Traversées perceptives, l’espace événement

L’espace nous traverse
Comme nous traversons l’’espace
Traverser, passer par, pénétrer à travers, chemins de traverse
A travers le traversable, dans une matière suffisamment diffuse
Faire le chemin initialement inexistant, façon Machado
Parcourir et reconnaitre les interstices, les détails, les inaperçus
Les ajuster, peut-être, inconsciemment, plus ou moins
Le chemin se fait régulier, itératif, traçant des sillons de mémoire volatiles
Le corps les enregistre, en objets quasi indicibles
La ville, comme le village, ou même le quartier, la ruelle, se reconstruisent en puzzle
Graines éparpillées qui s’assemblent sous nos pieds
Bribes de sons, déchirures d’images, fragrances d’odeurs fugaces
Micros fissures et taches volatiles, éphémères, ou tenaces
L’espace fragmenté s’arpente furtivement
Le corps s’y engage, même à petits pas, inlassablement
Il fait apparaitre des paysages parfois fantasques
Leurs donne vie, les érige en événements, fussent-ils éphémères
Il est Oh combien stimulant de traverser, d’être chamboulé, même par des presque rien.