POINT D’OUÏE, MON QUARTIER EN ÉCOUTE

POINT D’OUÏE COMMENTÉ – BANC D’ÉCOUTE

PO

A deux pas de chez moi, un banc.
C’est un lieu des plus familiers pour moi.
j’y lis, j’y regarde, j’y écoute, j’y prends le pouls de ma ville, de mon quartier.
Un espace qui se présente, a priori sans concession, sans aucune velléité à valoriser l’espace ambiant, peut-être même, au premier coup d’oreille et d’œil, plutôt enclin à en montrer les fragilités, les dysfonctionnements du lieu.
Un banc coincé entre trois routes, très circulantes, faisant face à une voie de chemin de fer.
Mais néanmoins, un point d’ouïe où j’aime tout particulièrement à expérimenter une écoute critique, par l’écrit, par l’écoute, par la parole…
Ce que je fais ce soir, avec plaisir, in situ, de façon spontanée, épidermique.

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POINTS D’OUÏE – L’ÂME DU PAYSAGE SONORE

Le paysage sonore a t-il une âme ?

Si nous partons d’une problématique, comme une forme de définition philosophique, qui consisterait à chercher ce que pourrait être l’âme d’un paysage sonore, on peut se demander a priori quel éventuel souffle viendrait l’animer, au sens premier du terme ? En bref, qu’est-ce qui pourrait lui donner vie, lui transmettre une forme d’existence tangible, au delà de l’idée, du concept.
Je perçois bien, au travers la multitude des particules sonores incarnant un environnement audible, une organisation des choses entre elles, même si elle peut sembler relativement chaotique. Des tensions, des détentes, des nappes, des acmés, toute une évolution sonore qui rythme l’instant, la journée, la saison, qui fait qu’une coloration acoustique, toujours en mouvement, irise mes espaces de vie, de travail, de loisirs… Les sons s’agencent, se frottent, résistent, mais au final, finissent par s’entendre sur un déploiement de matières organiques, résiduelles ou conceptuelles, qui viennent asseoir ma perception de l’espace, recentrée entre mes deux oreilles.
Dans la vallée de haute montagne, sur les quais d’un port du bord de mer, dans la forêt profonde, au cœur de la cité, ces agencements, ces organisations mouvantes, seront bien différentes. Les sources et couleurs sonores, les tessitures, les dynamiques, les effets acoustiques intrinsèques aux topologies, dessineront des espaces non pas homogènes, mais en tout cas suffisamment spécifiés pour qu’une forme de reconnaissance, un brin rassurante pour l’oreille, s’installe.
Au-delà et dans des myriades de variations, le paysage sonore peut prendre corps.
Comme l’âme d’un village, d’une vallée, d’une usine, peuvent se déceler dans une sorte sensation d’appartenance, liée à une vie bien réelle, parfois quiétude, parfois inquiétude, celle d’un paysage sonore y  trouve également sa place. Ce dernier participe vraisemblablement à l’élaboration d’un terreau social cohérent, ou se cherchant des cohérences . Sans doute glisse t-on là vers la reconnaissance d’un territoire sonore, en partie lié à un existant domestiqué et reconstruit, sonorités y compris.
Installer un jeu de cloches carillonnant au cœur de la cité, ou au sommet d’un village, n’est pas un geste anodin, pas plus qu’édifier un kiosque à musique au cœur du parc municipal.
L’âme d’un paysage, c’est aussi, ce qui en fait un cadre singulier, avec des spécificités, celles qui vont favoriser un ensemble de sensations, de représentations, de perceptions, comme autant d’éléments moteurs dans l’entretien, voir la survie même d’un paysage sonore, en tout cas d’un espace auriculaire vivant et vivable..
Comment se sentira t-on, s’entendra t-on, selon les endroits, les époques, les événements, dans des des lieux spécifiques ? Comment t’entends-tu avec ta ville ?

Un paysage sonore, s’il est trop malmené, laissé en déshérence, peut-il perdre son âme ?

