Point d’ouïe et crise sanitaire, réentendre et penser le monde, autrement

Soundsatyourwindow @photo contribution Mathias Arrignon – https://mathiasarrignon.tumblr.com/

 

Après deux semaines de confinement, l’oreille plus ou moins coincée dans les murs d’un appartement, si ce n’est quelques fenêtres ouvertes et de rares sorties rapides pour les courses, je n’envisage forcément plus l’écoute comme avant. Avant ce grand chamboulement dans nos modes de vie.

Un premier constat.
Le ralentissement forcé, brutal même, d’une grande partie des activités humaines, surtout visible dans l’espace public, élimine bien des scories sonores indésirables dans nos espaces de vie au quotidien. La voiture en tout premier lieu. De fait, l’écoute, mais aussi l’odorat, et la qualité de l’air que nous respirons s’en trouvent les premiers privilégiés, et ceci pour notre plus grand bien.
On constate un rééquilibrage sensible, gommant notamment des hégémonies sonores intrusives, invasives, hautement polluantes, au profit d’émergences qualitatives, oiseaux, fontaines, cloches…

Néanmoins, cet effondrement acoustique engendre aussi des effets pervers.
Une grande partie de l’activité humaine, confinée, suspendue, déserte ainsi l’espace public, qui en conséquence se paupérise grandement. Les sonorités de la vie quotidienne, de l’énergie humaine, palpable via l’oreille, disparaissent rapidement. Plus de sons de terrasses de bars, de restaurants, de passants flâneurs, de rires, de cris dans les cours d’écoles.
Le Covid vide l’espace de nombre de repères sonores qui irriguent notre vie quotidienne, la font entendre, et finalement rassurent par une forme de continuité acoustique humaine. La vie continue bat son plein, et continue vaille que vaille.
Une sorte de chape de plomb, en silence pesant, voire angoissant, s’installe dans les rues désertées.
Je songe à ces belles et terribles images de Mort à Venise, de Luchino Visconti. Il y a plus réjouissant comme parallèle.
D’un côté une calme retrouvé, d’un autre, une ambiance mortifère, verre à moitié plein ou à moitié vide.

Une autre question pointe aussitôt.
Que deviendra, ou redeviendra la paysage sonore de nos villes et campagnes lorsque la crise sanitaire sera derrière nous ?
quelle résilience, pour le meilleur et pour le pire s’imposera ?
Le trafic routier, avec ses engorgements, ses klaxons intempestifs et agressifs, ses pollutions en série, reprendra t-il son cours, redémarrant son lot effréné de saturations dégradant nos espaces de vie,  à l’échelle de la planète entière ?

Les choses étant ce qu’est le son, tout au moins en partie, nos ambiances sonores sont étroitement liées à l’activité humaine, économique, industrielle, sociale.
Quelles seront les leçons tirer, ou non, d’une expérience douloureuse, sidérante, dans ce grand chambardement qui a très vite et radicalement confiné une bonne partie du monde ?
Quelles seront nos espaces de libertés, certainement réduites, certaines peut-être supprimées, pour garantir un minimum de sécurité sanitaire, politique, économique… ?

Il est bien difficile d’y répondre, malgré tous les vœux pieux et espoirs d’un futur plus raisonnable, si ce n’est raisonné.

Autres questions qui jalonnent mon quotidien d’écoutant.
Comment, sans passer le plus clair de son temps confiné à ingurgiter un énorme flot numérique déversé par les réseaux sociaux, pour nous aider à mieux vivre notre confinement, rester à l’écoute du monde, sans se noyer dans un raz-de marée médiatique ?
Rester connecté, mais à quel prix ?
Comment garder une activité d’écoutant impliqué, actif, avec une forme de bienveillance Oh combien nécessaire en ces temps compliqués ?
Comment rester tourné vers l’extérieur, fenêtres d’écoute ouvertes, sous-entendu, ou plutôt bien entendu, vers autrui ?
Pas de réponses absolues, définitives, mais des essais bricolés, pour l’instant au jour le jour.

Je songeais à une récente intervention que j’ai faite à la prison des Baumettes à Marseille.
J’y avais été invité, par Sophie Barbaux, une amie paysagiste, pour parler paysages et parcours sonores, et faire entendre des prises de sons paysagères, commentées et discutées..
Je suis rentré, pour la première fois de ma vie, dans cette imposante architecture carcérale, non sans une certaine appréhension je dois bien l’avouer.
Non pas celle de rencontrer et d’échanger avec des détenus, bien au contraire, mais plutôt face à la façon de présenter le sujet. Comment parler à un public captif, dans le sens premier du terme, de paysages sonores ouverts, de parcours sonores en extérieur… ?
Quelle est la pertinence de cette intervention, cela a t-il du sens ?
Bref des questions purement contextuelles, mais aussi éthiques.
Fort heureusement, mes craintes ont été vite balayées par l’écoute active, réactive, la sensibilité, la curiosité de ce groupe mixte d’une vingtaine de personnes.
De belles écoutes, des commentaires et questions pertinentes, sans détour, des souhaits clairement formulés, et même l’idée de prolonger cette question du paysage sonore en utilisant des outils numérique d’un atelier multimédia.
Rassuré, j’avais donc, en sortant de ce labyrinthe de portes, de murs et de grilles, l’impression d’avoir, très modestement, entrouvert quelques fenêtres d’écoute, vers un ailleurs (un peu) moins carcéral.

Une semaine plus tard, et contre toute attente, je vis une situation de confinement subi qui, sans être aussi rigoureuse et sans doute humainement pesante, résonne comme une suite bien inattendue à cette intervention.
Je repense alors à ces prisonniers et prisonnières, aujourd’hui privés de toute visite en parloir, suspendues pour raison sanitaire, se retrouvant ainsi un peu plus encore coupés du monde, dans un isolement humainement très difficile, avec toutes les sources de tensions que cette situation peut induire.

Je pense également qu’en septembre prochain, je suis invité par l’hôpital psychiatrique du Vinatier à Bron, la FERME, sa structure culturelle et le CFMI voisin (Centre de Formation des Musiciens Intervenants) à conduire un travail autour des paysages sonores de cet établissement, avec des patients, musiciens et habitants.
Un autre lieu d’enfermement parfois, où les vies sont généralement placées sous haute surveillance.
Comment dresser un portrait sonore, fabriquer des parcours d’écoute, dans ce très grand espace de soin, 37 ha, véritable ville dans la ville ?
Portrait sonore en regard des contraintes, des modes de vie, des spécificités du lieu, d’ailleurs actuellement secoué aussi de plein fouet par la crise sanitaire, qui ne facilite pas les relations patients, soignants et exclue également les visites extérieures.

