INAUGURATION D’UN POINT D’OUÏE À MONTBARD

MONTBARD, DOUBLE POINT D’OUÏE ET LIGNE D’ÉCOUTE

 

Parc du château Buffon de Montbard, le lundi 18 juillet à 16H, pour la World Listening Day

 

28435036656_5bf8bbb260_n1Crédit photo @Yuko Katori

Jour J-1, 17 juillet vers 12H, repérage
Nous avons envisagé cette inauguration sur le site du Parc du château Buffon, car sa position dominante sur la vallée, ses différentes terrasses, chemins, falaises et escaliers donnent l’occasion d’effectuer un PAS-Parcours Audio Sensible préalable, riche en diversités acoustiques. C’est une façon de se mettre l’oreille en appétit avant la cérémonie d’inauguration elle-même.
Je découvre à cette occasion, merci à l’ami Jean Voguet qui m’accompagne dans l’écoute et me guide pour cette préparation, un chemin-escalier escarpé et sinueux, qui longe une enceintes extérieure du parc Buffon, et fera une belle entame de promenade écoute.
Lors du repérage, nous arrivons au sommet du sentier-escalier à midi tout juste, au pied de l’église du château, dont la cloche nous gratifie à point nommé d’une belle volée, pour l’angélus de la mi-journée. Un arrêt s’impose pour profiter de cet appel d’airain, juste sur nos têtes, car je sais pertinemment que nous ne l’entendrons pas demain. Cette longue volée n’en finit pas de s’éteindre, espaçant progressivement ses coups, nous faisant croire que c’est le dernier, avant que de repartir sur son inertie du mouvement balancier. C’est un beau decrescendo, un ralentissement capricieux, qui nous fait entendre, dans les derniers silences de plus en plus longs, l’étrange bourdonnement, un brin « faux », ou en tout cas inharmonique, comme diraient les acousticiens, de la cloche battante.
Ces derniers battements éteints, un chant nous parvient, ponctué de paroles dans une résonance très accentuée. Il s’agit de la sortie de la messe dominicale, qui s’échappent des fenêtrons de l’église et par la porte principale ouverte. L’orgue s’’y joint, véloce et magistral, remarquablement bien joué du reste… Un enchainement d’une belle séquence sonore que nous n’aurons pas non plus demain, pour le parcours officiel. Tel est la vie  toujours changeante d’un paysage sonore, au jour le jour. Demain sera tout autre à l’oreille !
Arrivé sur la terrasse haute du parc, nous pensons à deux points d’ouïe possibles, que nous avons préalablement déjà écoutés, lors de la préparation et de l’installation plastique et sonore Canopée.
Un choix cornélien qui nous fait prendre une décision pour trouver un nouveau modèle de points d’ouïe, inédit et donc inouïe. Il sera cette fois-ci double, relié par  une ligne d’ouïe, une ligne d’écoute, permettant le passage auriculaire, en marchant d’un point à l’autre. Explication au chapitre suivant.

