Point d’ouïe, connaitre et s’y re-connaitre

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Plus de 20 ans à habiter dans ce même quartier, malgré d’incessants déplacements, y revenir toujours, s’ y ancrer en quelque sorte, comme dans un port où il fait bon mouiller pour s’y ressourcer.
Forcément, le temps marque un territoire, forcément, le temps fait territoire.
Territoire de vie, d’activité, de loisirs, de rencontres, d’habitudes, d’habitus. Territoire vu sans être vu parfois, ni entendu vraiment.
Par manque d’exotisme et de dépaysement ?
Et pourtant mille détails le construisent au quotidien. Se stratifient en mémoire vive.
Et parmi eux des sonorités à foison.
Je m’entends finalement bien avec ce coin de la place de Paris à Lyon 9e.
J’y connais et reconnais tant de choses repères, balises, marqueurs…
Les cloches voisines.
Les voix de mes voisins.
De certains passants.
Des commerçants.
Des camelots et primeurs des marchés.
Des clients du bar en bas.
Des trains ferraillant sur le pont.
Des marchés qui s’installent, et se plient.
Des surprenants échos sous le pont Schuman.
Un haut-parleur qui crachote depuis des années dans le hall de la station de métro.
La sirène des premiers mercredis du mois à midi, sur le toit du théâtre.
Les cliquetis du volet roulant du bar en face
Et même la Saône silencieuse.

Toujours trouver un terrain d’entente.
Même s’il semble instable.
Surtout s’il semble instable.
Et avec ta ville, ton quartier, comment tu t’entends ?

Points d’ouïe et maillage

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Je relie de plus en plus les lieux et les moments d’écoute, non pas comme une somme d’identités plus ou moins indépendantes et singulières, mais comme une sorte de récit globalement cartographié, mis en son et en mots. A la façon de Gilles Clément, dont le Tiers-paysage est tissé d’une multitudes de friches, de dents creuses, par des parcelles de non emprise, dans un éco-système global et cohérent, je pense de multiples points d’ouïe, spots auriculaires appréhendés par l’écoute, comme la fabrique, le façonnage, d’un paysage sonore aussi diversifié que quasiment universel.

Certes je n’ai pas posé, loin de là, mes oreilles partout, il me reste tant de zones que j’aimerais tant entendre, mais j’ai sans doute suffisamment posté mes écoutes me me tisser, métisser, un large récit auriculaire à portée d’oreilles.

Des villes et des pays – Lyon, Mons, Cagliari Victoriaville, Tananarive, Saint-Pétersbourg, Kaliningrad, Vienne, Paris, Sabugueiro…  endroits singuliers où j’ai installé, souvent se façon récurrente, diverses écoutes, parcours, solitaires ou collectifs, ont fortement maillé une géographie auriculaire qui se fait progressivement cohérente. Partout de l’inouï, partout du déjà entendu…

Et des entre-deux, comme des interstices où l’oreille cherche les seuils, les limites, les lisières et les passages…

Au fil des arpentages, collectages, rencontres, expériences de terrain, se construit un territoire sonore sensible et mouvant, mais néanmoins de plus en plus descriptible dans une forme d’entité perceptible.

Si chaque projet, dans sa contextualité spatio-temporelle, est écrit et cousu main, ou cousu-oreille, il apporte néanmoins à chaque expérience, une pièce supplémentaire à une sorte de carte-puzzle, un jeu dont les règles ne cessent de se ré-écrire, de s’adapter au milieu et aux personnes croisés.

Entre deux villages, voire deux hameaux, à quelques kilomètres ou centaines de mètres, comme entre deux métropoles distantes de milliers de kilomètres, le fil d’écoute est déroulé virtuellement, comme celui d’une pelote de laine vagabonde – un « fil qui chante » transmetteur, qui dessine un voyage au creux de l’oreille. Oreille collective dans le meilleur des cas.

Un voyage où l’image est aussi sonore que visuelle, si ce n’est plus.

Un voyage où les sensations kinesthésiques, haptiques, invitent le corps entier, y compris à gouter et à savourer les saveurs du monde. Le son d’une cuisine qui mijote, associé à sa tenace et jouissive persistance odoriférante, gustative est souvent un moment d‘exception, d’altérité amène. Les épices de la vie passent par et dans tous les sens.

Des voyages donc dans tous les sens, même sans presque bouger…

Lobe-trotters est le surnom que m’a donné un collègue, Michel Risse pour ne pas le citer, lui aussi voyageur et voyagiste de la chose sonore. J’avoue apprécier cette perspective d’une écoute nomade, assez librement déployée partout où un lieu se met à sonner à sa façon, c’est à dire vraiment partout !

Une belle offrande au promeneur écoutant insatiable dans sa quête d’un paysage sonore partagé par de multiples récits et expériences.