Certes, il ne faut pas tomber dans un catastrophisme morbide, ni pour autant dans la confiance absolue d’un un avenir doré, mais sans doute repenser autrement les relations entre les hommes, au travers de leurs espaces de communication, et bien sûr d’écoutes.
Nous devons réfléchir plus que jamais à la chose sonore comme un lien pétri de sociabilités, y compris au travers des tensions, via des actes de communication mais aussi de construction esthétique où le politique et le social ne peuvent être ignorés.
Nous sommes invités à appréhender des espaces extérieurs qui nous auront été un temps confisqués, interdits, risques sanitaires obligent, avec une oreille qui, sans aucun doute, n’entendra plus de la même façon l’après que l’avant.
Nous sommes également amenés à imaginer, dans nos isolements respectifs, comment les techniques du numérique, les réseaux de communication, contribuent à construire des espaces d’écoute élargie, partagée, et dans lesquels le plus grand nombre puisse y trouver sa place de co-fabriquant.
Mais aussi, à la base, comment ces technologies nous permettent tout simplement de maintenir un minimum de continuité, le mot est dans l’air du temps, comme une nécessité vitale pour que tout ne s’écoule pas, qu’elle soit auriculaire ou autre.

Ces perspectives, à la fois inquiétantes et stimulantes, ouvrent de vastes chantiers questionnant des formes d’écologie acoustique, sociale, et une pensée politique faisant son possible pour que, au cœur du projet, des actions, tout écoutant puisse s’exprimer, et surtout être entendu en retour.
Au-delà des créations sonores induites, se pose la question d’une participation active à la construction d’espaces d’écoutes, pluriels et au pluriel, de lieux de vie apaisés, contrebalançant, autant que puisse se faire, la fureur et à l’emballement du monde, si ce n’est misant sur l’impérieuse nécessité de réduire cette course chaotique au plus vite.

 

Projet de confinement sonore en réseau :

Des sons à ta fenêtre – Sounds at your window

https://soundatmyndow.tumblr.com/

Points d’ouïe, dans nos confinements réunis, des sons à nos fenêtres

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@ photo – Judith Lesur, contributrice
Après un peu plus de trois journées pleines, l’appel à contributions « Des sons à ta fenêtre – Sounds at your window », s’inscrivant dans la crise sanitaire du Covid19, compte presque 30 sons, pour un peu plus de 5h de matière brute.
Sons de fenêtres, de balcons, terrasses, et pour les plus chanceux de jardins.
Sons de villes, de villages, de hameaux, de quartiers…
Sons de France, du nord au sud et d’est en ouest…
Mais aussi de Suisse, du Danemark, d’Allemagne…
Sons et photos, parfois textes, vidéos.
Sons isolés ou en séries quasi quotidiennes.
Sons très brefs, ou qui prennent tout leur temps.
Sons au hasard de l’instant ou sur des événements prévus, anticipés (les 20h, rituels de soutien collectifs aux fenêtres).
Sons, images et textes, voire vidéos, qui marquent des changements progressifs, comme des ruptures, des effondrements, des apaisements, de silencieuses tensions.
Sentiments d’étonnement, d’isolement, de solitude, mais aussi volonté de faire encore, autrement dans nos confinements réunis.
Si l’oreille vous en dit
A suivre
A alimenter encore
In progress
Une cartographie à venir

Points d’ouïe, crise sanitaire et ambiances acoustiques dystopiques

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Amateur de science-fiction, j’ai connu bien des dystopies littéraires, où se raréfiait la foule, l’humain, sous des menaces diverses; plus terribles les unes que les autres. Un peu comme maintenant quoi.
Arpenteur urbain, écouteur public, j’ai traversé nombre d’ambiances sonores chaotiques, parfois jusqu’à l’oppression chronique.
Depuis quelques jours, marcheur urbain confiné en appartement, je regarde et tends l’oreille à ma fenêtre. Je vois et j’entends la cité se déserter, se taire, passe progressivement du joyeux chahut au chuchotement.
Je vois les passants esquisser, des pas de cotés, chorégraphies ‘évitement corporel lorsqu’ils se croisent, à vrai dire assez rarement, sur le trottoir..
Bien sûr, j’en vois d’autres passer de longues heures à siroter des bières sur un banc, néanmoins avec gants et masques… A chacun la façon d’interpréter son confinement
Aujourd’hui, enfermé depuis trois jours, je sors faire des courses, autorisation dérogatoire en bonne et due forme en poche.
Quelques centaines de mètres jusqu’au magasin, une promenade de luxe quoi.
Le soleil, outrageusement généreux ces jours-ci, et l’air sur la peau me font un bien fou. Comme si j’avais subi des lustres de privation de ces éléments qui me paraissent si agréables. Un petit plaisir retrouvé qui en devient un grand
On s’aperçoit ici, très vite, surtout pour quelqu’un qui a l’habitude dans son travail de battre le pavé, que l’enfermement pèse rapidement très très lourd.
On repense l’univers carcéral autrement, peut-être. Surtout qu’étant intervenu récemment à la prison des Baumettes de Marseille, je considère maintenant avec un œil et une oreille interpellés, les notions de dedans/dehors, et de libertés fondamentales.
Sinon, une sorte de sidération sensorielle.
À 17 heures, période généralement qui fait grouiller les trottoirs de passants et les rues d’engins motorisés, presque rien ne bouge.
Ou si peu.
Si peu de voitures, et ça c’est un vrai luxe à tous les niveau, acoustique, piétonnier, respiratoire…
Si peu de gens, dans des espaces fantomatiques un brin inquiétants, presque anxiogènes.
Le regard embrasse la longue alignée d’une rue en générale très passante, et ne voit que peu de véhicules ni de piétons.
On peut traverser tranquillement une trois voies urbaine sans courir.
Beaucoup, ceux qui le peuvent en tous cas, la crise n’est pas la même pour tous, ont quitter la ville pour se mettre au vert.
Les autre évitent, ou sont contraints à bouger le moins que possible.
Je n’aurais jamais penser connaitre ça.
Et si peu de sons en conséquence.
Une sorte d’étouffoir acoustique, de chape de plomb, qui fait ‘ailleurs d’autant plus ressortir les sirènes des ambulances, pompiers, policiers… et nous remet à l’oreille un monde sanitaire malmené, des espaces publics devenus suspects, voire dangereux, plus que d’habitude en tous cas.
Une ville métamorphosée, transfigurée, réduite au presque silence.
Certes pas un silence de mort, mais sans doute de peur oui.
On peut jouir maintenant d’une forme de calme sans doute rarement observé, écouté, au cœur des grandes villes en principe si sonifères.
Un calme que je trouve cependant plus paupérisant qu’apaisant, qui aurait effacé toute l’énergie d’une ville, ou les élans dynamiques seraient bridés, si ce n’est brisés, où l’oreille chercherait des repères perdus, gommés, des voix gouailleuses et des cascades de rires par exemple.
Merci les oiseaux d’entretenir une forme de gaité pépiante.
Merci également, sur le coup des vingts heures, au initiatives citoyennes spontanées, cris, vivats, applaudissements, charivaris, mais aussi colère et protestation, de balcon en balcon, à l’instar des concerts italiens.
Par ces manifestations bruyantes, toniques, vivantes, rassemblantes, il y a aussi des conspuations de politiques privilégiant les chiffres et le rendement plutôt que la santé publique.
Après les places, les rond-points, ls balcons et fenêtres.
Même contraints à quitter l’espace public, l’espoir et les colères se font encore entendre.
Rassurant quelque part !

