Paysages sonores, des écritures contextuelles

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Il y a quelques jours, une structure culturelle me demandait de choisir un son de paysage sonore que j’avais réalisé, pour étayer un dossier de présentation. Je (re)parcourais alors, dans mes disques durs, les pièces sonores, j’emploie ici à dessein cette expression aux contours assez indéfinis, pour tâcher d’en trouver une qui collerait au mieux au projet.
Chose toujours difficile, entre choix cornéliens et insatisfaction chronique à l’écoute de ce que j’ai précédemment composé et mis en boite. Madagascar, Lyon, Cagliari, Mulhouse, Charleroi, Victoriaville… que choisir, sachant qu’à chaque lieu, avec ses sons, ses ambiances, ses projets, une écriture in situ, purement subjective, venait se superposer aux espaces arpentés, voire les refabriquer de toute pièce.

Je me rendais compte une fois de plus combien, presque à l’insu de tout projet initial, les écritures, qu’elles soient sonores, textuelles, graphiques, étaient pensées dans, avec, et pour le lieu, et avaient de la sorte leurs propres histoires qui faisaient qu’il était quasiment impossible de les transposer ailleurs, sans les ré-écrire assez profondément. Sinon à les considérer ici comme des œuvres-traces, des exemples de constructions se référant à un espace-temps donné, et ce dans un contexte particulier.

Chaque espace a ainsi, ou trouve sous l’oreille et la patte de l’artiste, ses échos, ses résonances, ses ambiances, prenons ces termes dans une acception large, et donc son ou ses histoires intrinsèques. Sans compter sur l’état d’esprit du preneur de son qui retravaille lui-même ses collectages, pour en écrire des carnets sonores, traces auriculaires organisées, avec ses propres perceptions, ressentis, états d’esprit, interprétations, revendications…

Cette permanente contextualisation induit fortement non seulement la façon de travailler les matières sonores collectées, mais également la façon ou les façons de les mettre en écoute a posteriori, de les scénariser, d’en trouver des formes et formats de restitutions ad hoc, ou en tous cas cohérents.

Les matériaux sonores, mais aussi les acoustiques intimement collées à ces derniers, intrinsèquement entrelacés, faisant partie même de la texture originelle, convoquent et stimulent très vite des trames narratrices, participant à construire un paysage sonore à chaque fois singulier, unique et éminemment personnel.

Ces paysages sensibles, loin d’être fixés, figés, pour reprendre une terminologie des arts acousmatiques, seront constamment remis en question par les mises en situation d’écoute proposées, installées, pensées en fonction des circonstances .

J’aime ainsi à penser que chaque lieu visité de l’oreille, arpenté, enregistré, re-composé, est en capacité de créer une parcelle d’écoute singulière, comme un objet presque tangible. Et que cette multitude de parcelles d’écoutes accumulées au fil du temps, mises bout à bout, ou s’imbriquant dans les méandres d’une écriture contextuelle, racontera une histoire d’un monde sonore fragile, en devenir, en chantier permanent. Ce sont des histoires parfois intimes, personnelles, que l’on aura plaisir à partager, peut-être nées au tout départ lors de PAS – Parcours Audio Sensibles in situ, des Marchécoutes généreusement matricielles dans leurs propres et capricieuses contextualités.

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Points d’ouïe, Points de vue, villes chantiers impermanentes

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©photo Mathieu Brèthes

 

Trous, brèches, gravats fissures, coques vides, facades, ossatures, lézardes, poutres, moellons, poussière, béton, rambardes…

La ville chantier se chante et se déchante, en bruissements organiques.

Craquements, sifflements, heurts, fracas, grondements, raclements, gémissements, stridences, échos, roulements, martèlements…

La ville en chantier n’en finit pas de gronder, sans oublier de rire, entre démolitions et résurrections, phénix malgré elle, de pierre, de verre, de briques et de broc.

