Marchécoutérésister

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Parfois, marcher me fait écouter, autrement.
Parfois, écouter me fait marcher, autrement.
Souvent, les deux vont de pair, comme compères.

L’écologie/écosophie s’en mêlent, ou s’emmêlent, ou s’entremêlent, un brin lucides et conscientes de mes tiraillements internes, factuels autant qu’éthiques.

La, ou plutôt « le » politique, est intrinsèquement convoqué, comme une conscience, de sociabilités en luttes, en mouvement, en mutation, donc d’autant plus fragiles;
comme un potentiel creuset des gestes et d’idées tentant de dépasser les clivages aux visées dangereusement partisanes, celles enfermées dans des logiques égocentriques qui construisent des murs de non-dialogues, des frontières, y compris celles de doctrines cultivant de violents clivages sciemment exacerbés.

Marchécouter, c’est aussi, au-delà d’une approche sensible, positive, d’un esthétisme jouissif, agir pour une prise de conscience en devenir, qui titillerait l’oreille comme autant d’alarmes sonores sociétales et environnementales, si tant est qu’elles soient dissociables.

Marchécouter, c’est avoir à l’esprit, et/ou construire des mises en garde tentant de déchiffrer les discours pernicieux, les idéologies fabriquant en masse de la pensée unique mortifère, entretenant des fossés sociaux pour éroder, voire éradiquer toute contestation au jour le jour, quand ce n’est pas dénier des urgences bien réelles. En mode écoute active, engagée, impliquée.

Marchécouter c’est bâtir une résistance au fil des PAS, y compris au collapséime ambiant, une résistance même infime et parcellaire, en mode pacifique, mais pour autant non passive et attentiste, tant s’en faut.

À l’approche de 2020, si je persisterai à rechercher encore et encore les aménités, les oasis d’écoute, les actions participatives, relationnelles, bienveillantes, les croisements transdisciplinaires, transmédia. Mon oreille et mes pieds tenterons de tracer, autant que faire se peut, des zones de résistances auriculaires, tant intellectuelles, sensibles, sociales, que factuelles, et surtout je l’espère, humaines.

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Point d’ouïe – Pratiquer le Zone’Art

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Démarche essentiellement urbaine, en ce qui me concerne, pratiquer le Zone’Art, voire être Zone’Art.

Zone’Art pentage
Souvent entre chiens et loups, nuit tombante, voire plus tard, si ce n’est bien plus tard. Errances, déambulations au hasard des rues, des quartiers, parcs, places, escaliers, impasses, parcours d’instinct, au fil des choses croisées, vues, entendues, entr’aperçues… Post debordage. Dans des villes connues, celle où je vis par exemple, celles parcourues régulièrement, pleines de balises apprivoisées, ou en cités abordées de prime abord, ou depuis peu. Espaces peuplés d’inconnu(s) et réservoir de surprises sensorielles, lieux d’excitantes perditions géographiques, fabriques de repères en chantiers, parfois catalyseurs de dépaysements exosoniques, exotoniques. Pensées vagabondes, souvent fugaces, fugitives, recouvertes par d’autres, au fil des pas. Zone’Arthétérotopique.

Puis le besoin de pause se fait sentir.

Zone’Art soyez vous donc
Un banc, un recoin de muret, d’escaliers… Pause. Ne plus aller vers les choses, les gens, les laisser venir à moi, ou pas. Immersion, être au cœur d’une ville, même dans sa périphérie, ses lisières, plongée dans ses sons, lumières, mouvements, rythmes, ambiances, météo comprise, palpitations plus ou moins ténues, effrénées, mi-figue, mi-raisin… Regarder, écouter, lire, noter, rêvasser, échafauder des scénari, des plans d’actions, plus ou moins réalistes, laisser murir l’idée, celle qui parait pertinente, avoir des velléités d’écriture, désirs d’actions, de rencontres, creuser les choses, différemment… Croiser le chemin de passants, connus ou inconnus. Renseigner sur une direction, échanger sur la pluie et le beau temps, sur le roman qu’on lit, sur l’anecdote, le front social grondant, la galère quotidienne de celui qui a juste envie de s’épancher, et qu’on l’écoute un peu. Banc d’écoute, j’y reviens. Bureau nomade avec ses points habituels, ponctuels, ponctuant, et ses nouveaux spots Zone’Artendus. Parfois, voire souvent Art du presque rien. Zone’Artborés, bordés, ceux de la vie à ciel ouvert, du prendre place à 360°, assises hors-les-murs, espaces du fragile et du solide concomitant. Zone’ Artifices, sans cesse réécrits, pour le meilleur et pour le pire.

