PAS – Parcours Audio Sensible en duo d’écoute avec Jeanne Schmid

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©Photo Jeanne Schmid

Le Locle, résidence artistique à Luxor Factory, « Écoute voir le Locle ! »

18H30 environ

Ciel bleu, très bleu

Température au sol, environ 18°

Guide Jeanne Schmid

Presque tous les jours, on se dit que milieu novembre, à 1000m d’altitude, dans le Jura Suisse, cet été indien qui n’en finit pas de perdurer a, malgré la douceur ambiante, quelque chose d’inquiétant, en ces temps anthropocéniques.

Néanmoins, nous commençons notre PAS. Une exception puisque, si les conditions restent les mêmes, un compagnon guidant et moi, enregistreur guidé, nous ne sommes plus  cette fois-ci à Lyon. Une première internationale extra Lugdunum !

Deuxième exception, des petites parties seront filmées, autres traces de ma comparse plasticienne Jeanne Schmid.

©vidéo Jeanne Schmid

 

Commençons par une longue volée de marches pour descendre vers le cœur de la ville.

Celle-ci, nichée dans une combe allongée, verdoyante, est entourée de deux balmes escarpées, donc les cheminements se révèlent très souvent pentus, ce qui nous réservent de beaux points d’ouïe et de vue.

La ville est apaisée, les badauds et consommateurs en terrasses, intrigués par nos harnachements audio-visuels, nous regardent en souriant, et nous saluent.

Les passants comme les automobilistes sont d’une grande courtoisie, certains chauffeurs attendant que nous ayons enregistré et filmé au milieu d’une chaussée pour passer, sans même un coup de klaxon !

Le jour tombe progressivement, et nous montons sur les hauteurs de la ville, tout en devisant, commentant, examinant, écoutant…

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Plus nous prenons de la hauteur, plus les lumières s’adoucissent, avec la nuit tombante, de même que les sons se font plus doux, plus épars. De splendides lumières, la rumeur de la ville à nos pieds valent bien quelques volées de marches raides.

Nous ferons ainsi une boucle urbaine, de collines en collines, qui nous ramènera à notre point de départ, la terrasse de notre lieu de résidence, en attendant le prochain PAS.

En écoute

 

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Des PAS – Parcours Audio Sensibles avec Alice Neveu

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Rencontre entre Desartsonnants, promeneur écoutant, et Alice Neveu, artiste marcheuse performeuse plasticienne, travaillant actuellement sur le quartier de la Guillotière à Lyon.

Première déambulation pour faire connaissance, une fin de matinée ensoleillée, juste avant les vacances, et bien entendu à la « Guill’ ».
Nous marchons à l’envi, sans itinéraire, juste pour papoter, faire connaissance, parler de nos marches, relations à la ville, à l’autre, collections de traces, actions, affinités, territoires…
Fin du prologue, rendez-vous est pris pour deux nouvelles balades dés septembre.

Nous sommes en septembre, les marches peuvent reprendre.

Une première que je guiderai, toujours entre le 7e et le 3e arrondissement, donc toujours à la Guillotière, de l’autre côté du pont, échappant à la Presqu’ile..
Ambiance nocturne.
Entre chiens et loups, 8H15 à cette période de l’année.
Une de mes périodes favorites, moment de bascule, d’étouffements, de rééquilibrage parfois.
Une température clémente, voire chaude pour l’heure.
Départ à l’épicentre de la Guillotière, place Gabriel Péri, autrement nommée localement Place du Pont.
Un lieu de rendez-vous d’une population bigarrée, quartier où se croise le Maghreb, l’Afrique noire et l’Asie, en des lieux, zones géographiquement assez bien définis.
Ici les robes de mariées brillantes de perles, les pâtisseries au miel, les kebabs et couscous…
Ici les salons de coiffures avec colorations et tresses Africaines, les bars où on à l’impression d’entendre un grillot conter ses terres brûlantes.
Ici des supermarchés où des montagnes de riz, épices, légumes asiatiques et accessoires de cuisine s’entassent, des restos à Bo buns.
Ici une immense boutique arménienne, très ancienne institution Lyonnaise, où on trouvent (presque) tous les épices thés cafés, fruits confits du monde, caverne d’Ali Baba où les yeux et le nez sont à la fête. Dans tous le quartiers, les senteurs sont de la partie.
Ici des bars restaurants flambants neufs, branchés, d’autres anciens, dans leur jus.
La Guillotière est un territoire toujours en mouvement, en couleurs, en odeurs, et en sons…
Cette nuit tombante, nous arpenterons rues et ruelles, places et parcs, sans itinérau-ire prédéfini…
Alice se chargera de construire une trace à sa façon.

