Aller là où, faire là où…

Maison des familles de la Maison d’arrêt de Chambéry – Projet Dedans/dehors accueilli par l’association Asdass de Chambéry

Il faut, ou en tout cas, il est bon que les artistes agissent sur le terrain, de rencontre en rencontre. Remarque sans doute naïve, mais qui, pour moi, a toujours été un des objectifs centraux, motivant des projets à visées pédagogiques, ou a minima, développant une médiation constructive.


Pour cela, des rencontres et ateliers avec :
Les publics familiaux des bibliothèques et médiathèques
Les élèves et étudiants des lycées techniques, agricoles et autres
Les étudiants qui œuvrent autour de l’aménagement du territoire, des pratiques artistiques et culturelles situées
Les patients et personnels des hôpitaux établissements psychiatriques
Les détenus et professionnels d’établissements pénitentiaires
Les lieux d’éducation populaire dans des territoires fragiles…
Liste non exhaustive et non hiérarchisée.


Il faut que les échanges se fassent, en résistance à la désinformation chronique, aux dénis géopolitiques et climatiques, aux idéologies délétères et discriminatives.
L’artiste n’a pas pour autant une injonction à la militance forcée, ni à une fonction d’animateur, mais il est souvent nécessaire qu’il intervienne au plus près du terrain, des publics et acteurs locaux.
On ne résoudra certes pas tout de la sorte, loin de là, mais on écoutera et pensera, modestement, librement, un monde ensemble, hors des réseaux sociaux envahissants et subversifs. Ces croisements se feront dans la souplesse d’une résistance in situ, la plus accessible que possible, non agressive, inclusive, participative, émancipatrice.
Peut-être un vœu pieu de plus en plus difficile à pratiquer dans une société clivante, de plus en plus dépourvue de moyens, manipulée par des médias et des politiques éhontément hégémoniques.
Mais un vœu pieu qui en vaut plus que jamais la chandelle.


Ce petit texte d’intention est écrit durant quelques jours très chauds, parmi d’autres, aux limites de juillet et d’août, là où de grandes migrations vacancières brassent d’importants mouvements pendulaires. Mais où pour moi l’activité se met en peu en sommeil, je n’oserais pas dire en hibernation. C’est une période généralement favorable à la lecture et à ’écriture, en attendant une rentrée plus nomade et hors-les-murs. Cette sédentarité temporaire, avec son effet tanière, pour à la fois se ressourcer et s’abriter des brûlures estivales, aspire sans doute à (re)développer une activité de rentrée, tissée de doux voyages et de belles rencontres à venir Tout ceci porté par l’espoir, certes un peu fou, de partager l’écoute comme moyen de résistance commune.