Chantiers permanents, certains faisant fi du passé, tables rases radicales, ou perspectives ménageant des poches de souvenirs, des rémanences incertaines, des ouvertures à venir, traversées hasardeuses, brèches intemporelles…

Des délaissés, dents creuses, friches, terrains vagues, recoins presque sauvages, enclos à l’abandon, ruines, quasi non lieux, un panel hétéroclite d’agencements pour marcheur impudent…

La ville interstitielle déplace sans arrêt  ses lisières, quitte à s’étonner sans cesse, contraint ses ambitions, ses impatiences chroniques, hésite à reconquérir des espaces encore trop entre-deux.

Étalements voraces, érections urbaniques, la ville louvoie entre verticalité et horizontalité, parfois toutes deux s’imposant, agressivement invasives.

 

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©photos Jeanne Schmid

 

La ville palimpseste, stratifiée, se réécrit sans cesse en couches de bitume, de pierre, de terre et de verdure, lorsque celle-ci survit encore à l’ogresque appétit minéral.

La ville comme paysage sonore n’échappe pas aux chantiers, ceux-là mêmes qui vont la faire vivre, même spasmodiquement, en tous cas perdurer.

Quand tout les chantiers se taisent, les ruines s’imposent alors, sans complexe, avec le silence allant de paire.

Un grand pan de désolation.

La ville ici, n’est pas silence mais chantier.

Elle est sertie, dans un écrin de combes et de forêts dont les contours se font indécis au fil des périphéries repoussées.

Elle est aussi une cité minée, fissurée, malmenée dans son centre, par un cours d’eau souterrain, et sans doute par l’audace inconsciente de bâtisseurs bravant les marécages ancestraux.

Ici, des pieux souterrains, remèdes à l’instabilité, cherchant la roche mère pour asseoir la cité sans qu’elle ne penche et tangue trop, ne craquèle dangereusement.

Ici des chantiers salvateurs luttant sans répit contre l’impermanence intrinsèque des choses. Y compris celles qu’on pourrait croire indestructibles.

Ici les bravades, architectures  édifiantes, défiant l’érosion du temps et des eaux sournoisement complices.

Et tout cela s’entend comme un écho, tout à la fois  proche et lointain, une résonance surannée d’un manifeste d’architecture sonore post Russolo.

Et tout cela se regarde comme le film qui déroulerait le chronos d’une ville fragile et néanmoins résiliante.

 

Résidences artistique « Écoute voir Le Locle, Ponts d’ouïe, Point de vue » avec Jeanne Schmid, à LuXor Factory – Le Locle – octobre 2018

PAS – Parcours Audio Sensible, vers une esthétique de la fragilité

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Est esthétique ce qui recherche la beauté, ou sa définition, voire ses différentes définitions, ce qui tend à cerner la perception, si ce n’est la fabrication du beau, avec toutes les variations culturelles et subjectives de ces notions. Le beau, ou la notion du beau, est donc de ce fait fragile

Est fragile tout ce qui peut se rompre, s’altérer, voire se détruire, ou être anéanti.

L’esthétique de la fragilité cherche à construire une beauté pouvant constamment être remise en question, sans canons académiques figés, mais plutôt dans une inconstance constructive, dans un ressenti aussi mouvant que la marche elle-même.
C’est d’ailleurs enfoncer une porte ouverte que de constater la fragilité des ressentis et sentiments humains. Il en est comme de l’état d’esprit, le moral, comme on dit, d’un marcheur, qui variera au fil des dénivelés, kilomètres, embûches du terrain, conditions météorologiques, forme physique…
Le marcheur peut-être fétu de paille dans la tempête, mais aussi, fort heureusement, roseau résiliant, plus tenace et coriace que jamais.

