PAS – Parcours Audio Sensible, écritures, extractions et prélèvements à Pérouges

29683995_10216749695161167_8558987113347535933_nExplorations, extractions, parcours sensibles et territoriales

L’action se situe dans le cadre d’un projet art-science, Titre A Venir, autour de l’anthropocène. Un collectif d’artistes, de chercheurs et de citoyens engagés s’est réuni pour une série de résidences/actions, portées par le tiers-lieu la Myne . Sont ainsi développées différentes expériences, réflexions, rencontres, parcours sensibles, documentations, méta-langages, bidouillages de systèmes éco-logiques, modes de communication, expérimentations, revendications politiques, au sens large… et plein d’autres effervescences qui se brassent sans complexe. Ces rencontres activistes donnent lieu à des expositions en chantier, ateliers communs, invitant artistes, chercheurs et publics à modestement re-visiter notre monde, l’environnement, ses fragilités, voire grands périls, sans toutefois sombrer dans un pessimisme mortifère. Il s’agit de poser des questions, sensibiliser, chercher à faire, à mieux faire, à ajouter sa petite goutte de sociabilité, d’humanité, sans vouloir tout résoudre, mais sans totalement subir aveuglément. Dysfonctionnements climatiques, migrations, économie/écologie… sont des sujets brûlants sous le regard (et l’oreille) de personnes venues de différents horizons, mais curieuses d’en expérimenter les tenants et aboutissants,, et surtout de partager ces questionnements plus que jamais d’actualités. Il n’est pas question ici de moraliser à outrance, de sanctionner, de catégoriser le bien et le mal de façon par trop manichéiste, mais bien d’expérimenter ensemble ce que nous pouvons faire et mettre en commun, entre rêves et réalités, quotidien trivial et utopies, société et individus, pensées et agir…
Pour mieux saisir ce projet complexe, l’idéal est de s’inscrire, de participer, même ponctuellement, dans une de ces actions qui, d’une ville à l’autre, s’installent progressivement dans le monde de ce que l’on nomme parfois des alternatives, des fabriques de commun, des tiers-lieux d’innovation sociale, fablabs et autres espaces ouverts…
Le cadre étant posé, revenons à notre Titre à venir. Il se promène dans quatre lieux durant une année. Le PAA (Pratiques Artistiques Amateurs) dépendant de l’École Nationale Supérieurs des Beaux-Arts de Lyon , Le Centre Culturel l’Attrape-Couleurs de Lyon 9e, le Centre culturels la MAC, Maison des Arts Contemporains de Pérouges  et pour finir, le Centre Culturel de Lacoux .
Nous nous retrouvons ainsi, par petits groupes, autour de certains ateliers collectifs, où chacun croise, à sa façon, ses savoir-faire, affinités, champs de pratiques et connaissances, pour donner formes à de nouvelles créations hybrides.
c’est ce qui nous a permis par exemple, lors de balades sensibles, de mixer écriture textuelle, sonore, échantillonnage de différents matériaux in situ, mesures sonores, de la qualité de l’air, des ondes électrostatiques… Nous mettons en place une forme composée de promenades esthétiques et scientifiques, dans un petit village médiéval et sa campagne environnante.
Lydie, artiste férue d’écriture(s), Cécile, militante contre l’envahissement des ondes de tous genres, David, artiste plasticien performer, manager de Titre à venir, entre autres choses, et Desartsonnants, l’habituel promeneur écoutant, ont donc le temps d’un week-end, parcouru un petit bout de la cité médiévale de Pérouges (01), pour mettre en commun leurs pratiques, et en découvrir de nouvelles en regard de l’autre.

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Nous avons ainsi tenter d’extraire des échantillons de toutes sortes, sur le site investi, pour les insérer à une sorte de matériauthèque, pour certains dans une exposition/atelier in progress, pour d’autres comme catalyseurs d’écritures, installations, et/ou de performances transmédiales.

 

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Première promenade, à deux pas de la résidence, ans le centre historique de Pérouges.
Auscultation des pierres et des mousses de vieilles bâtisses médiévales, relevés graphiques, relevées de la qualité de l’air, enregistrement audio, relevés des taux d’ondes électromagnétiques, écriture (textuelle) in situ, nous déployons une batterie d’outils, pour beaucoup bidouillés pour la circonstance.
L’idée est de jumeler le sensibles, je regarde, j’écoute, je touche… à des relevés in situ, pour les retransposer, les mixer, les interpréter, les incorporer par la suite, dans des actions et créations artistiques.

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Deuxième série de relevé au départ d’un sentier en contrebas du village. Notre centre d’intérêt est cette fois-ci, un fil de fer barbelé ! Nous observons quelques centimètres de matière, que nous calculons à) l’échelle du lieu (longueur total du fil).
ausculté, il chante joliment avec des résonances métalliques, et des sortes d’ »échos musicaux.
Une famille indienne nous observe curieusement, avant que de nous demain ce que nous faisons.
s’ensuit une sympathique conversation où nous expliquons notre démarche arts/sciences, au fil de questions et remarques échangés. Notre médiation voyagera finalement loin…
Troisième lieux d’observation et de prélèvement, un ruisseau dans un vallon s’étendant au bas de la colline de Pérouges. Il porte le joli nom de Longevent, déjà tout un poème que l’on se plait à entendre dans notre imaginaire.
Le site est bucolique, une rivière bien bouillonnante, des arbres, beaucoup de verdure, des ruines d ‘un ancien moulin… Mais aussi des promeneurs, nombreux sous ce premier soleil printanier, des chiens, et même des motos…
Alors que j’effectue différentes prises de sons du Longevent, David teste différents modes de captations graphiques via des frottis sur des mousses, terres, et effet de l’eau recomposant de surprenants paysages tout en mouvements.
Notre équipée cherche des moyens de « faire parler » le paysage dans ses moindres recoins, d’en traquer ses matières sensibles, d’en prélevé des échantillons aussi divers que surprenants, de les remodeler et rassembler pour montrer tout à la fois les beautés et les fragilités environnementales.

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Le lendemain, dimanche, je me lèverai tôt pour être sur le terrain, magnétophone en main, avant le levé du jour. C’est l’heure bleue, le réveil de la nature où un maximum d’oiseaux chantent pour saluer l’aube naissante.
Ce sont toujours des instants d’une incroyable intensité, surtout lorsque l’on se trouve dans un site très rural et boisé. Sachant que la biodiversité se réduit d’année en année comme peau de chagrin, ces instants sont précieux à savourer.
Nous poseront en fin de matinée nos observations en commun, et surtout nombre de questions sur les mises en formes à venir de nos collectages.
L’après-midi, nous irons explorer l’acoustique de l’église. Beaucoup de monde en ce dimanche pascal et ensoleillé, mais surtout, une insupportable Muzac pseudo religieuse, qui écrase toutes les beautés des acoustiques pourtant oh combien intéressantes pour que l’oreille vienne s’y reposer.
Un week-end riche en expérimentations qui vont murir lentement, au fil des promenades, rencontres, terrains à découvrir et installations à venir.

En écoute

 

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