 

Le charivari de 20 heure à ma fenêtre : https://desartsonnants.bandcamp.com/track/lyon-vaise-le-charivari-de-20-heures

Pour en écouter plus de nos fenêtres : https://desartsonnants.bandcamp.com/album/des-sons-ta-fen-tre-sounds-at-your-window

Participer au projet collaboratif : https://desartsonnantsbis.com/2020/03/17/appel-a-contribution-ouvert-point-douie-quentends-tu-de-ta-fenetre/

 

 

Appel à contribution ouvert – Fenêtres d’écoute – Listening windows

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English below

Cet article est écrit alors que, face à une sérieuse crise sanitaire due au Coronavirus, Covid-19 de son petit nom, des mesures de confinements ont été prises à l’échelle internationale.

Ce qui signifie pour moi, et pour bien d’autres hélas, l’annulation de toute pratique publique, parcours d’écoute, point d’ouïe, atelier, workshop, conférence…. Bref l’oreille confinée, l’écoute en appartement, au mieux à la fenêtre, hormis de rares sorties ravitaillement. Mais l’ampleur de la crise oblige à se montrer très prudent.

Donc, comme beaucoup, je réfléchis comment continuer à pratiquer, non plus des PAS – Parcours Audio Sensibles, l’appartement ne s’y prêtant guère, mais à développer des formes de Points d’ouïe adaptés aux circonstances contraignantes. Je réfléchis aussi à la façon de les partager, de les faire circuler, sans rapprochements physiques, mais en conservant des sociabilités humaines, plus que jamais nécessaires dans ces temps compliqués et anxiogènes.

Inspiré des performances chantées et musicales des fenêtres et balcons italiens, mixés à mes propres points d’ouïe et autres bancs d’écoute, je lance donc un appel collaboratif et participatif à des « Écoutes en fenêtres ».

La forme est simple et assez libre.

Ouvrir sa fenêtre, ou aller à son balcon, à une heure choisie, diurne ou nocturne, écouter le paysage ambiant, l’enregistrer, ou le décrire vocalement, ou par écrit, graphiquement, ou bien encore mixer les genres, inventer nos propres modes de description, de représentation… Le faire autant de fois que bon nous semble…

Créer ainsi une sorte de chaine de Points d’ouïe et d’écoutants, histoire de garder l’oreille tournée vers l’extérieur, et vers l’autre !

M’envoyer tout ça par mail desartsonnants(at)gmail.com (remplacer le (at) par un  @), ou via ma page FB, un wetranfer ou autres média…

Préciser l’heure et le lieu de la captation sonore, et envoyer une photo du Point d’ouïe embrassé.

Les contributions reçues seront inscrites dans sur une carte pour les sons, et un espace numérique sera ouvert pour les documents reçus autres et complémentaires (visuels, multimédia, …).

A noter que dans un second temps, ces captations sonores pourront être matière à (re)composition par des artistes audio et musiciens expérimentaux internationaux qui seront, dans les prochaines semaines, sollicités das un autre appel et que les personnes participant à la première phase de récolte des sons qu’ils ont enregistrés marquent leur accord pour en participant à ce projet collectif.

Merci beaucoup pour votre participation et bonne captation !

Site in progress : https://soundatmyndow.tumblr.com/

Open call for participation – Listening windows

This text is written when, faced with a serious health crisis due to the Coronavirus or Covid-19, containment measures have been taken on a national and international scale.This means for me, and unfortunately for many others, the cancellation of any public practice, listening course, hearing point, workshop, workshop, conference…. In short, a confined ear, listening in and to an apartment, at best by the window, apart from rare outings for supplies. But the scale of the crisis means that you have to be very careful.

So, like many others, I am thinking about how to continue practicing, no longer PAS – Sensitive Audio Courses, the apartment space is not appropriate for that, but to develop forms of hearing points adapted to the constraining circumstances. I am also thinking about how to share them, to circulate them, without physical connections, but while preserving human sociability, more than ever necessary in these complicated and anxiety-provoking times.

Inspired by the sung and musical performances of Italian windows and balconies, mixed at my own hearing points and other listening benches, Desartsonnants have therefore launched, with the support of Transcultures (Centre for digital and sound cultures – Belgium – which has initiated the sound arts festival City Sonic, longtime partner of desartsonnants) along with European Pepinieres of Creation (international network to promoting and developing exchanges in various forms of contemporary arts)  a collaborative and participative call for the ongoing project/online platform Listening windows.

The application form is simple and fairly free.

Open your window, or go to your balcony, at a chosen time, day or night, listen to the surrounding landscape, record it, or describe it vocally, or in writing, graphically, or even mix genres, invent your own modes description, representation … Do it as many times as we want …

Create a kind of Hearing/Listening Points  chain, just to keep your ear turned  towards the outside, and towards the others!

Send it to me by email desartsonnants (at) gmail.com (replace the (at) with an @), or via my FB page, a wetransfer or other media …

Specify the time and place, if you have a picture of the kissing point, it’s great.

I will retransmit the documents on a Soundmap, and an open digital space for other types (visual, multimedia…) of documents .

Please note that in a second step, the gathered sound recordings could be material for (re)compositions/revisitations by international audio artists and experimental musicians who will, in the coming weeks, be invited to submit their artistic proposals via another call, and that the participants in this first phase of this in progress project/platform mark their agreement for this possible creative use of their recordings.

Thanks a lot!

A mon corps marchant, mon oreille écoutante

Nature-Brain

Est-ce l’oreille qui met en branle le pied, le pousse à se mettre en marche, le motive à parcourir, ou bien le pied qui invite l’oreille à mieux entendre, l’oriente, la guide, lui donne des points de fuite, des points d’ouïe ?
En tout cas pour le marcheur écoutant que je suis.

Ou bien encore, plus vraisemblablement, une connivence réciproque, gestes favorisant des espaces-temps de connectivité, décidant pieds et oreilles de faire route ensemble, défrichant des territoires sensoriels entrelacés.

Cependant, cette affirmation me semble encore un peu trop simpliste et un brin réductrice.
Cette dualité complice suffit-elle à mettre en état de marche un promeneur écoutant ?
Le corps entier ne se mobilise t-il pas pour déployer, dans ses espaces d’exploration, toutes sortes d’antennes sensorielles, pour éprouver la résistance et une forme de plasticité du terrain, des choses, des ambiances, et se déplacer comme un réceptacle d’une foule de stimuli sonores, autant que kinesthésiques.
D’ailleurs, le verbe mobiliser a bien, à l’origine, une racine impliquant le mouvement, tout d’abord rendre un immobilier meuble (dans le cas d’un contrat de mariage) puis mettre sur le pied de guerre, et enfin, rassembler, mettre en œuvre, en action… Verbe tonique s’il en fut, pour le meilleur et pour le pire.

Différentes logiques et dynamiques, plus ou moins spontanées, se combinent pour traverser, dans un état d’éveil élargi, ou de veille, au sens premier du terme, des paysages sonores que le promeneur écoutant contribue à modeler, si ce n’est, et c’est souvent ma thèse, de construire a l’envi.
Il trace, dans des cheminements de lignes et des courbes, de repères et d’errances, un entrelacs de parcours possibles, de sentes bruissonnantes, de seuils et de lisières invitant à des marchécoutes sans cesse renouvelées.