Quand au PAS – Parcours Audio Sensible, il nous ramène au promeneur écoutant, concentré sur des espaces et périodes où les sons prennent une place des plus importantes dans sa perception du paysage.
Là encore, la non matérialité et non visibilité du sonore, comme une trace vibratoire d’action énergétique, nous ramène une fois de plus à la notion de fragilité, de caractère éphémère.
Le parcours, fut-il tracé, balisé, cartographié, prolongé via différents média-supports, pourra lui aussi être dans une logique de cheminement non définitif, chemin de traverse, soumis à de multiples contraintes, modifiable à l’envi par d’innombrables variantes, ou variations, obstacles, égarements, détours, impasses, impraticabilités chroniques.

Si on considère le PAS comme un geste collectif, ce qu’il est intrinsèquement pour moi, vient alors s’ajouter l’aventure humaine, avec toutes ses beautés justement, mais avec aussi tous les risques de ruptures, de non collectif ou de sa dissolution, d’écoutants disparates, de mayonnaise non prise, quand ce pas n’est l’exacerbation de tensions durant de longue marches.

Dés lors, bâtir une esthétique partagée, sur des terrains semblant aussi incertains, peu balisés parfois, peut relever de la gageure, pour qui s’aventurera dans des territoires aux contours et aux contenus sans cesse mouvants. Mais la société, qu’elle qu’elle soit, n’est-elle pas constamment dans la fragilité et la force conjuguée, d’une perpétuelle transformation.

Par expérience, j’aurais tendance à prendre ici le problème via une pensée positive. Une esthétique de la fragilité viserait ainsi à resserrer des liens dans des territoires géographiquement et politiquement plus ou moins dissouts, si ce n’est dissolus, fragmentés, désagrégés, et à exploiter les faiblesses et situations parfois peu amènes, pétris de de tensions, comme une arme de cohésion massive.
Je parlais il y a peu avec un ami de l’ex ZAD de Notre-Dame-des Landes, terrain d’expérimentations sociales aussi fertile que fragile. Fertile parce que sa précarité, soudant sa militance, a conduit à revisiter et repenser des usages et des rapports sans passer par un modèle étatique souverain. Fragile, c’est ce qui lui a d’ailleurs valu d’être violemment détruit par ce type d’État compresseur, comme on désherberait un terrain envahi d’adventices* indomptées via une grosse dose de Round-Up. La métaphore n’est pas évidemment sans références.

Donc un territoire sonore, au sens large du terme, acoustique, esthétique, social, écologique… s’il est précisé par la marche de l’écoutant, des écoutants, via un dispositif a minima, éphémère et lié aux gré des pratiquants, peut construire des aménités et autres bénéfices équitables. La marche traversant des territoires parfois secoués de violentes crises sociales, ne peut ignorer les tensions, souvent nettement perceptibles à l’écoute, et devrait y trouver force de dialogue, de réflexions, bâties sur des politiques sociales de proximité.
Il ne s’agit pas de mettre en avant le bruit comme une violence supplémentaire, ce qu’il peut être parfois, mais aussi de le considérer comme un révélateur de tensions sous-jacentes, sans toutefois tomber dans un catastrophisme résigné.
Marcher, écouter, c’est aussi prendre le temps, prendre de la distance pour échapper au poncifs amplifiés par des média et réseaux sociaux avides de sensations bon marché et régulièrement fabricants de d’images et clivages populistes.
Occuper le terrain, l’arpenter, n’est pas une position conquérante, donneuse de leçon, mais un acte d’agir in situ, de tout simplement marcher à la rencontre de l’autre, pour entre autre sortir des grands discours pré-mâchés.

