Formes ronds d’eau
Écoute que gouttes
Et pluie voilà !
« Bassins versants, l’oreille fluente » 2026
Formes ronds d’eau
Écoute que gouttes
Et pluie voilà !
« Bassins versants, l’oreille fluente » 2026

Création sonore à partir de prises de sons aquatiques in situ
Eaux dessus-dessous,
Flux ruissellants,
Goutte à goutte murmurant
Gardons-les en écoute et veillons sur e(a)ux
Avec la participation des eaux de Sardaigne (Cagliari, Réserve Naturelle di Monte Arcosu), France (Rançonnais, Loire, Saône), Portugal (Sabugueiro), Russie (Kronstadt)…
A écouter de préférence au casque ou sur des enceintes de bonne qualité
Dans le cadre du chantier en cours (d’eau) « Bassins versants, l’oreille fluante«
Errer, naviguer
Errer au fil des eaux
Tendre l’oreille aux paysages liquides
Aux méandre sinueuses
Aux ports ouverts au monde
À leurs cosmopolitisme sonore
L’échappée bleue comme horizon
Revenir vers les rus
Pénétrer la campagne
Où les eaux se ruissellent
Traverser la forêt
Avec ses mares au diable
Naviguer les marais
Dans de labyrinthiques voies d’eau
Retrouver la Vouivre et le Tarasque
Le Drac et les Naïades
Ophélie et les Sirènes
Entendre les moulins
Même ceux immobiles et muets
Clapoter les pieds dans l’onde
Longer les rives chahutées
Errer, naviguer
De trames bleues bouillonnantes
En nappes étales dites dormantes
Marcher les chemins de halage
Et traverser des ponts
Sauter sur les pierres d’un gué
Prendre un bac traversant
Contempler la marée
Entendre les ressacs
Et les cailloux roulés
Et les cailloux jetés
Surprendre les grenouilles
Plongeant à notre approche
Après de sauvages coassements
Écouter les branches d’un saule
Titiller les eaux sous le vent
Les harangues de canards barbotant
Les vrombissements de zodiacs bondissants
Les rires de jeunes baigneurs
Le déversoir d’une digue trop pleine
Un délestage d’une centrale électrique
Sur un torrent montagnard
Les flic-flic spongieux
D’une tourbière ancestrale
La réverbération miroir
D’un large fleuve roulant
Des arbres charriés après la pluie d’orage
Le sifflement de cannes à pêche au lancer
Le rembobinage de moulinets véloces
Le ploc de bouchons colorés
Les eaux fendues par l’étrave
Leș vaguelettes inondant la berge
Après le passage d’une imposante barge
Les voix festives une soir d’été
Au bord d’une rivière accueillante
Errer, naviguer
Des ruisseaux familiers
Des rivières inconnues
Des torrents surprenants
Percevoir les rares clapotis
D’un cour d’eau asséché
Par un été trop chaud
Tourner au tour de la fontaine
L’oreille collée à ses ruissellements
Lancer des galets dans l’étang
Voir et entendre leurs ondes de choc
Et les ronds harmoniques
Jouer aux ricochets
Les compter à l’écoute
S’abrutir de bruits blancs
De vagues itératives
De houles déferlantes
Et reprendre son souffle
Au creux humides et sombres
Des étangs forestiers
Errer, naviguer
Fendre les flots indolents
Défaire les barrages brutaux
Laisser l’écoute s’immerger
Courir les berges sans quais
Entendre les chants de l’eau
Les complaintes et mélopées fluentes
Les nappes ondoyantes
Les respirations profondes
Les ondées tambourinantes
L’apaisement d’un fleuve
Les échos des abers
Envahis par la mer
Se laisser irriguer
Par des ondes porteuses
Des flots nourriciers
Des sons désaltérants
Se laisser conter
Les légendes des eaux
Et ses mille récits
Ses monstres immergés
Au creux des sombres puits
Et des sources magiques
Des profondeurs fluviales
Des résurgences en eaux vives
Des fêtes archaïques
D’un Neptune souverain
D’Océan le Titan
De Thétis la Déesse des eaux
Abreuvant nos imaginaires
Débordant de récits en crues
Hors les lits enchâssés
Jusqu’à briser les digues
Mais parfois se tarissent
Les cours et les contes
Dans des flots abimés
Où meurent les poissons
Les coraux et éponges
Asphyxiés de plastiques
Et de mille déchets
De souillures étouffantes
Qui font taire les flots
Les rendent inhabitables
L.es font Inconsommables
Les font mourrir d’assèchements
Les têtards agonisants
Les grenouilles muettes
Comme des eaux de morte Terre
Comme des eaux de morte Mer
Alors promenons nous au fil des eaux
Nos oreilles assoiffées
Installons nos écoutes dérivantes
Réjouissons nous d’entendre encore
Les eaux courantes et fragiles
Et prenons en grand soin
Car lorsqu’elles se tairons
Nous nous tairons aussi.