28467646675_528889590a_kCrédit photo @Yuko Katori

Jour J – 18 juillet à 16 – PAS et inauguration
Rendez vous dans la cours du Musée Buffon, en présence de Madame le Maire, le Directeur culturel du musée, et un groupe d’oreilles curieuses, intriguées par l’étrange idée d’inaugurer un Point d’ouïe.
Temps chaud, très chaud, voire caniculaire.
Un petit moment d’explication autour de la World Listening Day, des principes d’écologie sonore que défend cette journée, de la notion de PAS* ou de son histoire aux regards des soundwalks Canadiens et Nord-Américains.
Nous nous ébranlons, dans cette marche d’écoute collective, que je guide une fois de plus, avec ce sentiment de bien-être, de joie même, lié à ces moments de partage où l’on sent une énergie, celle de l’écoute partagée, qui émane de notre petite communauté du moment. Je répète souvent cela, mais c’est tellement énergisant dans un monde parfois timoré, où la communication se fait très (trop) souvent à coup de mails, de chats et de SMS. J’arrête là cette digression sociale pour reprendre le fil de la marche, et de l’écoute.
Nous gravissons progressivement de très anciens escaliers, entre deux murs épais, longeant le parc du château. Une toute petite partie de la ville se montre, cernée, cadrée, encadrée dirais-je, par une fenêtre visuelle et auditive, tranche verticale de ville qui dessine derrière nous. Nous nous retournons, lui faisons face de temps à autre, au fil des paliers, pour la regarder/écouter. A un moment, bel impromptu, presque à croire qu’il était programmé, une mobylette passe, gaz à fond, dans cette partie escarpée. Elle s’affiche brièvement dans l’encadrement en contre-bas. On l’entend arriver, sans la voir, dans un premier temps, dans un crescendo bourdonnant. Puis elle franchit très vite notre espace-fenêtre, le son subitement perçu très fort, disparait assez vite, laissant se réinstaller une calme et ténue rumeur urbaine. J’adore ces instants où l’on découpe l’écoute en fenêtres spatio-temporelles, très fréquentes dans l’espace urbain, effets garantis, et qui sont visiblement fort appréciés des promeneurs.
Un peu plus haut, dans le même chemin, je décide de décaler l’écoute en installant, via de mini haut-parleurs autonomes, huit sources sonores forestières et aquatiques, micros bulles sonores spatialisées, qui se répondent et s’installent de façon presque incongrue dans ce lieu minéral. Instant d’écoute acousmatique, après lequel nous laisserons à nouveau se réinstaller les sons « naturels » de l’espace.
En haut de l’escalier, plusieurs virages à angles droits viennent nous couper de la ville, nous sommes enserrés par les murs et les sons urbains étouffés par ces derniers, seule la gente avicole permet une sorte de continuité, notamment avec un beau chant d’oiseau. C’est un merle virtuose, fier et impétueux, qui semble nous suivre, et nous guider vers le haut.
Débouché sur la terrasse supérieure, qui domine Montbard sur deux versants Est et Ouest. Nous écoutons tout d’abord le centre du parc, où des sonorités assez indéfinies émergent des deux vallées, avant que de longer la muraille Ouest, donnant une vue sur le versant plus rural de la ville. Au bas, de grands arbres qui bruissonnent sous les caresses du vent. En contre-bas, des usines, des aciéries, muettes à cette période estivale, mais qui, aux dires des promeneurs, rythment la vie de la ville par leurs sons des « tubes » manipulés, barres métalliques fabriquées ici, et signature acoustique locale incontournable. On peut d’ailleurs jouer aux sons-fantômes, à les entendre dans sa tête, surtout que nombre d’entre nous les connaissent pour les avoir déjà entendus, et peut-être même écoutés, qui sait.
Quelques oiseaux rythment notre marche, mais la chaleur étant assez prégnante, beaucoup moins que ce que nous avons connus précédemment, lors de l’installation de Canopée, où choucas, corbeaux et passereaux se partageaient les arbres avec forces cris, surtout choucas et corbeaux ! Ici, ce sont plutôt des chants isolés, ciselés, discrets par rapport à certaines périodes d’écoute dans ce même parc.
Arrivés contre la tour située à l’extrémité de la terrasse supérieure, nous profitons du surplomb pour écouter, en contre-bas, l’installation sonore et avicole d’un certain Desartsonnants, vue et entendue du haut, effet canopée oblige. Des sons d’oiseaux, un brin remaniés il est vrai, émergent ici et là, se mêlant aux « vrais» oiseaux, semant parfois le doute sur le qui est qui, qui est rapporté et qui est indigène, qui est un véritable syrinx emplumé et qui se cache derrière un micro-haut parleur suspendu sous la frondaison sylvestre.
Puis nous revenons vers le centre du parc, pour préciser notre choix sur le, ou plutôt les points d’ouïe. en effet, cette terrasse haute du parc domine deux versants très différents de la vallée, côté Ouest et côté Est, avec des couleurs sonores, ambiances, sources, effets acoustiques somme toute très différents. Côté  Ouest, une rumeur tranquille, des arbres bruissonnants, la rocade au loin… Côté Est, la ville très proche  à nos pieds, des voitures, des voix, des sons plus émergents, plus diversifiés et plus denses sans doute, selon les heures et les saisons.
Cruel dilemme, choix cornélien, quel point d’ouïe élire pour l’inauguration ?
Réponse adaptée à ce cas de figure particulier : les deux – un à l’ouest, l’autre à l’Est, quasiment en vis à vis. Nous décidons de tracer entre les deux, pour les réunir, une ligne d’ouïe immatérielle, empruntant un chemin qui mène l’écoutant d’un site auriculaire à l’autre. Il nous faut le parcourir lentement, pour apprécier, dans un long fondu-enchainé, la transition d’une ambiance à l’autre, la transformation progressive du paysage sonore d’un versant à l’autre. Bel exercice d’écoute entre ces deux espaces panoramique, et un lieu rêvé en fait.
Point Est, nous inaugurons officiellement le Point d’ouïe. Madame le Maire, dans son discours inaugural, nous parle avec beaucoup d’à propos et de finesse, d’écoute, de paysages, de vie sociale, de territoire à  entendre, de signatures sonores locales…
Nous inaugurons officiellement ce lieu d’écoute par quelques minutes, non pas de silence, mais d’écoute justement.
Quelques jeux acoustiques, des longue-ouïes pour porter une oreille sur la vallée, et le fait de faire entendre comment, en reculant de quelques pas du mur d’enceinte vers l’intérieur du parc, les sons de la ville s’estompent très rapidement pour laisser place à ceux du parc, et vice versa en avançant vers le mur.
Nous parlons avec la municipalité de la matérialisation, de la localisation et de la pérennisations des points d’écoute, par de petits panels – consignes, qui expliquent in situ, en quelques mots la finalité de ce « portée d’oreilles ». Reste à voir les formes possibles, le parc étant sur un site classé aux Monuments Historiques et donc protégé. Si l’écoute y est totalement libre, l’affichage d’informations pérennes reste soumis à la validation des architectes des bâtiments de France.
Nous finissons par une dernière visite écoute de l’installation Canopée, en empruntant un bel « escalier noir « , à l’acoustique très intime, avant de déboucher sur la terrasse inférieure, vers de toutes autres ambiances visuelles et sonores, au pied d’une falaise sur laquelle se dresse le château Buffon.
Nous nous disons une dernière fois que ce très beau parc constitue un terrain et un écrin d’écoute vraiment privilégié et presque incontournable.
Nous y reviendrons d’ailleurs pour d’autres PAS lors des Journées du Patrimoine, en septembre 2016.
Grâce aux partenariats avec la ville de Montbard, CRANE-Lab, le musée Buffon, Desartsonnants, le festival Ex-voO, Montbard est devenu cette année un lieu d’écoute remarquable et je l’espère remarqué.
Départ pour le deuxième site point d’ouïe à inaugurer dans cette journée, le Prieuré de Vausse, à Châtel-Gérard toujours dans cette belle région de l’auxois. A suivre donc !