Zone’Artchitecture, urbaine, urbanique, lieux publics où vivent et parfois survivent certains, qui auraient pu presque être citoyens. Lieux qui peuvent se donner à entendre si on leurs prête l’oreille. Donner du grain à moudre à mes oreilles, perpétuelles insatisfaites, mais réjouies aussi.

 

PAS – Parcours Audio Sensible Approche kinesthésique et sensible d’un territoire à l’aune du duo photographie/phonographie

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« Le veilleur retient son souffle… jusqu’à entendre le jour se lever » Marc Dugardin, Fragments du jour (Rougerie, 2004)

Un projet en chantier

Tracer, en marchant, un paysage sensible via les interactions du regard et de l’écoute, entre similitudes et dissemblances. Un travail en duo avec un phonographe et un photographe, ou l’inverse

Polysémie de la trace

– Traces et tracés indiciels, chasser, pister, chercher des traces, repérer ce qui peut nous mettre sur la voie, suivre la piste, suivre à la trace, épier, placer des signe, jeux de piste…
– Traces et tracés conceptuels, dessiner, esquisser, brosser à grand traits, portraiturer, crobarder, mettre en plan, en carte, composer avec des images, avec des sons, avec les deux, faire contrepoint…
– Traces et tracés mémoriels, garder, sauvegarder, mettre en forme des traces, archiver, mémoriser, patrimonialiser, collecter, organiser des traces matériaux et supports d’écritures croisées…

Questionnements

Comment faire paysage par l’image et le son comme média contrapuntiques ?
Comment faire intéragir les traces (audiovisuelles) dans une approche hétérotopique ?
Comment trouver les points de convergences tout en conservant les singularités, jouer dans les interstices du semblable et du dissemblable, du différent et du similaire ?
Comment ces jeux de frottements transmédia, intermédia, favorisent-ils des modes de perception, d’interprétation et de représentation singulières ?

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Desartsonnants@gmail.com
https://desartsonnantsbis.com/

PS :  Si un, une photographe est intéressé-e pour réfléchagir et croiser des expériences sur ces problématiques

PEEP #16 Ambiances – Natacha Cyrulnik & Gilles Malatray

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Séminaire Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques

Ambiances

Mercredi 18 décembre 2019 de 09:30 à 12:30

IMéRA, Maison des Astronomes 2 Place Le verrier 13004 Marseille Entrée libre

L’ambiance a une longue histoire dans les pratiques d’écoute. Commençons par exemple, avec la musique d’ameublement de Éric Satie. Avec l’arrivée de l’écologie sonore, le « World Soundscape Project » et en France CRESSON, l’ambiance devient également sujet de recherches et de pratiques artistiques. Aujourd’hui, le terme nous évoque un champ d’investigation interdisciplinaire autour de l’humain, l’habitat et l’écologie prise dans au sens large. Les intervenants de la séance nous offrirent deux approches, foncièrement diffèrent, mais néanmoins complémentaires de cette interdiscipline.

Comité d’organisation: Jean Cristofol (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Elena Biserna (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Christine Esclapez (AMU, PRISM AMU/CNRS), Peter Sinclair (ESAAix, PRISM AMU/CNRS)

Paysages sensibles, entre expérimentations et recherche

Gilles Malatray, artiste sonore

PAS – Parcours Audio Sensibles
Lire et écrire le paysage sonore ambiantal

Par la pratique du soundwalking, de la marche d’écoute et de ses nombreuses déclinaisons, l’artiste participe à la lecture, comme à l’écriture, souvent collectives, de paysages sonores sensibles, quels que soient les milieux arpentés, explorés.
Dans une approche convoquant différentes formes d’esthétiques paysagères, des lectures écologiques, voire écosophiques, la prise en compte de sociabilités auriculaires, la recherche d’aménités, le partage de sensibilités, le promeneur écoutant* ne cesse de questionner les multiples façons d’écouter ses milieux de vie. S’il s’agit ici de se mettre dans l’ambiance, en empathie, il lui faut également tenter, avec un certain recul, de décrypter, voire de composer des ambiances.
Quelques questions se posent alors.
Comment bien s’entendre avec sa ville, son quartier, son village ?
Comment créer et partager de nouveaux points d’ouïe, de l’inauguration à l’inventaire ?
Comment partager des écoutes qualitatives, parfois chahutées entre des situations de saturation comme de paupérisation ?