Une deuxième balade, non prévue au programme initial, avec un petit groupe, nous emmènera, toujours en nocturne, des quais du Rhône à ceux de la Saône, dans le cadre d’une expérience de repérage pour le projet Parcours métropolitainS, Grand Lyon et lisières. Mais de celle-là, je reparlerai dans un autre article spécifique.

Troisième PAS, en duo d’écoute.
Un de ceux que j’aime à pratiquer régulièrement.
Une heure, un lieu de RDV, quelqu’un m’invite, me guide, j’enregistre, des échanges en marchant et devisant, à la volée, sans retouche, sans montage, sans coupure…
Ainsi, une collection de balades Lyonnaises, dans différents quartiers, à différentes heures, avec différentes personnes, qui se constitue progressivement. Des envies d’installer tout cela je ne sais encore où, ni comment.
Récits de ville.
Aujourd’hui, 16H30, chaleur assez étouffante pour la saison, sortie des écoles, tout bruisse.
Des moteurs énervés, des voix enjouées, harangueuses, un chassée-croisé entre vendeurs à la sauvette et policiers très nombreux ce jour sur la place Gabriel Péri…
On déambule de places en ruelles, voire ici dans une galerie, celle de Loren Larage, figure emblématique de la culture Lyonnaise, défendeur infatigable de l’art brut, singulier, activiste de quartier, et d’ailleurs, entre ateliers avec des enfants et raconteur intarissable sur son seuil de sa galerie.
Passages couverts, jardins, école lovée dans un recoin, mais à cette heure ci remplie, presque saturée, de voix enfantines.
Un bar (« moderne ») où des chats se prélassent sur les tables, concept.
Le quartier change à vue d’œil et d’oreilles, brassant les signes d’une gentrification en marche et d’une résistance active. Frottements.
Derniers bastions à la fois populaire, canaille, étudiant, culturel, artistique, associatif, patchwork séduisant qui garde encore des ambiances bien spécifiques, agoras de coin de rue, cuisine tous azimuts, et vie nocturne…
Il y a de quoi dire.
Il y a de multiples surprises pour qui veut les saisir au vol.
Et nous tentons de le faire.
Le magnétophone poilu ne passe pas toujours inaperçu.
Regard et oreilles vers le haut, ou à ras le sol, indiscrétion assumée, prêt à dérober le trivial dans son ébullition du moment.
Marche erratique, au gré des événements et envies d’Alice.
La paroles se collent à la marche, errante et donc sans itinéraire, collée au moment et au lieu, comme à la chose advenante.
Un piano, celui d’une école de danse toute proche, laisse filer de guillerettes mélodies par les fenêtres grandes ouvertes à même la rue, tandis qu’une main enragée klaxonne à tout va, pestant contre le camion qui bloque son véhicule.
Scène de guérilla motorisée dont la cité regorge.
Polyphonie urbaine, pour le meilleur et pour le pire.
Choisissons le meilleur, si possible, les sons du vivant bien vivant.
Pour le reste, et il en reste, le magnétophone vous raconte.

 

En écoute

PAS – Parcours d’écoutants en duo à Vaulx-en-Velin

PAS – Parcours Audio Sensible en duo, avec Pauline Sémon, Vaulx-en-Velin centre

 