Album photo : https://www.flickr.com/photos/desartsonnants/albums/72157670650748791 –  Crédit photo @Uko Katori

Cartographie : ICI

 

* Parcours Audio Sensibles – @Desartsonnants

 

 

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DÉTAIL D’UN PARCOURS AUDIO SENSIBLE

L’OREILLE AU PIED DU MUR,  TOUT EN DOUCEUR!

Parce, à un endroit d’une balade sensible,  nous nous trouvons face à de très belles parois, anfractuosités d’ombres et de lumières, veinées d’une riche  palette de gris et d’ocres… Parce quelles nous invitent à nous y arrêter, à les regarder de près, de très près, à les caresser, fraiches, douces, glissantes sous les doigts… Pare qu’on est invité à les respirer à plein nez, à sentir leurs odeurs de roches mouillées, d’humus, entre senteurs organiques et minéralités olfactives.

Et parce qu’enfin, elles ruissellent délicatement. Nuée de gouttelettes plic-plocantes, tintinabulantes, symphonie cristalline, délicate, en micro pointillés, l’oreille tout près des sources, tout près  du bonheur absolu !

 

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Crédit Photo  Jeanne Schmidt

Ballades dans le Vallon Le livret/guide

Journées des alternatives urbaines, Lausanne 2015

POINTS D’OUÏE EN QUÊTE DE LIEUX À INAUGURER

INAUGURATIONS DE POINTS D’OUÏE, RECHERCHE LIEUX ET PARTENAIRES

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De quoi s’agit-il ?
Un promeneur écoutant, artiste militant pour l’écologie sonore et une belle écoute, investit les lieux (ville, quartier, parc, village, site touristique…), il les arpente oreilles grandes ouvertes.
Il en repère les espaces qui sonnent joliment.
Il les enregistre.
Il en crée une carte postale sonore in situ.
Il écrit, décrit ses expériences acoustiques.
Il conçoit une promenade écoute, un PAS – Parcours Audio Sensible.
Il invite habitants, élus, curieux à une écoute déambulatoire collective, paysages sonores partagés de concert.
Au terme de celle-ci, nous procédons à une inauguration officielle d’un site choisi – Discours, minutes d’écoute et cérémonie auriculaire, en présence d’élus et du public.

