilains bruits considérés avec le même statut d’objet d’écoute)
Capter des sons (enregistrés), les renseigner, annoter, commenter, faire commenter, constituer un corpus sonore, des objets à re-composer, installer, improviser…
Marchécouter, arpentécouter la ville, seul et/ou en groupe, de jour, de nuit, entre chiens et loups…
Repérer, localiser, cartographier, décrire et écrire des Points d’ouïe; Quelles définitions, quels critères de sélection ?
Imaginer, construire un parcours sonore urbain, via et entre les Points d‘ouïe.
Chercher des postures d’écoute en fonction des lieux, des ambiances, des mobiliers urbains, des événements, des envies de décaler l’écoute, la perception d’une ville entre les deux oreilles…
Inventorier des zones calmes, des oasis sonores, des ZEP (Zones d’Écoutes Prioritaires), des aménités auriculaires, imaginer comment les favoriser, ausculter, protéger.
Inaugurer, officiellement, des Points d’ouïe remarquables, ou non. Des cérémonies tympanaires.
Utiliser les bancs publics comme des affûts auriculaires, bricoler des objets d’écoute, des longue-ouïe pour ausculter la cité.
Imaginer, construire, aménager des lieux d’écoute, y installer des sonorités éphémères.
Diffuser un PAS – Parcours audio Sensible (signalétique, guide, cartographie, géolocalisation, applications embarquées…)
Favoriser les échange entre écoutants, habitants, passants, recueillir des paroles, de ressentis, des sentiments, des souvenirs, des envies, fabriquer des audio-utopies collectives, rêver la ville auditorium, installation sonore à ciel ouvert, à 360°, promouvoir la belle écoute urbaine…
Conserver et valoriser des traces multimédia, construire et partager des récits croisés de ville à portée d’oreilles…

Voir : Gestes, postures, sensorialités
Voir : Directions d’écoute(s)

 

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@photo Zoé Tabourdiot

Gilles Malatray – Desartsonnants

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34 rue Roger Salengro
69009 LYON

Skype : desartsonnants
Portable : +00 33 (0)7 80 06 14 65
Courriel : desartsonnants@gmail.com

Pour en savoir plus

POINTS D’OUÏE ET PAYSAGES SONORES PARTAGÉS

DESARTSONNANTS PROFIL ET PROJETS SUR LINKEDIN

EN ÉCOUTE
EN IMAGES Flickr
EN IMAGES Instagram
EN VIDÉOS
EN TEXTES Scribd
EN TEXTES Academia

Radiophonie

France Culture On Air « Un promeneur écoutant »
France Inter – Le cri du patchwork « Écouter l’environnement »

 

Les choses étant ce qu’est le son !

PIC – Paysage, Improvisation, Concert

Paysage

Improvisation

Concert

PIC
Les choses étant ce qu’est le son

 

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Intention

Je suis parfois insatisfait de morceler, de diviser, une démarche qui convoque à la fois des approches liées à l’écoute, la musique, ou la création sonore, le paysage, l’écologie voire l’écosophie et des formes de sociabilités sonores.

Comment trouver une cohérence qui puisse servir un propos alliant le faire et la réflexion, avec un large public, non forcément initié ?

Alors je construis un projet , un processus, un démarche qui pourrait tomber à PIC (Paysage Improvisation Concert).

Marcher, écouter, repérer, enregistrer, improviser des paysages en live, à partir des captations sonores captées in situ, faire ré-entendre, en parler... Un projet contextuel, de quelques jours à quelques semaines, que j’ai expérimenté et pratiqué lors de mes dernières résidences artistiques en Russie et au Portugal… Un dispositif à la fois bien cerné pour être efficace, et assez souple pour se confronter à de multiples espaces géographiques.

Des PICs en chantier qui, bien évidemment, ne demande qu’à s’exporter…

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Paysage Improvisation Concert

Le projet:

Un promeneur écoutant preneur de son, un travail autour du field recording, du soundwalking, de la lecture/écriture de paysages sonores.

