Point d’ouïe – Les flâneries d’un promeneur solidaire

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Marcher, même seul, même sans but annoncé, est pour moi un geste éminemment social
Pour cela il me faut
Sortir de ma boite, de mon appartement, de mon cocon, prendre l’air, prendre l’air du temps, l’air de rien, et surtout l’air non conditionné
Faire corps, de pied en cap, avec le monde qui m’entoure, ma ville, mon quartier, mes espaces investis d’écoutes
Regarder au long cours, mon quartier, ou d’autres qui n’en finissent pas de se transformer, en démolitions – reconstructions – requalifications, avec de nouvelles rues, de nouveaux parcs, de nouveaux magasins, de nouvelles personnes, et moult espaces et bâtiments qui s’effacent, pour laisser place à d’autres, ville chantier, ville tentaculaire
Instaurer des sortes de rituels spatio-temporels à mes PAS – Parcours Audio Sensibles, mais aussi en faisant mes courses, ou en flânant tout simplement
Regarder, sentir, apprivoiser là où je vis, ou ailleurs, les aménités et dysfonctionnements, les apaisements et crispations, les transformations et résiliences
Oser se croiser, se regarder, s’écouter, se parler, s’humaniser urbaniquement, un peu plus encore,
Aller à ma propre vitesse, et à celle des passants non pressés, de mes sensations, sans forcer la marche, dans une forme de décroissance pédestre et mentale assumée
Ressentir des paysages tracés par la relation kinesthésique le mouvement de nos corps arpentant l’espace public
Déambuler de concert, tout en devisant de tout et de rien, façon refaire le monde, ou dans un silence partagé
Saluer des inconnus, leur sourire, au détour d’un parc, d’un sentier, d’une ruelle, et pourquoi pas d’un boulevard, d’une place publique, ou d’une avenue
Sortir des sentiers battus, se surprendre, se laisser surprendre, ou surprendre, par des trajectoires inhabituelles, des écarts poétiques, des gestes décalés, de drôles de situations voire des situations drôles
S’encanailler dans les délaissés touristiques, les recoins de la ville non patrimoniale, non monumentale, en tout cas hors d’une historicité visiblement répertoriée et valorisée en tant que telle
Partager des histoires, des tranches de ville, ou de vie, des récits d’expériences, mais aussi des repas, pique-niques, grignotages dans l’herbe d’un parc, ou sur des bancs, y compris entre deux périphériques
Faire œuvre de pédagogie, transmettre au PAS à PAS, l’écoute, ou d’autre valeurs perceptuelles
Résister, quitte à aller manifestement contre
Se poser sur un banc, ici ou là, tout simplement
S’immerger dans une société qui, pour le meilleur et pour le pire, les longues marches urbaines me le faisant bien voir, reste avant tout ce que nous en faisons, et ce que nous en ferons

PAS – Parcours Audio Sensible, marcher, écouter, cartographier

Une, des cartographie(s) sonore(s), des écoutes à la carte ?

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Arpenter un territoire c’est originellement le mesurer, le diviser en arpents, mais peut-être également s’y mesurer.
Marcher un territoire c’est aussi en prendre la mesure, du centimètre au kilomètre, pas à pas.
Réduire un territoire à une certaine échelle, c’est amorcer un geste cartographique, l’appréhender « vu de haut », en discerner les contours, parfois les détails.
La cartographie sonore est une cartographie du sensible qui mettra en avant la matière sonore et l’écoute posée sur un espace géographique donné.
La cartographie sonore est un mode de représentation territorial pour et par l’oreille. Elle peut être centrée sur les seules informations auditives, ou venir s’insérer dans une carte plus hétérogène, lui rajouter une couche d’information auriculaire…
Un territoire sonore est un ensemble construit sur des flux, des rumeurs, des émergences… Moteurs, brouhaha, voix, oiseaux… Un mille-feuilles acoustique.
L’échelle de l’écoute peut-être donnée par un jalon stable dans la temporalité, la puissance, la localisation géographique. Une cloche par exemple. Néanmoins cette échelle peut être plus ou moins précise, s’effacer ponctuellement. L’oreille reste le capteur qui mesurera les échelles et plans sonores, non sans une certaine subjectivité, voire une subjectivité certaine.
La ou les signatures sonores d’un territoire cartographié se révèleront autour de « singularités communes ». Des cloches, fontaines, espaces acoustiques spécifiques et enchainements ou ruptures dans le mixage urbain, voix avec intonations, accents, langues, parlers locaux…
Une cartographie sonore demande un certain temps d’immersion pour repérer et comprendre les indices que nous choisirons de représenter, ou d’utiliser comme représentation sensible d’un lieu.
La carte/charte sonore peut utiliser différents modes de représentation, différents médias. Le symbole-pictogramme, le sons lui-même, l’image, le texte/onomatopée, le graphisme décrivant la matière sonore, sa puissance, sa « couleur, sa hauteur, ses déplacements spatiaux et dynamiques… sont autant d’outils cartographiques pouvant être utilisés, mixés…
La mise en place d’une représentation sonore peut-être participative, s’appuyer sur la connaissance des autochtones de leurs espaces de vie, se construire en fabriquant nos propres codes,, outils de représentation, esthétisme… Elle en gagnera d’autant plus à être une création collective, partagée, une œuvre contextuelle, perceptuelle autant que relationnelle.
Nous pourrons développer plusieurs degrés de lecture selon les cartes ou couches empilées – Sources et nature des sons, puissances, rythmes et temporalité, ambiances et couleurs, éléments spécifiques (cloches, fontaines, transports publics…)
La carte pourra se décliner en différents formats ou média – Papier, maquettes/matériaux, supports numériques, formats mixtes…
Ce mode de représentation restera, surtout en ce qui concerne la notion de paysage sonore, éminemment subjectif, comme beaucoup de cartographies du reste.
La parole d’habitants, d’usagers, de visiteurs peut-être inclus comme un élément d’une cartographie singulière. qui s’appuie sur une série de témoignages récits oraux.
La cartographie sonore peut être pensée comme un mode de déambulation, offrant différents chemins, trajectoires d’écoute, précisant des points d’ouïe où s’arrêter, singuliers, intéressants, emblématiques.
A chaque territoire, à chaque arpenteur, à chaque projet et histoire, sa propre carte.
Nous produisons bien là, une véritable écoute la carte en quelque sorte.

Annexes :
– Un panel de cartographies sonores (article Desartsonnants) – https://desartsonnants.wordpress.com/2014/06/27/cartographier-le-monde-a-loreille/
Images

Cartes sonores et dérivés (Article Desartsonnants)http://desartsonnants.over-blog.com/cartes-sonores-et-d%C3%89riv%C3%89s-repr%C3%89sentations-de-la-chose-sonore

Partition de PAS – Parcours Audio Sensible, partition n°6 – « immobilité, statues de l’écoute »

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Public
Solitaire, à 2, en  groupe

Temporalité et durée
De jour, de nuit, durée variable, de quelques minutes à quelques heures

Lieu
Ici ou là, en ville ou en milieu naturel, ailleurs…

Actions


- Choisissez un itinéraire, repéré, ou non; sinon préférez lui une pure errance…
– Mettez vous en marche
– Lorsque vous en sentez le besoin, lorsqu’il se passe à vos oreilles des choses intéressantes, surprenantes, immobilisez vous
– Gardez, autant que faire se peut,  une immobilité totale, quelques minutes, plus, beaucoup plus… Selon l’humeur et la scène qui se joue, votre résistance physique à l’absence de tout mouvement
– Écoutez en vous sentant au centre, le centre, du paysage sonore. Sentez le bouger autour de vous. Ces temps d’écoute immobiles s’effectueront il va sans dire dans le plus parfait silence.
– Repartez lorsque vous le souhaitez, et réitérer l’action autant de fois que vous le désirez

 

Remarques et variations
Si vous effectuez ces actions en groupe, n’ayez pas peur d’être observés avec une certaine curiosité, voire jouez en pour interroger l’espace public et ses passants intrigués.

Si groupe il y a, ce dernier devra rester assez compact pour conserver l’énergie partagée de l’écoute collective.

Un ou plusieurs décideurs pourront proposer des points d’écoute immobiles. Tout un chacun peut le faire à un moment donné après en avoir signalé son intention au groupe.

 

 

Postures – Installations d’écoute(s) collective(s)

Version forestière

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Se tenir debout, longuement, immobile, au cœur de la forêt, et l’écouter bruisser. Aujourd’hui, ma recherche questionne les façons d’installer une forme d’écoute performative, via différentes postures physiques et mentales, quelque soit le lieu (nature/urbanité…) et de préférence en groupe.

Version panoramique

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Belvédère acoustique… Dominer le sujet ? pas vraiment certain d’y parvenir à ce jour…

La question de la posture, ou des postures, comme une façon d’installer de nouvelles formes d’écoute, donc de nouveaux paysages sonores, pose une problématique qui irrigue et alimente mes travaux, tant dans le faire que dans la réflexion. Comment donner vie à une écoute intense, collective, par quelles postures physiques et mentales ? Comment plonger ses oreilles dans une forêt comme en centre ville, en périphérie comme dans des sites architecturaux, en les transformant en scènes auditives, en installations sonores permanentes ? Et par delà, se pose la question de comment partager ces constructions sonores à un groupe, via des gestes performatifs, oscillant entre marche et immobilité ?

Version urbaine

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La notion de groupe partageant une même (in)action, in-action, notamment celle de l’écoute est bien au cœur du questionnement. Comment mettre en place des espaces d’écoute par des formes de rituels, de cérémonies, la création des micro communautés éphémères d’écoutants ? Comment la trace du geste accompli  pourrait, à contrecoup, influencer (durablement) des sensibilités plus actives ?  Autant de terrains restant très largement à explorer… Jeux de l’ouïe, le chantier est vaste et d’autant plus passionnant.

« Donc, si vous voulez, mon art serait de vivre ; chaque seconde, chaque respiration est une œuvre qui n’est inscrite nulle part, qui n’est ni visuelle ni cérébrale. C’est une sorte d’euphorie constante. »
Marcel Duchamp

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Partition de PAS – Parcours Audio Sensibles, partition N°5

 

Point d’ouïe et partition de PAS – L’oreille collée à…

 

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Crédit photo ©Yuko Katori – Inauguration d’un Point d’ouïe à l’Abbaye de Vausse (21) – World Listening Day le 18 juillet 2017, avec CRANE-Lab

Public
Solitaire ou groupe

Temporalité et durée
De jour, de nuit, durée variable, de quelques minutes à quelques heures

Actions
– Choisissez un itinéraire, repéré, ou non; sinon préférez lui une pure errance…
– Regardez autour de vous, repérez, choisissez des cloisons, portes métalliques, portails, vitres, barrières, mains courantes, de préférence métalliques…
– Collez votre oreille contre ces différentes matières/surfaces pour en écouter, ressentir leurs invisibles et intimes vibrations.
– N’hésitez pas à stimuler les surfaces et matières par de légers frottements, tapotements, raclements… de la main ou à l’aide d’un objet.
– Le cas échéant, imaginez ce qui peut se passer derrière les cloisons, des sons invisibles eux aussi, peut-être même de l’histoire ancienne, des bribes de souvenirs enfouis dans et par-delà la matière.
– Passez d’une surface à l’autre pour en comparer les imperceptibles vibrations sonores…

Variations
– Si votre oreille craint le froid, l’humidité, ou si vous voulez tester via un objet d’écoute interposé, vous pouvez utiliser un stéthoscope.
– Dans le cas d’une écoute en groupe, un guide propose, les autres agissent par imitation, tout écouteur ayant potentiellement la possibilité de guider vers une autre surface.