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Rendez- vous très matinal, 6H30 devant le planétarium de Vaulx-en-Velin, les oreilles presque sous les étoiles. Le temps est assez humide, l’heure bleue, la nuit cède progressivement la place au jour, fondu au gris troué de belles couleurs roses orangées, sur fond de piaillements d’oiseaux prolixes.
Nous partons lentement vers l’intérieur d’îlots bâtis, à travers allées, parcs, cours et espaces de jeux. Le sablé des allées crisse sous nos pas, rythme de marche apaisée. Peu de monde à cette heure, l’espace est essentiellement occupé par les oiseaux qui s’en donnent à corps joie pour saluer le lever du jour et affirmer, entre cris rauques et vocalises virtuoses, leur territoire urbain. Des grands platanes abritent d’innombrables corbeaux, qui nous saluent en croassant avec énergie. Les arrières du campus de l’école d’architecture et de l’ENTPE sont en fait d’agréables espaces, protégés des grands axes, très verdoyants et aérés, résultat d’une recalcification assez radicale du quartier.
Nous arrivons progressivement sur de grands axes routiers. Le niveau sonore s’amplifie graduellement mais sûrement. La voiture (re)devient omniprésente, écrasant le paysage sonore de ses flux parfois hégémoniques. Le contraste entre les allées et parcs que nous avons parcouru en début de promenade et ces artères tracées au cordeau est saisissant, tant visuellement qu’acoustiquement. Zones calmes où il fait bon flâner derrière, zones assez saturées et agressives devant, à l’oreille j’entends. Le point commun est la rareté du piéton, de l’humain, entre heure indue et temps maussade, plus le fait que nous soyons en période  de vacances scolaires, ce qui diminue fortement les flux d’écoliers, de lycéens et d’étudiants dans le centre ville.
Les lumières sont magnifiques, ciel plombé de noir, troué de gris, de rose, d’orangé, de bleu, hésitant à s’obscurcir ou à s’éclairer, jouant de belles et instables variations colorées.
Au terme d’une boucle autour du campus universitaire et de la rue centrale, l’espace se réveille progressivement. Une manifestation sportive, autour du basket a priori, se met en place. Des voix, de l’activité humaine qui nous ont un brin manqué durant votre périple, s’installent en douceur dans l’espace public, révélant à un moment un magnifique et fugace écho.
Aucun PAS, aucun duo ne ressemble à l’autre, tant les lieux, les sons, les couleurs, les espaces, les odeurs, et les dialoguent qui s’installent entre les deux protagonistes écoutants marcheurs raconteurs sont à chaque fois très différents.
Ce sont toujours des tranches de ville, tranche de vie que j’apprécie tout particulièrement. Prendre le temps de marcher en discutant, et vis et versa, c’est s’offrir le luxe d’un partage au rythme des pas, de beaucoup d’improvisations spontanées, sans hâte, plutôt avec quiétude, de belles pages relationnelles.

Pauline Sémon : http://www.p-sem.com/

En écoute

 

 

POINTS D’OUÏE PAS – PARCOURS AUDIO SENSIBLE EN DUO D’ÉCOUTE OPUS 7

Confluence d’ écoute(s) avec Quentin Thirionet

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Comme à l’accoutumée, un PAS en duo d’écoute, offre à un promeneur volontaire, la liberté de choisir un lieu, un parcours, un moment, pour deviser en toute liberté, à micros ouverts, sur une approche instinctive, in situ, sensible, autour des paysages traversés.

On y entend, on y voit, on y ressent, on y croise, on a envie de dire, ou non, d’extrapoler, de décrire d’imaginer, de questionner… Format très libre !

Une tranche de ville, ou un site naturel, un instantané brut de montage, sans artifices d’embellissements, assumant ses dérives, longueurs, déséquilibres, bavardages, indécisions ou partis pris.

Quentin, compositeur, vidéaste, metteur en son pour le théâtre, bidouilleur de « machines sonores » et dotée d’une oreille hardie, s’est plié à l’exercice.

10H du matin, place Carnot, beau soleil, température fraîche mais sans plus. Des lumières de fin d’automne qui incitent à la promenade.

Le marché de Noël se réveille, les baraques ouvrent, on installe tranquillement bibelots et nourritures.

Un flux de passagers travailleurs descend de la gare, et traversent l’espace, l’air très affairés.

Des valises à roulettes cliquetantes, ici ou là, signature quasi emblématique d’un espace multimodale.

Des tramways « vers de terre » suivent leurs sillons ferrés, tranquillement, presque débonnaires.

Une gare et ses environs est une véritable collection de sons, d’ambiances, un catalogue offert à l’écoute et au regard.