Phase 1

Se promener, magnétophone en main, oreilles aux aguets.

Capter des ambiances, des échantillons sonores, l’esprit auriculaire des lieux.

Les restituer lors d’un PIC (Paysage, Improvisation Concert).

Phase 2

Improviser, lors d’un concert, d’une performance live, à partir des échantillons sonores, non mixés, récoltés in situ.

Possibilité de précéder le PIC d’un PAS – Parcours Audio Sensible (Soundwalk) et de le poursuivre par une conférence/causerie autour des notions de paysages/parcours sonores et points d’ouïe, des rapports esthétique/écologie/sociabilité sonores.

Timing

Cycle court : 2 à 3 jours d’enregistrement, repérage, écoute, dérushage.

Un jour de répétition, concert.

Résidence sur plusieurs semaines, à définir selon le projet

Dispositif

Enregistreur numérique et logiciels audio amenés par l’artiste.

Sur place, un système son stéréo pour la diffusion improvisation.

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Photos PIC Saint-Pétersbourg/Kaliningrad – Institut Français de Russie Festival Sound Around 2019

 

Desartsonnants


POINTS D’OUÏE ET PAYSAGES SONORES PARTAGÉS

SONOS//FAIRE

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34 rue Roger Salengro

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Émergences et constructions d’éco-sociabilités, ou éco-auricularités, via le soundwalking

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Arpenter un territoire auriculaire, ou entendu comme tel, doit soulever quelques questionnements, pointer des problématiques inhérentes aux lieux investis, pour donner du grain à moudre à notre oreille bien pensante, ou en tous cas impliquée.

Par exemple :
Entend t-on, perçoit-on, dans l’espace public notamment, des positions de domination, de soumission, de résignation ? Si oui quelles sont-elles (sociales, économiques, politiques…), comment se manifestent-elles notre écoute ?
Notre oreille décèle t-elle des appropriations genrées, des formes d’écoutes et de perceptions singulières, liées à des cohabitations dans des espaces où la mixité n’est pas toujours un modèle d’équilibre ?
Comment se révèlent des violences de quartier, via les coups de klaxons rageurs, harangues alcoolisées, bris de canettes pulvérisées… ?
Ou à l’inverse, se révèlent des aménités bienveillantes, rires d’enfants, fêtes populaires, marchés animés… ?
Les parcours d’écoute peuvent-ils favoriser des partages de sensibilités, d’aménités, de communs, la conscience de participer à une vie sociale intrinsèquement liée à des paysages sonores partagés ?
Comment ces situations spatio-temporelles, auriculaires, voire ces mises en situation orchestrées par des artistes, chercheurs en sciences sociales et humaines, aménageurs… contribuent-elles à modifier, voir à construire un paysage sonore, via de nouvelles formes d’éco-sociabilités, d’éco-auricularités, objets esthétiques, écosophiques, sociaux, que l’on commence tout juste à entrevoir, à entrécouter.

L’artiste n’est bien sûr pas en capacité à aborder avec toutes les compétences requises de tels sujets sociétaux. Par contre, il sait, notamment via la mise en situation de mobilités sensibles, parcours d’écoutes ici, stimuler des perceptions auditives, déployer des sortes d’antennes vivantes autour de nos oreilles rendues plus curieuses, et donc plus actives, si ce n’est activistes.
Le sociologue, anthropologue, historien, géographe, architecte, urbaniste… viendra co-tisser le récit sensible, construire et affiner des objets d’études où l’écoute et la marche restent des pivots au centre du processus d’éco-auricularités.

Travail en chantier.

