In memoriam

Il y a un an jour pour jour, disparaissait l’ami Philippe Franck.
Artiste du sonore et du numérique, enseignant-chercheur, curateur, critique et historien de l’art, directeur artistique et programmateur de nombreux événements, dont City Sonic qu’il a créé, développeur de réseaux, il a œuvré à de multiples projets, en terres belges et au-delà.
J’ai rencontré cet infatigable activiste lors de City Sonic, il y a déjà bien des années, où il m’avait invité à chroniquer en collaboration avec Radio Campus Bruxelles à l’époque. Puis, nous avons développé la web Sonic Radio avec Zoé Zuliko et Jack Urbanska. Dès lors, durant de nombreuses années, nous nous sommes régulièrement croisés, à Mons, Bruxelles, Louvain-la-Neuve, Charleroi, Genappe, Rixensart, Braine-le-Comte, Lyon, Besançon, Bastia, Arc-et-Senans, chez CRANE Lab…
Très attaché aux valeurs environnementales, il a soutenu le projet Desartsonnants « Points d’ouïe et Paysages Sonores partagés » comme peu l’ont fait, au fil du temps et des invitations pour différentes interventions. Outre la radio, j’ai pu, grâce et avec à lui, développer mes PAS-Parcours Audio Sensible, notamment à Mons qui fut pour moi de nombreuses années, une sorte de ville laboratoire. Mais des workshops, conférences, installations sonores, concerts, rédactions d’articles, ont également été au programme, me permettant d’expérimenter in situ des situations d’écoutes singulières, des field-recordings et créations sonores tous azimuts.
Philippe était exigeant, autant que son amitié était solide. Il faisait se rencontrer des personnes avec lesquelles il pressentait des collaborations pouvant être humainement et artistiquement fertiles.
Il a soutenu de nombreux et nombreuses jeunes artistes qui aujourd’hui, font comme on dit leur chemin.
Passionné de philosophie, il aimait converser sur les liens entre arts, culture et philo, devant une bonne bière et un bon repas, avec d’ailleurs un solide coup de fourchette.
Je lui dois beaucoup, jusque dans la pandémie Covid où, via Transcultures, il a soutenu le projet « Des sons à ta fenêtre », qui a recueilli près de 300 prises de sons, textes, photos, en créant un réseau d’écoute stimulant dans des temps d’isolement et d’enfermement difficiles.
Il est évident que sans lui, d’autres personnes et lieux, Desartsonnants ne serait pas ce qu’il est.
Ce soir, un concert sera donné en sa mémoire par beaucoup d’ami.es, et je serai plus que jamais avec lui, avec elles et eux, en pensée.

Un livre hommage lui est consacré et paraît aujourd’hui-même, via le Studio de création numérique No code.
Les liens de téléchargement ou de commande sont disponibles ici : https://lnkd.in/e33Cdwme