PAS – Parcours Audio Sensible pour la World listening Day 2020

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Samedi 18 juillet, jour de la World Listening Day, premier parcours d’écoute de puis le mois de février. Public réduit, trois personnes, mais très belles écoutes.
Un immense parc urbain que connaissent bien tous les lyonnais, et touristes, le Parc de la Tête d’or, 117 ha offrant des zones vertes, un lac, un zoo, une très belle roseraie.
Un lieu idéal pour déconfiner l’oreille au grand air tout en gardant de sages distances.
Et pour trouver une vie acoustique entre joyeuse animation et espaces très apaisés.

Séquences
Partir d’une entrée principale très animée et, rapidement, entendre un grand decrescendo en traversant une pelouse. Les sons de la circulation et voix s’estompent, la marche comme un potentiomètre en fade out…
Longer le lac. Voix d’enfants, canards, pédalo, vélos…
Traverser une petite forêt. Retour au calme, crissement des pas sur des branchages et feuilles sèches.
Une petite ile avec un kiosque et un piano au bord du lac. Quelqu’un y joue maladroitement un air du parrain. Instant magique, hommage à Morricone.
L’entrée d’un passage souterrain permettant d’accéder à une autre ile est fermé. Dommage, c’est un couloir très réverbérant. Nous nous contenterons de le faire sonner en criant depuis la grille.
Traversée de la roseraie, plutôt calme. Les fontaines et ruisseaux sont à sec, des sources de fraicheur manquent à l’oreille.
Un train passe au loin, marquant les du parc en le longeant.
Une allée en sous-bois, de joggers rythment les lieux, martelant le sol sablé. Un bus passe à notre droite, en haut d’un talus.
Dans une clairière, une vingtaine personnes dansent sur un air oriental, guidées par une professeur à l’énergie communicative. Belle séquence surprenante.
Retour à la pelouse et à la grand porte, le petite train touristique dit le Lézard, faisant visiter le parc, arrive avec ses sifflets caractéristique. Un flot de voyageurs en, descend, un autre y monte. Le pilote donne ses dernières consignes au micro. Une ambiance qui me rappelle des souvenirs d’enfance…
Nous rompons le silence et trouvons un banc pour deviser autour de nos ressentis, de l’écoute, des sons ambiants, de la crise sanitaire, des rapports sons et images, de l’écologie, de la marche, de nos activités respectives… Comme à l’habitude, une heure de silence collectif favorise et stimule les échanges qui s’en suivent. Ils en seront d’autant plus riches et sympathiques et participent intrinsèquement, au fil du temps et des déambulations, à la construction d’un rituel marchécouté.

Et après quatre mois sans PAS publics, cela fait vraiment un bien fou de retrouver ces moments de sociabilités auriculaires !

En résonance avec le Festival des Humanités

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Point d’ouïe, l’oiseau au cœur de l’écoute

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« Les oiseaux sont responsables de trois au moins des grandes malédictions qui pèsent sur l’homme. Ils lui ont donné le désir de grimper aux arbres, celui de voler, et celui de chanter…
Alors, quand on pense à l’Everest, aux fusées et au prolongement naturel de ses suggestions habilement introduites dans la cervelle de quelques primitifs par le bec pointu d’un archéopteryx gloussant, on s’en prend un peu aux oiseaux, et l’on voudrait qu’il soit presque muets, qu’ils ne quittent pas le sol et qu’ils nichent sous les pierres. (Chose désespérante, la nature à pensé à tout. Il en est qu’il remplissent ses conditions. Ce sont des oiseaux d’une espèce un peu particulière : les crapauds.) »
Boris Vian « En avant la zizique » Pauvert 1958

Après ce préambule teinté de l’humour pataphysique de Boris Vian, je focalise aujourd’hui sur la gente ornithologique, ses chants, et surtout sa place incontournable dans un paysage sonore qui, au sortir du déconfinement, s’est retrouvé, notamment en ville, à nouveau chahuté, voir chaotique. Retour à la normale et quelque part à l’anormal.

Notons qu’à la même époque que celle du texte de Vian, Charles Trenet chantait « Les oiseaux me réveillent par leurs chants et leurs cris. Ils font bien plus de bruit que les autos, les oiseaux. » Il n’est pas sûr que l’on puisse en dire autant aujourd’hui…

Vinciane Despret à  consacré récemment à ces chanteurs volatiles, entendez ce mot dans le sens qu’il vous plaira, comme un nom ou un adjectif, ou polysémiquement comme les deux, un ouvrage de plus intéressants « Habiter en oiseaux »(1)(2), approches philosophiques, éthologiques, au croisement de pensées vivifiantes.