Possibilité d’ateliers enfants, scolaires, étudiants, tout public au préalable, sur la thématique du paysage sonore.

Le site et toutes les traces multimédia sont enregistrés dans un répertoire en ligne (cartographie et blog).

Ces points d’ouïe inaugurés cherchent d’autres lieux, si l’oreille vous en dit : desartsonnants@gmail.com

DRÉE :
https://desartsonnantsbis.com/2015/07/19/point-douie-dree-en-ecoute/

MARSEILLE :
https://desartsonnantsbis.com/2015/11/18/inauguration-dun-nouveau-points-douie-a-marseille/

Maps/Cartographie : https://www.google.com/maps/d/viewer?hl=fr&authuser=0&mid=zmz5C2T1i7vc.kxZREXCV22oY

 

À venir sur 2016
Montbard (21) (World Listening Day) – 18 Juillet 2016

Pieuré de Vausse (21) (World Listening Day) – 18 Juillet 2016

Mons (BE) – City Sonic – Septembre 2016

 

@ Desartsonnants « Inaugurations de points d’ouïe » – @ Desartsonnants « Inaugurations sweet spots »

LA PLASTICITÉ SONORE DE LA VILLE À L’ÉPREUVE DE LA MARCHE

PAS À PAS,  L’ÉCOUTE COMPOSÉE

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PLASTICITÉ
La ville possède intrinsèquement une plasticité sonore
des reliefs
des dynamiques
des creux
des excès
des fondus
des amortissements
des disparitions
des couleurs
des atténuations
des premiers
seconds
arrière-plans

Symbiose – Le son façonne la ville comme la ville façonne le son

 

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RYTHMICITÉ
La marche comme une répétition hypnotique du paysage urbain
un état de conscience entre stimulation et rêverie.
Le corps arpente
prend la mesure
oreille aiguisée
mais aussi la vue
l’odorat,
le toucher
la marche comme une stimulation trans-sensorielle
le pas qui marque le tempo
transitions en tranches de villes
le détail qui s’épaissit
le détail qui construit un sens
pas sens unique
plutôt plusieurs
entremêlés
à choisir
à s’y perdre
directions indécises
Faisceau
rai de lumière
chuintement végétal
odeur d’humus
la marche en tous les sens
urbanique rythmicité
de micro scènes en micro scènes
jusqu’au paysage
peut-être.

 

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PROMENEUR COMPOSITEUR
Faire son chemin
chemin faisant
écrire
en marchant
faire de la ville un clavier
un instrument à vent
des cordes tendues
une percussion composite
une série de caprices
à l’improviste
droit devant
un pas de côté
une oreille en coin
zigzaguant
sautillant
flânant
explorant
errant
selon un itinéraire
en chemin de traverse
suivre les traces du son
les construire
les assembler
le cours d’un fleuve
parcs traversés
marchés vivants
des impromptus
des fils d’écoute
interactions corps sons
interactions sons corps
aller vers
laisser venir
rajouter si besoin
la ville s’entend
ville danse
ville marche – ville musique
silence parfois
ou presque
ruptures et glissements
performance en mode doux
souterrain résonance
succession d’ambiances
traversées à dessein
ou traversées par hasard
rencontres
des hommes
des sons
une ville
des villes
encore
en corps
des villes
plastiques

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POINTS D’OUÏE ET SCÉNOPHONIES

POINTS D’OUÏE
Scénographies de paysages sonores « au naturel »

Pour donner à entendre, voire à écouter un paysage, à l’apprécier jusque dans ses formes en apparence les plus intimes, anodines , sinon triviales, il faut parfois installer un cadre d’écoute surprenant.

La question serait, comment faire en sorte que l’écoute paysagère devienne source de plaisir, musicale, éphémère, sans pour autant rajouter quel que sons que ce fut.

Prôner une belle écoute suppose de ne pas entrer dans le jeu de la surenchère acoustique.

Il s’agit donc de mettre en écoute, en scène, les élément sonores de l’espace même, en un lieu et à un moment donné, et de les mettre à disposition de l’écoutant potentiel, à portée d’oreille, sans autre artifice que les sons eux-même.

Poser un cadre d’écoute qui invite l’écoutant à se poser, en toute simplicité, et à tendre l’oreille, sans plus, ce qui est déjà beaucoup.

Organiser une sorte de musée exposition in situ, dans lesquels les sons sont au centre de la médiation.

Choisir un lieu qui s’y prête, acoustiquement pas trop saturé.

