PAS – Parcours Audio Sensible et écologie sonore

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Samedi après-midi, beau soleil, températures printanières, un groupe d’une vingtaine de personnes, un parcours accueilli et organisé par Nomade Land Lyon, et écrit et guidé par Desartsonnants.

Nous avons décidé de marcher et parler autour de la thématique de l’Écologie sonore.

Pour certains, ce terme désigne vaguement quelque chose, la plupart n’en n’ont jamais étendu parlé.
Je m’aperçois que, au fil des actions et rencontres, j’explique un nombre de fois considérable ce que ce vocable signifie, son histoire, ses idées, ses acteurs, ses actions, ses enjeux…
La pensée de Monsieur Raymon Murray Schafer m’a en tous cas permis de creuser le sujet, entre esthétique et social, arts, sciences et politique…
Je ne retracerai pas ici une fois encore ces pratiques et réflexions, et vous conseillerai, si vous en ressentez le besoin, d’aller lire, ou relire, “Le paysage sonore” de Murray Schafer édité aux magnifiques éditions Wild Project de Marseille.
Ou bien encore de vous référer aux liens que je cite en fin d’article.

De la notion de paysage sonore à celle de bioacoustique, de la vision audio-naturaliste à celle d’architecture sonore, l’Acoustical Ecology, terminologie Anglo-saxonne, tisse un réseau d’activistes écoutants dans différentes pratiques, ce qui en fait parfois sa force, et parfois sa faiblesse de chapelles.

Pour revenir à notre parcours Lyonnais, nous avons sillonné une partie du 7e arrondissement, de la Guillotière au parc Blandan, ancienne très grande caserne militaire et aujourd’hui vaste parc assez récemment aménagé tout près du centre ville. Dans un tout autre vert si je peux me permettre.

Notons que le lieu de rendez-vous, la place Gabriel Péri, plus connue à Lyon sous le nom de Place du Pont, épicentre d’un quartier (encore) populaire et riche en mixité sociale, ethnique, est ce jour là le point de départ d’une manifestation pour “L’Algérie libre”. L’ambiance sonore y est chaude, dans le bon sens du terme, très bon enfant et joyeuse; des slogans, musiques, percussions, beaucoup de chants, colorés de vert et de rouge. Du beau son pour se mettre les oreilles en appétit, même si le rassemblement de notre petit groupe est moins facile que prévu de prime abord.

Sur une petite place attenante, que j’adore par son ambiance “coupée du monde”, la Place Pierre-Simon Ballanche, j’expose en quelques phrases se que contient la terminologie d’écologie sonore, en précisant que notre marche serait dés lors silencieuse, ce qui m’est assez coutumier, hormis quelques lectures de textes se rapportant au sujet, sur des arrêts Points d’ouïe.

Et nous partons, de places en ruelles, de cours intérieures en squares, naviguer entre les voix, les automobiles, ne les oublions pas, les jeux d’enfants, les oiseaux qui se réveillent sous les premières chaleurs, une cloche… Tout y est ou presque. Le décor sonore se dresse petit à petit.

Des ambiances en cascades, en couches, assez riantes ce jour, sur un parcours plutôt apaisé même s’il croise immanquablement quelques grandes artères bien circulantes.
Une ville vivante dira en fin de parcours un participant. Le terme est juste, la ville que nous arpentons vit bien à l’oreille.

Chaque lecture sera précédée de quelques minutes silencieuses, pour prendre le pouls acoustique du lieu, puis, la lecture terminée, à nouveaux d’une pause écoute. Les deux points d’ouïe encadrent ainsi le texte, comme pour le mettre en exergue, sans autres commentaires. Une posture parmi tant d’autres, mais qui fonctionne assez bien dans ce format audio-déambulatoire.

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Le terme de notre déambulation, de quasiment deux heures, à marche lente, s’effectue dans Parc Blandan, où alternent promenades, jeux d’enfants. Plus exactement, nous nous posons dans un espace boisé, “aménagé” en friche façon tiers-paysage, comme le définirait Gilles Clément, un de mes jardinier planétaire et penseur favoris.