Traversée de la gare underground, des passages souterrains sombres, humides, réverbérants, parfois presque à l’excès, des pas et des voix croisés, toujours le tram courant d’une halte à l’autre. Ce dernier nous suivra d’ailleurs jusqu’au bout, dans sa ligne trajectoire vers le tout nouveau quartier Confluence.

Sortie à l’air libre, de l’autre côté de l’échangeur multimodale, architecture monstre, coupant brusquement, sans concession, deux territoires urbains.

Places des archives, espace clair, ouvert, offert à la déambulation, ou à la pause casse-croûte ou aux discussions des étudiants de la Faculté catholique, récemment installée.

L’arrivée de cette foule d’étudiants à chambouler le quartier, lui donnant une nouvelle vie agitée de rires et de cris.

Nous  pénétrons dans l’université, micros en main.

Architecture claire, monumentale, lumineuse,de vitres et de pierres.

Un vigile nous interpèle. Nous expliquons brièvement notre projet du moment, sur le paysage urbain. Ce qui semble lui convenir, il n’en sera hélas pas toujours ainsi dans la suite de la balade.

l’intérieur de cette université flambant neuve à conservés en son sein, des murs de l’ancienne prison, joliment intégrés dans l’ensemble architectural. On se demande si, à l’intérieur, subsistent des traces gravées sur les parois, messages, barres de comptage de jours, de mois, d’années…  Sans doute que non. En tout cas, l’acoustique est fort plaisante.

Nous remontons une large avenue, espace de transition entre la gare et le quartier hi-tech des Confluences. Rythmes de tramways, toujours, portes, voix, flux, séquences, glissements urbains…

Pour échapper au flots motorisés, nous empruntons des chemins de traverse, zigzagant en direction du Rhône. Tout s’apaise subitement. Des espace en requalification, chantiers, zone en construction, semblant indécises entre le passé et le devenir.

Une magnifique séquence sonore, un train au loin, circule lentement, sur un pont métallique en sortie de gare, sons de freins aux notes pures, deux sons comme accordés à la quarte, mélodies, rythmes, musique des lieux… Puis, au détour d’un bâtiment, une gosse tondeuse autotractée déboule sans prévenir, grognements, elles disparait vite, le calme revient, résillience acoustique, des pas et des voix qui viennent rééquilibrer les espaces de proximité avec le back gord au lointain.

Nous avançons vers le nouveau quartier. Formes architecturales surprenantes, parfois un brin audacieuses, parures ajourées, multicolores, ostentatoires… Une sorte d’exercice de style architectural qui tient de la démonstration, du catalogue, le tout un brin tape-à-l’œil.

Un calme surprenant.

Peu de mouvement, peu d’activité, presque trop calme pour être urbain, ou donner l’impression rassurante d’un quartier bien vivant.

Nous débouchons sur la « darse », avancée d’eau entre deux rangées de bâtiments, canal  intérieur en forme de petit port, façon méditerranée, qui vient s’échouer en cul-de-sac, face à l’Hôtel de Région. Trois bateaux de plaisance et quelques mouettes s’y sont invitées, pour parfaire le décor.

Soudain, un important groupe de personnes déboule d’on ne sait où, du bout du quai. nous fendons ce flot humain et bavard, le traversons, à contre-sens… Quelques brassards, porte-voix… Une manifestation ? Les bribes de paroles captées dans le flux ne nous en apprendrons pas plus.

Direction le centre commercial Confluence.

Espace haut, large, vitré, et singulièrement désert en cette proximité des fêtes de Noël.

Encore un indice de la difficulté de ce quartier à trouver un rythme de croisière qui l’assimile à un site urbain véritablement actif, accaparé par ses résidents, ses visiteurs…

Musac traditionnelle. Un Renne géant, immense marionnette pantin Père Noël, à la voix grave et tonitruante, apostrophe les visiteurs, leur proposant de venir jouer à une tombola commerciale. Drôle, décalé, kitch à souhait.

A deux pas, une grande fontaine, érigée en murs d’eau ruisselante, glougloute et clapote, au son d’oiseaux exotiques. On a cru bon de rajouter des sons aquatiques amplifiés à la scénographie. Là encore, un bien étrange design sonore, lui aussi très kitch, surtout lorsque la voix du grand renne vient s’en mêler. Tout près, un immense show room d’ordinateurs ornés de pommes. Un brouhaha tamisé, une cohorte de vendeurs de rouge vêtus, des conversations très geeks, un des seuls espaces vraiment vivants de ce complexe commercial.