Ces animaux volants sont pourvus, à la différence de nombreux vertébrés, de syrinx siffleurs de douces mélodies. Quoi qu’entre un rossignol virtuose, un merle moqueur et chanteur, un corbeau coasseur et une pie jacassante, tous n’ont pas, à mon avis, le même degré de raffinement dans leurs chants et cris respectifs. Esthétiquement parlant. Mais n’étant ni ornithologue, ni audionaturaliste, ni grand connaisseur de chants d’oiseaux (respect posthume Mr Messiaen), ni philosophe éthologue, je me contenterai de parler des oiseaux comme des acteurs, que j’espère incontournables, dans la construction de paysages sonores.

A priori chantres des forêts, icône sonore égayant nos déambulations sylvestres, cible très prisé des preneurs de sons animaliers, le genre ailée n’en est pas moins bien présent en ville, souvent beaucoup plus que l’on ne croit.
Bien sûr, certaines espèces sont particulièrement visibles, et/ou audibles, selon les époques et les lieux.

Pour ce qui est des oiseaux en forêt, sa présence est essentiellement acoustique, voire acousmatique (écoute dont on ne voit pas la source) car, dans les forêts les plus densément boisées, on ne voit en fait que très peu d’oiseaux chanteurs. Par contre on peut en entendre beaucoup, si cependant la forêt n’a pas trop été abimée. Ici commence le règne des ornithologues et des identifications des espèces par l’oreille. Redoutable et ludique exercice. Ces chants, marqueurs sonores de biocosmes, de microcosmes forestiers, sont aussi des alertes, entre autre de la disparition progressive d’espèces, pour différentes raisons (monoculture, déforestation, incendies, changements climatiques…). Chaque chant qui ne se fait plus entendre, chaque syrinx qui se tait, a hélas de fortes chances de signaler la disparition, ou au mieux la migration d’une espèce, ou de plusieurs espèces.

Par exemple, les nuées d’étourneaux grappilleurs automnaux, qui viennent se reposer dans les grands platanes urbains, après une journée de piratage viticole, qui « enfientent »les voitures d’une belle couleur lie de vin, et même les passants téméraires s’aventurant sous les arbres, tout cela dans un incroyable nuage acoustique qui parfois se déplace dans l’espace avec une vélocité remarquable.

Citons aussi les combats de pies et de corbeaux qui se poursuivent d’arbre en arbre avec des cris guerriers, affaire de territoires, querelles qui n’appartient pas seulement à l’homme… Bon ce ne sont pas là les exemples les plus flatteurs en terme d’espaces sonores, quoique…. ni en terme sanitaire, avec le risque de se faire crotter le chapeau, au meilleur des cas si vous en portez.

Et que dire des parfois exaspérants roucoulements monotones des envahissants pigeons et tourterelles…

Le craquètement des cigognes qui jouent, sans chant ni cri de syrinx, des claquettes avec leurs becs, est assez surprenant pour qui l’entend pour la première fois, en Alsace ou ailleurs.

Certains soirs orageux, les martinets, réputés pour rester des jours en vol, voire y dormir, plongent très bas chasser les insectes en vol, dans de grandes flèches sonores assez stridentes, mais qui dessinent des espaces et des mouvements auriculaires des plus spectaculaires.

Le merle noir, migrateur, chanteur virtuose de ville, adore chanter haut et fort, au fait d’une toiture ou juché sur une cheminée. Un vrai phare auditif qui surveille la ville tout en sifflets, moqueurs, dit-on.

Dans certains sites architecturaux très minéraux, ce sont des chouettes et autres hiboux qui élisent domicile au creux des pierres et murailles, hululant à qui mieux mieux dés la nuit tombée. Je me souviens entre autre de beaux concerts nocturnes lors de résidences dans de superbes lieux tels l’Abbaye de Cluny et la Saline Royale d’Arc-et-Senans, toutes deux en Région Bourgogne Franche Comté.

Des éperviers habitent les tours des cathédrales et chassent en pleine ville, redoutables rapaces silencieux en hiver, et poussant de brefs « kiou kiou kiou » à l’époque de la nidification.

Et on pourrait encore longuement parler de ces oiseaux concertants, parfois déconcertants dans leurs rapports aux villes, à leur prédateurs, et aux hommes mais là, je sortirais de mon domaine de compétence.

Profitant du confinement des hommes lors de la crise du Covid, et surtout de celui de leurs polluantes automobiles, l’oiseau urbain s’est fait entendre à qui mieux mieux. Non pas qu’il est été plus nombreux, ni même qu’il ait piaillé plus fort, mais tout simplement parce qu’il n’avait plus la concurrence déloyale des sources sonores motorisées. L’émergence, ou plutôt la ré-émergence de ces sonorités avicoles en ont surpris, voire ravi plus d’un.e, redécouvrant une face cachée de leur environnement sonore quotidien et faisant de l’oiseau une nouvelle star chantante de la ville apaisée. Nombre d’articles, de commentaires, d’interviews l’ont démontré et en attestent au plus fort du confinement.
Pourtant, tout écouteur attentif, praticien de la ville comme une entité sonique, entendait, avant l’installation du méchant virus, chanter moult oiseaux urbains, ou de passage, dans les périodes de calme ou au cœur de lieux plus protégés, voire même au cœur des cités, sans forcément tendre l’oreille. d’autant plus que le spectre acoustique des oiseaux se situe dans un champ (chant) beaucoup plus élevé plus aigu dirait-on, que celui des transports. Il constitue donc constitue ce que l’on appelle justement une émergence sonore, se détachant nettement de la rumeur, du bruit de fond ambiant.

