Aujourd’hui, alors que le milieu artistique et culturel souffre de différents affaiblissements, paupérisations, entre coupes budgétaires et freins politiques, voire idéologiques, le monde du sonore me semble en extension. Festivals, radios, installations, appels à œuvres, la création sonore paraît avoir le vent en poupe, portée par de bonnes ondes. La déferlante podcastante n’y est certainement pas étrangère. Depuis les premières mises en ligne d’Arte Radio tout début des années 2000, cette webradio précurseure de contenus originaux, jusqu’à l’avalanche de podcast contemporains, thématiques ou non, documentaires, artistiques… le son inonde plus que jamais les médias. Pour autant, la quantité sonore ne crée pas toujours des espaces dans lesquels qualité et innovations, ou tout au moins singularité, ligne éditoriale, sont au rendez-vous, tant s’en faut. En allant glaner et écouter ici et là des capsules sonores, j’ai même l’impression que la podcatisation galopante génère souvent des « produits » alimentant des tuyaux à sons, avec une sorte d’affadissement des contenus. Contenus qui doivent rentrer dans des formats, des esthétiques, des convenances, des normes. Qui plus est, le développement des productions via l’IA accélère encore cette standardisation qui ne présente plus guère de surprises, de frictions, de chemins de traverse. Bien sûr, je me garderais bien de généraliser ce constat, car il existe encore des studios, des collectifs, des plateformes, des artistes, des festivals soucieux de préserver de vraies exigences dans leur production et programmation. Néanmoins, devant l’offre pléthorique, il nous faut savoir trier le bon grain de l’ivraie, pour défendre une création sonore qui soit et reste vraiment… créative !