Les PAS – Parcours Audio Sensibles, catalyseurs d’une communication non verbale.

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Silence must be !*
Cette déclaration, a priori impérative, est néanmoins, plus pour moi, une invitation plutôt qu’une injonction.
La marche silencieuse, celle que propose généralement mes PAS, tend à installer une attitude quasi méditative, concentrée, à la fois sur le monde extérieur, et sur nos propres pensées, ressentis, états-d’esprit, rêveries intimes, sur un moi restant cependant fortement connecté au Monde environnant.
Le silence alors instauré comme une règle du jeu, laisse place, plus de place, aux sons ambiants, ouvrant ainsi ce que Pauline Oliveros appelait une « Deep Listening », une écoute profonde, parfois exacerbée, en tous cas souvent amplifiée.
C’est une façon d’investir les lieux par l’écoute, de se créer ses propres paysages, se mettre en vibration, en résonance, en harmonie avec son environnement, les espaces appréhendés, marchés, dans une forme d’augmentation sensorielle sans autre artifice que notre écoute, notre esprit et notre corps consentants, grands ouverts sur le Monde.

Effet de groupe, esprit de groupe
Les PAS prennent pour moi tout leur sens lorsqu’ils sont commis à plusieurs, en groupe, y compris à partir de deux personnes, et qui lus est d’autant plus qu’ils sont effectués en silence. Je l’ai déjà formulé maint fois, mais je reste toujours surpris des synergies, des énergies qui se dégagent d’une marche silencieuse, en groupe. SE ressent alors une véritable stimulation d’une complicité, d’une connivence accrue dans le geste d’écoute, voire dans toute une série de gestes physiques, postures, ressentis…
Le silence du groupe n’est pas la résultante d’un isolement de chaque individu qui se réfugierait dans un silence-muraille, qui sectionnerait le groupe en une constellation d’individus étrangers les uns aux autres, bien au contraire !
Le fait de marcher ensemble, d’écouter ensemble, en silence, dans un cadre spatio-temporel pensée comme un commun, un territoire d’échange développe un pneu de gestes connivents, bien au-delà du langage parlé, ou qui échappe à la parole pour s’adresser directement aux corps interconnectés.

Au corps de l’écoute
Marcher au même rythme, tendre l’oreille aux mêmes sources, s’arrêter ensemble, se sourire, s’échanger des clins d’œil, se guider en se donnant la main, se faire passer des objets, être reliés par des fils virtuels ou réels… Autant de faits et gestes, parfois imperceptibles au non habitué, ou au spectateur extérieur, qui développent un véritable langage, une forme de communication parfois plus forte que la parole-même, mentale, physique, kinesthésique… et qui ne vient pas rompre la magie du silence, écrin de l’écoute active.

Silence on guide !
Le guide de PAS, rôle que j’endosse de nombreuses fois, ressent fortement les moments où se soude un groupe, où les entités humaines font bloc, et rayonnent d’une sorte d’énergie électrisante.
Le guide est tout d’abord celui qui installe, ou qui contribue fortement à installer le silence, plus en adoptant des postures physiques communicatives qu’en usant de la parole pour se faire entendre, voire comprendre. Une immobilité soudaine, un regard appuyé… C’est sa propre énergie d’écoutant qu’il devra, à l’instar d’un chef d’orchestre, communiquer alentours. Plus encore que sa technique gestuelle, l’énergie d’un maestro, jusque dans les silences, est sans doute surtout dans les silences, viendra galvaniser l’orchestre, qui lui-même renverra de l’énergie vers le chef, et au-delà verts le public. Situation finalement assez comparable avec laquelle je me trouve en emmenant un groupe dans un PAS, mais sans doute ma pratique de direction d’orchestre n’y est pas étrangère. L’un des premiers marques de ‘implication d’un groupe, de sa cohésion, est sans nul doute la qualité du silence qui sera « produit » collectivement, lequel sera non seulement une sorte d’écrin pour les sonorités ambiantes, mais aussi éléments constitutifs intégrants d’un langage non oralisé.

Silence on communique !
Dans un PAS silencieux, des gestes discrets, a priori anodins, se révèlent comme des formes de jeux/postures révélateurs, que le groupe se transmet souvent de façon consciente. Mettre les mains derrières les oreilles, en formes de parabole acoustique, fermer les yeux, effectuer un lent tour sur soi-même, à 360°, coller l’oreille à un pont, à une porte… Autant de gestes, de recherches d’écoutes, à la fois simples et singuliers, qui ne demandent aucune verbalisation pour se transmettre, tout juste une réceptivité collective, un mimétisme communicatif, une sorte de danse improvisation intuitive collant aux événements de l’instant, aux ambiances du lieu.
Le langage collectif, sorte de langue des signes pour écoutants, ainsi installé, ne doit surtout pas être troublé par une parole qui serait alors une surcharge interprétative tout à fait inutile, voire franchement déplacées, si ce n’est parasitante. Cette parle « de trop » brouillerait plus qu’elle ne servirait les communications corporelles, sensibles, des promeneurs écoutants. Les gestes en silence sont à même de transcender la plus modeste des promenades, plus qu’aucun discours ne le ferait, si pertinent soit-il. Au gré, et par cette communication intimes, circulant librement dans le groupe, l’écoute se consolide, le paysage devient dessert, et s’ouvre à nos oreilles dans ses moindres détails – Quelqu’un qui cuisine, fenêtres ouvertes, en écoutant la radio, des oisillons qui pépient dans un nid, le souffle du vent dans les feuilles d’un peuplier, les chuchotement et fous-rires étouffés d’un couple d’amoureux sur un banc public… L’oreille se fait gourmande, insatiable, un brin voyeuse aussi… C’est par des regards, des visages attentifs, éclairés, des sourires, que l’on sait que nous ne somme pas seul à écouter sourdre les bruissements du monde. A un moment, plus tard, la pari-olé aura besoin de se libérer, de commenter, d’échanger verbalement, et elle le fera alors naturellement, toujours sans consignes. Ou bien alors une question discrète du type « Quel a été votre moment le plus fort, ou le lieu où vous vous êtres sentis le mieux ? »

Retours humains
Au terme d’un PAS, une mère nous a rapporté l’expérience qu’elle venait de vivre avec sa fille, expérience qui m’a personnellement beaucoup touché.Elle avait amener avec elle sa fille, une adolescente rebelle avec laquelle elle avait des rapports très conflictuels, jusqu’à un silence pesant, bien loin de celui dont je vous ai parlé auparavant, mais a contrario comme le marquer d’une communication devenue impossible. La mère avait proposé à sa fille d’accepter ou non sa proposition, et de rester libre de quitter le PAS quand elle le souhaiterait.
Or non seulement mère et filles sont restées jusqu’au bout u parcours, mais il s’est passé durant ce temps d’écoute quelque chose d’assez imprévisible.
En cours de route, elles se sont sourit, échanger des clins d’œil, appuyé l’une contre l’autre, pris la main. La mère est revenue nous voir le lendemain, sans sa fille, et visiblement très émue de ce qu’elle avait vécue, nous relatant combien ce contact physique, humain,  renoué en marchant, l’avait bouleversé.
Certes, un PAS n’est pas pensé comme une thérapie, ni une façon de guérir, d’apaiser,des conflits humains. Je suis très loin d’une forme de « baladohérapie «  que de toute façon je ne saurais absolument pas gérer, le soin étant loin de mes domaines de compétence.
Néanmoins, suite à ce retour spontané, je me suis plus encore rendu compte combien le geste silencieux, les formes de communication non verbale, pratiqués dans les PAS pouvaient souder, et dans ce cas précis ressouder un groupe, ne serait-ce qu’un couple mère fille jusqu’alors en conflit.
En dehors du mot, de la parole, marcher et écouter ensemble créent indéniablement une connivence dans l’instant, renforcée par un silence que je qualifierais d’habité.
Et si les PAS, sans même cherche à en expliquer le pourquoi du comment, ne servaient qu’à créer ou consolider des liens d’écoutant à écoutant, cela serait déjà pour moi un petit PAS de franchi, vers l’autre.

Point d’ouïe campanaire à Cagliari

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Desartsonnants ne le répètera jamais assez, il adore lorsqu’il y a quelque chose qui cloche dans le paysage. Ici à Cagliari, du centre ville au bastion supérieur, il joue à fabriquer, après écoute, un petit raccourci spatio-temporel… Ceci dans le cadre du projet Erasmus+ « Le paysage sonore dans lequel nous vivons » – avec GMVL Musiques Vivantes de Lyon

En fait, l’un des marqueur spatio-temporel qualitatif et installé dans l’espace public, préféré de Desartsonnants est certainement celui proposé par ces belles dames d’airain hautes perchées, au voix tellement différentes du Nord au sud, de ville en ville, de clochers en beffrois.

Je les cherche, les écoute avec délectation, les capte, en collectionne les envolées et sonneries carillonnantes.

J’aime entendre comment elles inter-agissent sur l’espace public, lui donnant une texture, des dimensions, des plans, d’échos en réverbérations, des profondeurs rapprochées ou éloignées au gré des vents tourbillonnants, de nos postes d’écoute, du lieu où elles nous surprennent.

PAS – Parcours Audio Sensible et inauguration d’un Point d’ouïe à Saillans

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Invité dans le cadre du festival « Et pendant ce temps les avions » pour une série de PAS – Parcours Audio Sensibles et l’inauguration d’un nouveau Point d’ouïe, je découvre le magnifique village de Saillans, blotti au pied des contreforts du Diois et tout contre les rives de la Drôme et du Rieussec.
La toponymie du village met d’emblée en avant la saillance, ce qui saillit, les montagnes environnantes, l’eau qui sourd ici et là, qui sourd pourtant sonore, rubans rivières et intimes fontaines, la musiques des rues, y compris celle des musiciens invités pour le week-end de Pacques, et qui font sonner le marché dominical…
Ici, même le système politique construit dans un modèle original de démocratie participative fait saillante, voire résistance, hors du schéma classique.
Les saillances y sont d’ailleurs plutôt douces sous le soleil printanier.
Dès mon arrivée, j’arpente rues et rives. Premier repérage. Prendre la température acoustique des lieux. S’imprégner des ondes locales, apaisantes à mon goût.
Un axe, une rue, deux ponts, deux rivières, une géométrie simple, impossible de s’y perdre, même pour moi, inguérissable désorienté.
Et pourtant, paradoxalement, Dédale semble avoir joué par ici à entrelacer d’étroites ruelles, passages couverts, placettes, sentes intimes, resserrés, naviguant de part et d’autre de la grande rue, qui nous font serpenter entre de belles bâtisses de pierre. Et l’oreille se réjouit ainsi. Rue principale, des voix, des terrasses de bars, quelques voitures, puis on oblique, on s’enfonce dans une minuscule ruelle, une fois à droite, une fois à gauche, et tout change. Un incroyable calme s’installe. des tendres réverbérations, un étouffement, un apaisement soudain de la ville. Un presque silence que viennent animer des sons s’échappant discrètement des fenêtres. Un petit régal à fleur de pierre, à l’ombre de l’agitation, qui reste néanmoins une quiète agitation. De coupures en coupures déambulons, les changements d’ambiances se succèdent surprenants, et malgré tout sans heurts, sereinement.

