Point d’ouïe, série gare #2

Digital Camera

Deuxième point d’ouïe de la série « garée ».

Un banc dans une gare routière de Lyon, quartier de Vaise, 9e arrondissement.

Environ 18H30.

Une petite heure de pause sur un banc habituel, dont environ 12 minutes d’enregistrement.

Prise de son brute, field recording sans aucunes retouches.

Voix, moteurs, bips, langues, enfant rechignant à apprendre sa leçon en attendant le bus, valises à roulette, portes… La vie qui passe devant mes micros…

Digital Camera

En écoute :

Points d’ouïe, le jeu des séries

Le jeu des séries

Dans ces temps bien empêchés, j’accroche des pans d’écoute ici et là, comme des repères qui scandent un travail en manque de terrain, en manque de mouvement.

La récurrence des séries apporte du grain à moudre pour offrir un espace sonore, et plus globalement sensible, qui le sortirait d’un territoire aujourd’hui à mon goût trop circonscrit.

J’imagine donc des stratégies d’itérations, des points d’ouïe récurrents, catalyseurs d’actions in situ.

Parmi eux

  • Des réverbérations des ponts, églises, parkings souterrains
  • Des cloches alentours
  • Des marchés
  • Des pas et les réponses acoustiques des sols arpentés
  • Des voix d’enfants, ou d’autres-
  • Des cliquetis d’escaliers roulants
  • Des signaux d’alerte et autres bips
  • Des valises à roulettes
  • Des itinéraires journaliers, répétés au mètre près
  • Des parcs publics et leurs bancs
  • Des rives de fleuves ou de rivières…
    J’en imagine tant et plus, en regardant et écoutant autour de moi, comme un collectionneur qui hésiterait à choisir, à se focaliser sur une série d’objets (d’écoute) spécifiques.

Et puis je choisis un lieu, ici un couloir de gare routière voisine, un banc en particulier, s’il est libre, vers 18 heures
J’appuie sur le REC de mon enregistreur et vérifie les niveaux d’entrée.
Je capture environ quatre minutes de flux, de passages, au gré des arrivées et départs, voix, talons, moteurs, roulettes, avec en toile de fond une boulangerie.

Je verrai où cela me mènera, vers quelle construction audio-paysagère, vers quelle tentative d’épuisement, vers quel improbable récit… 

Le champ d’action rétréci de cette époque sous contraintes me pousse à imaginer des stratégies de proximité, où la répétition de gestes est stimulante pour garder en chantier la fabrique de paysages sonores, avec leurs questionnements intrinsèques.

Un article en miroir

Bonne année de ma fenêtre

Passage en 2021, sous couvre-feu sanitaire.

Mon repas de la Saint-Sylvestre s’étant terminé à 21H00 tapantes, suivi d’un Fellini, vers lequel je reviens régulièrement, j’ai re-tendu ce soir mes micros aux fenêtres. Ça ne m’était plus arrivé depuis le premier confinement. J’ai tenté de capter la montée jourdelanesque jusqu’à minuit sonnant, même un peu avant, voire un peu après, sur fond de pluie. Presque sans aucune voitures, ambiance inhabituelle en ces circonstances où ordinairement, les klaxons font partie de la liesse. Les pétards étaient bien là, eux. Étrange ambiance festive, où les fenêtres se sont ouvertes, bonne année, d’un bout à l’autre de la rue, sur fond de pluie. Promis, je vous ferai entendre, sur fond de pluie.

En fait, voici les sons que j’ai maintenant fixés, et quelques mots les contextualisant.

Fellini sur mon ordi annonce peut-être la fête, mais une bien étrange fête, aux accents de Cabiria, entre joie et désespoir, noirceur et espérance, magnifique film que je viens de re-revoir. Avec l’ambiance installée par les sublimes musiques de Nino Rota. Mais revenons à notre fête à nous, la Saint Sylvestre, à Lyon, à ma fenêtre, ce soir, entre le 31 décembre 2020 et le 1er Janvier 2021.

À l’arrière de chez moi, dans un cœur d’ilot, des voix, chants, des musiques, bribes fêtes lointaines, mais néanmoins fêtes, dons les traces audibles s’échappent des fenêtres.