Toute une machinerie organique d’interactions stimulantes, sensorielles, corporelles, affectives, nous baignent dans un environnement à la fois complexe, et néanmoins aisément, presque spontanément accessible, à fleur de peau, de tympan.

Ces expériences font émerger des terrains-récits auriculaires, traces/matières à re-composer comme des espaces son-cibles.

Dés lors, le chant d’un oiseau au détour d’un sentier, le grondement d’une cascade qui vient nous cueillir à la sortie d’une courbe minérale, la fontaine glougloutante au fond d’une cour repliée, le volet qui grince et bat au vent d’ouest… seront perçus comme des signaux esthétiques, marqueurs de paysages sonore mouvants, sans cesse en construction.

Ces ponctuations auriculaires, remarquables car émergentes, captées, presqu’isolées par une oreille attentive, influenceront l’écoute, le rythme de la pérégrination, invitant parfois à l’arrêt pour ménager un point d’ouïe, écoute oblige, comme le ferait le regard du haut d’un belvédère.

Les relations étroites nouées au sein d’un corps écoutant prennent ici tous leurs sens, si je puis dire, pieds et oreilles dans un duo sensible.

Le paysage sonore lui-même trouve, dans ces explorations ambulantes, sa propre raison d’être !
Un cheminement parmi tant d’autres, mille-feuilles de strates sensibles, qui nous donnera des repères, teintés d’affects, jalonnés d’indices et d’alertes, dans nos parcours multiples.

Bon pied, bonne oreille !

Installer une écoute en mouvement

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Installer une écoute en mouvement

Installer une écoute en mouvement

 

Pro-page à sons

Ce texte est une écriture cheminante, celle qui ne serait pas la narration d’un parcours bien tracé, mais plutôt d’une Escriptura camina, prenant des chemins de traverse, sans plan nettement défini, et encore moins arrêté. Ou arrêts ponctuels.

Une forme d’errance bien plus que d’itinéraire.

Néanmoins le projet est guidé par l’idée que le son, ou plutôt l’écoute, peut s’installer au gré des pas. Que nos mises en situations peuvent installer des paysages sonores fluctuant dans leur impatience de se transformer, de muter d’un état à un autre, et qu’il faudra saisir sur l’instant, sur le vif.

Installer l’écoute en mouvement, c’est prendre le risque d’une stratégie fragile; mais aussi se laisser une marge de liberté, façon « L’Usage du monde entre nos deux oreilles », référence explicite aux merveilleux récits de voyage de Nicolas Bouvier, pour emprunter les espaces sonores de travers.

Les mots-clés, qui ne verrouillent pas mais au contraire ouvrent de nouveaux champs, des phrases et des textes en mouvement, seront bien souvent des guides qui pourront motiver des envies de faire, et de refaire encore, des cheminements joliment capricieux.

Tout comme nos gestes, intuitifs ou réfléchis, convoqueront des mots et des pensées pour en fixer quelques bribes d’expériences en chantier, voire les stimuler.

PAS – Parcours Audio Sensible

Pour embrayer ce parcours auriculaire, je dirais que la marche d’écoute, que je nomme souvent PAS – Parcours Audio Sensible, est sans doute un des moyens des plus engageants, physiquement et mentalement, voire même spirituellement, pour se frotter à son, à ses milieux de vie, de traversées, de résidences, furent-elle brèves et ponctuelles.

Milieux construits, naturels, si tant est qu’il en reste beaucoup, humains, sociaux, complexes

Milieux dont nous ne sommes pas le centre, dans une persistance humaniste, mais juste partie prenante, partie faisante, et c’est déjà beaucoup, si ce n’est parfois beaucoup trop.

Alors la marche, lente, parcours ou errance, excite nos sens à fleur de peau, de nez, de regard, d’oreille, de pied…

Arpentage

J’aime le geste d’arpentage, celui répétitif, itératif, un brin obstiné, qui mesure et nous fait nous mesurer à…

Qui nous fait également rester à notre place, dans un paysage habitat souvent trop façonné, si ce n’est mal-façonné.

Alors l’oreille se déploie, plus ou moins vivement, dans les méandres et strates hétérotopiques de forêts et de villes, de rues en rives…

Les sons viennent à nous, creuset auriculaire, ou bien nous allons vers eux, ou bien on ne sait plus qui bouge, mais tout bouge, assurément, parfois malgré nous.

Nous sommes vibrations, parmi l’infinité de vibrations qui maintient le monde en vie, en mouvement, celui que nous habitons, co-habitons physiquement.

Les sons, tout comme les lumières, les couleurs, les odeurs, les matières, participent à cette immense et perpétuelle auto-construction vibrillonnante.

La marche les installe, les dispose autour de nous, des autres, ou bien nous installe dans un paysage donnant l’échelle acoustique d’un lieu à celui qui y déambule.

Son rythme lent, mesuré, encore une référence à une forme d’arpentage étalon, convoque une sorte d’état de transe.

Transcendance.

Transit aussi, d’un point – géographique – à un autre, mais également d’un état à un autre.

Transport et plaisir

Être transporté, ailleurs, au-delà du quotidien, de l’habituel, du rassurant, ensemble, dans une communion sensorielle, avec le groupe, l’environnement, l’intérieur/extérieur entremêlés.

Une notion une plaisir se dégage, un transport quasi amoureux.

Ne jamais renoncer au plaisir. Plutôt le rechercher. Comme une évidence qui parfois semble nous échapper, ou que nous oublions de convoquer.

Plaisir de faire, de ressentir, de dire, de penser, par les pieds, les oreilles, le corps, le groupe, le vent, les acoustiques, les autres

Pauses

Sans omettre de se ménager des pauses, encore des plaisirs, même infimes, entrecouper la marche, comme l’écoute, de répits, cassures, éléments rythmiques nécessaires à un équilibre entre mobilité et l’immobilité.

Recherche de stabilité, d’équilibre. D’ailleurs l’oreille interne, lorsqu’elle dysfonctionne, est la cause de bien des déséquilibres et autres vertiges. Gare à la chute.

Points d’ouïe

Envisageons les points d’ouïe, nés de ces haltes, ou même les constituant.

Punctum, le point, ponctuation, jalonnement et repère, nécessaires, si ce n’est vital dans un jeu de paysages auriculaires complexes.

Ponctuer le PAS – Parcours Audio Sensible façon Desartsonnants, par des points d’ouïe, choisis, autant que faire ce peut, pour leurs qualités auriculaires, comme de vrais oasis sonores, où se détendre l’oreille, ou non.

Tendre l’oreille est souvent nécessaire, la détendre bien autant, si ce n’est plus. Histoire d’équilibre.

Mais tendre, à entendre, à s’entendre, toutefois en évitant les tensions nocives, les sur-tensions ; encore une question d’équilibre entre le trop et le pas assez, le confort ou l’inconfort, le saturé et l’absence, les sons en creux, et un trop plein de silence, sorte de vide mortifère.

Poser des points contre point.

La ponctuation itérée, répétée, peut se faire pointillisme.

Une écoute ou chacun des micro-sons, juxtaposés, telles des touches de couleur, dans un paysage post-impressionniste, seraient proche d’une écriture par assemblage, en pointillé, post schaéfferienne1 et son idée de la matière composée…

Encore et toujours des points. Point e trève, on avance.