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Un fil conducteur se trace, déjà évoqué, la présence de l’eau qui rythme le village. Au bas, la Drôme (la course) et le Rieussec (Ruisseau sec), qui glougloutent et chuintent, aujourd’hui encore en eau, bientôt peut-être, en avançant vers l’été, asséchés ou transformés en modestes rus serpentant entre les galets. On imagine néanmoins, en regardant les rives de la Drôme, que son actuel état tranquille peut, à certaine saisons, se faire vue furieuse dont on se représente assez bien le puissant grondement. Deux fontaines complètent en symétrie le paysage aquatique, et perlent l’espace de leurs gouttes cristallines. Ce sont non pas de grandes fontaines imposantes, mais plutôt de petits oasis rafraîchissants, comme le Sud sait  si bien en installer pour ponctuer joliment l’espace. Espace acoustique également, même si on ne les devine guère que lorsque nous croisons leurs chemins. Et pourtant, elles sont de vrais marqueurs auditifs, incontournables points d’ouïe jalonnant le parcours. Nous ne manqueront d’ailleurs pas de venir en ausculter (eau sculptée) une à chaque PAS, nous asseyant autour de sa margelle, puis plongeant longues-ouïes et stéthoscopes dans son bassin, improvisant une aqua-scène de bulles glougloutantes. Instant ludique pour petits et grands, car chaque PAS constitua d’ailleurs un groupe de tous âges, où chacun observa d’ailleurs, quasi religieusement, une « règle du silence en écoute », ce qui donna à ces expériences partagées une incroyable force, puisant dans la synergie émanant du groupe-même. L’un des grands attraits des écoutes partagées, je ne me le répèterai jamais assez.
Donc nous effectuons à chaque PAS une déambulation traboulante, mes accointances lyonnaises ressortent ainsi, avec ici quelques fugaces sons installés (justement un métro lyonnais), transport sonore décalé dans ce village, ici des tintinabullis faisant doucement sonner ruelles et voûtes – ici une halte dans le beau silence de l’église, ici une pause assis au bord de l’eau qui dévale gentiment la vallée, ici encore une oreille collée à un pont, ou bien sous les peupliers trembles chantant dans le vent… des jeux de postures, de micros surprises, aller chercher l’écho de la montagne ou l’infime son des petites choses qui crissent sous nos PAS.
A l’issue de chaque PAS, je questionne les participants sur leur Point d’ouïe idéal, leur Sweet-Spot diraient nos amis anglo-saxons, celui qu’ils aimeraient inaugurer comme espace d’écoute privilégié. Étant dans une municipalité à démocratie participative où la voix de chaque électeur compte, je ne pouvait pas faire moins que d’adopter une démarche (des marches) participative(s). Les avis divergent, même si des lieux reviennent souvent, rives, fontaine, ruelles… Petits et grands s’expriment sur ce qu’ils ont entendus, ce qu’ils élirait comme Pont d’ouïe marquant, j’aime, j’aime moins, j’adore…
Il me faudra trancher, et à l’aune des réponse, et de mon ressentis, je choisis d’installé mon Point d’ouïe sous le pont du Rieussec. Juste ce qu’il faut de sons et de calmes, de vie et de quiétude, un bel équilibre verdoyant, mais néanmoins directement connecté à la pierre, à la vie villageoise.
Une des promenade s’achèvera donc par l’inauguration officielle du point d’ouïe, petit discours d’un des élus présents, trois minutes de silence écoute pour marquer l’événement, avant que de faire en sorte que ce nouveau Point d’ouïe ne rejoigne la cartes de ces prédécesseurs désormais géolocalisées.
Le dimanche, une partie des musiciens improvisateurs du festival investissent le marché, les rues et places, dialoguent d’instrument à instrument, facétieux, volubiles ou discrets, jouant avec les acoustiques, ruissellement de notes et de sons qui tissent une musique sur la musique même des lieux, contrepoint
C’est ainsi, dans la très bonne ambiance de ce festival où se sont croisé publics, organisateurs, bénévoles, musiciens, visiteurs auditeurs, marcheurs écoutants d’un jour, amis venus me faire un coucou clin d’oreille… que j’augmente ma collection de six PAS fraîchement parcourus et d’un nouveau Point d’ouïe inauguré. Merci à tous les acteurs de ces belles rencontres !

Musiques des lieux et des instruments

https://www.mixcloud.com/desartssonnants/saillant-sons/

Carte des Points d’ouïe Inaugurés

https://www.google.com/maps/d/edit?mid=1pnyLlyY12C6HeaqKgJhOmLMFM-w&ll=44.6970819543434%2C5.195798078771531&z=19

Site du festival « Et pendant ce temps les avions »

http://bza-asso.org/index.php/etpendantcetempslesavions1/

Points d’ouïe – Rencontres Made of Walking – « Une table des marches » – La Romieu

Made of Walking  2017 – A Table o Walks – Une table des marches »

Écoutez la terre

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La Romieu 27 August – 1 September

A first glimpse of the program in progress:
Stefaan van Biesen & Annemie Mestdagh (Belgique): A Scent of Silence (workshop/walk)\
Leo Kay (Bruxelles, Belgique) : Exploring porosity and allowing oneself to get (workshop)
Panagiota Mavridou (Grèce) and Anastasia Peki: Listening for a common ground (listening walk – workshop – improvisation)
Pam Patterson and Leena Raudvee (Toronto Ca): Listening – On the Architecture of Aging (walk – participative performance)
Julie Poitras Santos: (Portland, Maine – USA) hlystan (walk – participative performance)
Ruth Broadbent (Oxford – UK) : Walking a Line: encounters through drawing (walk -workshop)
Isabelle Clermont  (Trois Rivières – Québec) : To the path of stars (listening/sound walk – workshop)
Ienke Kastelein (Utrecht – Pays-Bas) : walking in circles and lines (listening walk – participative performance)
Ivana Pinna ( Barcelone Italie) and Angeliki Diakrousi (Patras Gèce) : My way home (sound walk)
Katerina Drakopoulou (Athènes – Grèce) 22 stops (walk – participative performance)
Wendy Landman( Boston – USA) : Listening to walking/Making space to listen (conference)
Gilles Malatray (Lyon – France) : PAS – Parcours Audio Sensible, une expérience partagée- Sensitive Audio Walk, a shared experience (listening / sound walk)
Peter Jaeger (London – UK) Midamble (walk – durational reading-performance)
Carol Mancke ( London – UK) Circling back-thinking through (an open table of walks)
Geert Vermeire ( Bruges – Belgique) : Just a walk (silent walk)
Christian Porré, Stefaan van Biesen and Geert Vermeire: En Balade avec Rimbô (sound walk)
Jeanne Schmid  (Lausanne – Suisse) : Mains sur paysage (walk)

PAS – Parcours Audio Sensibles, workshop à l’ENSA de Bourges

Improvisation marchée, postures d’écoute in situ et dialogues « Sonoris Causa »

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A l’invitation des professeurs du Post diplôme « Art et création sonores » de l’ENSA – École National Supérieure d’Arts de Bourges en partenariat avec le Conservatoire de Musique et de Danse de cette même ville, Jean-Michel Ponty et Roger Cochini, la ville de Bourges a cette fois-ci servi de terrain à de nouvelles rencontres et explorations sonores.
Une première demi-journée était consacrée à la pratique du Soundwalk, parcours urbain en écoute à l’appui, suivi d’une discussion autours des parcours et paysages sonores, de l’écologie sonore et des relations à la création artistique qui s’y rattachent.
Cette fois-ci, pas de repérage préalable, par manque de temps, dans un emploi du temps plutôt resserré.
Donc nous partons, étudiants, professeurs et Dinah Bird, une invitée artiste sonore qui était venue parler création radiophonique les journées précédant mon intervention.
Pas de plans géographiquement préconçus donc, je guide la balade en fonction de ce qui se passe, des lieux que je découvre en même temps que je les regarde et écoute, à l’improviste.
Ceci dit, l’habitude d’arpenter le terrain urbain, de l’écouter, de confronter architecture effets acoustiques et ambiances sonores, fait que le parcours peut se construire assez naturellement, in situ, tout en réservant des surprises impromptues et qui plus est bienvenues.
Il faut d’ailleurs bien reconnaître que certains sites se prêtent plus facilement à l’exercice des PAS que d’autres, ou tout au moins révèlent plus vite, ou facilement, leur potentiel auriculaire, du fait de leur topologie, architecture, urbanisme…
Ne prenant pas trop de risques, y compris celui de me perdre, géographiquement,  je choisis donc de rester dans une partie emblématique de la cité, le très ancien cœur historique, avec ses maisons à colombages, remarquables, ses ruelles parfois très resserrées, pavées, sinueuses, sa cathédrale imposante…
Le fait de cheminer entre d’étroits murs, dans des espaces très minéraux, pierres et pavés mêlés, donne d’emblée à l’écoute une tonalité parfois intime, sans large ouverture et perspective de champs sonores lointains, des espaces qui peuvent être ressentis comme oppressants à l’écoute, selon certains étudiants.
Les pavés, comme dans beaucoup de « vieilles bourgades » colorent le parcours de rythmes limite infra-basses, caractéristique acoustique d’une historicité urbanique.
Nous profitons en tous cas de points d’ouïe stratégiques pour construire une scénographie auriculaire, ponctuée de pauses/postures d’écoute.
Par exemple une alignée de chaises devant un manège pour enfants, sur lesquelles nous prenons place. S’y déroule une déchirante scène ponctuée de cris et de larmes de gamins, arrachés trop prématurément à leur goût, à l’attraction foraine. Cinéma pour l’oreille aurait dit Michel Chion.

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Un abri de tôle sous un chantier de façade où nous écoutons la majorité des sons acousmatiques, les sources cachées, derrières nous, hormis les passants qui traversent le groupe, en nous regardant d’ailleurs, comme souvent, d’un air étonné et interrogatif.
Un sas d’entrée de magasin dont les portes coulissantes s’ouvrent tantôt sur l’intérieur et sa Musac sirupeuse, tantôt sur l’extérieur et les bruits de la rue. Nous pouvons jouer à mixer les ambiances outdoor/indoor via nos mouvements. Nous le faisons d’ailleurs.
Une joueuse de percussion (Surdo) qui traverse de façon impromptue la rue, et que nous décidons de suivre jusqu’à la perdre de vue, et d’ouïe. Cette petite filature nous amène dans une ruelle très étroite, où j’installe de façon éphémère, via une dizaine de micro-HP autonomes, des sons de métro lyonnais disposés dans l’espace, histoire de décaler un brin l’écoute. Puis haut-parleurs éteints, la ville, la ruelle, dans une forme de douce résilience, reviennent à leurs atmosphères initiales.