L’heure approche, je passe à l’avant, côté rue. La pluie se fait maintenant nettement entendre, drue sur l’asphalte. Minuit, passage-changement, une année s’en va, chaotique, une autre lui succède, incertaine elle aussi. Peu à peu, des fenêtres s’ouvrent, des voix, des vœux, à distance, mais personne dehors. Des pétarades, au loin, scandent la fête, font sonner les reliefs, les collines entourant le quartier par des échos réverbérés qui balisent l’espace de notre scène d’écoute. Puis, tout va progressivement s’apaiser. Un SDF poussant un chariot bringuebalant et capricieux passe, monologuant avec lui-même, seule présence physique à être outdoor. Il souligne un peu plus l’étrangeté de cette fête distanciée. Pas de rassemblements publics, chaque groupe communique par fenêtre interposée.

Cette scène à ma fenêtre, sous couvre-feu, vient compléter logiquement les rituels de 20h00 du premier confinement, faisant suite à cette trace auriculaire de crise sanitaire qui n’en finit pas de finir.

https://archive.org/details/fav-desartsonnants

Et il pleut toujours.

Une année s’égoutte, ce soir, à ma fenêtre, et un iota de celle-ci s’écoute, et s’en va à vau-l’eau.

2021 balbutiant en écoute

Playlist en points d’ouïe et chemins de travers(e)

webSYNradio

POINTS D’OUÏE

Le fait d’élaborer cette playlist désartsonnante m’a donné l’occasion, une de plus, de repenser une thématique que j’axais, tout naturellement, ou presque, autour du paysage sonore, voire du soundwalk. C’était un vœu pieux, que je ne respecterai pas au pied de la lettre, comme souvent. Certes, les sons convoquent le paysage, des voyages, des balades et autres expériences field recordinnisantes, auxquelles je peux difficilement échapper. Cependant, le fait d’aller fouiller des sources audio, dont certaines que je croyais disparues corps et bien, a infléchi la playlist au jour le jour, et l’a poussé à emprunter des chemins de traverses plus tortueux que je ne l’aurais pensé de prime abord. Madagascar, la pluie, des espaces bruicolés, percutés, radiophonisés, vocalisés, socialisés… Une empreinte de sérendipité aidant, c’est un parcours coup de cœur, que moi-même je ne suis pas sûr de vraiment maîtriser, et qui évolue capricieusement, d’un jour à l’autre. Mais là, il faut bien le fixer à un moment donné, et tant pis si demain je l’aurais fait tout autre… C’est aussi cela les chemins écoute !

– Arioso Barbaro 2’42
– Bestiaire et papillons 5’32
– Bruicollage historié 2’54
– C’est juste un moment 6’44
– Glissendo pogressif 3’09
– Moi j’men fisch(e) 2’18
– Malagasy soundscape 10’28
– Ménage en récurrences 2’44
– Nuitance onirique 7’38
– Paysages virtuellement radiophoniques 6’28
– Percussives 7’23
– Soir de pluie 8’06
– City Sonic Soundscape 8,19
– Valilah Song 4’45
– Voxa Tana 5’10

En écoute ici WebSYNradio

Point d’ouïe – point de vue, de nos fenêtres, vu et entendu

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@photo – Nicolas Frémiot – http://nicolasfremiot.fr/

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Une vidéo sonore issue d’un projet collectif, contributif, à distance. Chacun de sa fenêtre échange des choses vues, entendues, en période de confinement sanitaire.

Photos de Nicolas Frémiot (Paris) – http://nicolasfremiot.fr

Prise de son de Laurent Jarrige (Paris) – https://laurentjarrige.wordpress.com/

Création sonore de Gilles Malatray (Lyon) – https://desartsonnantsbis.com/

 

Projet Fenêtres d’écoute/Listening windows

https://soundatmyndow.tumblr.com/archive

 

 

 

 

Rituels sonores, points d’ouïe confinés, de la répétition et des variations

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Depuis longtemps, j’admire Georges Pérec, homme de la description, de la répétition, de l’épuisement… Un immeuble décortiqué dans ses habitus, ses interrelations, la tentation d’épuiser, dit l’auteur, non pas la totalité mais des fragments de vies… mais aussi d’épuiser un lieu parisien de la terrasse d’un café, ou de se jouer des espaces gigognes, d’une feuille de papier à l’univers entier.
Une démarche oulipienne, quasi phénoménologique, fascinante, qui personnellement, m’inspire beaucoup dans mes approches audio paysagères.
Repérer des bancs dans une ville, les tester, en choisir un comme modèle de référence pour s’y poser régulièrement et écouter, réécouter, encore et encore, arpenter des espaces récurrents, des fontaines, des acoustiques réverbérantes, tenter ainsi se comprendre un peu mieux les lieux, lors de résidences artistiques, comme dans nos propres espace de vie. Des espaces pensés en des laboratoires d’écoute(s), en lieux d’expérimentation du sensible…
Bref, jouer sur des répétitions, des séries, des récurrences, de l’infime particule au paysage étalé.
J’adore également des photographes qui déclinent d’innombrables variations thématiques, autour justement du paysage, mais aussi d’objets, de personnages, d’architectures… Des métiers de Paris d’Eugène Atget aux stations services abandonnées, restaurants chinois, caravanes… d’Éric Tabucchi.