Faire le point, où en suis-je dans mon parcours d’écoutant, mes approches audio-paysagères, où et comment et pourquoi, avec qui, poser une oreille bienveillante ?

Mise au point, affiner l’écoute, à l’image d’une prise de vue qui règlerait des nettetés, des plans à privilégier, des façons d’inciter l’œil et l’oreille à regarder l’ensemble, dans une globalité nette et précise, ou un point émergent sur un background savamment flouté, par une habile focalisation. Sons et images e concert.

Focalisation de l’écoute sur un moment/lieu, l’œil écoute et l’oreille regarde.

Partage d’aménités

Poursuivant la notion de points d‘ouïe comme une recherche de lieux auriculaires remarquables, accueillants, j’ai discuté il y a quelques temps avec un enseignant en géographie, lequel bâtissait ses projets pédagogique autour des aménités paysagères.

Cela m’a interpelé et j’ai été voir, ou entendre, de plus près, ce que cette notion impliquait.

Historiquement et littéralement ce mot provient de Locus amoenus, ou l’agrément d’un lieu, d’un lieu par définition amène. Ce sont donc des aménités paysagères qui ont prévalu, avant-mêmes les aménités humaines.

Un paysage accueillant, voir paradisiaque à certaines époques, chose de plus en plus rare aujourd’hui. Pure utopie ?

Des aménités auriculaires, à l’instar de ce que Raymond Murray Schafer2 nome un paysage Hi-Fi, haute -fidélité, où l’oreille se régale, où l’écoute pourrait être jouissive.

Chercher des aménités pour, toujours en marchant, écoutant, se posant, contrebalancer un environnement de plus en plus chaotique, sans toutefois nier l’évidence d’un, ou d’une somme de déséquilibres croissants.

Chercher le refuge amène, bienveillant, tant dans le lieu que dans la relation humaine entre, par exemple marcheurs écoutants. Une communauté souvent éphémère mais soudées par la choses sonore entendue, écoutée de concert.

Croire encore à des poches de résistance, des ZAD (Zones Auriculaires à Défendre), ZEP (Zones d’Écoute Prioritaire, ou Partagée) des oasis de calme où échanger sans hurler ni tendre l’oreille, et qui plus est dans une bonne entente… Encore une utopie à cultiver dans le grand vacarme des temps présents, et à venir ?

Partage de sensibilités

Un autre enseignant chercheur me parlait lui de partage de sensibilités.

Avant que de les partager, il faut bien sûr les construire, les vivre, les expérimenter.

Gardons cela dans un coin de l’oreille, sensible pour le peu, voire hypersensible parfois.

Nous pouvons revenir vers une notion de plaisir, si la sensibilité ne côtoie pas les phases d’une hyper exacerbation, pouvant être humainement, physiquement, dévastatrice.

Comme souvent, je reviens à la racine, à la souche source.

« Le sensible est une propriété de la matière vivante de réagir de façon spécifique à l’action de certains agents internes ou externes »3.

On est sensible à la lumière, certaines matières ou êtres, photosensibles, les végétaux vivent et croissent de leur propre photosynthèse, les hommes également qui sans la lumière du jour, pâlissent, s’étiolent et perdent beaucoup de tonus. On est sensible au chaud, au froid, à la douleur, mais aussi à l’émotion, aux affects, aux sentiments, à l’altérité. Sensible quand tu nous tiens !

La sensibilité, ou les sens en action, réagissent aux stimuli d’’environnements divers. Certains équilibrés, d’autres non. Être sensible à un beau chant d’oiseau n’est pas la même chose que réagir sensiblement à une agression bruyante, s’en protéger.

Entre sensibilité physique et le fait de ressentir des sensations, ces ressentis contribuent à nous informer sans cesse sur les états et les modifications de nos milieux ambiants. ces réactions nous protègent ainsi de nombre de périls au quotidien, qui vont de ne pas traverser lune rue lorsqu’on entend un véhicule s’approcher, jusqu’à mettre un manteau plus épais lorsque l’on ressent un froid plus intense, mais aussi de nous protéger émotionnellement de traumatismes psychiques en prenant parfois du recul salutaire. Tant que faire se peut.

Décrypter le monde de nos sensibilités, par nos sensibilité. Nous côtoyons la phénoménologie ici de Merleau-Ponty.

Nous fabriquons donc du sensible, des sensibilités à longueur de temps.

La marche, l’écoute, pour revenir à nos sujets de préoccupations, sont bien évidemment des vecteurs, des catalyseurs de sensibilités, tout autant que des gestes et et des situations privilégiées pour les partager.

Relationnel

Lorsque Nicolas Bourriaud parle d’esthétique relationnelle, de l’importance de la façon de faire ensemble, plus que de celle de produire, de faire œuvre, nous sommes bien dans ces intentionnalités constructives, positives même.

Mettre nos écoute en commun, lors d’une soundwalk4, procède de ce désir de partage qui enrichit indéniablement l’expérience, même si celle du promeneur solitaire n’est pas ans attrait.

Alors, c’est un pas de l’aménité à la sensibilité, et vis et versa.

Il nous faut participer, animer, rassembler un grand cœur d’écoutants, de marcheurs, de cueilleurs d’ambiances sonores, et autres, d’amplificateurs de rêves apaisants. Il est parfois bon de rêver à des fabriques de joies simples, sans grandes machineries, dispositifs, techniques, qui ne demandent qu’un peu (beaucoup) d’attention à notre monde et à ceux , tout ceux, qui le co-habitent.

Géographie sonore

Une géographie du sonore commence à de dessiner au fil des PAS. Décrire-écrire, modestement, le monde, les territoires, les milieux, y compris par le son, avec des oreilles géomaticiennes et cartographes pour la circonstance.

Y a t-il une géographie sonore ?

Certes oui, sinon pourquoi poser la question !

De la géographie du bruit à la géographie sonore, question d’angle d’attaque, de point d’ouïe, d’approches orientées entre différentes sciences sociales. On peu de référer en autre à l’article de Frédéric Roulier « Pour une géographie des milieux sonores »5

Décrivons, ou tentons la description, à travers les ambiances qui feraient territoire, espace singulier, ou non. Un port, une forêt, une zone commerciale, une chaine montagneuse, un parc urbain, le lit d’un torrent… Tokyo, Le Caire, Rio de Janeiro… ne sonnent vraisemblablement pas de la même façon. L’oreille s’y reconnaitra bien vite, si elle possède néanmoins a minima, une culture de l’écoute. Nous nous y reconnaitrons, dans des espace apprivoisés où des repères spatio-temporels – la cloche, la fontaine – nous permettrons d’écrire/décrire notre territoire acoustique, et pourquoi pas, cela se fait régulièrement aujourd’hui, de le cartographier. Sentiment rassurant d’appartenance, en se méfiant de trop d’identitarisme sonore cocardier.

Carte des bruits urbains, cartes mentales de Soundwalking, carte de lieux auriculaires remarquables, inventaires cartographiés… Les sons se mettent à la carte, en carte, pour rendre compte d’espaces acoustiquement animés, multiples dans leurs phonographies, leurs audio-graphies.