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La percussionniste réapparaîtra de façon fortuite,  dans notre champ d’écoute, pour à nouveau se perdre dans l’ambiance urbaine – beau scénario d’écoute à l’improviste, une petite histoire se raconte à nous écoutants, entre ruptures et récurrences.
La cathédrale, espace incontournable, pour moi. Son parvis très venté ce jour-là donne un l’air grondant à nos oreilles. Son intérieur est  majestueux, réverbérant comme il se doit. Une porte ouverte laisse entrer les sons assez agressifs d’un chantier où une scie découpe violemment le macadam dans un beaux vacarme enrobé de poussière.
Deux détours de rue après, le calme se réinstalle rapidement. Magie des villes où l’on peut jouer des effets de coupures, d’amortissements rapides des sources auditives. Les voix retrouvent alors aussitôt une place privilégiée.
Un petit parc urbain nous donne l’occasion d’ausculter intimement végétaux et matières, d’élargir, de colorier et ce canaliser notre écoute par des « longues-ouïes », partie ludique de notre exploration.
Nous rentrons. Halte au passage sous un arbre dont les gousses de fruits secs bruissent joliment sous le vent.
Nous reprenons les mini HP en mains pour tester des écoutes en mouvement, dans la cour de l’école, jeux de micro sonorités mouvantes.
S’en suit un débriefing et des questionnements sur les ressentis, les définitions, pour chacun, des paysages sonores, post PAS.
 Puis, des échanges autour d’une présentation  présentant différents acteurs, actions et réflexions liés au paysage et au parcours/installations sonores en espace public. Les étudiants, ou plutôt les jeunes artistes, sont très réactifs et sensibles, impliqués dans une démarche personnelle qui augure de belles réalisations et réflexions en chantier.
Le lendemain, il s’agit d’une présentation de différents étudiants de leur projets respectifs, menés dans le cadre du post diplôme.
Projets riches, diversifiés, et déjà nourris de solides réflexions.
Nous y trouvons entre autre des axes de création/recherche autour de la nourriture, du corps queer, des sons d’ambiances liés au divertissement, au monde du travail, à l’espace public, un dispositif de « pli catastrophe » ou la visualisation d’une forme de violente rupture/résilience sonore et cinétique….
Les étudiants défendent avec passion leur projet, dans un argumentaire déjà bien travaillé, et sont tous preneurs de références pouvant enrichir et élargir leurs recherches.
D’ailleurs, fait suffisamment rare pour être souligné, les sept étudiants de la promotion Arthésis, quatrième du post-diplôme, forment un groupe extrêmement soudé, à tel point qu’ils jouent tous sans exception dans un groupe musical, suite à un workshop encadré par Alexis Degrenier.
http://artetcreationsonore.eu/concert-arthesis/
Conséquence de cet engagement collectif, les deux responsables du post-diplôme envisagent, de concert avec les étudiants, de prolonger désormais les cursus d’une année, soit deux années de post-diplôme en place d’une seule, pour creuser plus avant les projets.
En bref, un accueil très chaleureux, tant de la part de Jean-Michel Ponty à l’énergie communicative que de Roger Cochini, partageant avec une belle gentillesse son incroyable et généreuse mémoire post-schaefférienne, nourrie de moult expériences pédagogiques, que de la part des étudiant chercheurs, hyper motivés et ouverts aux échanges de tous crins.
Deux riches journées d’où je repars en sentant que m’a propre démarche est vraiment nourrie et enrichie à l’aune de ces rencontres, que je dirais vitales pour avancer un peu plus dans un parcours où le relationnel reste pour moi au cœur de l’écoute.

 

Des écoutes en images – @Photos Roger Cochini (cliquez sur la photo pour accéder à l’intégralité de l’album

Workshop à l'ENSA de Bourges

 

http://artetcreationsonore.eu/

Points d’ouïe et PAS – Parcours Audio Sensibles à Saint Étienne

Des sons et des espaces, de flux en ruptures

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C’est un nouveau PAS.
Une ville industrieuse
sursautante et comme parfois encore endormie
des machines muettes
des stigmates d’épopées minières
un réseau souterrain de galeries
quasi  prégnantes et vibrantes sous nos pieds
des vitrines closes
d’autres fragiles
éphémères
d’autres enfin bouillonnantes
une ville qui s’ébroue
une ville de collines
qui allait au charbon
ville noire et ville verte
une ville singulière
qui accroche mes pas
je sens battre son pouls
crassiers par  ici
et par là
monts érigés en toile de fond
et des sons plein les rues
des voix
des voix
des voix
chaleureuses
un tram ferraillant
sa cloche emblématique
ses grondements profonds
carte postale à l’oreille
je me glisse dans les flux
cherche et
créé des ruptures
par exemple
une église
intérieur
presque silence soudain
résonance apaisante
puis la rue trépidante
autre rupture
parking souterrain
autres résonances
crissements violents
basses profondes
un sas
une porte qui chante
j’en joue
instrument métallique
un brin synthétique
puis un quartier tiers lieu
un goût d’inachevé
mais des espaces passages
oasis sonores
la vie sourd autour de nous
un banc d’écoute mosaïque
une longue pause collective
puis une rue montante
bercée de calme
premiers passereaux piallant
au sortir de l’hiver
rude en cette ville colline
une butte
un jardin
une terrasse
autre pause
panoramique
point de vue et point d’ouïe mêlés
accoudés à une terrasse Ursuline
la ville au pied de nos oreilles
puis redescente progressive
rentrer dans le flux
retrouver les flux
se noyer dans le flux
s’y noyer consentants
une heure trente de silence
silence entre nous promeneurs
acte en synergie d’écoutants
silence tellement peuplé de sons
puis à nuit tombante
une fête bruissonnante
inaugurale
voix proches
bourdonnantes
amplifiées
puis le cycle continue
hors micros…

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Puis le lendemain, un parcours au casque, initié et créé par Carton plein, presque le même circuit que le PAS, géographiquement, mais si différent pourtant. Témoignages émouvants, commerçants, résidents, histoires locales, le passé, le présent, les rêves et espoirs… Vous pouvez l’écoutez encore, ne vous en privez pas… Écoutez, téléchargez le fichier de la balade et le plan ici  Lien

Puis ce même lendemain, une autre promenade, sur une autre colline, celle du crêt de Roc. La ville en Mythorama, initiée par le collectif La laverie, et le compteur marcheur Julien Tauber. La quête des Argonautes vers la Toison d’Or, Saint-Étienne ponctué de symboles architecturaux, de combattants mythos, de super héros parfois cruels et perfides, comme dans toute mythologie qui se respecte… Saint-Étienne décalé, initiatique, les promeneurs embarqués dans un histoire gigogne qui tisse un imbroglio d’histoires. La colline de Montreynaud comme une Troyes contemplant la ville grecque à ses pied, de décalage en décalage, le bonheur de la balade entre mythe et réalité.
Et des idées sonnantes à suivre, sur une autre colline sans doute, la ville n’en manque pas.

Texte rédigé le 26 mars 2017,  après l’invitation de Carton Plein, dans le cadre de l’action Ici-Bientôt, et de la Biennale du Design de Saint – Étienne

Liens

Ici-Bientôt

Carton Plein

La Laverie

Julien Tauber conteur

Biennale Internationale du design de Saint-Étienne

En écoute, un parcours repérage, micro concert portière, extrait de la fête finale…

 

PAS – Parcours Audio Sensible à Mons

Carillons et valises à roulettes

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Mons, petite bourgade aux belles et douillettes bâtisses de briques, que surmonte un beffroi monumental juché au fait de la colline, d’où le nom de la cité, fut pour moi, pendant plus de 10 ans,un territoire d’exploration sonore tous azimut.
Ce long cycle de ville sonore laboratoire s’achève par un workshop d’une semaine avec des étudiants de la Faculté d’architecture et d’urbanisme de Mons, avant que de rejoindre Charleroi, prochain territoire d’écoute.
Mons est une ville qui sonne donc familière à mes oreilles, tout comme Lyon, autre terrain d’investigation, principalement en marches d’écoute.
J’en connais les tonalités de sa grand place, de ses pavés, de sa collégiale, de ses ruelles et parcs, de son carillon, de ses accents du Hainaut, de ses commerces…
C’est de plus un rendez-vous annuel international des arts sonores, qui développe des parcours d’écoute, sous la houlette de l’association Transcultures, et qui m’a permis de rencontrer de nombreux artistes sonores aux travaux riches et passionnants.
Bref, Mons est une ville port d’attache pour mes oreilles, où j’ai développé, en fin d’été comme en hiver, de vraies affinités acoustiques, traqué des aménités urbaines, errer de jour comme de nuit, déambulant ou posté sur mes bancs d’écoute, à la recherche de perles sonores, qui ne manquent pas des ces espaces riches en recoins réverbérants.
C’est donc sur une pointe de nostalgie, mais également avec l’impatience de découvrir le bouillonnant Charleroi que s’achève ce cycle de balades auriculaires en Hainaut.
Durant une semaine, par ailleurs très humide, sept étudiants vont parcourir avec moi les rues parcs et places, pour en découvrir les paysages sonores superposés. Nous avons ainsi tenté d’en dégager une identité, des tonalités, des ambiances caractéristiques, d’en fabriquer des cartes postales sonores, d’extraire la substantifique moelle acoustique, au fil de balades régulières, d’enregistrements et de notes.

La première question qui s’est posée pour nous est celle des récurrences, des occurrences, des sources significatives, emblématiques, parfois symboliques, comme des images de marque ou des signatures sensibles de la ville.
Le carillon s’impose d’emblée comme une évidence. Tous les quarts d’heure, il égraine de délicates mélodies, une délicieuse cascade de sons ciselés, cristallins, aux timbres très typiques des systèmes campaniles du Nord.
Rappelons que la cloche, et tout particulièrement le carillon est une des première installation sonore et musicale installée dans l’espace public, et ce depuis bien longtemps déjà.
Tout à la fois journal sonore et instrument de musique arrosant la ville, il donne aux résidents un sentiment d’appartenance qui les fait s’ancrer par l’oreille dans un territoire marqué d’un halo bienveillant.
Ce signal auditif, marqueur du paysage sonore, apparait donc comme un élément incontournable, d’autant plus qu’il est resté muet de très nombreuses années, suite à une longue restauration du beffroi. Sa réapparition dans l’espace public est un vrai plaisir pour moi, j’en savoure les moindres mélodies tenues et fuyantes sur différents axes urbains, selon les vents dominants.
Un soir, -justement très venté, assis au pied du beffroi, j’écoute un carillonneur qui exerce son art, passant sans transition de Bach à Jacques Brel, de Mozart à Edith Piaf, de Queen à l’hymne locale chantée durant le carnaval… Les bourrasques de vent tourbillonnantes sont tempétueuses, emmenant ci et là les mélodies, tantôt proches, tant dispersées aux quatre coins de l’espace, dans la plus parfaite pagaille sonore. Ce vent très violent interdit hélas tout enregistrement, qui serait réduit à un long grondement illustrant la souffrance des membranes de mes micros bravant la tempête. Ne reste donc juste un souvenir, précis, mais pas aisé à raconter devant la richesse de l’instant.