En fait, si on l’entend bien, c’est à dire en écoutant bien, le chant des oiseaux donne aux lieu une spatialisation qui en définit des contours, des champs, des mouvements toniques.
Prenons une place arborée ou un parc urbain, focalisons l’écoute sur les volatiles chantants, écoutons les dialogues, réponses, leurs déplacements sonores, froissements d’ailes compris. On a très souvent, surtout dans les matinées et les fins de journées printanières et estivales, un véritable pointillisme sonore, très précisément situable dans l’espace, qui vient d’ailleurs rompre avec les nappes épaisses et brouillonnes des circulations automobiles. Il peut s’agir pour nous de repères auriculaires donnant géographiquement l’échelle du lieu, et aussi un forme d’échelle sonore dans les fréquences comme dans les intensités.
C’est sans doute là un effet de filtrage acoustique qui peut nous permettre d’échapper à des formes sonores chaotiques fatigantes, en se accrochant à des éléments plus apaisants, moins agressifs, en principe, comme on peut le faire via des voix d’enfants dans un parc ou une cour d’école.
D’ailleurs, en parlant filtre ou psychoacoustique, pour employer un gros mot, nos protections acoustiques gomment sans doute la présence de voitures, comme celle d’oiseaux, dans une écoute urbaine globale peu consciente, ou peu aiguisée. Si par un réglage de type syntonisation (accord de fréquences en radiophonie), nous nous rebranchons sur la canal oiseau, alors nous constaterons qu’ils sont bien toujours là, et bien toujours perceptibles, voire clairement audibles.

Néanmoins, le bruit constant de la ville semble perturber le sommeil des moineaux, qui de plus, entendent moins, ou n’entendent plus les appels des oisillons qui ont faim, mettant en danger une espèce cohabitant depuis longtemps, de façon familière et sympathique avec les citadins.

Un des jeux de l’écoute paysagère consiste parfois à filtrer notre écoute en la canalisant, en tendant l’oreille vers des sources sonores choisies, animaux, enfants, fontaines, cloches, bruits de pas, vent, et en constatant que nous pouvons mettre en avant, ou quasiment ignorer des éléments auriculaires de notre environnement. Un sympathique jeu de filtrage et de mixage pour aiguiser l’oreille et en affuter ses capacités de discrimination (positive) des sons.

Notons également que des artistes ornithologues, ou passionnés d’oiseaux, trouvent mille richesses à noter, enregistrer, retranscrire sous forme musicale, de Clément Janequin à Olivier Messiaen, mais aussi aujourd’hui Bernard Fort et sa « Grive solitaire » ou encore Sainkho Namtchylak et ses impressionnants Night Birds.

Sans oublier l’immense travail de l’ornithologue Jean Rocher, un des pères de l’audionaturalisme qui a ouvert bien des oreilles à l’incroyable diversité des chants d’oiseaux dans le monde.

Les oiseaux, marqueurs acoustiques très présents dans nos environnement urbains, y compris dans les « mauvais jours », inspirateurs de compositeurs, sont une constituante importante du paysage sonore, et s’ils disparaissent de notre champ d‘écoute, chacun sait, ou devrait savoir, qu’il se passe alors des choses inquiétantes, voire plus, au niveau de nos milieux de vie.

 

1) https://www.actes-sud.fr/catalogue/nature-et-environnement/habiter-en-oiseau
2) https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/profession-philosophe-4974-vinciane-despret-philosophe-des-oiseaux

 

Écouter : Le chardonneret – France Culture –

Point d’ouïe, le paysage sonore, une approche transversale

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Je pense, de plus en plus fortement d’ailleurs, que travailler la notion de paysage sonore pour elle-même, de considérer le point d’ouïe de façon autocentrée, n’est pas satisfaisant.
Cela réduit le champ de pensée et d’action à une visée esthétique qui, si elle demeure des plus intéressantes, reste en partie coupée d’une société où les interactions sont de plus en plus nombreuses et complexes, pour le meilleur et pour le pire. L’actualité nous le montre un peu plus chaque jour.

Il ne s’agit pas pour autant de se proclamer artiste spécialiste multi-compétences, pouvant répondre à de nombreux problèmes, possédant des savoir-faire et une super boite à outils universelle, cela relèverait de la plus haute fumisterie.