Dernier spot d’écoute dans cette petite “forêt sauvage”, assis sur une plateforme de bois, ou dans l’herbe… Des voix, des oiseaux, la rumeur de la ville a disparu, un bel endroit, visuellement et acoustiquement parlant.

La parole est alors libérée, et elle sera prolixe.
Beaucoup de questions, un débat (presque) improvisé. Le silence du chemin a accumulé les questionnements, parfois les frustrations, mais stimule l’échange final.
Des questions autour des textes, des auteurs lus.
Des questions autour du son au quotidien, des seuils de tolérance, de l’écoute, du respect mutuel des postures écouteurs/producteurs sonores.
Des échanges autour de l’inter-culturalité sonore, des cités auriculaires et de leurs aménagements acoustiques, ou de la non-pensée bru(i)tale, des zones délaissées, des espaces assagis (trop ?), des zones calmes, du zonage urbain, des conforts acoustiques où la voix étalon reste le critère d’audibilité, du peu de place du sonore (paysager, sensible, qualitatif, culturel) dans les enseignements, en architecture et urbanisme, des rapports sons-musiques, des actions de l’artiste écouteur en résidence, se ses lectures écritures de territoires par l’oreille, de la mise en scène d’écoutes dans l’espace public…

Le public est varié, curieux de la chose sonore, ou écologique, curieux d’appréhender une tranche de ville autrement, artistes, aménageurs, promeneurs patentés voire créateurs de parcours sensibles…

Presque encore deux heures d’échanges suivront la déambulation, pour les plus tenaces, qui s’achèveront à la terrasse d’un café, pause bien méritée. Un format de parcours à la fois sensible et pédagogique, construit entre bulles d’écoute et relationnel, que j’affectionne tout particulièrement.

Au-delà de son histoire, de ses actions et réflexions, l’écologie sonore est, ou doit être une prise de conscience des saturations/disparitions, mais aussi des milles plaisirs à partager de l’oreille, au quotidien. Dans mon parcours artistique, je cultive ces formes d’échanges déambulants, où la parole s’ouvre au fil des pas, même s’ils préservent des zones silencieuses, et s’affinent au fil des situations rencontrées, sans doute plus qu’entre quatre murs.

Cerise sur le gratin, une participante a saisi, de son habile crayon, des moments de lectures et d’écoutes.

 

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https://naisa.ca/radio-art-companion/an-introduction-to-acoustic-ecology/ (EN)
https://www.wfae.net/
https://www.acousticecology.org/
http://syntone.fr/exclusif-lecologie-sonore-est-nee/
https://www.wildproject.org/journal/4-glossaire-ecologie-sonore

Des PAS – Parcours Audio Sensibles avec Alice Neveu

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Rencontre entre Desartsonnants, promeneur écoutant, et Alice Neveu, artiste marcheuse performeuse plasticienne, travaillant actuellement sur le quartier de la Guillotière à Lyon.

Première déambulation pour faire connaissance, une fin de matinée ensoleillée, juste avant les vacances, et bien entendu à la « Guill’ ».
Nous marchons à l’envi, sans itinéraire, juste pour papoter, faire connaissance, parler de nos marches, relations à la ville, à l’autre, collections de traces, actions, affinités, territoires…
Fin du prologue, rendez-vous est pris pour deux nouvelles balades dés septembre.

Nous sommes en septembre, les marches peuvent reprendre.