Un autre élément important de la scène sonore montoise est sans aucun doute ses nombreux pavés ancestraux.
Pavés anciens, grossièrement dégauchis, souvent disjoints, soulevés ou abaissées au fil du temps en reliefs chaotiques qui malmènent les pieds et la mollets, ils font sonner gravement la ville  peuplée de bruits de roulements, nappes grondantes en flux de basses profondes.
Rythmes singuliers, pas toujours très organisés, ces roulements sonores envahissent le paysage des claquements, comme des riffs de basses désobéissantes, dans une musique à l’omniprésence capricieuse et fractale.
Pavés innombrables, acoustiquement collés au sol comme une peau indissociable, sonnante, minérale et granuleuse, dans l’épicentre de la vielle ville.
Pavés policés par de milliers de voitures en tous genres, depuis longtemps déjà, délavés par la pluie, donnant dans des nuits humides une luminescence fractionnée, quasi pixellisée, s’étalant dans les  rues et places empierrées.
Pavés de sons et de lumières donc.
Pavés sur lesquels déambulent des gens.
Et une autre constante nous apparait comme une évidence, traçant un sillage sonore de la gare de Mons (la fameuse gare fantôme à ce jour inachevée), jusqu’au centre ville.
Un sillage de valises à roulettes multiples, semblant claudiquer bruyamment, sur les pavés justement.
Une série de roulements, grondements s’échappant des coffres amplificateurs que constituent les valises à roulettes.
Ces cheminements audio ambulants se suivent parfois, en flux assujettis aux trains, se croisent, se dispersent au gré des rues, dans des traines sonores persistantes à l’oreille.
Ils dessinent une sorte de carto/géograhie mouvante où l’on suit de l’oreille, souvent hors-champs, les déplacements d’hommes à valises.
Les pavés aidant.
Nous déciderons alors, avec un groupe d’étudiants, de nous mesurer à la ville, à ses pavés, de la faire sonner, armés de valises à roulettes. Nous en enregistrerons les réponses acoustiques, dans des grandes rues, cours, églises, passages de gares, ruelles, sur différents pavés, matériaux.
Nous tracerons un voyage sonore de la gare à l’école d’architecture.
Nous emmènerons, le dernier jour, des promeneurs écoutants visiter de l’oreille la cité, entourés de valises grondantes, qui nous permettrons de mieux entendre les paysages lorsqu’elles se tairont en s’immobilisant brusquement, stratégie de la coupure.
Nous n’oublieront pas les carillons.
Ni les voix et autres sons de la vie quotidiennes.
Nous en écrirons une trace vidéo donnant à entendre, une audio vision très subjective de Mons, à l’aune de certains prégnances acoustiques, de cheminements pavés, d’ambiances mises en exergue, de curiosités révélées, amplifiées, aux sonorités mises en scène par un PAS – Parcours audio Sensible.
Ainsi s’achèvera pour moi ce long cycles d’écoutes montoises, avant que d’aller, dans quelques mois, frotter mes oreilles à la turbulente Charleroi.

Texte écrit suite à un workshop « Paysage sonore » avec des étudiants de Master de l’École supérieure d’architecture et d’urbanisme, et un PAS – Parcours Audio sensible, en présence d’autres étudiants, notamment de l’École des Beaux arts de Mons.
Partenariat Transcultures, École d’architecture et d’urbanisme, Desartsonnants.

Workshop son from DES ARTSONNANTS on Vimeo.

 

Cliquez sur l’image pour accéder à l’intégralité de l’album – ©photos Drita Kotaji

PAS - Parcours Audio Sensibles à Mons (BE)

PAS – Parcours Audio Sensible « Échos de la Saline »

Saline et pluie voila !

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Semaine en saline
écoutes en projet
projet en écoutes
cristallins salins craquants
et l’eau révélatrice
et l’eau décantatrice
et l’au génitrice
du grain de sel aqueux
hors cette semaine
la saline plic
la saline ploc
la saline s’égoutte
la saline s’écoute à gouttes
n’en finit pas de s’éponger
n’en finit pas de s’ébrouer
ruisselle quasi sans sel
paysage dissout noyé
plic ploc de métronomes
désaccordés
arythmiques à souhait
les chemins plaqués de flaques
les marches entre-deux
dans les intervalles de trêves ondées
l’intérieur en audio refuge
le parapluie comme amplificateur plicploquant
horizon barré gris souris nué de blanc
les sons giclent vivaces
malgré tout ces déversements
ces écoulements aqueux
la saline se rit de la pluie
et nous avec de concert
heureux écoutants
écoutants contaminés
des sons jubilent en averses
des lumières mouillées
les gouttes explosent doucement
indociles éclats de sons
qui dessinent l’espace au goutte à goutte
aqua ? Répond l’oreille…

Saline Royale d’Arc et Senans – Résidence écriture sonore « Échos de la Saline » – 09 mars 2017

POINT D’OUÏE GARES TRACES

TRACES Z’AUDIBLES

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Assis, chaise urbaine ou
une gare
un banc
ou marchant
selon
la ville gare trace l’oreille
comme
l’oreille trace la ville gare
bips
bips
bips signe
pas
voix
trains
encore voix
encore train
train train
et pourtant non
question d’apaisement bruyant
et d’absence de silence
sonic Station list
la rumeur
diffuse
alentours
ou
le détail
juste à côté
juste devant juste derrière juste présent
souffles
des souffles
ses souffles
à quasi perte d’entendement
ventilation anthropomorphique comme in/expirante
gare toujours encore peut-être sûrement passages
hybridation de mon ici et de mes ailleurs
on ne sait où d’ailleurs
voix et autres voies
chants – gutturalités – tonalités
crissements à même les dalles
et autres contaminations et autres…
traces et fondus de métal sifflant
des collections ambiantementales
éclaboussées parmi d’autres
postures immobiles
propices à
ou
remises en marche
tout aussi propices à
halte stop pause arrêt sur dans pour
un cri des cris j’ai cris
…………………..
observatoire noyé
discret comme présent
assis dans les flux-mêmes
je suis-je siège écoutant
j’ai ouï je vois, cadrages enfilade de couloirs en perspectives
Je sens pressens ressens
espace gare à nous à vous à eux
terrain dit sonnant
je dis-je ludique
en écoute postée
je mes gares m’entendez-vous ?

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Et les sons

 

PAS – Parcours Audio Sensible Stéphanois

Un

PAS – Parcours Audio Sensible Stéphanois, histoire(s) et mémoire(s)

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Préambule

Invité par le collectif Carton Plein à des PAS – Parcours Audio Sensibles, dans le cadre de  la Biennale international de design à Saint-Étienne, nous commençons, comme d’habitude, par un repérage. Il est effectué en compagnie de trois acteurs du collectif, lequel est implanté dans le quartier de la place du Peuple, lieu emblématique et historique de la cité stéphanoise. Cette association travaille à former un dynamisme associatif, de créativité, de richesse culturelle liées au passé industriel et à l’immigration, en développant le pouvoir d’agir citoyen sur la ville. Un ami musicien, coutumier des repérages, joint sa paire d’oreilles aux nôtres pour la deuxième partie du repérage en après-midi, plus on est, plus on ouït
C’est donc, par un temps très humide, et après un petit débriefing, que nous allons explorer, à partir de balades déjà repérées par Carton Plein, les alentours, en tachant de nous imprégner de leurs ambiances acoustiques, et autres.

Dialogues
Le collectif Carton plein, avec ses artistes, architectes, designers, ingénieurs du son, sociologues est un collectif à géométrie variable, très investi dans l’histoire sociale de la ville, de sa mémoire, de ses traces, par les rencontres avec les habitants, les acteurs associatifs, les politiques…
Les acteurs locaux me sont donc, dans une phase de repérage, des ressources amies des plus efficaces pour plonger rapidement corps et oreilles dans la cité à marcher écouter.
Ils me guident, me racontent, me font rencontrer des commerçants, des acteurs associatifs, parfois au débotté, de façon impromptue, action sérendipienne sans doute.
ils accélèrent mon appropriation temporaire des quartiers alentours, et le fait d’écouter/dialoguer/déambuler avec eux facilite grandement mon premier « frottage  territorial » dans une cité beaucoup plus cosmopolite, voire parfois hétéroclite que je n’aurais pu le penser de prime abord. En effet, lors  de déambulations vagabondes, la complexité de ces rues, de cette cette ville stratifiée, apparaît au fil des pas.  Stratification y compris invisible, jusque dans son sous-sol gruyère minier… Et ces aspects cosmopolites et hétéroclites ne sont pas, pour moi, négatifs, mais sans doute au contraire agissant agissent comme de puissants stimulants, une activation d’une curiosité vivace à découvrir la ville, celle qui ne s’offre pas toujours de prime abord au passant extérieur que je suis.

Histoire(s) et a priori
Pour moi, la cité stéphanoise, pourtant voisine de mon port d’attache lyonnais, était essentiellement qualifiée par une histoire liée à la Révolution industrielle, manufactures, mines, développement de grandes chaines commerçantes, naissance de la VPC (Vente Par Correspondance ur catalogue)…
Et sur le terrain, je découvre une ruelle, cœur historique, où subsistent de très beaux bâtiments fin Moyen-âge, Renaissance. La ville a donc une histoire beaucoup plus ancienne que je ne l’imaginais, même si elle a vu son explosion démographique dopée par l’industrie, en l’occurrence minière, avant que le mouvement inverse ne s’amorce avec la disparition de cette dernière.
Le fait de commencer le repérage par la rue la plus ancienne de Saint-Étienne, puis par la visite-écoute d’une église Renaissance, conduit incontestablement vers une approche qui ne peut ignorer les traces historiques, y compris sonores, que la pierre des murs et des pavés semblent avoir captées, emprisonnées dans des gangues minérales, laissant néanmoins suinter ci et là des effluves du passé.

Mémoire(s) et vie contemporaine
Partant de la Place du Peuple, noyau et croisement urbain incontournable, nous emprunterons, par une longue boucle urbaine,  le « vieux Saint-Étienne », quartier de la Comédie, Boivin, ilot de la Tarentaise, le Clapier, hauteurs des Ursulines et retour .
Un itinéraire qui nous fait traverser des places centrales, ou intimes, quartiers en réhabilitation, espaces et ilots « sensibles », plus ou moins délaissés, parkings souterrains, places et rues où la mixité est urbainement  tangible, bâtiments administratifs et architectures contemporaines, quartiers miniers… Bref, un véritable raccourci d’une cité à la fois Oh combien malmenée par un déclin industriel ravageur, par une brutale fin des trente Glorieuses, et la volonté d’une dynamique requalification urbaine, notamment par le développement de la cité internationale du Design.
Ici, l’oreille est attirée par certains signaux symboliques et emblématiques, tel ceux du Tramway, qui a investi la ville en 1881 et ne l’a jamais quitté depuis, et donc reste ainsi le plus ancien de France. Ses sonorités singulières, un brin lourdes et  massives, dues à un écartement des voies assez étroit, sans compter sa cloche qui l’annonce, signal original que n’ai pas encore entendu nulle part ailleurs, font sens à l’écoute. Un marqueur urbain très stéphanois donc, y compris avec l’accent local des quelques 70 000 usagers au quotidien croisés dans ses rames.
Et puis, comme dans beaucoup de villes, tout se brasse rapidement, se mixte, se superpose, se confond, dans des espaces où se distinguent, émergent se fondent dans la masse, alternent ou se chevauchent, moult sonorités.
Un quartier des plus emblématique de la ville ne laisse pas mon écoute indifférente, bien que paradoxalement, il ne s’y déroule rien de remarquable à l’heure où nous le traversons. C’est en effet le site (ex)industriel du Clapier, où s’érige le Puit (de mine) Couriot, lieu actuel du musée de la Mine sur un fond de crassiers, marquant fortement un paysage minier adossé aux contreforts du massif du Pilat.
Ici, rien de singulier à l’oreille. Et pourtant la haute et imposante silhouette métallique du puit, ses bâtiments de briques alentours, et autres infrastructures minières, semblent encore sonner à mes oreilles. Cliquetis, grondements, grincements, ferraillements, voix, minéraux déversés, c’est tout un imaginaire sonore fantomatique qui surgit fantasque, suggéré par ce site, un des nombreux lieux industriels qui a fait battre le pouls d’une ville entre autre minière. Ambiance urbaine l’empreinte si fortement liée entre dessus, à l’air libre, et dessous, dans des galeries labyrinthiques. Je n’ai pas besoin ici d’audio-guide, d’ambiances reconstituées, surajoutées, pour entrer de pleine écoute, en vibration avec les lieux. Je laisserai néanmoins volontairement de côté le son des FAMAS…
Sans doute pourrait-on penser un PAS où les sonorités d’un (récent) passé industriel rendraient quasi tangibles à nos oreilles, par la simple suggestion, les lieux traversés, avec ses sites et architectures. Virtualité non augmentée, ou simplement stimulée par la force de notre imaginaire puisant dans l’histoire-même et le patrimoine des lieux.