L’envisager comme un cadre de vue et d’écoute. L’un stimulant l’autre, et vice et versa…

L’installer dans l’espace public, même de façon très temporaire.

S’y installer. Avec d’autres…

Décaler aussi le regard pour décaler l’audition, rendre la scène poétiquement sonore.

Construire et disposer des images, des scénographies, des mobiliers, des signes qui infléchiront des postures d’écoute…

Provoquer l’imaginaire
…
Si nécessaire, puisez dans l’existant, peut-être en le détournant de son ou de ses usages.


 Si cette question vous questionne, un projet in situ ?… desartsonnants@gmail.com

 

En images, cela peut donner ceci

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GÉOGRAPHIE AURICULAIRE – QUIET SOUNDSCAPE

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Géographie auriculaire et récits de calmes paysages

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Marcher n’est pas une finalité en soit, ni même écouter, serait-ce en marchant.
Un marcheur écoutant sachant marcher et écouter marche t-il toujours en écoutant, ou bien écoute t-il toujours en, marchant ? Question métaphysique, rien n’est moins sûr.
Les soundwalks, ou balades sonore ou PAS – Parcours Audio Sensibles, dans la terminologie desartsonnantes, seraient-elles propices à créer et à entretenir le récit, un récit, des récits, ceux d’univers sonores aussi multiples qu’il existe de lieux, de situations, et sans doute de paires d’oreilles ?
Le récit fait-il vraiment état de l’audible, au même titre que l’audible s’écrirait dans un récit ?
Récits de ville, expériences de terrain, parcours partagés, tranches de ville et de vie, choses entendues, sous-entendues et imaginées, quelque soit le sens, les sens, l’essence de la marche, la chose entendue et racontée me semble  primordiale, même dans son intrinsèque fugacité sonifère.
Avec ou sans parole, la transmission, le partage d’une exploration sensible, paraissent mettre au diapason de l’écoute différentes sensibilités, en même temps qu’ils font émerger des degrés d’analyses plus ou moins consciente, des situations d’immersion existantes, des plongées urbaines, ou non, concertantes et concertées, des menus ou de grands plaisirs, a priori à portée d’oreilles.
Mais à quelles, ou de quelles oreilles parle t-on ? Oreille interne, externe, impliquée, appliquée, novice, habituée, experte… ?
Pour en revenir à a marche versus écoute, elle nous construit en même temps qu’elle participe à construire nos propres environnements, y compris sonores.
La marche, ici envisagée comme une soundwalk, nous stimule dans l’approche d’une géographie auriculaire – auriculaire donc très singulière.
Nous avons affaire à la singularité de l’inouï, de l’in ouïe, du décalage induit par la mise en avant du sonore, qui prend ici la pas sur d’autres modes de perceptions, tout en ne les effaçant pas.
La marche, et en particulier la balade sonore, nous questionnent et peuvent nous aider à :
créer des chemins d’écoute, les nôtres propres, ou ceux qui seront arpentés, voire conçus collectivement
en dresser les profils, les reliefs, les détours, les embûches, les spécificités, les attraits
entrevoir et concevoir des espaces comme de véritables  territoires inouïs, avec leurs espaces spécifiques, leurs volumes, plans, fonctions, usages
Imaginer et fabriquer des représentations, des images, des partitions, des collections, des inventaires, des cartes
trouver des points de repères auditifs structurant de façon spatio-temporelle l’espace, ou s’y perdre, à l’envi
aller de points d’ouïe en points d’ouïe, cheminer, s’inventer des sortes de pèlerinages sonores, se fixer des marqueurs auriculaires nous ancrant dans les paysages familiers ou exotiques, endogènes, ou exogènes
guider, flâner, parcourir, arpenter, se laisser conduire ou bien errer, tout simplement, si tant est que l’errance soit vraiment chose simple
baliser son chemin, le faire itinéraire, parcours repéré, tout en restant ouvert à l’imprévu, aux chemins de traverse, à l’improviste et à une forme d’improvisation en marche
chercher à bien, ou à mieux s’entendre, ou non, avec des lieux, sa ville, son quartier, les écoutants potentiels avec lesquels nous pourrions partager nos écoutes…

Ces propositions s’appuient en fait très largement sur les expériences in situ, à un moment donné, sur des récits personnels, des géographies sensibles, n’étant peut-être qu’hypothèses, tentatives d’échappées, ou rêveries. Sans doute n’influeront-elles que le marcheur qui veut bien y prêter l’oreille.