Et c’est là que les choses se gâtent.

Un vigile vient nous voir en nous disant qu’il est interdit d’enregistrer dans ce lieu. Je lui explique que nous n’enregistrons que des ambiances sonores, ce qui et du reste parfaitement vrai. Il téléphone son PC et finit par acquiescer et s’éloigne.

Nous continuons donc notre écoute, captation. Peu après, il revient à la charge, nous expliquant que la loi nous interdit d’enregistrer sans autorisation dans ce lieu. Deuxième tentative de négociation, Une loi ? Ah bon ! Laquelle ? Nous voila donc partis pour nous expliquer auprès du responsable du PC sécurité. Nouvelles questions, des lois encore, en fait purement inventées pour appliquer des strictes consignes de sécurité post 13 novembre. Nous abdiquons finalement, et sortons, encadrés des vigiles, du centre commercial. De toute façon, nous avons mis en boite ce qui nous paraissait intéressant. La liberté de l’espace public se restreint bel et bien pour le preneur de son, voire pour tous ses usagers. Un brin inquiétant et agaçant, cet usage répressif de l’état d’urgence, ce musèlement dés que quelque chose sort un tant soit peu de l’ordinaire ! Vive les grandes masses dociles et silencieuses, et surtout pas de vagues !

De retour à l’air libre, nous remettons le magnétophone en marche et poursuivons vers la partie du quartier qui est encore en démolition reconstruction. D’anciennes halles et quais subsistent, vestiges d’un immense marché gare, aujourd’hui presque totalement rasé. Des engins de chantier partout, ambiance mécanique et slaloms entre les barrières de chantiers et les tas de gravats. Certains, bâchés de noir, vibrent joliment dans le paysage, comme une imposante installation land art involontaire

Rues désertes, longeant des espaces dents creuses, tiers lieux lépreux, en cours de démolition, des décharges sauvages, des terrains vagues où se posent parfois les cirques de passage. Espaces également accaparés par la prostitution, petit à petit repoussée de plus en plus loin vers l’extérieur de la cité, avec toutes les zones de violences cachées et de non droit que cette politique de nettoyage des centres peut générer.

Arrivés quasiment à l’extrémité de la Confluence, face au monstre métallique, nuage improbable du musée au titre éponyme, nous remontons en longeant la voie du tramway, sorte de ligne rouge mouvante et sonore de notre périple.

Un jardin urbain, avec un petit lac, quelques glougloutais, et beaucoup d’oiseaux. Soudain, une longue sonnerie de sirène, test du premier mercredi du mois ,transperce l’espace de ses hululements stridents. Puis à nouveau, tout se calme, et tout semble encore plus calme en comparaison avec le déferlement sonore qui vient de s’éteindre.

Petit à petit, retour dans des espaces plus habités, qui se densifient progressivement à l’approche de la gare. L’église Sainte Blandine est ouverte, nous y pénétrons. Les églises sont toujours d’agréables oasis de calme, nimbées de réverbérations donnant aux presque silences des lieux, des écoutes  limpides, qui se mêlent aux projections colorées des vitraux, marbrant le sol de lumières chatoyantes.

Pour traverser la gare, toujours par le dessous, nous empruntons cette fois-ci un très long tunnel tout en courbes, où se côtoient piétons, vélos, autos et motos, planches à roulettes, dans un joyeux mais à la longue stressant capharnaüm acoustique. Les ambiances sonores sont largement amplifiées par des voûtes bétonnées. Un groupe de jeunes adolescents exercent leurs expressions vocales dans de bruyantes joutes orales, cris et chants. Ajouter à cela quelques motos bien timbrées dans les fréquences graves, l’ambiance est à la fois quelque part jouissive, et à la limite du supportable.

