
Le marché de ma petite ville, un mardi matin maussade et frais, peu de monde.
Mais des voix téméraires et joviales résistent et persistent, se saluent et devisent.
Courses terminées, je m’assois, dans une sorte de rituel, sur un banc de la place centrale, un de mes favoris.
Le marché s’achève, se replie sur lui-même, en même temps que le temps s’améliore.
Les derniers forains, primeurs, traiteurs, remballent, et ça cause et ça claque.
Les services municipaux suivent, pour le nettoyage final, résidus et déchets jetés avec fracas, ça cause et ça claque encore.
Pour finir en beauté, deux souffleuses de feuilles, moteurs thermiques, hurlent de concert, perturbation acoustique agressive, à en regretter le temps des balais de bouleau.
La place sèche et s’ébroue doucement, sans trop de bruit, aux flagrances nostalgiques de pétrichor.
Tout s’apaise progressivement, l’espace s’endort sans à-coups, tout reprend son cours provincial, dans une quiétude somnolente, alors qu’ailleurs, le monde érupte.