En déambulant avec une certaines ténacité, les failles et aspérités sociales du terrain nous apparaîtrons avec sans doute plus de force au tout au moins plus de clarté.
Un jour, marchant avec des ados d’une cité stéphanoise, l’un deux me disait » Ici, t’es comme dans le 9.3, mais la ville (ses politiques), elle s’en fout, elle vient tout juste éteindre les incendies de voitures qui crament, il faut que tu viennes la nuit pour écouter ce qui se passe, … » Alors je l’ai pris au mot, et je suis venu, la nuit, avec le même groupe. Force a été de constater que cette nuit là, tout était particulièrement calme. Le récit construit parfois en interne, fait de la cité comme un espace souvent plus violent qu’elle ne l’est en réalité, fort heureusement.
Ce qui n’exclue pas le mal-être de certains territoires, qui se traduit aussi par des pétarades de motos, rodéos de voitures et langages vif et colorés, à l’invective et à l’injure facile, et des voitures qui brulent. Mais reste l’écoute et dialogue, auxquels je suis très attaché, qu’un marcheur sait généralement enclencher, plus facilement en tous cas qu’un automobiliste plus soucieux de sa voiture, propriété intouchable sur quatre roues.

Marcher et écouter différents lieux, c’est explorer des lisières pas toujours très lisibles, entre centres urbains et périphéries, qui d’ailleurs peuvent glisser d’un coté comme de l’autre au fil des grands travaux d’aménagement et requalifications de quartiers.
Des zones deviennent de vraies enclaves, des presque délaissés, d’autres sont absorbées et nettoyées avec la bonne conscience d’une bienveillante gentrification.
Encore une source de fragilité sans doute, que ces porosités, lisières peu claires, parfois récupérées par des politiques instrumentalisantes, celles dont l’artiste marcheur urbain doit entre autre se méfier pour garder son libre arbitre.

Mais c’est bien sur toutes ces incertitudes et mutations constantes qu’une forme d’esthétique, non pas souverainiste, imposée comme un modèle labélisé « politique de la ville » mais plutôt comme une action concertée sur le terrain, ne serait-que prendre le temps d’écouter ensemble, doit se construire. Prendre conscience, avec le plus de partialité que possible, des fragilités d’un territoire, y compris par l’oreille, c’est aussi entrevoir des améliorations qui ne seraient pas de l’ordre du ravalement de façade, aussi coloré fut-il, mais plutôt d’un dialogue où chacun s’écouterait un peu mieux.
Mettre du rap, tout comme du Mozart, partout ne résoudra pas les problèmes si on ne les écoute pas de l’intérieur.
Ce que j’entends par une esthétique de la fragilité passe tout d’abord par des rapports humains, de bouche à oreille, dirais-je dans ce cas là. Construire de l’écoute, et au-delà une esthétique de l’écoute, c’est chercher des points d’apaisement à même le quartier, à même le social, à même l’écoutant.
Et avec ta ville, tu t’entends comment ?

* Une adventice, appelée également mauvaise herbe, désigne, pour les agriculteurs et les jardiniers, une plante qui pousse dans un endroit (champ, massif…) sans y avoir été intentionnellement installée1. Les adventices sont généralement considérées comme nuisibles à la production agricole, bien qu’elles puissent également être bénéfiques.
Leur contrôle est le principal objectif des pratiques agricoles de désherbage.

Point d’ouïe, portraits, cartographies…

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Traces vibratiles de David Bartholoméo , PAS – Parcours Audio Sensible en duo –  Ile Barbe Lyon 9e – Projet collectif Titre à venir, autour de l’anthropocène

Supposons que le territoire, le paysage, soient aussi sonores. Et ils le sont, pour le meilleur et pour le pire.

Supposons que nous voulions, avec des résidents, des enfants, d’autres, tout d’abord les marcher, les écouter, les apprivoiser.

Supposons que, avec les mêmes personnes, nous voulions en dessiner leurs contours, même mouvants, à l’oreille, les cartographier, en faire, par différents dispositifs et médias, un, ou une série de portraits sensibles, auriculaires…

Il n’y a plus qu’à…

Points d’ouïe, Le paysage sonore, exercices de logique sans a priori, ou presque

 

9369_10200865785583470_211076436_nPar déduction (syllogistique)
Tous les paysages sonores sont bruyants
La ville est un paysage sonore.
Donc la ville est bruyante

Par induction (anti syllogistique)
Tous les matin, j’entends les sirènes des véhicules de pompiers qui quittent leurs casernes.
La ville résonne comme une caserne de pompiers.
La ville, et au-delà, est une immense caserne de pompiers, à deux tons.