Géographie d’appartenance pourrait-on dire aussi. Je me sens chez moi, y compris et surtout avec le volet du voisin qui grince, son coq qui chante, la cloche matinale, la saison des foins, ou celle du tourisme… C’est aussi une géographie sentimentale, intime, des ressentis… De la carte du Tendre à la carte de l’entendre il n’y a qu’un PAS – Parcours Audio Sensible sauce Desartsonnante, ou pas de côté avec une oreille bruissonnière. Et nous revenons à la notion de plaisirs, d’aménités, de jouir d’un bel espace acoustique, de se sentir rassuré sous une sorte de toit sonore d’une cloche qui trace des espaces, des volumes, une géographie sensible autant que physique, sans néanmoins entretenir, j’y reviens, l’esprit de clocher. Penser la géographie comme une description de paysages et de territoires sonores est une façon d’installer l’écoute. Un écoute, des écoutes, et par-delà, de faire exister ce paysage sonore aujourd’hui tant décrié, et pourtant Oh combien présent, pertinent dans ses différentes approches ouvertes, non chapellisées.

Installation

Il nous faut installer l’écoute comme une valeur essentielle, qui ne souffre pas (trop) de contestation, ou de remise en question, ce que pourtant ne manquent pas de faire des systèmes politiques qui appuient leur pouvoir sur des messages biaisées, une écoute normalisée, sans recul aucun.

Installer, encore un terme aux origines curieuses.

Littéralement, c’est mettre en stalles, dans le terme le plus religieux qui soit « Mettre solennellement en possession de sa charge (et du lieu où il est appelé à l’exercer), par une cérémonie canonique »6

Installer était au départ une prise de fonction ostentatoire, aux yeux de tous, qui affirmait un pouvoir religieux, celui sui serait dorénavant exercé par un représentant de l’Église.

On s’est ensuite installer dans des professions, plus forcément religieuses, mais qui mettait toujours en avant la fonction exercée, l’art pratiqué, la boutique ou l’atelier avec pignon sur rue.

Dans ces boutiques, on y a installés des objets, nourritures, marchandises sur des étals, bien en vue, commerce oblige.

Toujours une façon de montrer.

Aujourd’hui, les arts contemporains installent des œuvres en situation, faisant éclater le cadre des formes visuelles, sonores, invitant le spectateur souvent au cœur même du dispositif, quand il n’en est pas acteur, co-œuvrant. Principe au terme un brin barbare de monstration.

Alors pourquoi et comment installer une écoute, si tant est que l’on puisse raisonnablement employer ce verbe pour cette matière intangible et immatérielle. Ce n’est plus ici un corps professionnel, une activité ou des objets et denrées que l’on va montrer, mais une sensorialité par définition in-montrable car in-visible.

Et qui plus est, c’est une installation qui se ferait en marchant, bien loin de celle qui se pose au regard comme un agencement plutôt statique, même arpenté.

Ceci étant, on installe bien du silence, ou en tous cas on laisse s’installer le silence, avant par exemple que de prendre la parole ou de faire entendre la musique.

Alors si le silence s’installe, parfois religieusement, on y revient, l’écoute peut bien elle aussi s’installer. Installer sans imposer, chercher là encore les limites de l’équilibre entre le bien-être recherché, accepté et le subi fuit car stressant, si ce n’est traumatisant

Installer l’écoute pour entendre ce qui peuple le silence, une hypothèse, une posture parmi d’autres.

Mise en situation d’écoute.

Créer le contexte, le cadre, l’envie, les conditions ad hoc…

Jouer sur l’effet de groupe, les aménités, encore, ou les discordances, dissonances paysagères, les événements et aléas convoquant une fertile sérendipité, titillant les sensibilités, pour prolonger nos précédentes réflexions.

Tel John Cage qui, dans 4’337, installait une musique de silence(s), faisant entendre les comme amplifiés les bruits alentours, au départ ceux des auditeurs mécontents, mais aussi ceux de l’extérieur si, comme il le proposait, on laissait les portes ouvertes.

Ou bien encore max Neuhaus qui, dans ses Listens8, performance inaugurant tout une génération à venir de Soundwalking, invitait les auditeurs à parcourir en silence, des territoires urbains surprenants, inouïs. Inouïs car abordés par le prisme d’approches expérimentales sensorielles, esthétiques, détournées des schémas d’écoute musicale « classique », frontale, assise, en salle de concert.

L’écoute est donc bien installée, si je puis dire, autour de situations généralement décalées, de sortes de happenings invitant le public à des immersions collectives sensori-motricielles.

L’installation de ces écoutes demande donc une appropriation d’espaces-temps dans des pratiques in situ, en acceptant le fait les « accidents », puissent être du spectacle, que des zones d’inconfort ne sont pas exclues, même si l’idée initiale reste de chercher plutôt l’apaisement amène. Pour moi en tous cas.

Faire récit

Nous voila donc arrivés, ou revenus, vers ces fameux récits ! Ces histoires rapportées, orales, écrites, triturées au fil des voyages, aujourd’hui de plus en plus visuelles, sonores, de plus en plus mixed média.

Le récit, par définition, relate des faits, réels ou imaginaires. La littérature puise abondamment dans le réel pour produire de l’imaginaire, du fictionnel, du presque réel teinté de la vision de l’auteur, comme de l’interprétation des lecteurs. Ces versions, interprétations, broderies, variations sont riches en métaphores et autres effets de styles nous conduisant à accepter les décalages, dérives, les glissements du « vrai » au remanié, comme des sources de curiosités savamment entretenues du reste par le ou les récitants.

La part, plus ou moins grande, de fiction dans récit, amène des évasions, vers des ailleurs, des échappées belles, des échappées pas toujours idylliques du reste, quand elles ne sont pas tragiquement sans issue.

Mais n’envisageons pas ici le récit du pire, prenons parti de le teinter d’un optimisme vivable.

Une des force du récit, qu’il soit Homérique, mythologique, biblique ou qu’il narre des situations contemporaines plausibles, triviales, c’est certainement sa capacité à se démultiplier, à se réinventer au fil des versions racontées.

Gardons cette propriété en ligne de mire, faire le récit d’un fait, d’un paysage, d’une ambiance, d’un territoire sonore c’est toujours ménager des espaces de libertés, des marges et des lisières mouvantes, à l’image-même du son, si je puis dire.

Si on demande à différents écouteurs placés dans des espaces spatio-temporels similaires, de nous raconter leurs expériences auriculaires, gageons, sans prendre trop de risques, que les narrations seront fort différentes, chacune singulière. Certaines plus ancrées dans une description « fidèle », d’autres plus portées par des retours d’expériences affectives, émotives, d’autres passant d’un registre à l’autre, entremêlant les points de vue et points d’ouïe, le réel et l’imaginaire.

Une ambiance sonore qui sera ressentie comme saturée, agressive, stressante par un auditeur, lors d’une promenade par exemple, sera toute autre pour une tierce personne qui n’aura pas éprouvé les mêmes sentiments de mal-être, voire même qui se sera complu dans le même milieu acoustique arpenté.