Il est plutôt question de prendre en compte un paysage sonore à l’aune de différents champs, où différents acteurs viennent croiser leurs compétences pour tenter d’analyser les situations de terrain et d’y apporter quelques réponses des plus pertinentes que possible. Réponses qui seront d’autant plus pertinentes si elles sont frottées à plusieurs enjeux, via différents outils de lecture, dispositifs, processus…

Le champ du paysage sonore est donc une des problématiques soulevées, en regard de questionnements plus globaux concernant des milieux spécifiques, qu’ils soient urbains, péri-urbains, ruraux, en sites naturels ou dans des aménagements touristiques, industriels…

Ainsi, les processus d’aménagement du territoire, l’urbanisme, l’architecture, la gestion paysagère, les questions de mobilités, de santé publique, de loisirs, d’approches artistiques et culturelles… pourront questionner de concert les espaces investis.

Le rôle de l’artiste, que je suis en tant que promeneur écoutant, restant ici dans celui qui propose une approche sensible, notamment par l’écoute, le soundwalking (marche d’écoute) et autres PAS – Parcours Audio Sensibles, comme dans la création sonore paysagère. Ces approches venant décaler les perceptions pour donner à entendre autrement, voire à ré-écouter, pourront compléter des opérations plus techniques, par exemple en terme de métrologie, d’études des comportements…

Paysage géographique, topologique, visuel, sonore, territoire aménagé, espaces sensibles, le terrain est multiple, hétérophonique. Les habitants, les passagers, les visiteurs, les travailleurs… sont à la fois acteurs/producteurs, y compris d’émissions sonores et récepteurs, ou réceptifs, à une grande quantité de stimuli. Parfois tellement grande, avec des phases de saturation, différentes pollutions, qu’il faut s’inquiéter des conditions de vie, de travail, de santé, d’équilibre physique et mental, avant-même de rechercher le bien-être.

On peut travailler conjointement par exemple, la recherche de zones de fraicheur, en prévision de périodes caniculaires, liée à celle de zones calmes, de lieux isolés, ou tout au moins apaisés. Ce qui nous conduit à penser des cheminements piétonniers alliant ombre et calme, où l’aménagement urbanistique, paysager est soumis à différentes contraintes, entre fonctionnalité et plaisir, sécurité et dépaysement sensible…
En cela, l’approche de paysages sonores comme un composante d’un milieu global, qui ne serait pas traités uniquement en terme d’isolation de la pollution sonore, ni comme une seule mise en œuvre esthétique, mais aussi comme une recherche d’espaces de vie ou de loisirs socialement valorisants.

Comment mieux s’entendre, se comprendre, d’un regard et d’une écoute, pouvoir prendre le temps de marcher hors des grandes allées bétonnées, ou des sentiers battus ? Comment s’étonner de l’oiseau ré-entendu, pour rester dans une récente actualité, d’un ruisseau rafraîchissant, de bruits de pas sur différents matériaux, de bruissements végétaux, associés à des couleurs, des odeurs… ? Comment profiter de mobiliers urbains, bancs, abris, pour y faire des pauses, écouter battre le pouls de la cité, jouir de cadres amènes, discuter sereinement… ?

Il nous faut penser des espaces de socialité, où la rencontre est possible, voire privilégiée, comme une nécessité humaine non distanciée, sans trop de contraintes; réfléchir à du mobilier urbain, des aménagements qui soient aussi fonctionnels qu’agréables, non discriminants.

Ce sont pour moi des problématiques récurrentes, qui questionnent ma position de paysagiste sonore, sans tomber dans l’utopie du « tout est beau », mais en restant engagé dans un société où les urgences écologiques sont Oh combien trop négligées, si ce n’est écrasées par des logiques de développement véritablement mortifères.

 

Un paysagiste sonore

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Un paysagiste sonore est un homme à l’oreille curieuse, qui puise dans le paysage de la matière sonore, pour la ré-agencer et la réinstaller parfois, la repenser, souvent dans des gestes collectifs.

Il revisite ainsi de nombreux espaces inouïs, des jardins sonores à parcourir, des formes de musées auriculaires vivants, à ciel ouvert, à 360°, arpentés toutes oreilles dehors.

Il pense toujours à l’échelle acoustique des lieux, avec la voix comme étalon, pour ne pas saturer ou déséquilibrer des espaces auriculaires par essence fragiles et instables.

Il pense esthétique, écologie, sociabilité…

Il est essentiellement acteur du dehors, et il enseigne, transmet, participe à des groupes de travail, séminaires, ateliers…

Il a une vision politique, au sens d’une réflexion sur la place et de la responsabilité du citoyen écouteur/producteur, de l’aménagement du territoire qui prenne en compte les milieux sonores, avec leurs beautés et leurs dysfonctionnements.

Il propose des parcours d’écoutes, des balades sonores, PAS – Parcours Audio Sensibles, pour arpenter des sites auriculaires à découvrir collectivement, au fil de marches sensorielles.