Par analogie
L’environnement sonore urbain est au concert ce qu’est le grand vacarme qu’ont orchestré des Fluxus, Russolo et autres metallo-noisy réunis.

Par intentionnalité (phénoménologique)
A travers le chant d’un oiseau en cage (enfin des oiseaux !), j’entends la grande symphonie de la nature. Merci Monsieur Krauss !

Par l’effet de synthèse (a priori)
L ‘environnement sonore est menacé, comme du reste tout autre environnement. il est de ce fait dangereux car il sera à la fois le fossoyeur et le tombeau de nos oreilles exsangues

Par la compréhension (ou l’inverse)
Le paysage sonore est d’autant plus insaisissable qu’il nous révèle toute sa subjectivité culturelle et par-delà, le côté acoustiquement instable de son approche.

Par l’imagination
La sirène d’un camion de pompier est posée sur un rocher, au centre d’une fontaine, pour attirer à elle toutes les voitures de la villes.

 

Part du rêve. Bien sûr, au-delà de ces exercices de style, on peut toujours parcourir un paysage sonore, celui que l’on se construit en marchant par exemple, en recherchant des affinités plus généreusement apaisées…

Parcours et paysages sonores, des oreilles, des pas et des mots

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Depuis longtemps je me pose la question de ma propre perception du monde sonore environnant, et des interactions complexes entre vie sociale, monde sensible, création artistique, environnement, paysage et territoire auriculaires…

Comment les questions écologiques, écosophiques, sociales, patrimoniales, politiques, résonnent-elles entre mes deux oreilles ? Quelles sont les moyens de représentation, d’analyse, de partage, qui me permettraient de comprendre un tant soit peu plus finement mes espaces auriculaires, les stimuli qu’ils déclenchent, les modes de vie et de pensée qu’ils influent ?

Je relie alors des pratiques qui me sont familières, et au final chères. L’écoute est bien entendu au tout premier plan. La marche s’impose d’emblée comme une pratique spatio-temporelle, kinesthésique, sensible, vectrice d’une énergie intellectuelle connectée, traversant moult éc(h)o systèmes, m’immergeant dans des ambiances plurisensorielles. Et enfin, le mot, la description textuelle, voire même littéraire m’ apportent de nouveaux modus operandi, qui eux-même peuvent m’amener à une forme de distanciation féconde.

Je convoque alors le récit, la narration, la description littéraire, ou littérale, sensible, poétique, analytique, phénoménologique, sémantique, l’inventaire, la liste, le journal (de bord, de voyage, intime), le carnet de notes, la fiche (pratique, de lecture, de renseignement), le glossaire, l’abécédaire, le corpus, la note, le renseignement, la consigne… Je cherche l’espace, le moment où le mot, le texte, l’écrit, peuvent élargir, et/ou rafraichir l’écoute et ainsi l’appréhension environnementale pour les conduire vers des approches plus pertinentes. Quand le fait de s’assoir longuement sur un banc, ici ou là, ou de traverser la ville à pied, armé de mon carnet et de mon stylo, fait de moi un marcheur (plus) impliqué.

Un croisement d’actions et de réflexions est sans doute plus que jamais nécessaire pour démêler un brin la complexité du monde, en saisir les prémices de ses innombrables hybridations, ne pas trop s’y noyer, et surtout rester socialement connecté au territoire. Car si le paysage sonore est esthétique, le territoire sonore est tout d’abord et avant tout social. Dissocier ces deux réalités amputerait ma, notre perception environnementale d’une bonne partie de sa crédibilité, de sa force, voire de sa légitimité.