Publication, Médiums, Milieux, Écoutes, Récits, Des cosmophonies aux communs auditifs

Articulant pratiques artistiques, théoriques et enquêtes de terrain, Médiums, Milieux, Écoutes, Récits explore les pratiques contemporaines de l’écoute et du field recording en tant qu’ils constituent des modes d’attention privilégiés aux relations écologiques, sociales et médiatiques qui structurent nos manières d’habiter le monde. 

Impact du bruit anthropique sur la biodiversité, phonographie sous-marine, conversation avec des faiseuses de disques, promenades dans des jardins amplifiés, écoute paréidolique des milieux, étude sonore de la coopération interspécifique, etc. : cet ouvrage réunit des contributions d’artistes et de chercheur·e·s issu·e·s de champs aussi divers que l’anthropologie, la bioacoustique, la radiophonie et le design sonore. 

Un ouvrage collectif dirigé par Rodolphe Alexis et Olivier Houix. Avec les contributions de Pascal Broccolichi, Nicolas Châline, Peter Cusack, Yannick Dauby, DinahBird & Elodie A. Roy, Marianne Decoster-Taivalkoski, Gilles Malatray, Pali Meursault, Olivier Pichard,  Élodie A. Roy, Matthieu Saladin et Nadine Schütz. Traduction : Valérie Vivancos. 

https://www.editions-mf.com/produit/182/9782378041151/mediums-milieux-ecoutes-recits

Point d’ouïe, vers une écoute initiale, à oreille nue

L’écoute à oreille nue est un peu l’équivalent de ce qu’est l’écriture manuscrite, cursive, avec un crayon et un papier, un geste minimal, quasi primaire ou initial.
C’est une écoute sans fard, sans artifice, sans extension, qui nous place au plus près d’un terrain acoustique non filtré, si ce n’est par notre propre perception, ce qui n’est déjà pas rien.
Ce n’est pas pour autant un retour en arrière, un refus exclusif de technologies ou de dispositifs perceptifs, mais plutôt un choix de privilégier et d’expérimenter à fleur d’oreille.
Cette pratique n’exclue d’ailleurs pas l’usage de quelques bidouillages ludiques, stéthoscopiques, acoustiques.
C’est aussi une façon de partager des écoutes collectives qui ne demandent pas le déploiement de gros dispositifs et permettent ainsi une certaine mobilité, notamment dans les PAS-Parcours Audio Sensibles, et autres marches écoutantes.
En résonance avec des visées écologiques ou écosophiques, entre autres sonores, nous restons, en tous cas Desartsonnants, dans une approche délibérément sobre, éthique, non énergivore.
C’est enfin une façon, à portée de toutes et tous, d’aborder collectivement la notion de territoires auriculaires, acoustiques, et de faire apparaître, d’incarner, celle de paysages sonores partagés.