« Bassins Versants, l’oreille fluante », je fais actuellement une focale sur les milieux bouillonnants, aquatiques, les eaux courantes, dormantes, submersives, taries, murmurantes…
Ce n’est pourtant pas une lubie soudaine, un reflux, une résurgence capricieuse, un courant bleu dans l’air du temps, mais plutôt une source qui n’arrête pas de sourdre au fil des paysages « arpentécoutés », de refaire surface ici et là, comme une manne nourricière incontournable.
Fascinante dans sa fragilité, cette composante paysagère, de fontaines en rus, de torrents en cascades, de lacs en océans, ne manque jamais de titiller l’oreille du promeneur écoutant que je suis.
Source d’inspiration, de récits, de paysages racontés de rives en rives, il ne s’agit pas seulement de faire entendre ces flux multiples, mais de conter des histoires toujours renouvelées, au gré des reliefs et des territoires habités.
Conter pour faire exister, dans bien des situations, apaisées ou conflictuelles, complexes, dans des tensions écosophiques hydrologiques, qui nous montrent des lendemains plus qu’incertains,.
Eaux mémoire, énergie, ressource, sculptrice de surprenants reliefs, de paysage creusés dans ses flots, oasis espérés, génératrice d’ambiances sonores irriguées, élément climatique capricieux…
Combien de cours d’eau, minuscules ou spectaculaires, ai-je suivi, emmenant avec moi moult paires d’oreilles assoiffées.
J’ai fabriqué et marché bien des histoires fluantes, des pentes de la Sierra d’Estrella portugaises, de la vallée des Gaves du Pau Pyrénéenne, des rizières malgaches, des contreforts de collines auvergnates, du Jura côté France et versant suisse, des rivages baltes à la Neva à Saint – Pétersbourg, de Trois -Rivières la bien nommée québécoise, d’une source-lavoir gersoise, de la Drôme noyée de soleil, d’entre Rhône et Saône des Gônes, jusqu’au pied de chez moi…
Aujourd’hui, sans vouloir canaliser de façon trop rigide tous ces superbes flux hydrauliques, je leur donne une scène mouvante, qui nous invite à écouter les innombrables voies d’eau, voix d’eau, à leurs prêter attention, à en prendre soin, plus que jamais.
Je file modestement la trame bleu comme un commun universel qui nous maintient en vie.
Je suis partagé entre mes émerveillements devant les eaux tumultueuses et mes angoisses devant les fleuves asséchés.
Je voudrais vous emmener marcher au fil de l’onde, toutes oreilles aux aguets, et vous raconter encore, et vous entendre dire, mille méandres rafraichissante.
https://drive.google.com/…/1ZlAf1VGBiboj9zLioX8…/view…
A l’invitation de l’artiste Christine Goyard présentant une exposition photos autour de l’eau «De passage » à l’espace d’art contemporain « La théorie des espaces courbes », à Voiron (38), j’ai créé une ambiance sonore composée à partir d’un collectage de sons de différents pays (France, Portugal, Suisse, Russie, Belgique, Madagascar…).
An fil des ans et des ondes, l’eau fait partie des éléments sonores récurrents dans mes parcours, de ceux que je croise régulièrement, et sans doute de ceux que je recherche avec une certain appétit pour ses ambiances liquides, où que je sois.
De plus, nous avons pensé à parcourir la ville, le temps d’une promenade, à l’écoute de l’eau, de fontaines en rivières.
Et il se trouve que Voiron, pour le plaisir et le rafraichissement de nos oreilles, est une ville sympathiquement bouillonnante, multipliant au fil des places et des rues, fontaines et points d’écoute sur la Morge, rivière urbaine qui parcours le centre ville.
C’est un des rares PAS – Parcours Audio Sensibles qu’il m’ait été donné de faire depuis mars, crise sanitaire oblige, et en plus, il faisait très beau !
Nous avons surplombé la rivière, visible ou non, mais toujours audible.
Nous l’avons longée.
Nous l’avons quittée et retrouvée dans divers spots urbains.
Nous avons zigzagué de fontaines en fontaines.
Nous avons tourné autour.
Dans un sens et dans l’autre.
Nous avons mixé les sons d’eau à ceux de la ville, des voix, des voitures.
Nous en avons ouïe des monumentales, des discrètes, des sereines, des majestueuses, des chuintantes, des tintinnabulantes, des glougloutantes.
Nous sommes passés de l’une à l’autre, avec les trames sonores urbaines en toile de fond, ou en émergence, selon la progression.
Une ville irriguée de nombreux points d’eau, donc aussi points d’ouïe, qui tissent une trame bleue et bouillonnante, est une ville tonifiée, dynamisée par la présence aquatique.
Les montagnes alentours rendent cette impression de tonicité encore plus vivace, pour le plus grand plaisir des promeneurs écoutants de ce jour.
Les sons de l’expo