Il aime les espaces-temps nocturnes, écrins à des ambiances spécifiques, et propices à des expériences audio-kinesthésiques sublimées.

Il cherches des postures physiques et mentales ad hoc, pour mieux jouir de moult écoutes, sources, acoustiques…

Il cherche des cadres d’écoute, installe des points d’ouïe, les inaugure parfois, invite le public à s’immerger dans les sons, à les découvrir au fil de grands panoramiques, d’espaces intimes, de points fixes ou en mouvement, de coupures ou de fondus…

Il imagine des scripts, des scénari, des mises en situation contextuelles, des mises en scène d’écoutes in situ, gardant en ligne de mire l’importance du relationnel comme moteur de recherche-action.

Il cogite des paysages sonores à partager, avec leurs singularités et leurs communs, leurs spécificités et leurs récurrences quasi universelles, l’espace d’une écoute, et plus encore, et plus en corps…

Il convoque des champs d’expériences croisées, en textes et images, danse et arts plastiques, abordant l’espace public, naturel ou urbain comme un art du sonore pluriel, qui revisite nos lieux de vie en en privilégiant les aménités.

Il garde, voire fabrique des traces, pour alimenter son travail, sa réflexion, partager la transmission, penser des gestes à venir, construire le récit audiobaladologique de ses expériences d’écoutant.
 
Il tente de combattre certaines formes de surdités au monde, de celles qui ferment l’écoute et les esprits, généralisent la contamination de la pensée unique et empêchent la créativité, la résistance à des emballements catastrophiques. Mais là, il se sent souvent bien impuissant ! Alors, il garde plus que jamais l’oreille aux aguets, ouverte à une altérité bienveillante et sans doute salutaire.

Texte original de 2007, toujours d’actualité, remis à jour.

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PAS – Parcours Audio Sensible nocturne – Transcultures, Festival City Sonic 2017 à Charleroi     @photo Zoé Tabourdiot

La marche urbaine, l’écoute, et les calculs salutaires

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PAS – parcours Audio Sensible – Saillans Drôme – Festival « Et pendant ce temps les avions –  avril 2017

Mon activité de marcheur écoutant, bien que dernièrement drastiquement réduite lors du confinement réducteur de distance, m’a poussé à observer mes co-marcheurs urbains, croisées de chaussées en trottoirs.

Lors de cette crise sanitaire, loin de la meilleure façon de marcher en mettant un pied devant l’autre et en recommençant, nos sourdes anxiétés virales ont très sensiblement transformé nos gestes d’homo-déambulatori.

Tout d’abord, durant la phase de confinement stricte, qui nous a cueilli de façon brutale et assez radicale, l’espace comme la durée, ainsi que les motivations à marcher, y compris pour écouter la ville, se sont drastiquement réduits. Des espaces interdits, confisqués à l’usage du piéton.

Plus question d’aller flâner sur les berges d’un fleuve (fermées) ou de faire du lèche-vitrines de magasins en magasins (fermés). Difficile également de profiter, de jouir d’une décroissance sonore contextuelle. Il fallait agir fonctionnellement et rapidement.

Un kilomètre, une heure, avec une auto-dérogation de sortie en poche pour éviter la verbalisation.

Tout cela à changé radicalement nos habitudes, en tous cas pour ceux qui, comme moi, prenons la cité, et ses abords, comme des espaces d’expérimentations sensibles, où la marche, et pour moi la marche d’écoute, est une forme de jeu exploratoire modulable à l’infini. Et qui plus est, restriction des expérimentations majoritairement collectives, dont la pratique est fortement remise en question par les barrières sanitaires.

On est alors obligé de composer avec ces nouvelles règles, et dés lors de calculer bien plus qu’avant. Il nous faut calibrer notre espaces entre un intérieur très enclos et un extérieur ouvert, mais néanmoins Oh combien rétréci.

Nos calculs porteront sur les distances parcourus, nos périmètres d’arpentages tolérés, attentifs à rester, approximativement, dans les règles, dans les espaces-temps autorisés, surveillés, quadrillés, encadrés… une sorte de nouvelle prison à ciel ouvert. Espace déambulatoire resserré, qui nous pousse parfois à refaire invariablement les mêmes trajets, sécurisants car respectant la proximité imposée, quitte à les user progressivement, sensoriellement compris.

Durant le confinement, et même encore aujourd’hui, alors que celui-ci est sensé être levé, ou assoupli, depuis plus d’une semaine, l’espace public marchable est encore calculé, anticipé, et quelque part rationalisé.

Quand sera t-il opportun de changer de trottoir, de descendre la la chaussée, de se glisser le long d’un mur, pour éviter autant que faire se peut la proximité potentiellement sanitairement dangereuse ? L’ennemi est partout, chez le passant croisé et soigneusement évité.

Comment feinter, sans trop toutefois le montrer, pour ne pas croiser l’autre, danger possible viralement parlant ?

Quels espaces risquant d’être les plus occupés, devraient-on éviter ?

