Points d’ouïe, postures et images sonores

PAS – Parcours Audio Sensibles, Points d’ouïe, postures et images sonores

cropped-listen2

Se balader, toutes oreilles ouvertes, pour :
– S’immerger dans une grande vague, magma sonore
– Percevoir le quasi inaudible
– Frotter ses oreilles aux feuilles des arbres, les coller aux troncs enlacés
– S’assoir face à la rivière
– Tourner le dos à la ville, face à la muraille
– S’allonger dans l’herbe bruissonante d’insectes
– Sentir les grondements, vibrations, frissons d’un pont métallique au dessus de notre tête
– Se laisser porter par les longues réverbérations d’une église
– Appréhender la rumeur de la ville, accoudés à la rambarde d’un belvédère
– Tourner le dos à la mer, et décrypter ses mille et un chuchotis
– S’allonger dans une forêt par une chaude nuit estivale
– Exciter un bel échos sur la colline qui nous fait face
– Déboucher brusquement, au détour d’un sentier, dans le grondement imposant d’un torrent montagnard
– Sentir les pas de promeneurs écoutants que l’on guide, derrière son dos
– Se figer dans l’éclatement d’une volée d’airin, jusqu’à la dernière, infime et fugace résonance
– Capter ça et là, des bribes de phrases volées dans la foule d’un marché, d’une gare, d’une rue piétonne
– Attendre les passages successifs de trains, de métros sur les caisses de résonance de vieux ponts métalliques
– Apprécier la musique d’un alpage où s’ébattent des troupaux de vaches ensonaillées
– S’éloigner d’une fontaine lentement, jusqu’à la perdre d’écoute
– Passer d’une fontaine à l’autre,lentement, en fondue enchaînée
– Ressentir la puissante énergie collective d’un groupe d’écoutants concentrés
– Jouir de l’heure bleue, des ambiances vespérales et de leurs sons naissants, et d’entre chiens et loups, à l’estompement du jour
– Se diriger vers un musicien de rue, puis vers une table de restaurant, puis encore ailleurs, en jouant à mixer les sources et les ambiances in situ
– Frissonner sous la puissance acoustique d’un feu d’artifice urbain, d’un orage en montagne, d’un bagad trouant la ville d’une fière tonitruance en marche
– Apprécier les rythmes des skate-boards et des rollers se jouant des aspérités du sol, des obstacles minéraux
– Se sentir revigorer par l’explosion de rires estudiantins festifs, à la veille des vacances
– Entendre et tenter de dicerner la musique de moult accents, langues, dans la rue piétonne d’un quartier historique
– Rester un très long moment à l’écoute des pointillismes sonores flutés des crapauds amoureux
– Surprendre une étrange polyphonie instrumentale s’échappant des fenêtres ouvertes d’un conservatoire de musique
– Attendre que la dernière goutellette se soit briser sur la rive, après le grand remue-ménage aquatique d’une péniche remontant un fleuve
– Sentir le crépitement de la pluie sur un poncho de randonneur
– Guetter l’orage qui s’approche inexorablement, jusqu’à son paroxisme de sons et de lumière, puis le laisser filer
– Se tenir sous un peuplier tremble pour jouir du bruissement du vent dans ses feuilles
– Oublier et masquer la ventilation tenace pour aller chercher au loin des voix enjouées
– Se jouer des brusques coupures acoustiques au détour d’une rue, d’une place
– Attendre l’événement, la cloche, le train, ou le plus imprévisible, laisser s’installer la sérendipité
– Apprécier les ronronements rythmés des valises à roulettes faisant chanter les sols des gares et des aéroports comme une invitation au voyage
– Penser que telle place, à tel moment, est unique à l’oreille, et que ce que nous lisons, tel un livre d’images sonores ouvert, ne se reproduira plus
– Profiter de l’énergie acoustique dégagée par une cour de récréation en pleine ébulition
– Faire résonner ses pas, traîner ses guêtres, avec d’autres promeneurs urbains, dans un concert de semelles battant le territoire
– Marcher à contre-courant d’une allée investie par une foule de joggers rythmant l’espace de souffles haletants et de foulées crissantes
– Faire sonner, racler, mettre en vibration, les grilles, les portails, les sculpures métaliques
– S’étourdir de l’inconnu, d’une inquiétante et stridulante première nuit en forêt équatoriale
– Penser son quartier comme un espace exotique à redécouvrir chaque jour
– S’assoupir sur un banc poste d’écoute, bercé des milles et une rumeurs urbaines
– S’inventer au quoitidien une infinité de voyages sonores pour combler et tenir en haleine ses oreilles comblées

soundwalk-1

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s