Ville de hauteurs et rumeur(s)
Saint -Étienne est une ville très vallonée, avec 7 collines, comme une plus célèbre cité romaine, et pas seulement par ses anciens crassiers. Adossée aux contreforts du Pilat, elle domine la vallée du Furan, entre 500 et 700 m d’altitude, offrant aux yeux comme aux oreilles, des points de vue et d’ouïe panoramiques, avec des nappes de rumeurs qui nous font apprécier des écoutes belvédères que j’apprécie personnellement beaucoup. Ici, nous finissons notre parcours repérage par la terrasse de l’ancienne École des Beaux-Arts, dominant le parking des Ursulines, bel exemple d’une architecture nichée dans un parc urbain, surplombant un espace très dynamique acoustiquement. Un lieu où les points de vue et d’ouïe ne manquent pas, dominant auriculairement la la cité à nos pieds.
Il faut sans doute prendre de la hauteur pour prendre, sensoriellement, du recul.

Suite(s)
Maintenant, il me reste à laisser mijoter tout cela, à refaire sans doute un repérage complémentaire, à trouver des angles d’attaque via l’oreille, à imaginer des postures et des mots judicieux, des circuits adéquat, alternant itinéraires repérés et aléas du moment.Bref, comme d’habitude, il reste à construire un PAS, tout en ne me laissant pas enfermer dans mes habitudes de promeneur écoutant.
Le paysage sonore est vivant, il me faut toujours être réactif.

http://www.carton-plein.org/index.php/carton-plein/demarche/2/

Promeneur manifeste !

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PAS – Parcours Audio Sensible au Grand Parc de Miribel Jonage – Desartsonnants, Avec Abi/Abo et Le centre culturel de l’Armée du Salut de Lyon

Manifeste du promeneur (écoutant)

Marcher dans la ville, la périphérie, la campagne, les forêts, les sentiers côtiers, la banlieue… Battre les chemins, avenues,  toutes oreilles ouvertes
Marcher sans a priori, considérant que tout paysage, objet ou personne est digne d’être entendu.
Marcher au rythme de ses pas, de sa respiration, du groupe, des aléas, de ses envies de flâneur, sans rien précipiter…
Marcher pour prendre l’air du temps, de l’espace, de l’humain, dans une sagesse utopique autant qu’écosophique
Marcher pour communier, avec le souffle de l’air, la caresse de la pluie, le crépitement du feu, le chant des étoiles, les rumeurs de la ville, les passants que l’on croisent, et ceux qui co-cheminent, vers un œcuménisme du sensible…
Marcher pour mesurer la fragilité des choses, l’éphémère des sons, comme les solides montagnes
Marcher pour entreprendre un parcours, tout au dedans de soi, accordé aux complexes battements du monde
Marcher dans une altérité sereine, de rencontre en rencontre, au travers moult paysages sonores partagés
Marcher pour se construire en tête, une bibliothèque inamovible de sons, d’images, de lumières, de sensations, d’expériences gravées, d’itinéraires inscrits, des chemins de vie
Marcher pour éprouver son corps aux vibrations du sol, aux souffles de l’air, aux caresses tonifiantes des arbres, et à celles rugueuses des pierres
Marcher humblement, sur ou dans les traces de guides aguerris, de défricheurs hardis, d’oreilles intrépides
Marcher de jour comme de nuit, convoquer une perte de repères, telle une tentative d’uchronie assumée
Marcher pour, marcher contre, pour dénoncer, défendre, faire savoir, transmettre, résister à l’intoxication chronique
Marcher pour tracer des chemins de fortune, écrire des kinesthésies géopoètiques, entreprendre des  errances symboliques, conter des histoires mouvantes, partager des récits hétérotopiques
Marcher pour relier le sol matière au ciel éthéré, les confondre dans la ligne de fuite, à l’horizon du regard en écoute
Marcher pour prendre du recul, mais tout en avançant, en assumer ainsi, les paradoxes questionnant
Marcher pour raconter encore, de mots et de sons, d’images et de formes, de corps et d’esprits, la musique des lieux, l’harmonie dissonante, œuvre d’écoute transmédialement euphorique
Marcher enfin, pour se sentir en vie, dans un flux de résonances humanistes, généreuses à l’envi

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Inauguration d’un Point d’ouïe à Drée (21) – World Listening Day 2015 et Festival Ex VoO- Avec CRANE Lab – ©photo Yuko Katori

PAS Bordelais, géographie sensible et relationnelle

PAS – parcours Audio Sensibles à Bordeaux,  géographie sensible et relationnelle

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Porte Cailhau

Cadre des Parcours Audio Sensibles bordelais
Le Centre d’animation Saint Pierre de la ville de Bordeaux, et François Vaillant,  m’invitent, dans le cadre de la Semaine du son 2017, à emmener quatre PAS, dont un en nocturne, après repérage fructueux bien que météorologiquement bousculé.

Géographie, ville, population
Ville monument dans son centre, de belles bâtisses, une structuration de places en places, petites, moyennes, grandes, commerçantes, minérales, intimes, monumentales… Des bassins de vie populaires, ou non, mixtes, commerçants, touristiques…
Un réseau de rues très serrées voire très étroites, un brin labyrinthiques, où l’on prend plaisir à se perdre.
La Garonne comme un large ruban liquide sinueux, à la fois structurant et sécant.
Une première impression, en nocturne, lors d’une déambulation erratique pour prendre le pouls de la cité, et une sensation de rapidement bien se sentir entre ces murs séculaires, traversés de grands éclats d’une population étudiante en mode festif.
Différentes ambiances selon les quartiers traversés, plus ou moins de mixité, ce qui se ressent, ou plutôt s’entend très nettement à l’oreille-même.
Avis très subjectifs, cela va de soi.

Météo et avis de tempête(s)
Un facteur « temps qu’il fait » non négligeable durant mon séjour.
Écoute le bruit de la pluie et du vent, injonction ou circonstance incontournable ?…
Arrivée sous une pluie tonique, avis de tempête et alerte orange pour le premier jour dédié au repérage, tempête qui effectivement nous bouscule un brin. Climat océanique affirmé, avec bourrasques violentes, coups de tonnerre, pluie virulente, puis grêlons, on se réfugie dans un bar, avant que le soleil ne revienne. Jusqu’à un nouveau cycle…
Du vent qui nous pousse dans le dos, tourbillonnant sous la haute flèche Saint-Michel, nos oreilles captent les grondements capricieux d’un Éole impétueux qui tourbillonnent rageurs, en sifflant.
La nuit, une vraie tempête, alerte rouge, les poubelles traversent les rues, un échafaudage s’effondre et un élagage sauvage des arbres urbains jonche le sol, au petit matin, d’un tapis de branches rendant les parcours piétons acrobatiques.
Néanmoins, les quatre PAS programmés cette journée auront échappé aux extrêmes de la météo,, et se feront sans encombre.
Cette fin de semaine à la météo capricieuse et changeante donne paradoxalement une grande tonicité aux marches, jusqu’aux lumières au gré d’un ciel très vite changeant, qui participe à ce finalement joyeux déchainement sensoriel.
Sans parler des gouttes de pluie, écoulements de caniveaux, qui rythment joliment les parcours en mode liquide.

Marqueurs, ambiances, acoustiques
N’étant que rarement venu à Bordeaux, j’imaginais que l’accent du sud-ouest chanterait comme il le fait à Toulouse.
Et bien non. Le Sud Ouest ne transparaît que très peu dans ces intonations girondines, tout au moins urbaines.
Je limite ici mon approche aux seuls quartiers que j’ai arpenté, entre Saint-Jean et Saint Michel, donc en cœur de ville historique.
Le tram sillonnant les grands axes tisse une trame-trace caractéristique, mais néanmoins avec des signaux et ambiances sonores assez similaires à d’autres villes, Lyon par exemple.
La réverbération des étroites ruelles et places minérales met en avant les voix, avec assez peu d’envahissement mécanique, si ce n’est sur les quais ou dans quelques grands axes.
Une succession de très nombreux effets de coupures où, de portes en ruelles, on passe sans transition d’une scène sonore, d’une acoustique à l’autre, bien que parfois d’heureux fondus et mixages se créent au fil des détours pédestres.
Dommage qu’en cette époque hivernale, aucune fontaine, petite ou grosse, ne soit en eau.
Il me semble a priori que dans cette parcelle de ville, je m’entends assez bien avec les lieux. Les différentes marches de repérages ou de guidage public confirmeront ma première impression. Bordeaux, en tout cas le territoire investi, sonne très agréablement à mes oreilles.

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Flèche Saint-Michel

Surprises et anachronismes
Des choses inopinées, ou décalées rythment les parcours, comme souvent pour qui sait les débusquer
Un passage historique, porte cailhau, diffuse, au bas d’un étroit escalier en colimaçon, une ambiance sonore électroacoustique étrange. Impossible de savoir si c’est de la Musac, une installation sonore maladroite et mal mixée, entre ambiances zen, cloches, pas, musiques, voix… En tous cas, ces arrêts écoutes au pied de l’escalier avec cette ambiance des plus bizarre, parfois franchement kitchissime, mixée avec les sons de la place et des quais proche, est un passage incontournable qui questionne nombre de promeneurs écoutants. Certains pensent que j’ai moi-même installé préalablement ces sons pour les PAS. Dieu merci non ! Cependant, ils rajoutent une touche au final des plus surprenantes, qui anime le lieu et nous donne l’occasion d’une posture d’écoute franchement inhabituelle – 10 à 15 personnes très serrées au pied d’un étroit escalier, la tête levée vers un haut-parleur diffusant une improbable « chose sonore ».
Autre point d’ouïe singulière, une plateforme circulaire au bas de la très haute flèche Saint-Michel, surplombant la place éponyme, ouverte de tous cotés, me rappelle vraiment  un kiosque à musique urbain. Endroit idéal pour mener une écoute à 360°, tester des longues – ouïes, voire ausculter les pierres de l’édifice. Un terrain de jeu bien venté mais vivifiant.
Autre étrangeté, l’église Saint-Pierre où nous profitons de sa magnifique acoustique, des voix, des chants, des portes étouffées, des talons résonnants, des chuchotements…. Toute la magie de ces lieux réverbérants, en tout cas pour nos trois premières passages. Au quatrième, l’ambiance sonore es saturée d’un ronflement tenace et envahissant, type soufflerie de climatisation, du à de nombreux chauffages soufflants sur pied qui ont été installés. Atmosphère à la fois frustrante au regard des écoutes précédentes, mais néanmoins surprenante.

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En route les oreilles !