Quelle sera l’heure la plus propice pour faire ses courses, et dans quel commerce se sentira t-on en sécurité, en rencontrant le moins de monde que possible ?

Autant de calculs stratégiques pour éviter, esquiver, ne pas se retrouver nez-à-nez avec l’autre, qui d’ailleurs en fera tout autant.

Des questions, des calculs, des contraintes, qui impacterons non seulement notre façon de marcher, d’écouter, de communiquer, mais notre vie sociale dans sa globalité.

Les stratégies d’esquive et de dérobade, le jeu des masques si je puis dire, loin de favoriser le relationnel, la proximité intime, celle que je recherchais et tâchais d’installer précédemment, de la façon la plus spontanée que possible, dans mes PAS – Parcours Audio Sensibles, se jouent aujourd’hui hélas dans l’évitement et la prise de distance. Une altérité et des sociabilités mises à mal.

Jusqu’à quand ces fameuses barrières sanitaires et sociales nous feront-elles souffrir d’un sentiment d’isolement qui nous réduit à des sortes de particules marchantes et écoutantes individuelles, plus ou moins distanciées et isolées les unes des autres ?`

Ces appréhensions, peurs, du risque encouru au contact d’autrui, au fait de marche et d’écouter ensemble, et parfois-même de se toucher pour mieux s’entendre dureront-elles encore longtemps, créant ainsi progressivement des vides, aussi bien culturels que sociaux ?

Combien nous faudra t-il encore calculer des stratégies de la distance spatiale, sociale, des temporalités, des itinéraires, des contraintes en tous genres, pour retrouver des espaces de sociabilités plus apaisés, plus ouverts ? Et je ne parlerai pas ici, pour ne pas noircir le tableau plus que de raison, des risques climatiques qui fondent sur nous à grande vitesse.

Les réponses ne sont pas des plus évidentes. En attendant, les gestes de marche, d’écoute, de constructions collectives de paysages sonores, tentent de se chercher des failles, des interstices, quitte peut-être à jouer avec les limites, tout en respectant les espaces de libertés de chacun, pour garder un cap préservant de belles écoutes, bienveillantes et constructives.

Lyon le 18 mai 2020

Point d’ouïe – Quelque chose qui cloche ?

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A mesdames les cloches

J’ai déjà bien des fois

écrit et dit des choses

sur ces dames d’airain

mais sans doute pas assez

au-delà de leur fonction religieuse

elles sont

instrument musical

installation sonore ancestrale à ciel ouvert

animatrice de paysage

paysage à elles-seules

marqueur du temps qui passe

et ce depuis très longtemps déjà

à une époque et dans des lieux

journal local

des volées saluant naissances et mariages

des glas plus sinistres

des alarmes en tocsin

elles sont marqueur de territoire

phare auditif

signal géographique spatio-temporel

tenant les habitants sous leur bienveillante résonance

signature acoustique du quartier

jusque parfois à l’esprit de clocher

objet de controverse

à cloche-oreille

entre leurs admirateurs et leurs détracteurs

empêcheurs de sonner en rond

près de chez moi elles sont quatre

juchées tout en haut d’une imposante tour de pierre

surmontées de drôles d’angelots dorés

bien visibles dans leur chambre ajourée

elles tintent joliment

et chaque soir à vingt heures

en ces temps confinés

elles élargissent l’espace

en carillonnantes notes égrainées

et leur volée festive

se mêle aux applaudissements,

aux vivats et charivaris en fenêtres

il y a quelque chose qui cloche

mais c’est normal.

@photo Blandine Rivoire – @texte et sons Gilles Malatray

En écoute à 20heures, place de Paris, Lyon 9e

Paysages (rien que) pour les oreilles ?

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Paysage(s),
représentation
artistique
d’un fragment de nature,
de lieu
de scènes
de mythologies…

Peinture,
paysage-toile,
vue de et par l’homme,
homo artiste,
picturaliste
naturaliste
urbaniste
idées à listes…

Représentation(s),
étalée de couleurs,
agencée sur la toile,
paysage re-présenté,
non naturel,
re-construit,
transmission,
vision,
artefact
inclinaison dominatrice
environnement capturé
entoilé.

Paysage et picturalité,
des écoles,
des genres.

Paysage photographique,
carte postale,
tout est
en partie
affaire de cadrage
ou de décadrage
d’éclairage
ou d’obscuricissement
polysémies lumineuses.

Paysages cinématographiques
le mouvement en plus
kinesthésie à volonté.

Le paysage se montre
dans et par l’espace
délimité,
points de vue,
parti-pris
que le regard choisit
en s’aidant de la main.

Quid d’un paysage sonore ?

Idem,
parcelle d’espace
de temps
d’espace-temps
mis en boîte,
capté
enregistré
conservé.