Une première que je guiderai, toujours entre le 7e et le 3e arrondissement, donc toujours à la Guillotière, de l’autre côté du pont, échappant à la Presqu’ile..
Ambiance nocturne.
Entre chiens et loups, 8H15 à cette période de l’année.
Une de mes périodes favorites, moment de bascule, d’étouffements, de rééquilibrage parfois.
Une température clémente, voire chaude pour l’heure.
Départ à l’épicentre de la Guillotière, place Gabriel Péri, autrement nommée localement Place du Pont.
Un lieu de rendez-vous d’une population bigarrée, quartier où se croise le Maghreb, l’Afrique noire et l’Asie, en des lieux, zones géographiquement assez bien définis.
Ici les robes de mariées brillantes de perles, les pâtisseries au miel, les kebabs et couscous…
Ici les salons de coiffures avec colorations et tresses Africaines, les bars où on à l’impression d’entendre un grillot conter ses terres brûlantes.
Ici des supermarchés où des montagnes de riz, épices, légumes asiatiques et accessoires de cuisine s’entassent, des restos à Bo buns.
Ici une immense boutique arménienne, très ancienne institution Lyonnaise, où on trouvent (presque) tous les épices thés cafés, fruits confits du monde, caverne d’Ali Baba où les yeux et le nez sont à la fête. Dans tous le quartiers, les senteurs sont de la partie.
Ici des bars restaurants flambants neufs, branchés, d’autres anciens, dans leur jus.
La Guillotière est un territoire toujours en mouvement, en couleurs, en odeurs, et en sons…
Cette nuit tombante, nous arpenterons rues et ruelles, places et parcs, sans itinérau-ire prédéfini…
Alice se chargera de construire une trace à sa façon.

Une deuxième balade, non prévue au programme initial, avec un petit groupe, nous emmènera, toujours en nocturne, des quais du Rhône à ceux de la Saône, dans le cadre d’une expérience de repérage pour le projet Parcours métropolitainS, Grand Lyon et lisières. Mais de celle-là, je reparlerai dans un autre article spécifique.

Troisième PAS, en duo d’écoute.
Un de ceux que j’aime à pratiquer régulièrement.
Une heure, un lieu de RDV, quelqu’un m’invite, me guide, j’enregistre, des échanges en marchant et devisant, à la volée, sans retouche, sans montage, sans coupure…
Ainsi, une collection de balades Lyonnaises, dans différents quartiers, à différentes heures, avec différentes personnes, qui se constitue progressivement. Des envies d’installer tout cela je ne sais encore où, ni comment.
Récits de ville.
Aujourd’hui, 16H30, chaleur assez étouffante pour la saison, sortie des écoles, tout bruisse.
Des moteurs énervés, des voix enjouées, harangueuses, un chassée-croisé entre vendeurs à la sauvette et policiers très nombreux ce jour sur la place Gabriel Péri…
On déambule de places en ruelles, voire ici dans une galerie, celle de Loren Larage, figure emblématique de la culture Lyonnaise, défendeur infatigable de l’art brut, singulier, activiste de quartier, et d’ailleurs, entre ateliers avec des enfants et raconteur intarissable sur son seuil de sa galerie.
Passages couverts, jardins, école lovée dans un recoin, mais à cette heure ci remplie, presque saturée, de voix enfantines.
Un bar (« moderne ») où des chats se prélassent sur les tables, concept.
Le quartier change à vue d’œil et d’oreilles, brassant les signes d’une gentrification en marche et d’une résistance active. Frottements.
Derniers bastions à la fois populaire, canaille, étudiant, culturel, artistique, associatif, patchwork séduisant qui garde encore des ambiances bien spécifiques, agoras de coin de rue, cuisine tous azimuts, et vie nocturne…
Il y a de quoi dire.
Il y a de multiples surprises pour qui veut les saisir au vol.
Et nous tentons de le faire.
Le magnétophone poilu ne passe pas toujours inaperçu.
Regard et oreilles vers le haut, ou à ras le sol, indiscrétion assumée, prêt à dérober le trivial dans son ébullition du moment.
Marche erratique, au gré des événements et envies d’Alice.
La paroles se collent à la marche, errante et donc sans itinéraire, collée au moment et au lieu, comme à la chose advenante.
Un piano, celui d’une école de danse toute proche, laisse filer de guillerettes mélodies par les fenêtres grandes ouvertes à même la rue, tandis qu’une main enragée klaxonne à tout va, pestant contre le camion qui bloque son véhicule.
Scène de guérilla motorisée dont la cité regorge.
Polyphonie urbaine, pour le meilleur et pour le pire.
Choisissons le meilleur, si possible, les sons du vivant bien vivant.
Pour le reste, et il en reste, le magnétophone vous raconte.