De nouveau à l’air libre, retour sur la place Carnot, après un périple de deux heures trente environ, comme toujours riches en événements et échanges. En attendant les prochains PAS…

 

En écoute

https://vimeo.com/user13635839https://ephemeride.bandcamp.com/

https://vimeo.com/user13635839https://ephemeride.bandcamp.com/

POINTS D’OUÏE ET POINTS DE VUE CROISÉS

L’œil écoute et l’écoute regard

ListenToYourEyes

Un point d’ouïe seul

jamais ne se suffira

je recherche à l’envi

une synchronie de l’œil

et de l’ouïe brassés

rencontres transmédiales

d’un lieu et d’un moment

d’idées et de personnes

où les sens conversent

où les sens convergent

où les sens divergent

où l’essence persiste

j’espère émoustiller

dans des duos sensibles

un espace partiel

ou bien intersticel

paysages partagés

dialogues concertants

aussi déconcertants

contrepoints tricotant

du voir et de l’entendre

représentations croisées

du sonore multiple

contaminé de lumière

d’images rémanentes

et de formes mêlées

symphonies syntones

d’accords en vibrations

en couleurs et en sons

représentations fragiles

de singuliers ressentis

arpentage à la marge

de territoires piétonniers

synesthésies convoquées

expériences du réel

mâtinées d’écritures

qui s’aventurent hardies

sur des terres d’échanges

erratiques complicités

ou itinéraires concertés

duos d’écoutes rétiniennes

duos de visions sonifiées

duos d’écoutants regardants

duos de regardants écoutants

il me faudrait sans compter

combattre l’hégémonie

d’un absolu sens unique

d’une pensée sens unique

d’une écriture sens unique

ne pas m’enfermer marri

dans de tristes tours dorées

chercher en périples humains

en des marches urbaniques

le regard de l’autre

comme force d’écrire

comme force de vivre.

POINTS D’OUÏE ET PAS DE DEUX – PARCOURS AUDIO SENSIBLES EN DUO

PAS – Parcours Audio Sensible en duo d’écoute

PAS – avec Céline Grisoni – départ de la gare Saint-Paul

Un lieu donné, espace urbain, site naturel, architectural…
Desartsonnants, invite un résident, à partager une promenade de concert.
Un rendez-vous est pris.
L’invité choisit le lieu de départ, la durée, le parcours, le moment…
Un dialogue s’établit autour des choses vues et entendues, des ressentis, des impressions, images mentales, spontanées…
Ce parcours est enregistré dans son intégralité, comme une mémoire, trace sonore, carte audio .
La matière sonore captée in situ pourra être, par la suite, retravaillée; éventuellement associée à des photos, écrits, et ensuite installée ici ou là, en prolongement du parcours, enrichi d’expériences de terrain en duo…
Une œuvre participative, à plusieurs voix, déambulatoire, contextualisée, se construira ainsi, au gré des rencontres et des promenades.

Vous êtes intéressés pour proposer un nouveau PAS en duo d’écoute ? desartsonnants@gmail.com

PAS en duo avec Patrick Mathon – Lyon pentes de la Croix Rousse

Des traces de PAS en duo d’écoute

Maxime Jardry – https://www.mixcloud.com/desartssonnants/pas-parcours-audio-sensible-duo-d%C3%A9coute-avec-maxime-jardry/

Patrick Mathon – https://www.mixcloud.com/desartssonnants/pas-parcours-audio-sensible-duo-d%C3%A9coute-avec-patrick-mathon/

Yannis Kosmas – https://www.mixcloud.com/desartssonnants/pas-parcours-audio-sensible-duo-d%C3%A9coute-avec-yannis-cosmas/

Marjolaine Pont – https://www.mixcloud.com/desartssonnants/pas-parcours-audio-sensible-duo-d%C3%A9coute-opus-4-avec-marjolaine-pont/

Céline Grisoni – https://www.mixcloud.com/desartssonnants/pas-parcours-audio-sensible-duo-f%C3%A9coute-avec-c%C3%A9line-grisoni/

Geneviève Girod – https://www.mixcloud.com/desartssonnants/pas-parcours-audio-sensible-duo-d%C3%A9coute-avec-genevive-girod/

Quentin Thirionnet – PAS (Parcours Audio Sensible) Duo d’écoute à Confluence avec Quentin Thirionet by Desarts Sonnants | Mixcloud.html

Péroline Barbet – https://www.mixcloud.com/desartssonnants/pas-parcours-audio-sensible-avec-p%C3%A9roline/