Sans compter sur la réception singulière de celui à qui s’adresse le récit, ou qui va en profiter via différents média, de l’oralité au texte en passage par la création sonore. Selon son attention du moment, sa culture sonore, les aspects phatiques qui ne seront forcément pas perçus de la même façon d’un individu à un autre, feront du récit initial un conte polymorphe, à chaque fois lu et reçu différemment, même s’il s’agissait d’un mythe fondateur avéré, ou d’un récit collectif partageant des bases sociétales.

Le récit contribue lui aussi à installer une écoute sans cesse renouvelée, entre transmissions d’expériences factuelles, et entrelacs imaginaires, qui font prendre la véracité du récit non pas comme argent comptant, mais comme l’évocation, la composition de nouveaux lieux de possibles, jusqu’à peut-être l’utopie d’un monde sonore rêvé.

Que raconter de ce qu’on entend ?

Quels sont les média les plus appropriés ?

Le texte n’est-il pas aussi pertinent que le son enregistré et retravaillé ?

Un paysage sonore se raconte t-il ?

Est-il soluble dans le récit ?

Fait-il récit, tout ou partie ?

Gageons que l’on pourrait encore poser moult questions, soulever bien des problématiques sans pour autant en épuiser le sujet.

Mais le récit, à l’instar du conte, est intarissable, dans les paysages des milles et un sons.

Voyager dans, par, ou faire voyager les sources

L’écoute marchée est forcément une écoute mobile aurait dit monsieur de Lapallisse. Elle implique des gestes en mouvement, des perceptions et ressentis dynamiques, qui tiennent comptent d’un ensemble de transitoires spatio-temporelles, voire qui jouent avec, jusqu’à fabriquer in situ e nouvelles formes de mobilités.

Peut-on imaginer une installation du sonore, donc de l’écoute, qui irait plus loin dans l’espace pour conquérir d’autres lieux jusqu’aux antipodes de la source. Bien sûr, la radio est déjà un vecteur diffusant et installant des écoutes, souvent en temps réel, et qui viennent se poser dans un salon, une salle de bain, une cuisine, l’autre bout du monde. Les nouvelles, des formes de création, de narration, images sonores audio-cosmopolites choisies ou en flux non maitrisés arrivent à nos oreilles depuis déjà bien longtemps. Orson Wells à défrayé l’histoire radiophonique, à défaut du mouvement de panique Oh combien amplifié, relayé par la presse outrageusement exagératrice de l’époque, en invitant des martiens belliqueux9 sur notre Terre. Il a construit et conté un malicieux récit fiction radiophonique presque plus vrai que nature. Le pouvoir des sons invisibles intègre bien la représentation mentale, le cinéma pour l’oreille qui nous ouvre des perceptions très subjectivement personnelles ? C’est un peu comme les sons/images et des voix perçus de l’intérieur, à la lecture d’un roman ou d’u poème. Aujourd’hui, avec les baladodiffusions10 et autres streamings, les robinets à sons se démultiplient vers des écoutes à la cartes, des playlists à l’infini, de riches brassages de styles, dans le meilleur de cas, ou une écoute paupérisée et mondialisée dans le pire. Nous installons notre propre écoute, souvent le casque vissé sur les oreilles, en courant, prenant le métro, cuisinant… Écoute mobile, archi mobile, qui, pourrait-on dire, peine à s’installer quelque part tant elle s’installe partout. Et si elle le fait, c’est souvent de façon très fragmentée, instable, volatile, se faisant certainement archi-consommatrice de débits constants. Ou bien alors dans l’hégémonie envahissante de grands vagues de Muzzac aseptisée. On est bien loin des fidèles rendez-vous autour de la grosse radio d’antan, pleine de lumières et de belles boiseries, devant laquelle se rassemblait la famille à l’heure du feuilleton radiophonique, ou de l’émission de variété à l’actualité yéyé. On est bien loin aussi du « silence radio », tant on installe une écoute de flux, parfois parasitaire dans son envahissement permanent, néanmoins souvent assumé et recherché. Une forme d’autisme fuyant la vitesse du monde, où le regard de l’autre dans les espaces confinés des transports en commun devient une violation de sa bulle personnelle, et un sourire ou une parole une agression à notre sacro-sainte tranquillité, intimité rempart prônant l’isolement par le son (et l’image). Si je noirci le tableau, c’est néanmoins la sensation que j’éprouve, aussi bien dans les transports en communs que dans un jardin public. Des écoutants appareillés de prothèses déversant des flots de sons à jet continu au cœur de nos oreilles asservies. Ces dernières se feront-elles, par une mutation audiomorphique récepteurs-haut-parleurs internes branchés sur un monde playlisté que nous commanderont à des distributeurs sonores en gros (ils existent déjà bel et bien), moyennant un abonnement à vie. Une dystopie sonore, façon de nous installer une écoute calibrée, pour ne pas dire contrôlée sur mesure. La société de contrôle que dénonçait Deleuze passe aussi par le contrôle de paysages sonores sciemment installés.

Cartographies

Ceci étant, pour rester sur une idée plus positive, d’écoute installée sur de longues distances, la cartographie, que l’essor de l’informatique a considérablement boosté via les réseaux online, permet de franchir un pas de plus vers une mondialisation de l’écoute. Toujours ici pour le meilleur et pour le pire. Ainsi des spaces contributifs ont pu voir le jour et ainsi se faire entendre aux yeux du monde.

Prenons par exemple la LocusMap11, de Locus Sonus, une carte qui ouvre des fenêtres d’écoutes streamées un peu partout sur la planète.

Il suffit d’aller sur la carte, de cliquer sur l’icône d’un microphone et d’écouter, en temps réel, ce qui se passe ici ou là, micros soundcams. C’est la magie des technologies numériques de nous installer dans des paysages audio instantanées, de prendre l’air du temps auriculaire à l’autre bout du monde, d’Aix-en-Provence à Chicago en passant par Nagano et autres lieux où promener nos oreilles ébaudies. Le récit sonore du monde se fait par micros ouverts aux travers un réseau sans cesse tissé des sons vivants du monde. Nous pouvons ouvrir des fenêtres auriculaires de notre fauteuil, et nous baigner dans une ambiances acoustique en temps réel, même à des milliers de kilomètres de notre points d’écoute. Point d’ouïe vertigineux.

Autre exemple de cartographie sonore, non plus en temps réel cette fois-ci, mais plutôt bâtie sur un projet de compilation de field recordings12 collaboratifs, via le célèbre site Aporee13. Cette carte est une véritable mine d’or pour les oreilles, les écoutants curieux, les voyageurs immobiles, par le nombre de documents sonores, leur qualité et diversité, leur actualisation, et la vélocité du moteur de recherche qui nous permet de naviguer dans un océan de sons14, pour emprunter une référence à David Toop15.

Les cartes sont des modes de représentations multiples, qui nous guident ou aujourd’hui nous perdent dans les méandres des datas proliférants, big data, SIG, mais où on peut, de façon post encyclopédique, se perdre avec plaisir. La délectation du pèlerin écoutant de l’hyperlien.

On pourrait passer des heures et des heures à naviguer au gré des sons maritimes, festifs, des cloches, des bruits de machines, un panel sonore qui dresse un véritable paysage complexe et fascinant dans son incroyable diversité… Nous sommes ici devant une installation rhizomatique, prolifique et nomade dans ses sources, même encartées, si tant est qu’une installation nomade ne soit pas en elle-même un joyeux paradoxe spatiotemporel.