Marcher et écouter, (soundwalking) prélever des sonorités (Field recording), composer ou recomposer, faire trace, cartographier, ré-écrire et questionner, convoquent autant de gestes et de postures potentiels pour explorer des démarches audio-paysagères in situ, éminemment contextuelles et relationnelles.

*Terminologie empruntée à Michel Chion dans son livre au titre éponyme

 

Natacha Cyrulnik, réalisatrice, chercheuse, (PRISM, AMU/CNRS)

AtmosphèreS, un projet de recherche.

« AtmophéreS » est un projet structurant de l’UMR 7061 PRISM (Perception, Représentation, Image, Son, Musique) qui vise à fédérer des chercheurs issus de différentes disciplines.

A partir de points de vue différents, il sera question de construire une réflexion générale sur la notion d’AtmosphèreS, notion qui met l’humain au cœur d’un dispositif de représentation du milieu. A la fois fédération de points de vue et « lieu » où les différentes altérités pourront converser, le projet structurant « AtmosphèreS » vise à croiser les regards.

Nous aborderons dans un premier temps l’historique qui a donné naissance à ce projet structurant, puis, à partir de trois exemples précis issus de membres du laboratoire d’origine disciplinaires différentes, nous tenterons en voir en quoi ce croisement peut initier de nouvelles recherches, de nouveaux croisements et de nouvelles propositions artistiques.

ESAAix, PRISM, Locus Sonus

Auricularités paysagères kinesthésiques

Gilles Malatray ( desartsonnants)
PAS – Parcours Audio Sensible – Soundwalk « Titre à venir Centre d’Art Contemporain de Lacoux (Fr 01)

 

Faire avancer un travail, c’est sans cesse le requestionner, le remettre dans un champ de problématiques qui évoluent au fil du temps, et des expériences.

Quelques questions récurrentes, dont je me suis fais miennes, m’aident à garder une dynamique évolutive, à ce que je nommerai ici un projet d’auricularités paysagères kinesthésiques.

L’écoute, comment ça marche ?

Comment avance t-elle entre ses mobiles et ses mobilités ?

Et avec ta ville, comment tu t’entends ?

 

RUSSIA
PAS – Parcours Audio Sensible – Soundwalk – Festival « Around Sound 2019 » Kaliningrad Russia

 

To advance a work is to constantly requeste it, to put it back in a field of problems that evolve over time and experiences.

Some questions, which I have made myself, help me to keep an evolutionary dynamic, what I will call a project of kinesthetic landscape auricularity.

Listening, how does it work, and walk?

How is she moving between her motives and her mobility?

And with your city, how do you get along, or listen ?

City Sonic 2019 -Voirmarchécouter Louvain la Neuve

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Parcours entre chiens et loups

L’obscurité gagne du terrain
entre-deux
le fond de l’air est frais
humide
je parcours la cité
un circuit festivalier
bien connu de mes pieds
et de mon corps marchant
depuis plusieurs semaines en zigzag
ou en lignes traversantes
aujourd’hui sans micros.
à oreilles nues dirais-je
cette fois-ci avec un appareil photo
celui de mon GSM (appellation locale)
très low-etc
comme enregistreur de nuit tombante
ce qui m’amuse beaucoup
piètre photographe que je suis
alors la trace est visuelle
instinctive

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espaces imprécis
détails improbables
mais si l’on tend bien l’oreille
on peut sentir les vibrations urbaines
les sonorités sous-jacentes
l’ambiance en arrière-plan
hors-champs peut être
parfois
superpositions baveuses
propres à déconstruire
plus qu’à reconstruire
traces de ville
d’arpentage

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dessus-dessous
clair-obscur
balance diurne/nocturne
marché de Noël en chantier
réminiscences made in Duchamp
sons odeurs lumières
parcours détours
traversée de travers
assoupissement urbain
la nuit est tombée…

 

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Louvain la Neuve