POINTS D’OUÏE, RÉFLEXION SUR UN PROJET EN CHANTIER

POINTS D’OUÏE

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On tire des fils sonores, on tente de les démêler, ou parfois de les emmêler, de les tresser, de les tisser, ou de les détisser.
Chaque territoire, chaque lieu, chaque site, quartier, ruelle, place, impasse, forêt, lac… est un entrelacis d’une infinité de fils sonores qui n’ont de cesse que de moduler un paysage fuyant. L’espace sonore ne se résoudra jamais à être contenu dans une immobilité figée. L’arrêt sur son serait une parfaite ineptie. Il faut une oreille mobile, un écoutant mobile, pour tenter de construire à la fois une lecture et une écriture des paysages sonores en mouvement. Le concept de points d’ouïe, espace délimité comme un lieu emblématique, fixe, en résonance, en rayonnement avec d’autres points, offre une stabilité nécessaire à l’écoutant, une base repère, un point de référence. A partir de là peuvent se tisser moult trajets, fils d’écoute, reliant éventuellement d’autres points, qui commenceront à asseoir un paysage auriculaire. Le projet points d’ouïe joue sur le paradoxe du resserement en même temps que de l’extension. Resserement dans le lieu, parfois inauguré comme point d’ouïe, resserement dans la démarche, dans la définition de certains outils, activités et concepts, en fonction des lieux. Et en même temps, extension des possibles, des approches, des fils à tirer, à mettre en vibration, comme des cordes invisibles et impalpables tendues sur un territoire d’écoute. Resserement et extension à partir des points d’ouïe, avec effets sonores à la fois centrifuges et centripètes pour l’écoutant, attiré ou poussé vers… Entre points d’ouïe et trajectoires, resserements et extensions, la scène acoustique peut se construire, à chaque lieu et à chaque instant différente, à chaque fois un peu plus riche dans son instabilité chronique. Il y a parfois, sur un nouveau lieu, un découragement ou un émerveillement, sans doute les deux, avant que de trouver, entre le trop peu et la surabondance, un équilibre précaire mais rassurant, lorsque la musique des lieux se met en place, sans aucun effort. Il faut parfois, comme le peintre qui guetterait LA bonne lumière, faire preuve de patience, de modestie et de ténacité face à l’inexorable continuum sonore, savoir entendre le doux chant du ruisseau, du vent dans les peupliers, la buse qui chasse au dessus des collines, la cloche dans la vallée qui rythme l’écoute…. Et c’est ici que le point d’ouïe prend toute son importance.

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