 

En écoute

PAYSAGES ET AMBIANCES DES VILLES, APPROCHE SENSIBLE ET ARCHITECTURALE

PAYSAGES ET AMBIANCES (SONORES) DES VILLES

Module d’enseignement destiné à des étudiants de master de l’ENSAL (École Supérieure d’Architecture de Lyon)

ECOLE D ARCHITECTURE A VX EN VELIN

Il s’agit par cette approche toute à la fois analytique et sensible, de donner aux étudiants des outils de lecture et d’écriture croisés pour appréhender la ville au travers différents média, outils, axes de recherches.
Plusieurs TD et cours magistraux viennent apporter des ressources et méthodes, répartis sur une durée de deux à trois mois.

En préalable, des interventions théoriques seront menées, introduction au paysage, outils de cartographie sensible, écouter et enregistrer la ville pour en restituer une carte postale sonore et enfin, une approche/observation en marchant du quartier de la Guillotière à Lyon7.
La plupart de ces approches s’effectue en binôme, avec un architecte/urbaniste/cartographe, et un « spécialiste » de la chose sonore.

En ce qui concerne mes interventions, l’approche historique du paysage sonore, notamment via Murray Schafer et l’écologie sonore est présentée, illustrée de nombreuses écoutes de field recording, ainsi que différentes recherches contemporaines et approches artistique liées à la création sonore environnementale.

Une cession en TD autour du montage audionumérique via le logiciel Reaper est organisée.

La sortie sur le terrain sera une première expérimentation pratique pour voir-écouter-commenter un quartier urbain, encadrée et  argumentée par un binôme aménageur/écoutant. Une carte sensible sera à cette occasion demandée aux étudiants, qui devront, au travers la représentation d’un parcours, garder trace de leurs ressentis, d’une approche personnelle pouvant mêler différents média et modes de représentation où les ambiances visuelles et sonores (entre autres) seront notifiées.

Par la suite, de petits groupe d’étudiants se verront attribuer un espace donné, rue, place, cours intérieures. Ils devront en fournir une analyse urbaine reprenant l’essentiel de ce qui a été abordé en TD et lors de la promenade.
Recueillir des données historiques, sociologiques, aller sur le terrain, plusieurs fois, à différents moments, pour l’écouter, le regarder vivre… Noter, photographier, dessiner, cartographier, enregistrer, constituer une réserves de récits et de matières, de paroles et d’écrits…

En ce qui concerne la carte postale sonore proprement dite, il s’agit de représenter, en 3 à 4 minutes, un espace urbain, en lien avec le lieu analysé. Le fait de n’utiliser que le son pour cet exercice interroge certains étudiants quelque peu desarçonnés par l’approche, le fait d’envisager le seul son comme une constituante urbaine (autrement qu’en terme de nuisance et d’isolation normées) n’étant pas franchement habituel chez des aménageurs.
Il convient bien ici d’envisager l’approche auriculaire comme un prolongement, naturellement intégré dans l’analyse urbaine globale, et non pas comme une sorte d’annexe anecdotique et déconnectée.

Au-delà d’une recherche esthétique, la construction de la carte postale sonore devra donc intégrer une problématique liée au terrain, à ses usages, à ses populations, événements, aménagements.

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Le fait de travailler sur une large rue, ou sur des petites îlots intérieurs, sur une place ou des rives de fleuve conditionnera donc grandement un axe d’approche, tout en soulevant une problématique singulière.
L’analyse urbaine, sons y compris, ne pourra se contenter d’une simple description où seraient amassés ou juxtaposés différents renseignements, textes, photos, sons…
Il va falloir en cerner une approche questionnante, problématisante, un axe d’attaque qui tirera et tricotera des fils selon une logique donnant au rendu un réel intérêt prospectif. C’est en tout cas ce que tente de convoquer cette UE, qui se déroule maintenant depuis plusieurs années.