A l’heure où j’écris ces lignes, je suis, comme tant d’autres, coronavirus oblige, confiné depuis deux semaines dans mon appartement lyonnais, période peu propice a priori pour expérimenter les séries dons je vous parlais préalablement. Et pourtant…

Tentant, dans des espaces restreints, à la mobilité très réduite vis à vis de mon nomadisme habituel, de garder une écoute, active, questionnante, et partagée, je lance donc, en début du confinement, un appel à contributions « les sons de ta fenêtre – Sounds at your Window » pour recueillir et partager dans un blog dédié, des sons confinés, de nos fenêtres ouvertes, balcons, terrasses, et au mieux, jardin. Sons, photos, vidéos, textes, tout est possible, se rapportant bien sûr à nos univers acoustiques en temps de crise, à leurs profondes modifications, dues notamment à la désertification des villes et villages. Je ne reviendrai pas ici sur la grande atténuation des sons de voitures, au profit de la ré-émergence des chants d’oiseaux, largement constatés et commentés dans les médias.

Entre temps, inspirés des chanteurs et musiciens aux fenêtres italiens, est apparu le rituel de 20H, mêlant applaudissements et vives de soutiens au personnel médical, et charivari de protestation visant plus particulièrement le monde politique face à sa politique de paupérisation du service public, notamment hospitalier.

Ce rituel crée donc les conditions propices à travailler sur des séries récurrentes. Moi-même, tous les soirs, j’enregistre, d’une même fenêtre, ces 20h applaudissant, donnant de la voix et de la casserole. De même que d’autres contributeurs -trices, dans différentes villes, m’envoient sons et vidéos de ces instants sonores et toniques partagés.

D’autres séries vont se mette en place, par le fait d’envois réguliers de sons et d’images, certains mêmes quotidiens, dans des lieux similaires, donnant une sorte de roman feuilleton des ambiances sonores de Paris, Holding au Danemark, et d’ailleurs.

Mon appétence à appréhender le monde sonore par des gestes réguliers, réitérés, des constantes géolocaliséess ou des thématiques à répétitions, alimentées dans une certaine durée se voit donc récompensée, au-delà du fait d’une quasi totale immobilité. Si tu ne vas pas vers les sons, les sons viendront à toi, dans un entonnoir élargis par les tuyaux et réseaux de l’internet.

Revenons aux sons de 20H, ceux que je nommerai ici des rituels covidiens.
Je reprendrai du reste, le cas de mes propres écoutes, et enregistrements journaliers.
En premier lieu, posons le cadre géographique. Une petite rue, assez resserrée, bordée d’immeubles anciens, quatre étages mais assez hauts, avec de larges trottoirs pour accueillir un marché.
Quartier urbain, populaire, anciennement industriel, à l’extrémité nord de Lyon.
Commerces de proximité, bars et restaurants sont assez nombreux, avec des marchés trois fois par semaine, quoique tout cela soit pour l’instant à l’arrêt.
Une grande place divisée en deux, avec des bancs et de vieux et hauts platanes, et une église de style contemporain, après la seconde guerre mondiale, possédant un clocher avec une chambre des cloches ouverte, et un mini carillon de quatre dames d’airiain qui sonnent joliment bien.
Pour l’instant, comme dans l’ensemble de la cité, tout est en grande partie désert, d’un calme pour le moins inhabituel.
Jusqu’à vingt heures en tous cas.
Quotidiennement, environ trois minutes de joyeux chahut réveillent l’espace.
J’y reconnais, au fil des jour, les mêmes voix, casseroles, paroles, et la volée de cloches qui s’en mêle.
A chaque ouvertures de fenêtres, un air de déjà entendu, et sans doute une signature acoustique spatio-temporel propre à cette rue et à ce rituel.
C’est rassurant de sentir une continuité, le mot est aujourd’hui très employé, construite sur des ambiances sonores récurrentes, faite de marqueurs acoustiques stables, identifiables, car répétés de soir en soir.
Cependant au-delà de cette apparence répétition, une qualité de nuances, de varitions, parfois subtiles, parfois très marquées se font entendre.
Variations dans l’évolution dynamique, l’entrée en jeu des « instruments », le crescendo et decrescendo plus ou moins long et soutenu.
Variations dans l’intensité, la durée, les « solistes » qui s’en détachent, les formes de réponses de fenêtre en fenêtre.
A chaque soir son concert, et ses repères, ses accroches, son ambiance locale, mais aussi ses singularités du jour.