Traces in-fidèles ?
fossiles d’écoute ?
reliquats acoustiques
résidus acoustiques
échantillonnages de territoires…

Technicité
choix du lieu,
des sources
des sujets
de l’instant
de la durée
des mouvements…

Composition,
re-composition,
de l’espace
plan auditif,
réagencé,
remixé pour l’oreille.

Décision de captation sonore
geste prémédité,
volontaire,
contraint de subjectivité latente.

Le micro,
asservi par l’écoutant,
manipulé,
à l’instar de l’objectif,
à effet loupe
grossissant jusqu’au presqu’ inaudible,
aspirant les sons,
travellings auditifs,
gros plans auriculaires
fabrique d’artifices…

Micro parfois complice de l’oreille,
et parfois dissident

Les sons nettoyés,
certains expurgés,
débarrassés de leur gangue
ou de résidus indésirables,
selon la définition de chacun
sons traités
parfois maltraités;
renforcés
amoindris
mélangés
malaxés,
étirés ou raccourcis dans le temps,
séquencés,
déplacés,
pour de trompeuses histoires.

Paysages en fabriques,
admirés,
dénoncés,
caricaturés,
incarnés,
par ou pour l’oreille.

Nouvelles histoires
à croire ou ne pas croire.

Paysage sonore
volonté politique
une approche sonore écho-citoyenne,
une pensée et des gestes d’écosophie sonore
les utopies s’entendent-elles ?

Le paysage,
sonore,
n’est pas fidèle au réel,
mais sans doute un reflet
un miroir déformant
de l’écoute elle-même,
personnelle,
parcellaire,
modelée
contaminée de culture,
et c’est en cela
que le son se fait paysage,
ou bien inversement.

PAS – Parcours Audio Sensibles et Points d’ouïe, vers des territoires élargis

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Durant des années, l’écriture et la pratique de PAS – Parcours Audio Sensibles ont été essentiellement liées, en ce qui me concerne, à des approches esthétiques et écologiques, notamment dans la construction de paysages sonores et de points d’ouïe partagés.

Ces marchécoutes collectives s’appuyaient, et d’ailleurs s’appuient encore, sur des notions de paysage/musique et d’écologie sonore, questionnant plus largement le monde de l’écoute, des sociabilités, aménités et sensibilités auriculaires.

Aujourd’hui, au fil des rencontres et des échanges, sans renier ni abandonner les problématiques initiales, les questionnements que soulèvent les PAS élargissent les problématiques vers de nouvelles sociabilités à portée d’oreille.

Je reste évidemment dans un modeste rôle de promeneur écoutant, metteur en situation d’écoute, pratiques dans lesquelles j’ai je pense une certaine expérience et un savoir-faire forgé au fil des expériences, même si mes PAS m’amènent à des hybridations et des croisements où l’écoute in situ se frottent à diverses situations.

M’appuyant sur les actions passées, celles en cours et celles à venir, je citerai de façon non exhaustive quelques domaines élargis, où s’aventurent, généralement collectivement, pieds et oreilles, tels  que :

la santé, physique ou mentale, le bien -être

les espaces publics et les études de genres, la place de chacun dans les espaces piétons

la sécurité, l’insécurité, la surveillance

l’esthétique paysagère

La ville underground, résonances et trivialités

l’architecture sonore,écoutée, l’aménagement du territoire

la qualité d’une belle écoute, les zones acoustiques privilégiées pour la communication orale

la muséographie, ou muséophonie

l’eau, le végétal, bruissonnances

les cartographies et représentations sensibles

l’univers de la nuit

les rapports zones calmes, ilots de fraîcheur

le tourisme culturel, sensible, l’écotourisme

l’écologie sonore, l’écosophie

le patrimoine immatérielle, entre autre sonore

l’écoute et le sacré

les mobiliers et bancs d’écoute

la littérature, la philosophie, la marche

les réseaux d’activistes marcheurs

la création artistique et le projet culturel en espace public

les personnes porteuses de handicaps, publics empêchés (hôpitaux, prisons…)

les populations migrantes…

Je ne prétends absolument pas être un spécialiste, loin de là, de ces multiples questions sociétales, et encore moins apporter des réponses dans des secteurs et pratiques que je ne connais et ne maitrise pas suffisamment. Je tente simplement, par la pratique du Parcours Audio Sensible, de développer une oreille curieuse, des écoutes collectives, vers différents territoires, entre déambulations sensibles, Conf’errances, rencontres croisées avec différents chercheurs-euses, acteurs-trices, arpenteurs-teuses, habitants-es et autres pratiquants-tes de l’espace public.

C’est un terrain tourné vers des formes de recherches-actions, stimulées par une bonne dose d’altérité, des expériences passionnantes, portant l’oreille vers des paysages fluctuants, entrelacés, hybridés, complexes.

C’est une invitation à des PAS de côté, des chemins de traverses, voire ses façons de se perdre pour tenter de mieux se re-trouver, autrement.