Matérialité et dispositifs

L’artiste va imaginer, pour installer des écoutes parfois décalées, tout au moins dans leurs approches et postures, moult situations, dispositifs, appareillages, technicités…

Dispositifs immersifs, interactifs, participatifs, relationnels, la chose sonore, qu’elle soit préexistante – un paysage acoustique – ou entièrement fabriquée – une composition sonore électronique – peut ainsi prendre corps dans nos espaces auriculaires de bien des façons.

L’installation se fait alors conceptuelle, voulue, recherchée, même dans des gestes priori les plus simples, prendre un cône acoustique pour amplifier et ou orienter notre écoute par exemple, jusque dans des dispositifs convoquant d’imposantes machineries ou l’écriture de programmes informatiques ad hoc complexes.

Les postures proposées à l’écoutant joueront également un rôle important. Déambuler, suivre un parcours, se laisser guider, écouter en aveugle, s’assoir, s’allonger, toucher pour déclencher, modifier, faire activement partie partie de l’œuvre, jusqu’à ce qu’elle n’existe que par notre seule présence, autant d’approches installées, sans compter une foultitude d’autres dispositifs hybrides, inclassables, ou restant à concevoir.

Ici, l’installation marque le pas, fait une pause pour mieux poser ses sons, les confronter à un espace donné, tout comme aux oreilles des auditeurs. Ces derniers seront d’ailleurs très souvent invités à parcourir l’espace audio qui leur est proposé. Changer de point d’ouïe, d’axe, de rapprocher, s’éloigner, zoomer, l’oreille guidera les pas qui guideront eux-même l’oreille. Interaction encore. Jusque parfois à perte d’écoute.

Le jeu pour l’artiste étant de proposer une situation d’écoute qui décale, en principe, notre perception de l’espace (sonore), de ses sources, jouant des accidents, des effets acoustiques, des procédés narratifs, scénographiques, pour mieux le questionner.

Quelle est notre place d’écoutant dans un lieu où parfois, comme disait Maurice Lemaitre, le film est peut-être déjà commencé, les sonorités installées, superposant l’ambiance « habituelle » aux rajouts, juxtapositions, triturages audio ?

Comment infléchissons nous, plus ou moins consciemment, un paysage sonore installé, bon gré mal gré ?

Comment nos mouvements, parcours, approches, dans le sens physique du terme, celui qu’explorait notamment Max Neuhaus, reconstruisent t-ils, ou déconstruisent t-ils des œuvres sonores dont nous sommes régulièrement les acteurs invités ?

Comment les dispositifs et mises en situations usités nous proposent-ils différents formes de mobilités sensibles, d’appréhensions d’espaces auriculaires singuliers car propres à notre façon d’écouter et de bouger ? En corps tendre l’oreille.

Ces question n’ont pas forcément de réponses définitives, et c’est heureux, car il nous reste encore un beau champ d’investigations concernant l’installation d’écoutes, situations où la corporalité est convoquée dans toute sa mobilité intrinsèque, où que porte notre écoute.

Stabile et/ou mobile, mon oreille balance

L’écoute est donc, dans ma pratiques construites sur des situations généralement en mouvement, elles-mêmes oscillant entre marches et arrêts, avancements et pauses, marches d’écoute et Points d‘ouïe fixes.

Être toujours en mouvement est certes un gage de dynamisme, mais il convient aussi de savoir se poser. Se re-poser.

Poser l’oreille en plan fixe, en laissant venir à nous les sons, sans forcément les traquer, ou aller sans cesse vers eux.

Prendre l’air du temps, air au sens polysémique, musical de la chose, est important, par exemple s’offrir un banc d’écoute, partagé ou solitaire, un repos après une longue pérégrination audio urbaine

Stabile/mobile, c’est comme être dans une alternance de tensions/détentes, de postures actives et passives, les deux ont leurs mots à dire à certains moments du projet.

Des postures qui se répondent, se complètent, s’installent à tour de rôle.

L’écoute en mouvement ne doit pas être forcenée, au risque de devenir aliénante et sclérosante, par manque de ruptures, de cassures, de trêves ; les musiciens, jazzmen en l’occurrence, savent très bien au cours d’une longue phrase musicale déroulée, « faire le break », casser le rythme pour amener une respiration, avant que de repartir de plus belle dans une envolée swinguante.

La marche est par ailleurs l’espace où le mouvement est déséquilibre. Je lève un pied qu’il me faut reposer assez vite pour que l’autre emboite le pas si je puis dire, dans une synchronisme qui me fait conserver mon centre de gravité pour rester debout. Au moindre dysfonctionnement de cet enchainement physique, je chute. Et l’enfant en fait bien des chutes avant de maitriser l’art de la marche. Entre stabile – équilibre au repos, et mobile – équilibre en mouvement, quitte à risquer la chute, mon corps écoutant marche de tensions en détentes, de repos en actions, installant ainsi des formes d’écoutes dynamiques, dans les contraintes d’espaces arpentés, de moments écoutés, de parcours pétries d’improvisations comme autant de réactions aux stimuli ambiants.

Pourquoi pas

Un pas en avant

un grand pas en avant

faire le premier pas

un pas de côté

pas redoublé

revenir sur ses pas

marcher sur les pas de l’autre

faire un faux pas

faut pas

pas cadencé

pas qu’à danser

un pas vers le bonheur

pas de quoi

au pas de l’oie

avancez d’un pas

reculer d’un pas

un grand pas pour

franchir le pas

rouler au pas

pas à pas

d’un pas ferme

se mettre au pas

se remettre au pas

marquer le pas

à un pas de la réussite

regretter ses pas

d’ici à là, il n’y a qu’un pas

ébaucher un pas de danse

pas de deux

emboiter le pas

à pas de géants

faire les cent pas

céder le pas

se tirer d’un mauvais pas

à pas comptés

compter ses pas

allonger le pas

ralentir le pas

avoir le pas sûr

pas sûr…

Mettre l’écoute au pas

ou le pas à l’écoute !

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Rêver !

Un bureau nomade

Un désir d’espace

Une installation à ciel ouvert

Une invitation à l’écoute

Une pause dans la marche d’écoute

Une école bruissonnière…

Dream !

A nomadic office

A desire for space

An open-air installation

An invitation to listen

A break from soundwalking

An acoustic bushy school …

Notes

1Qui relèverait de l’expérimentation et de la théorie de Pierre Schaeffer concernant la musique concrète

2In «The Tuning of the World » Raymond Murrau Schafer – 1977 – « En Français, Le paysage sonore » – réedité par Wild Project » Marseille – https://www.wildproject.org/schafer-table

3Définition du CNRTL « Centre National de Ressources Textuelle et Lexicale »

4 Terminologie anglaise désignant la marche d’écoute, ou balade sonore dans des pratiques artistiques, mais aussi écologiques et sociales

6Définition du CNRTL « Centre National de Ressources Textuelle et Lexicale »

9La guerre des Monde, fiction radiophonique d’Orson Wells 1938 – https://www.franceculture.fr/histoire/la-guerre-des-mondes-histoire-dun-canular-radiophonique

10Traduction qhébecoise et francophone de podcasting