Donc pour moi la possibilité d’assister, de participer, de capter et de partager, une forme de récurrence, ajoutée à celles envoyées par les contributeurs, que Pérec n’aurait sans doute pas renier.
Et sans doute une façon d’habiter, de se créer des repères, dans ces espaces-temps parfois assez anxiogènes, aux repères brouillés, difficiles à vivre dans leur enfermement. Une bouffée d’air et d’airs quotidienne pour beaucoup.

PAS – Parcours Audio Sensibles pour écoutants en parkings – Soundwalk for parkings listeners

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Mêle audio en sous-sol – Audio mix in the basement

J’ai toujours aimé, que dis-je, adoré, presque vénéré, les parkings
Surtout leurs niveaux les plus profonds, les plus enfouis, -7, -8, -10…
Ceux qui ont suivi mes pérégrinations urbaines le savent, je les recherche, je les traque, je les arpente avec la constance d’un écoutant underground avide de leur trivialité organique.
La semi obscurité, la froideur des sols et des murs béton brut, les couleurs criardes, les recoins maculés de tâches d’huile, la muzzak omniprésente, tout un univers ambigu…
Et surtout l’acoustique ! Les réverbérations à n’en plus finir, tellement jouissives à l’oreille.
Celles qui donnent envie de crier, voire font crier, chanter, hurler, chuchoter, tel un enfant passant sous un pont, et qui se mesure à un espace pour lui disproportionné, en l’apprivoisant de sa voix.
Celles où le moindre claquement de portière devient déflagration, où les talons claquants rivalisent avec les percutants sticks d’une caisse claire, où les voix sont brouillées et malaxées à souhait.
Les parkings ont souvent une acoustique cathédrale, mais avec en plus la liberté, auto-accordée, d’en jouir sans craindre de profaner le silence, de déranger l’esprit sacré des lieux.
Nous sommes dans des sanctuaires urbains païens, d’un post-modernisme bétonné, architecturalement primitif, comme des avortons corbuséens inachevés.
Ces caves/grottes urbaines, temples de la voiture mise en cases, en rayons, sont également des lieux de prise de son rêvés pour des field recordings obscurs, canailles, souterrains, fouillant des micros les entrailles des villes bétonnées jusqu’aux tripes.
Nous sommes dans des espaces d’expérimentations sonores privilégiés, pour moi en tous cas, semi-publics, et donc sous la haute et généreuse surveillance d’un faisceau de caméras espionnant nos ébats. Nous sommes loin de Dame nature, chère aux audionaturalistes et bioacousticiens émérites. Aux antipodes de l’écologie sonore, quoique…

I always liked, what do I say, adored, almost revered, the parking lots
Especially their deepest, most buried levels, -7, -8, -10…
Those who have followed my urban wanderings know this, I search for them, I track them down, I survey them with the constancy of a listening underground eager for their organic triviality.
The semi-darkness, the coldness of the floors and walls of raw concrete, the garish colors, the corners smeared with oil stains, the omnipresent muzzak, a whole ambiguous universe …
And especially the acoustics! The endless reverberations, so pleasing to the ear.
Those who make you want to shout, or even make them shout, sing, scream, whisper, like a child passing under a bridge, and who measure themselves in a disproportionate space for him, taming him with his voice.
Those where the slightest slamming of the door becomes deflagration, where the slamming heels compete with the hard-hitting sticks of a snare drum, where the voices are blurred and kneaded at will.
Car parks often have cathedral acoustics, but with the additional freedom, self-granted, to enjoy them without fear of profaning the silence, disturbing the sacred spirit of the place.
We are in pagan urban sanctuaries, of a concrete, architecturally primitive post-modernism, like unfinished Corbusian runaways.
These urban caves / caves, temples of the car put in boxes, on shelves, are also places of sound capture dreamed for obscure field records, rascals, underground, rummaging microphones in the bowels of concrete cities up to the guts.
We are in spaces of privileged sound experiments, for me anyway, semi-public, and therefore under the high and generous surveillance of a beam of cameras spying on our antics. We are far from Mother Nature, dear to experienced audio-visualists and bioacousticians. The opposite of sound ecology, though …