Pour le son par exemple, il s’agira, en écoutant/regardant, avant-même d’avoir tendu le moindre micro, par quelle biais, quelle approche se construira notre carte postale. Et bien évidemment, le questionnement choisi conditionnera les sources sonores collectées, et la manière formelle et esthétique qui sera structurera le rendu final.
Pa exemple, choisir de parler de mixité ou de gentrification, de s’appuyer sur des travaux de requalification, ou réhabilitation, sur les commerces ou la structuration d’une rue via un tramway, sur le réaménagement piétonnier des rives d’un fleuve, les fêtes, les marchés ou les sports urbains, sur l’acoustique des ilots et des cours intérieures… ou bien d’autres approches, impliquera des choix de de matériaux et de montage spécifiques.
Enregistrera t-on en point fixe, en marchant, sur quels trajets, ou  via un montage de différents spots combinés ou non… Quelles ambiances panoramiques ou zooms sur des micro événements, quelles place(s) à la voix,  à quels moments du jour ou de la nuit, quel parti pris montrer pour avoir une approche singulière tout en restant en adéquation avec le discours général… ?
Bien souvent, l’arpentage systématique du terrain, souvent hélas réduit par négligence, ou périodes de charrettes, est en mesure de donner des réponses pertinentes, ou en tous cas des questionnements, et de fournir matière à (re)composer.
Formellement, cette carte postale sonore sera contrainte par le choix des matériaux des ambiances…
Comment trier les sons, effectuer un dérushage pertinent pour ne garder que « la substantifique moelle » sonore ?
Comment introduire la séquence, la faire évoluer par une construction assumée qui pourra comparer des lieux, des ambiances, proposer des transitions en fondues, des cassures, des phénomène d’amplification, ou d’apaisement, des tensions, des points forts, des  effets de surprises, une fin « logique »… ?  
Comment marquer des transitions, l’affirmation et l’évolution d’un discours, même en trois minutes de sons, en gardant l’attention et la curiosité de l’auditeur en éveil ?
Bref, comme les partis pris graphiques, ceux liés au sons devront rendre compte d’une approche personnelle, d’une analyse de terrain plausible, même si l’imaginaire, le rêve, le décalage, les distorsions ou amplifications subjectives ont tout à fait le « droit à la parole », voire sont les bienvenues pour échapper à une froide description.

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Globalement, ces approches sensibles donnent lieu à d’assez intéressants rendus, même si parfois disparates dans les investissements et la qualité des réflexions et mises en forme.

Une présentation publique est organisée en fin de parcours, dans la grande rue centrale de l’école, où documents visuels, photographiques, cartes, maquettes, écrits et sons, sont mis en scène par lieux, comme une sorte de patchwork combinant différentes approches sensibles et analyses du quartier de la Guillotière.

Quelques projets singuliers et pertinents émergent. La ville, voire plus, vue/entendue en coupe du haut en bas, jusqu’à l’intérieur de la matière – la cité au rythme d’objets glanés, mis en espace, en scène et en rythmes – une vraie fausse approche via un guide touristique décalé, d’une ville en façades décors et de ses arrières « sauvages » – un travail de parcours très fouillé, méthodique, sur 12 places triangulaires et leurs rapports au quartier…

On s’aperçoit, en suivant les démarches des étudiants, leurs tâtonnements, errements, fausses routes, impasses, idées lumineuses… que la problématisation des projets, souvent tardive et parfois très floue, ou fluctuante, vient grandement freiner l’avancée, voire la pertinence des travaux.
On met parfois la charrue avant les bœufs, en allant prendre sur le terrain sons et photos, puis en s’apercevant que ces derniers ne servent pas le propos, le récit, la problématique, qui se sont progressivement mis en place, et qu’il faut retourner in situ pour agrandir, compléter ou revoir complètement sa bibliothèque multimédia, ses collectages de matières sensibles.

Néanmoins il s’agit d’un enseignement pour moi très riche, qui m’apporte beaucoup dans la perceptions d’espaces sensibles, et pas seulement sonores, leurs usages, leurs fonctionnements, ou dysfonctionnements, leurs appropriations (ou non), leurs difficultés, ou leurs aménités, les approches croisées d’aménageurs, urbanistes cartographes, architectes…

Mon regret : ce module, datant maintenant de 5 à 6 ans je crois, qui avait progressivement évolué, s’était structuré dans sa méthodologie, ses outils, ses ressources, ses exigences, ne sera pas reconduit l’an prochain, victime d’une refonte générale du projet éducatif de l’école.

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