Aujourd’hui, alors que le milieu artistique et culturel souffre de différents affaiblissements, paupérisations, entre coupes budgétaires et freins politiques, voire idéologiques, le monde du sonore me semble en extension. Festivals, radios, installations, appels à œuvres, la création sonore paraît avoir le vent en poupe, portée par de bonnes ondes. La déferlante podcastante n’y est certainement pas étrangère. Depuis les premières mises en ligne d’Arte Radio tout début des années 2000, cette webradio précurseure de contenus originaux, jusqu’à l’avalanche de podcast contemporains, thématiques ou non, documentaires, artistiques… le son inonde plus que jamais les médias. Pour autant, la quantité sonore ne crée pas toujours des espaces dans lesquels qualité et innovations, ou tout au moins singularité, ligne éditoriale, sont au rendez-vous, tant s’en faut. En allant glaner et écouter ici et là des capsules sonores, j’ai même l’impression que la podcatisation galopante génère souvent des « produits » alimentant des tuyaux à sons, avec une sorte d’affadissement des contenus. Contenus qui doivent rentrer dans des formats, des esthétiques, des convenances, des normes. Qui plus est, le développement des productions via l’IA accélère encore cette standardisation qui ne présente plus guère de surprises, de frictions, de chemins de traverse. Bien sûr, je me garderais bien de généraliser ce constat, car il existe encore des studios, des collectifs, des plateformes, des artistes, des festivals soucieux de préserver de vraies exigences dans leur production et programmation. Néanmoins, devant l’offre pléthorique, il nous faut savoir trier le bon grain de l’ivraie, pour défendre une création sonore qui soit et reste vraiment… créative !
Tag / média
2005/2023, Desartsonnants blog à part !

Le 30 septembre 2005, Sonoris Causa voit le jour.
Blog hétéroclite, bavard, publiant à l’instinct… Des textes, images et séquences sonores autour d’une thématique auriculaire, visitée en prenant les chemin de travers les plus variés.
On y parle pêle-mêle, au gré des articles, de l’eau, de la radio, forêt, paysage sonore, langues, cuisine, cloches, instruments… le tout illustré de séquence sonore parfois les plus loufoques et décalées.
L’aventure durera jusqu’en 2009. Elle sera même saluée par une chronique de France Inter.
Aujourd’hui, si des traces du site résiste encore ça, plus aucun liens sonores ne fonctionnent. Ce qui d’ailleurs nous pose la question d’une pérennité somme toute assez courte des sources citées via des hyperliens, au gré des disparitions, changements de noms, d’adresses des sites, et le travail considérable d’une maintenance et des mises à jour nécessaire pour garder la ressource pertinente, dans un monde où tout bouge tellement vite !
2007, un nouveau blog vient se tuiler au premier, première mouture de Desartsonnants et apparition de cette identité patronymique.
Desartsonnants//Sonosfaire. Le parti est ici de parler création sonore dans tous ces états (ou presque). Installations, poésie, arts médiatiques, performances, dispositifs numériques, arts plastico-sonores, web art, environnement, lutherie et autres moutons à cinq pattes s’y croiseront dans le plus grand désordre.
Entre actualité, articles « de fond », zooms sur une pratique, un artiste, une technologie, les arts sonores sont explorés au fil des rencontres, coups de cœur, et d’une veille informatique plutôt désordonnée, sans doute à l’image de son instigateur sérendipien dans l’âme. Ce blog fouillis, sans véritable rangement logique, où l’on navigue à vue, ou plutôt à l’oreille, se tuile quelques année avec Sonoris Causa, avant de le remplacer progressivement.
Après des période éruptives, des moments de ralentissements, de mises en sommeil, des redémarrages, il existe encore aujourd’hui, dans son état quasi initial, malgré quelque liftings au fil du temps, et c’est bien celui par lequel vous lisez, ici et maintenant, ce post.
2015, lors d’une résidence création à CRANE-Lab, dans une verdoyante campagne bourguignonne, Desartsonnants Points d’ouïe et Paysages sonore partagés émerge à son tour.
Il s’agit ici de focaliser la création sonore autour de la pratique environnementale de ce qui est devenu petit à petit Desartsonnants, logotype de votre serviteur Gilles Malatray. La marche écoutante, PAS- Parcours Audio Sensible aujourd’hui, le field recording, les approches liées à l’écologie sonore, à celle de l’écoute et de l’écoutant, questionnent et irriguent ce nouveau blog.
Carnets de notes, poésie, actualités, points de vue et points d’ouïe audio-paysagers, expériences croisées, passées, en cours où à venir, tentent de tisser la trame d’une aventure desartsonnante toujours en chantier. En contrepoint avec le volet plus largement arts sonore de Sonos//Faire.
17 ans de blogging, et une 18e aujourd’hui entamée. Des milliers de signes, de mots, d’images, d’illustrations sonores, de cartographies… Mais aussi de vraies belles rencontres et des échanges, des invitations parfois, favorisées par ces outils de médiation internautique…
Un désir, voire une soif de transmettre, de partager, modestement, des expériences in situ, envies, connaissances, réflexions personnelles, rêves, de créer, autant que faire ce peut, des liens féconds et amicaux entre les pratiques, les lieux, les acteurs…
Desartsonnants a également rejoint PePaSon – Pédagogie des Paysages Sonores, avec qui il a de réels affinités et un large faisceau d’intérêts, de passions, d’expériences à partager, sur le terrain comme sur la toile. Et comme questionne ce dernier « Et s’il suffisait de tendre l’oreille ? »
Dans un monde où tout bouge très vite, voire s’emballe dangereusement, où au-delà des espaces immatériels de la toile, les liens humains, sur le terrain, doivent se défendre becs et ongles, comme une valeur sûre, gageons que les blogs, pétris dans le bruit du monde, conservent et développent ces facultés à nous relier, oreilles amènes, hardies et aventureuses.