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Dans celui-ci, je ne ferai que passer, m’y arrêter, y tendre l’oreille.
Dans cet autre, je jouerai de ma voix, d’instruments divers, ferai claquer et grincer des portes, révèlerai des acoustiques qui au final, ne demandent que cela.
Plus loin, j’installerai ponctuellement des sons, jouant sur les recoins, piliers, angles, parallélismes…
Ailleurs, nous entonnerons chants cris, une improvisation sauvage, des alternances vociférations/silences.
J’imagine une collection de parkings à sonner a l’envi.
J’imagine l’écriture d’un PAS dans un parking de haut en bas, ou inversement.
J’imagine une traversée urbaine reliée de parking en parking, avec des musiciens, des danseurs, des auditeurs acteurs, des échos et silences, des salles de concerts déconcertantes…

In this one, I will only pass, stop there, listen to it.
In this other, I will play my voice, various instruments, slam and creak doors, reveal acoustics which in the end only ask for that.
Further on, I will install occasional sounds, playing on the nooks, pillars, angles, parallelisms …
Elsewhere, we will sing Cree songs, wild improvisation, alternations of vociferations / silences.
I imagine a collection of parking lots to ring out.
I imagine writing a PAS in a parking lot from top to bottom, or vice versa.
I imagine an urban crossing linked from car park to car park, with musicians, dancers, actor listeners, echoes and silences, disconcerting concert halls …

 

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PAS – Parcours Audio Sensible Approche kinesthésique et sensible d’un territoire à l’aune du duo photographie/phonographie

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« Le veilleur retient son souffle… jusqu’à entendre le jour se lever » Marc Dugardin, Fragments du jour (Rougerie, 2004)

Un projet en chantier

Tracer, en marchant, un paysage sensible via les interactions du regard et de l’écoute, entre similitudes et dissemblances. Un travail en duo avec un phonographe et un photographe, ou l’inverse

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– Traces et tracés indiciels, chasser, pister, chercher des traces, repérer ce qui peut nous mettre sur la voie, suivre la piste, suivre à la trace, épier, placer des signe, jeux de piste…
– Traces et tracés conceptuels, dessiner, esquisser, brosser à grand traits, portraiturer, crobarder, mettre en plan, en carte, composer avec des images, avec des sons, avec les deux, faire contrepoint…
– Traces et tracés mémoriels, garder, sauvegarder, mettre en forme des traces, archiver, mémoriser, patrimonialiser, collecter, organiser des traces matériaux et supports d’écritures croisées…

Questionnements

Comment faire paysage par l’image et le son comme média contrapuntiques ?
Comment faire intéragir les traces (audiovisuelles) dans une approche hétérotopique ?
Comment trouver les points de convergences tout en conservant les singularités, jouer dans les interstices du semblable et du dissemblable, du différent et du similaire ?
Comment ces jeux de frottements transmédia, intermédia, favorisent-ils des modes de perception, d’interprétation et de représentation singulières ?

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Desartsonnants@gmail.com
https://desartsonnantsbis.com/

PS :  Si un, une photographe est intéressé-e pour réfléchagir et croiser des expériences sur ces problématiques

PAS – Parcours audio sensible en duo d’écoute avec Isabelle Favre – La croix Rousse de haut en bas

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Une fois n’est pas coutume, partant de la place Croix-Paquet, au pied des pentes de ce quartier emblématique, toujours à Lyon, nous empruntons le Métro à crémaillère pour rejoindre la place de la Croix-Rousse, sur le plateau.

Histoire d’entendre la machine et ses voyageurs, dans une rame très peuplée à cette heure-ci, vers les 9H30 du matin.

Un temps très couvert, limite de la pluie, un peu frisquet, et avec du vent, l’ennemi des micros, dont nous nous protégerons en choisissant parfois les endroits plus protégés.

