Connections et interactions écoutantes

L’écoute paysagère croise, rencontre, dialogue et interagit avec de nombreux secteurs et acteurs, tous plus passionnants les uns que les autres. Chacun d’eux entretient un rapport singulier aux paysages acoustiques, et apporte, par ses réflexions et pratiques, de l’eau au moulin d’une écoute audio-paysagère toujours renouvelée. C’est en tout cas ce que je constate et essaie d’entretenir au fil des années passées à tendre l’oreille.

Musiques contemporaines et expérimentales, sciences sociales, arts plastiques, éducation et pédagogie, santé, littérature et poésie, danse, aménagement du territoire, tourisme culturel, écologie/écosophie, sciences du vivant et de l’environnement, philosophie, histoire, géographie… Autant d’approches qui ne demandent qu’à s’entendre et à se faire entendre. Une façon de rester en éveil, dans un monde complexe et mouvant, via une oreille curieuse et impliquée, autant que peut se faire.

Des sons, des écoutes, des gestes, des environnements…

La problématique des inter-relations entre art, création sonore et les questions environnementales, écologiques, écosophiques, sociétales me taraude plus que jamais.

Comment la création sonore s’inspire-t-elle des environnements, des ambiances, et comment ceux-ci sont-ils défendus (ou non) par des formes d’interactions créatives expérientielles ?

Comment l’évolution des matériels, média et dispositifs technologiques, influence-t-elle les processus de créations, les recherches-actions, et au final des pensées agissantes ?

Quelles sont les freins ou au contraire les catalyseurs éthiques, culturels, sociétaux que soulèvent de prime abord des gestes d’écoute, de création, d’aménagement ?

Comment pourraient évoluer ces tissages, ces métissages, pour être vraiment lisibles et efficients in situ, autant que puisse ce faire ?

Vaste chantier sans cesse requestionné au fil du temps, et aujourd’hui à l’aune de certaines urgences qui lézardent et fragilisent nos modes de vie voire nos existences mêmes.