L’écoute permet, entre autres choses :
D’entendre, de travailler, d’extraire des matières sonores.
Les matières sonores quant à elles, révèlent des esthétiques aussi variées que les espaces explorés.
Nous font travailler et partager des gestes, des postures d’écoute, des pédagogies de terrain.
Caractérisent des lieux via la lecture de l’agencement de marqueurs sonores singuliers, permettant de mieux les comprendre par l’oreille.
Nous amènent à construire des traces, des histoires, du patrimoine, de l’imaginaire, des récits inouïs, en mouvement.
Nous font rechercher des dispositifs simples, non énergivores, le plus souvent à oreille nue.
Renforcent une ou des cultures auriculaires actives.
Développent des espaces et des situations pour mieux s’entendre.
Participent à une action autour d’une écosophie écoutante, environnementale, sociale, mentale (G. Guattari).
Permettent d’avoir une vision/audition globale d’un ensemble de territoires sonores morcelés
Aident à nous immerger sensoriellement, tout comme à prendre du recul pour ne pas nous noyer dans une masse de données sans cesse en expansion.
Nous incitent à croiser des savoir-faire indisciplinés, transdiciplinaires…
Selon les projets, les rencontres, il faut nous activer telle ou telle approche, voire les croiser, les hybrider, pour être et rester en phase avec des projets cohérents, qui fassent que l’artiste soit investi dans des actions éthiques et valorisantes.
Par exemple, l’approche esthétique est construite au départ sur la recherche d’aménités audio paysagères inspirantes, plutôt que sur des impasses essentiellement bruitistes. Un autre angle d’attaque est de sensibiliser, via l’écoute, à la fragilité intrinsèque des territoires arpentés et écoutés, dans une visée pédagogique est résolument écologique, pour ne pas dire écosophique.
Le geste artistique, les pratiques culturelles, les recherche-actions autour des paysages et territoires sonores doivent plus que jamais agir de concert, pour le mieux-être de tous. Constater les nuisances sonores est une chose, sans pour autant oublier de valoriser les qualités acoustiques d’un lieu, mais sans prendre le son à bras l’oreille, on reste dans un état d’inaction improductive.