Postures partagées
Ces quatre Parcours furent, une fois de plus, l’occasion de tester différentes postures d’écoute, sans consignes verbales préalables, juste en proposant physiquement une  façon d’entendre collectivement  les choses. Chaque promenade engendra, en fonction des aléas sonores des propositions où la posture physique nous plaçait dans des états psychoacoustiques influant sensiblement les ressentis de chacun.
Exemples:
Une église nous regroupe, debout, sous un buffet d’orgue, les oreilles pointées vers le chœur
Une très belle cour intérieur servant de cadre à une installation sonore éphémère voit notre groupe déambuler de haut-parleur en haut-parleur, ou bien fermer les yeux au centre, ou bien encore marcher en duo, l’un guidant, l’autre fermant les yeux, écoute en aveugle dans une acoustique et une scène sonore un brin remaniées.
Un regard de caniveau grillagé, ou centre d’une ruelle pavée, fait que nous auscultons à l’aide de longue-ouïe, les glouglouttis post pluie, sous le regard amusé ou étonné, des passants qui contournent ces écoutants appareillés de stéthoscopes hybrides, prolongés de pavillons acoustiques. Une rue très étroite, des plus étroite que je n’ai jamais croisée jusque-là, son patronyme de « Rue de la vache » indiquant non sans humour qu’on ne pouvait y faire avancer qu’un seul animal de front, nous propose une belle fenêtre d’écoute, dans une perspective très resserrée, très encadrante.
Lors d’un passage, une voix incroyablement timbrée, très présente, dont nous discernons les moindres mots, intonations, nous parvient sans que nous en voyons la source, écoute acousmatique (sans voire l’origine des sons), ni même que nous puissions en situer précisément la localisation. Nous nous arrêtons, longue file alignée dans cette rue de la vache, et écoutons, un brin voyeurs-auditeurs, amusés par cette belle plage sonore. Remise en marche, au débouché de la ruelle, nous voyons l’incarnation de cette puissante voix. Un homme est assis sous un parvis de porte en train de téléphoner, et pas du tout là où nous l’imaginions, la plupart l’ayant cru posté à une fenêtre en étage. Piège de l’acoustique et autres trompe-ouïes.
Autres postures, où les passants nous épient toujours curieusement du coin de l’œil, nous sommes assis sur un très long banc, dos au fleuve, à la route et aux trams, donc dos aux sons prédominants. Un peu plus loin, alignés contre un mur de pierre, notre regard posé juste à hauteur des pieds des passants, à quelques centimètres de nous, en contre-bas d’un arrêt de tram. La vue et le sons sont orchestrés comme de petites et fugaces mises en scène très filmiques, étranges contrepoints de mouvements et de sonorités perçus dans une macro et insolite contre-plongée. Mais là, il faut le vivre pour vraiment saisir le décalage sensoriel de cette scène très sensiblement urbanique.

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Rue de la vache

Écoute et géographie relationnelle
Enfin, une chose de plus importante pour moi, au-delà de la marche, de l’écoute-même, ce sont les relations entre les promeneurs écoutants, au départ, durant et après le PAS, voire les relations, éphémères et parfois plus fortes que ne pourrait le penser, entres le groupe d’écoutants et les passants extérieurs. Ces derniers «étant a priori non concernés par l’action, et pourtant…
Considérons de prime abord cette relation éphémère et sauvage, entre groupes de promeneurs et passants non avertis.  Ils nous observent curieusement, subrepticement, du coin de l’œil, comme de l’oreille. Au fil des PAS, on comprend et analyse des interactions assez significatives, qui influent le comportement d’un groupe comme de l’autre. Les passants, non au fait de l’action, riverains, commerçants, touristes, regardent, commentent, sourient, froncent les yeux, dubitatifs, se questionnent, parfois questionnent directement, parfois nous évitent ou contournent, et parfois osent s’infiltrer activement dans l’écoute, en général très ponctuellement, jusqu’à utiliser des objets d’écoute, stéthoscopes… Sans s’en douter, ils interagissent de fait sur les actes et postures des écoutants, qui se sentent ainsi placés sur une scène où peut se jouer, et se joue un théâtre d’écoute. De cette position, celle d’être mis en scène dans l’espace public, ils pourront, pour certains en jouir, sans doute en s’observant via l’observateur, effet miroir involontaire de l’action en train de scénographier l’écoute. Il arrive même  que certains puissent sur-jouer quelque peu leur rôle d’écoutant public, tant qu’à faire de s’affirmer comme tel, et peut-être tenter de désamorcer l’anachronisme apparent que pourrait induire leur posture en partie improvisée dans la scène publique.
Il me reste de ce côté là de nombreuses observations et analyses à mener, pour affiner une approche des jeux croisés entre écoutants participants, observateurs non avertis et espaces sonores, architectural, social… Une façon pour moi intéressante de lire la ville tout en la pratiquant.
Sans doute faudrait-il faire appel à un œil-oreille extérieur. A suivre
D’autre part, les relations entre écoutants eux-même se mettent en branle dès le premier bonjour, la présentation du projet qui nous unira, nous réunira, l’espace d’une marche collective. Cette présentation est aussi une mise en condition, l’instant décisif où doit d’emblée se souder le groupe, où l’écoutant doit, dans le meilleurs des cas, être embarqué ipso facto dans une aventure partagée, responsable à son niveau de la partition collective qu’il aura à jouer pour ne pas amoindrir, voire entraver les partages auriculaires.
La symbiose du groupe via l’écoute se joue dès les premiers instants.
Il faut que le futur promeneur écoutant comprenne, sache d’emblée dans quel voyage il est embarqué, avec tous les aléas qu’il comporte intrinsèquement..
Petite histoire des soundwalks, écologie et paysages sonores entre esthétisme et territoire social, posture et silence… il s’agit bien de souder un groupe via une synergie d’écoute au départ racontée.
En marchant, coups d’œil et sourires complices, propositions de gestes collectifs, passages d’objets d’une personne à l’autre, toujours en silence, guidages deux à deux en aveugle, écoutes dos à dos, sur un banc, oreille collée à… des corps qui communiquent, se parlent en silence, sont en relation, y compris statiquement, en silence, communication non verbale, énergie collective partagée et amplifiée par la caisse de résonance du groupe… Tout se joue de concert, ou presque.
Au retour, libération de la parole, partage de ressentis, les points forts, ou faibles, les histoires de chacun, d’autres expériences confrontées, les plaisirs, ou déplaisirs, questions et suggestions… Chacun s’enrichit de l’expérience vécue, de l’autre.
Au centre d’animation Saint-Pierre de Bordeaux, la Semaine du son se termine par un fort sympathique moment d’échange autour d’un verre, où des promeneurs de différentes balades, dont certain(e)s que j’ai le plaisir de rencontrer physiquement après des échanges via les réseaux sociaux, questionnent, débattent et témoignent autour de l’expérience vécue au cours des PAS, ou d’expériences similaires.
Au-delà du geste, de la construction ou production de parcours, l’écoute s’appuie, se conforte sur du relationnel, et vis et versa.

Pour en finir avec ce chapitre bordelais, un très grand merci à François Vaillant pour l’organisation sans faille de cet événement, une mention spéciale pour la chaleur de l’accueil par toute l’équipe du Centre, ainsi qu’ à Guzel pour sa sympathique et spontanée aide sur le repérage, sa complicité dans les expérimentations urbaines et sonnantes, et ses prises de sons et d’images.

Peut-être marcher ?

 

Tout comme s’ébranler, des deux pieds

et du corps consentant

En fait, se mettre en marche

Inertie d’un corps sans doute encore transi

d’une fraîcheur  comme froid hivernature

Résistante  à la  la lenteur

Et bien plus encore à la contemplation statique

Tout comme se mettre, ou se remettre en marche

Ou et en état de marche

faufilant les obstacles

Trottoirs encrottés

Sentes par trop pierreuses

Voila l’inertie vaincue

Ou tout au moins contrecarrée

Un corps agilité maintenant

Du réchauffement pédestrement fécond

La marche peut s’animer

Herbe rase steppe by steppe

Juste une image au jeu de mots

Terre crissonnante sous les pieds

Écoulements  caillouteux

Juste avant l’imprévisible torrent

Qui surprend de sa bruitalité

Au détour d’une pourtant anodine courbe

La nuit tombe encore déambulante

Estompage

Ou augmentation

Glissement obscurcissant des sens

Aiguisés à fleur d’oreille

Le noir stimulant

Les cailloux plus présents

Kinesthésie plantaire

Une montée en marche approche

Des forêts Oh combien sombres

Avant la clarté lunaire

Sur des alpages dominants

Au-dessous de la ville-vallée lumière

Panoramique

Comme une maquette endormie du bas

Paysage en strates verticales vus

Plus haut encore de la glace

Cheminement froidement piégé

Ébahissement scintillant

Rêve miroitant

Une multitude de failles crevasses

Des pointes de fer agrippant et mordant un miroir vertigineux

La ville enfin revenue

Chemins de pierre entre les pierres

Des ascensions aussi

Sans communes mesures

Ponctuée d’escaliers casse-jambes

Marches obstacles dans la marche

Il suffit d’avancer

Autant que faire se peut…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Projets de ville en écoute

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Pluie amplifiée sur toboggan acoustique – PAS – Parcours Audio Sensible avec l’Open Lab de Bron/Mermoz à Lyon (2015)

Ce que je fais, et continuerai avec vous, en 2017

J’emmène des gens marcher, pour visiter leur ville, ou d’autres espaces, par le petit bout de l’oreillette, ou le grand. Je leurs demande souvent « Et avec votre ville, comment vous entendez-vous? »

Nous expérimentons de concert des postures d’écoute et des lieux un brin et décalés, des micros installations sonores en marche. Nous privilégions le contextuel, quitte à être un brin déstabilisés, le relationnel, car ça fait du bien par les temps qui courent (trop vite !).

Nous inaugurons, très officiellement et cérémonieusement, des Points d’ouïe. Mais oui, c’est très très sérieux !

Nous testons différents modes de lectures/écritures sonores, graphiques, visuelles, corporelles, transmédiales…

Nous naviguons gaiment entre esthétique – musiques des lieux comme une gigantesque installation sonore à ciel ouvert, à à 360° – et écologie – aménités et fragilités de ces mêmes lieux.

Nous en discutons, ici et là, ou bien ailleurs.

Alors, si l’oreille vous démange, je me tiens à votre écoute pour en discuter in auditu, voire in situ !

Avec mes meilleurs vœux pour une année 2017 joliment bruissonnante.

Gilles Malatray

Promeneur écoutant et paysagiste sonore

 

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ET AVEC TA VILLE, COMMENT TU T’ENTENDS ?

Partages d’écoute(s) en parcours sonores urbains et périurbains

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Des projets visant :

Des quartiers concernés par les actions de la Politique de la ville, notamment les QPV – Quartiers Prioritaires  et les QVA – Quartiers de Veille Active
Pour : entendre la ville, mieux s’entendre avec la ville (et ses habitants, passagers, usagers…), créer du lien par l’écoute collective, désamorcer les notions de bruit permanent, marcher d’un lieu à l’autre en ouvrant les oreilles pour rattacher son quartier, son ilot, à d’autres espaces urbains, voisins ou plus éloignés (le son n’a pas vraiment de frontières physiques)

Des quartiers en rénovation urbaine
Pour, garder des traces, mémoires de grands travaux, comment sonne la ville, la cité, avant, pendant, après les chantiers de rénovation ? Comment s’effectuent (ou non) les transitions architecturales, urbanistiques, sociales, culturelles, avec l’oreille comme témoin et organe de transmission.