Et comme à notre habitude dans ces parcours en duo, nous écoutons, regardons, commentons, digressons de concert, à l’improviste, en suivant le chemin proposé par Isabelle Favre, qui se livre à nouveau à cet exercice, après une précédente exploration de Fourvière. Nous enchainons,un parcours sur la « colline qui prie » à un autre sur la « colline qui travaille », selon des expressions typiquement lyonnaises

Au fil des traversées, des récits inventés in situ, des paysage sonores, ce seizième PAS en duo nous livre de nouvelles tranches de ville, avec des petites ou grandes histoires, anecdotes ou micro-événements, ressentis, commentaires. L’ensemble de ces flâneries sonores commence, avec ses plus de trente heures cumulées d’audio-parcours, à dessiner une ville kaléidoscopique, singulière, parfois imaginaire ou plutôt imaginée, d’espaces imposants ou intimes, de descriptions personnelles, qui l’écrivent à micros ouverts.

Dans ce quartier croix-roussien, pétri d’histoires de soyeux, de canuts, de révoltes et de traditions, de tissage sur des métiers Jacquard, d’esprit festif et de gentrification, chaque recoin urbain se prête à la narration d’une ville multiple. On ne peut pas ignorer ce bout de ville, où être un gone des pentes est un peu différent d’être un « simple » Lyonnais

Commerces, passants, aménagements, ambiances, reliefs, événements, points de vue et points d’ouïe, un puzzle s’assemble, au gré des rues et des places, de leur typonymies, des escaliers et des passages couverts, et sous les mots racontant.

 

 

https://www.linkedin.com/in/isabelle-favre-013920103/

Paysages sonores, arts sonores…

Le champ contemporain des arts sonores présente certaines pratiques qui ont progressivement émergé pour constituer des courants qui, a défaut d’être de véritables écoles, mais peut-on parler encore d’école à une époque où s’hybrident allègrement les genres, mettent en lumière des spécificités, territoires, façon de voir, ou d’entendre le monde.

Parmi ces pratiques, notons celle du paysage sonore, souvent très étroitement liée au fil recording, enregistrement in situ et à des mouvements militant pour l’écologie, dont bien sûr l’écologie sonore, issue de l’Acoustical Ecologie que prône Raymond Murray Schafer, la biophonie de Bernie Krause, les pratiques audionaturalistes et le Soundwalking, la marche d’écoute ou balade sonore.

Le but de cet article n’est pas ici de réécrire une énième définition, de proposer un historique en bonne et due forme, ni même un nouveau chantier d’analyse de ces courants, mais plus simplement de référencer quelques sites web dont l’intérêt me semble propre à jalonner ces approches audio-paysagères.

Cette sélection n’est évidemment pas exhaustive, tant s’en faut, et présente un choix tout à fait personnel, que tout un chacun peu compléter, ou parmi ces liens naviguer librement.

 

https://soundslikenoise.org/– Field recording and soundscape

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World Listening project– Écologie sonore, World Listen

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http://klanglandschaften.ch/fr/explorer/– Paysage sonore

 

https://www.leonardo.info/isast/spec.projects/acousticecologybib.html– Biographie autour de l’écologie sonore

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https://www.sfu.ca/sonic-studio-webdav/WSP/index.html– Barry Truax écologie sonore

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https://www.franceculture.fr/environnement/bernie-krause-contre-l-appauvrissement-des-sons-du-monde– Bernie Krause – biophonie

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https://www.greenroom.fr/99128-a-la-decouverte-du-field-recording/ – Field Recording

 

https://lemotetlereste.com/musiques/fieldrecording/– L’usage sonore du monde en 100 albums (livre)

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https://www.cairn.info/revue-multitudes-2015-3-page-101.htm– Field recording, hypothèses critique – David Christoffel

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https://www.poptronics.fr/Field-recording-un-art-ecolo– Field recording, un art écolo ?

 

http://www.bernardfort.com/bernard_fort/bernard_fort.html– Bernard Fort, Field recording, ornithologie et musique acousmatique

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http://www.franciscolopez.net/field.html – Franscisco Lopez – Field recording

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https://chriswatson.net/– Field recordinfg, Sound Art

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https://www.sfu.ca/~westerka/writings%20page/articles%20pages/soundwalking.html – Soundwalking

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http://www.soundstudieslab.org/experiencing-soundwalking/– Soundwalking

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https://desartsonnantsbis.com/– PAS – Parcours Audio Sensible

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https://aporee.org/maps/ – Soundmap

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http://www.kalerne.net/yannickdauby/ – Field recording, sound art, Yannick Dauby

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https://www.espaces-sonores.com/ – Paysages sonore, soundwalking, field recording

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