Point d’ouïe et figuralité

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Lorsque j’écoute, je marche, un lieu, et les deux actions vont souvent de paire dans mon travail, j’en extrais, plus ou moins consciemment, des singularités, de aspérités, des ambiances particulières…
Je commence à me construire une série de repères pour approcher de l’oreille un environnement fugace.
Je me ménage des points d’ouïe durant mes déambulations, qui parfois s’arrêteront sur des marqueurs sonores, comme on les nomme dans notre jargon, de la fontaine à la cloche…
Ces repères vont petit à petit s’organiser, au fil des marches et écoutes, pour agencer, voire ré-agencer une forme de paysage sensible, qui va prendre sa cohérence, sa consistance, via les écoutes accumulées.

C’est alors que je me sens prêt à enregistrer les sons des lieux, à en capter des bribes, fragments, échantillons, ambiances, comme si je carottais une matière déjà visitée, et quelque part déjà malaxée de l’oreille.
Autant de fragments représentatifs, en tous cas pour moi, d’un territoire sensible que je vais organiser, à ma façon, selon ma propre audio-vision des lieux investis.
Je reprends ici à mon compte le terme de figural, forgé par Jean-François Lyotard dans Discours, Figure, et repris par Gilles Deleuze, qui explique que le figural n’est pas le figuré.
Le figural se voit, et ici s’entend, se comprend, et pourtant échappe à la rigueur descriptive du langage. Quelle que soit d’ailleurs la forme du langage.
Il s’agirait donc de donner une certaine lisibilité à l’audible, par une forme de pensée du sonore, qui ne soit pas forcément ni descriptive, au sens premier du terme, ni figurative, comme certains field recordings peuvent l’être.
Le figural est, au delà d’une forme de représentation, une expression intimement, étroitement, liée au ressenti, à la sensation. Nous revenons donc à la représentation d’espaces sensibles.
Francis Bacon disait, parlant des impressionnistes, qu’ils ne peignaient pas le paysage, mais plutôt ce qu’ils ressentaient en le regardant.
De même, une composition audio-paysagère, telle que je la conçois aujourd’hui, est plus figuraliste que figurative.
Si elle s’appuie bien sur des fragments/échantillons sonores prélevés sur le terrain, d’abord via mes oreilles, puis mes micros, la composition est essentiellement nourries de multiples ressentis, associés aux expérience de soundwalking (marche d’écoute).
Faire entendre un paysage brut, sans tenter d’en donner les émotions, aboutit souvent à un objet triste, très neutre, car coupé des sentiments éprouvés in situ. Il en devient à mon sens, parfaitement inintéressant, à moins que d’effectuer un collectage ethnologique, ce qui est une toute autre démarche.
En ce qui me concerne, tout est donc re-configuré, resserré, souvent, remixé, l’espace, le temps, les ambiances, les sources, les événements… L’écriture sonore est donc une forme de récit à la subjectivité assumée, né des expériences sensibles, des rencontres, des coups de cœur…

Et c’est à cet endroit que se fabrique un paysage sonore qui n’existait pas de prime abord, si ce n’est, modestement, par l’action d’écoutes figuralistes de promeneurs enregistreurs écoutants, qui vont mettre en récit auriculaire un territoire ordonné et agencé selon leur sensibilité propre.
De plus, ce qui restera pour moi comme une expérience forte, c’est l’invitation et l’expérience que j’aurai faites et vécues, entrainant d’autres promeneurs écoutants, quels qu’ils soient, dans cette expérience de lecture figurale, entre silences et sons, plaisirs et inconforts. Cette expérience nous fait penser le monde par des formes d’esthétique du sonore, mais aussi par les problématiques écologiques et sociétales, de ces potentiels paysages sonores, au final fabriqués de toute pièce. Mais n’est-ce pas là un des sens du mot paysage ?

En tous cas, il s’agit, par ces approches d’une figuralité qui ferait sens, au pluriel, de toucher de l’oreille la très grande fragilité de nos écosystèmes, y compris dans leur dimension acoustique, en les faisant ressentir plus qu’en les décrivant, quitte à prendre le risque de ré-écritures qui ne trouveront certainement pas le même écho selon les auditeurs potentiels.

 

Gilles Malatray – Desartsonnants

Lyon, le 10 septembre 2019

Chroniques Desartsonnantes