Postures et collaborations
Ces propositions peuvent convoquer, selon les approches envisagées, des postures où l’esthétique, l’artistique, l’écologie et le développement durable (l’écosophie), le social… Elles peuvent également, voire souhaitent fortement pour cela associer différentes compétences, s’intégrer dans des équipes…

Propositions de terrain
Des PAS -Parcours Audio Sensibles, écouter, commenter, mieux comprendre sa ville en marchant, écrire et construire des récits de territoire au pas à pas
des enregistrements in situ, ambiances, radio trottoirs, rencontres…
montages radiophoniques, documentaires et/ou fictions
montages audionumériques de paysages sonores, cartes postales sonores, fictions et territoires imaginaires
diffusions, rencontres et écoutes publiques, les sons de mon quartier
installation sonore et visuelles en espace publics, appartements – travail entre photographies et sonographies (documentaires, fictions, cartes postale sonores, formes mixtes)
cartographie de l’écoute
récits d’écoutants via des textes collectés, enregistrés, des graphismes…
Cartographies sensibles, mentales de la vile sonore
Sculptures sonores et installations éphémères, points d’ouïe et écoute scénographiés…

Ces propositions ne restent bien évidemment, en l’état, que des propositions, un champ de possibles. Elles seront définies, choisies, construites en fonction des projets, du terrain, des acteurs locaux (institutions, structures socio-éducatives, conseils de quartiers, associassions, habitants…)

Quelques expériences menées
– Mâcon, quartiers des Blanchettes  (71)« Le bruit de ta ville ? » avec les services sociaux et de santé
– Chalon/Saône quartier Fontaine aux Loup (71), « sons de ton quartier  » Académie, école maternelle
– Chalon/Saône quartier des Charreaux (71), avec le centre social et la ville de chalon
– Besançon centre et périphérie (25) avec des écoles primaires et un sociologue de la ville
– Saint-Étienne (42), quartier Bellevue, avec le conseil de quartier, le service santé et urbanisme
– Bron, Les essarts/Mermoz (69) « Histoire(s) pour les oreilles » avec le service culturel de la ville, une école primaire, dans le cadre du festival RVBN
– Lyon 9, Conseil de quartier Vaise Industrie Rochecardon « Mémoire orale des ouvrières de Vaise » – enregistrements de mémoires orales, CD et livret
– Tananarive, Madagascar – Quartier d’Ankatso, « Sons de Tana », avec « Art’Mada », le Ministère de la culture, l’Université de la francophonie, des artistes locaux…
– Victoriaville – Québec, colloques  rencontres et balades sonores autour de « l’écosophie », approche de l’écologie sonore transatlantique, avec CRANE Lab (France), l’Université de 3 Rivières et GRAVE (Québec)
– Lausanne – Suisse – Quartier du Vallon, Journées des alternatives urbaines autour de la restructuration du quartier, balades sonores et sensibles, avec l’association Écovallon, la ville de Lausanne…

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Points d’ouïe et Paysages sonores partagés
https://desartsonnantsbis.com/
https://fr.linkedin.com/in/gillesmalatray

Contacts
desartsonnants@gmail.com
07 80 06 14 65

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PAS – Parcours Audio Sensibles, résidence artistique, collectages/écritures/offrandes…

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@photo – Florian Clerc

Au cours d’une résidence artistique avec Isabelle Clermont, artiste interdisciplinaire québecoise, Gilles Malatray (Desartsonnants) et Abi/Abo, après un mois de pérégrinations écritures dedans/dehors, les balades, axe privilégié de ce travail, ont entre autres fourni une riche matière, entre écrits, images, sons, et réflexions sur la ville, l’autre, la marche, la rencontre, le partage, l’absence et la présence…
A ce propos, sans compter les repérages, 17 marches, certaines assez longues, ont été effectuées, en petits groupes ou avec du public. Ce sont donc Cinq PAS à Lyon (avec Patrick Mathon), dix à Nantes ( pour le Festival [sonor]), deux à Besançon (avec Radio campus Besançon et le FRAC de Franche Comté), qui ont entrainé dans leurs sillages plus de 150 personnes, publics écoutants, étudiants, amis, curieux…

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@photo – Florian Clerc

Mais aussi, ces promenades ont été le champ de nombreux collectages, des glanages multiples, au fil des PAS, Nous avons ainsi glané, en même temps d’ailleurs que semé :
Des paysages,
des ambiances,
des instants,
des rencontres,
des sourires,
des images,
des paroles,
des relations parfois complexes,
des photos,
des sons,
des mots et des phrases,
des arômes (sauge, romarin)
d’autres traces diverses, fugaces, parfois intangibles…
Ces collectages ont favorisé la construction de territoires, notamment sonores, entre réel et imaginaire, des fictions ou frictions urbaines, tissées sur trois villes, au bord du Rhône et de la Saône, de la Loire, et du Doubs. Se sont inscrites en filigranes des narrations in situ, lors de balades qui étaient à la fois le théâtre des collectages et des lectures-écritures d’espaces scénographiés, sonographiés  et partagés.
Des formes de cadres d’écoute se sont installées, improvisations performatives, gestes d’écoute, connivences à deux guides promeneurs écoutants, jouant à partager des espaces sonores, entre mots et couleurs, objets et postures…
En toute fin de séjour, lors d’une soirée sortie de résidence, toutes ces bribes de couleurs de formes et de sons, ces images, ces mémoires tricotées (de fils de laine) ont participé à alimenter une nouvelle histoire, transposée à l’intérieur celle-là.

Et cette nouvelle histoire, comme aime à le dire Isabelle, est une offrande, une offrande collective qui plus est.

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@photo – Patrick Mathon

Mais tout cela n’est qu’un début, car déjà, d’autres projets sont en marche !

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BACK TO THE TREES – CHRONIQUE D’UN PROMENEUR ÉCOUTANT FORESTIER

Back To The Trees, de Saline en forêt, nuit de boue, nuit debout !

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CHUTTT, Installation de Marie-Cécile Casier - Photo Magali Babin

 

De la Saline Royale d’Arc-et-Senans à la forêt de Chaux, ou plutôt l’inverse, le pas est vite franchi, la logique historique expliquant cette étroite relation depuis Louis XV.
De l’eau, du sel, du bois et du feu pour extraire par évaporation le précieux or blanc, les rapports du site industrie royale à la forêt productrice de ressources sont évidents.
Aujourd’hui, l’aventure du sel étant terminé dans cette région, restent les bâtiments, superbement  restaurés, et l’imposante forêt environnante.
A chaque retour dans la Saline, mon oreille se recolle au lieu via des sonorités et ambiances propres. Crissement des graviers, choucas, chouettes nocturnes, vents entre les bâtiments, réverbération des bernes, passereaux, grenouilles et grillons, tout particulièrement en été, multiples voix des touristes en journée, étranges échos dus à la symétrie et vis à vis de grands bâtiments de pierre…
Le jour, la Saline est animée, tout en restant, aux vues de ces imposants volumes, d’une grande finesse d’un bel équilibre acoustique. Des trains la jouxtant semblent entrer périodiquement dans l’enceinte-même du site, des voix de jeunes écoliers tout proches égaillent l’espace, la cloche dominant le village, résonne au loin, par vent favorable, l’activité des ateliers attenants, des travaux agricoles et horticoles intérieurs et extérieurs, forment un panorama assez typé pour en ressentir le cachet. Ces sons sont fortement liés à la géographie, à l’architecture des lieux, où résonances, filtrages, colorations, échos, réverbérations, tissent un paysage singulier et au final très attachant, d’autant plus qu’il est pour moi rattaché contextuellement à de riches périodes de création et qui plus est, à de belles rencontres.
Sans parler du plaisir que j’approuve à regarder, à admirer ce site, plaisir à chaque fois renouvelé, peut-être même grandissant, l’œil et le regard d’ailleurs éminemment complices.
Ce nouveau séjour à la Saline était cette fois-ci motivé par la rencontre Back To The Trees, où 80 artistes, plasticiens, musiciens, conteurs, manipulateurs de sons et de matières, d’images et de mots, se retrouvaient, sous l’égide de la Saline Royale et de l’Institut Supérieur des Beaux-arts de Besançon, pour une folle et magique nuit forestière, la deuxième en ce lieu.
Folle, cette nuit le fut vraiment, et pas seulement par sa programmation artistique !
La journée de la manifestation, ainsi que la nuit précédente furent, comment dire, copieusement arrosées. Des déluges d’eau tombée d’un ciel noir charbon se sont déversées, transformant les chemins en ruisseaux, voire en rivières, et toute la forêt glaiseuse en une gigantesque éponge moite, chuintante sous nos pieds, glissante à souhait, bref, un parcours d’aventure totalement imprévu.
Après moult hésitations et découragements, face aux recommandations préfectorales, aux remaniements nécessaires d’un parcours en partie inondé et peu accessible, à l’incertitude-même que le public ose venir patauger dans une forêt à la moiteur tropicale et francomtoise à la fois…
La décision arrive. l’alerte météo est levée, avec la décision de maintenir l’événement, les artistes sur place, un brin crottés plus déterminés et motivés que jamais, quitte à se concocter un programme interne, entre nous, si le public ne venait pas, grande incertitude persistante.
Et puis une sorte de miracle. Dés l’ouverture, le public arrive, des familles, des amis, des curieux…
Environ 1000 personnes au temps fort, qui ont osé braver l’immense marécage de la forêt de Chaux, contre vents et marées si j’ose dire, certains en mocassins de villes, d’autres en poussettes…
Incroyable déambulation de visiteurs glissant çà et là, naviguant entre flaques et ruisseaux, esquivant des zones inondées en coupant à travers bois, mais venant avec un grand sourire rencontrer les artistes, parler avec eux, s’embouer de concert.
Soulagement et joie mêlés.
Plus l’heure avance, nuit tombée, plus la déambulation se fait sportive, les pas des visiteurs ayant transformé les chemins en une coulée boueuse maronnasse d’une bonne épaisseur. Qu’importe, les acteurs jouent, racontent, les musiciens font sonner leurs instruments, chantent, les plasticiens tissent des espaces de lumière, des décalages poétiques, les installations sonores bruitent doucement la forêt ruisselante, des architectures de bois, des figurines shamaniques, des villages miniatures, des vêtements lumineux, des contes, des photos et miroirs transfigurant les lieux… La magie s’opère dans cette forêt, plus initiatique que jamais.
Les sonorités sont belles. Voix au loin, effet église avec la réverbération propre aux forêts de feuillus, puis voix soudainement très roches, au carrefour de plusieurs chemins, rires, exclamations, interpellations dans l’obscurité, de multiples voix parfois enjouées, parfois chuchotantes, qui animent sereinement l’espace.
Des bribes de musiques, au loin, ou proches, persistantes ou éphémères, des pointillés d’animaux fictifs, des récits amérindiens tapis dans des cabanes, des attablées festives et poétiques, des histoires de graines, d’Antigone, de canopée, des corps, des arbres, de l’eau, beaucoup, de multiples bruissements, grondements, qui traversent l’espace, se répondent, composent une mélodie sylvestre qui habille la nuit tombante, jusqu’à l’obscurité d’une nuit ponctuée de lumignons.
Et puis, comme un  tenace ostinato rythmique, le son de la boue piétinée, chuintante, nuit debout, nuit de boue, mais oh combien exaltante…
Retour à la Saline, exténué mais heureux, les yeux et les oreilles remplis de belles images, le cœur gonflé d’échanges et de rencontres, l’esprit se projetant vers de nouveaux projets évoqués ici et là. Saline lieux d’utopie s’il en fut, sachant qu’une part des utopies reste souvent réalisable, et au final, de réalise.

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Wooden Megaphones - Installation de Birgit OIGUS - Photos Magali Babin

La page de BTTT : https://www.facebook.com/Back-to-the-Trees-968421629875085/

Article Desartsonnants – SonosFaire : https://desartsonnants.wordpress.com/2016/06/18/rencontres-plastico-sonores-et-sylvestres-back-to-the-trees3/

PS : Pour la petite histoire, Desartsonnants a installé « Aqua ça cerfs », une pièce sonore composée en grande partie de sons aquatiques et de brames de cerfs… Pour l’aquatique, c’était sans doute un brin prémonitoire…

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