Ce sont là  des axes de recherches et de réflexion  bâtis sur de l’immatériel, des objets d’écoute et ambiances  intangibles, éphémères, laissant ainsi, fort heureusement, prise à un imaginaire latent. Cet imaginaire pourrait d’ailleurs bien vite brouiller les cartes, dans toutes la polysémie du terme, et ainsi détourner, mettre en difficulté toute orientation, même des écoutants les plus avertis et aguerris.

Géographiquement parlant.
C’est une géographie bâtie sur la fragilité, la versatilité et les caprices du récit, et donc aussi sur les lacunes du récitant, de sa partialité, de sa mémoire subjective, versatile et fragile.
C’est une géographie du sensible qui sera donc décryptée très personnellement, selon les personnes qui voudront bien prendre pied sur les territoires qu’elle tend à dessiner, et en fonction de ce qui s’y passera.
C’est une géographie de l’instant, du moment, susceptible d’être remise en cause par le chamboulement urbanistique d’une métropole, un orage subit, le passage d’un troupeau ensonnaillé, l’envol d’un oiseau, et bien d’autres micro ou macro événements, à court ou à long terme…
C’est une géographie qui trace des contours incertains autant que mouvants, des espaces poreux, des transversalité, des interstices capricieux, des trompe-l’oreille pouvant égarer, souvent avec bonheur, le promeneur écoutant.
C’est une géographie qui n’est pas pressée de se construire, déployant ses cartes au pas à pas, dans le sens de la marche, ou à contre sens, y compris lorsque la déambulation tend à devenir erratique.

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Bref les paysages sonores, dans leurs dimensions spatio-temporelles, qui alimenteront les récits, ce derniers pouvant, par réciprocité, créer les paysages, n’auront de véritables existences qui si nous les entendons, voire les écoutons, et plus encore, les pratiquons. Pratique d’arpentage parfois obstinée qui peut aller jusqu’à une forme d’usure, une érosion du terrain comme de sa représentation, qui mettrait à nu de nouvelles strates soniques.
Il en ira de même pour une géographie sonore, tissée de récits, et/ou tissant des récits, qui n’existera que si des écoutants veulent bien s’engager dans des terrains semés et tissés de sonorités, parfois clairsemées, parfois touffues, où il s’agira de se frayer un chemin d’écoute à travers sons, voire de le débroussailler. Du magma sonore initial à l’apprivoisement de particules auriculaires, vers l’invention du quiet soundscape.

Il convient en tous cas de se garder une marge de manœuvre qui préservera des espaces acoustiques imaginaires, des lieux où l’oreille puisse encore rêver, s’évader, détourner et tordre les paysages quotidiens, pour ré-émerveiller la cité, la forêt, le jardin… La géographie, plus qu’une matière scolaire ou scientifique, nous permettant de situer des lieux, des pays, des villes, m’a toujours fait rêver d’horizons lointains, iles de Robinson ou grand Nord de Jack London, villes du passé ou cités du futur, façon science friction… L’utopie de paysages sonores qui seraient inscrits dans une géographie à la mesure d’un promeneur écoutant, dans sa quiète et longue temporalité, qui résisterait tant que faire ce peut à la folle course/croissance/excroissance, reste un projet collectif. Un projet de terrain, de territoire, une quête d’espaces qualitatifs, auditivement vivables,  jalonnés de « Points d’ouïe », façon Desartsonnants, des sortes de bornes-repères, aussi réels et identifiés qu’immatériels et symboliques, objets d’étude comme espaces oniriques et oasis de calme. Espaces où le promeneur écoutant pourrait faire halte pour y retrouver des équilibres salutaires.

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RADICALISATION DOUCE DE L’ÉCOUTE

RADICALISATION DOUCE DE L’ÉCOUTE, paysages à perte d’ouïe

Choisir un lieu

Quel qu’il soit

Choisi comme point d’ouïe

S’y arrêter

S’y asseoir

Y écouter

Longuement

Très longuement

Très très longuement

Voire plus

Si affinité

Seul

Ou en groupe

A perte d’entendement…

Recommencer

Inlassablement

Ici-même ou ailleurs

Ce geste d’entendement

Jusqu’à saisir enfin

A force d’obstination

L’altérité sonore

Des lieux auriculés

N’en garder à l’esprit

Que leur trace éphémère

Collections sonifères

Des écoutes entêtées…

 

Point d’ouïe et glougloutis

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Point d’ouïe, point de fuite sur bancs d’écoute

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Point d’ouïe, dans le calme de la nuit épiée

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