L’âme d’un  écoutant est -elle sereine, tourmentée, a-ton du bleu à l’âme, ou celle d’un poète, comment se sent-on face à un tourbillon sonore ayant tendance, dans cette période de forte urbanisation, à connaître une expansion parfois violente et plus ou moins contrôlable.
Bien sûr, tous ces agencements sonores, ces stratifications, ces concrétions, naturels ou fabriqués, voire contre nature, sont souvent bien aléatoires. Vents et grondements du tonnerre n’en font qu’à leur tête, et nous n’avons finalement, nous autres humains, que peut de prise sur la vie « sauvage », même si nous participons grandement à la modifier, pour le meilleur et souvent hélas, pour le pire.
L’infinie variété des ambiances sonores semblent bien mues par un système organique, quasi anthropomorphique, répondant à des stimuli, naturels ou humains, secoués de soubresauts, apaisés de silence, parfois.
Ces organisations sonores sont sans doutes en partie agencées par notre propre écoute, et surtout notre propre pensée, dans la volonté de cerner, de comprendre, de se rassurer, voire de se protéger des flots sonores incessants qui nous baignent à chaque instant. La construction d’un paysage sonore nous permet de donner vie (âme = anima = vie) à un flux de matières intangibles, mouvantes, immersives, pouvant selon les moments, nous baigner de belles sensations, ou nous noyer dans un tourbillon asphyxiant.
L’âme d’un paysage, y compris envisagée comme une forme de vie sonore, est empreinte des respirations du lieu. Encore cette évidence d’un inspire et d’un expire sans qui la vie ne se développerait pas. Il faut qu’un site respire, et que nous puissions, autant que faire se peut, mettre notre respiration en harmonie, pour  nous y sentir un tant soit peu en phase. Envisageons ces respirations comme des formes primaires de vie sonore. Si ces dernières sont trop haletantes, elles nous essouffleront l’écoute, l’attention, la pensée, dans une surenchère, une excroissance maladive. Si ce souffle, cette respiration sont trop ténus, teintés d’atonie, le mouvement de vie sera par trop amoindri, manquera d’allant, de fraîcheur, de vie en somme. Ces métaphores reliant souffle et son, mais la vie ne commence t-elle par un cri qui libère la vie grâce l’arrivée d’air dans nous poumons, instant crucial, nous font espérer un paysage sonore qui prolongerait métaphoriquement et physiquement la quiète sécurité du bain amniotique initial.

Paysages sonores avez vous une âme ?
Certes oui, celle que nous nous efforçons, à grand renfort de cris et de silences, de vous confectionner, et sans doute, bon gré mal gré, de construire selon nos propres modes de vie, avec des énergies positives, comme avec des carences et dysfonctionnements récurrents.
L’essentiel étant peut-être, de ne pas rester sourds aux états d’âme du paysage. Il est en grande partie ce que nous en faisons, parfois en notre âme et conscience, parfois, souvent, en parfaite inconscience.
Conserver l’âme d’un lieu, c’est garder suffisamment de recul, pour éviter que trop de choses n’échappent à notre écoute, et en partie à notre maîtrise, dans une chaotique hégémonie sonore qui rendrait invivable, inhabitable, impraticable, tout espace public.

POINTS D’OUÏE – UNE GÉOGRAPHIE DE L’OREILLE ET DU PIED

POINTS D’OUÏE – UNE GÉOGRAPHIE DE L’OREILLE ET DU PIED

Le fait de déambuler de centres ville, en villes centres, de chemins de traverse en GR balisés, m’amène progressivement à me fabriquer une géographie personnelle, tracée à la force du mollet et à la curiosité de l’oreille.

J’ai dans la tête des sortes de cartes mixmédia où s’entremêlent couleurs, volumes, odeurs et sons.

Je conserve, rangés dans un coin de l’esprit, mais aussi en notes griffonnées, en sons réagencés, moult circuits parcourus en groupe ou solitaire.

Tout cela contribue à tramer un réseau reliant Lyon, Paris, Vienne, Tananarive, Toulouse, Victoriaville, Mons, Lausanne, Bruxelles, Florence… dans un parcours global organique, nourrit de points de vue et de points d’ouïe, incrustés dans une trame géographique qui n’en finit pas de s’expandre.

Je peux, à l’aune des chemins parcourus, de jour comme de nuit, construire une géographie du promeneur écoutant, ponctuée de points d’ouïe, haltes offertes à l’expérience, à la surprise, à la contemplation, à l’espace temps partagé…

Cette trace mémorielle, sonore, matérialisée car tissée de mots, jalonnée de cartes postales sonores, est une invitation à poursuivre encore et encore le chemin d’écoute, si sinueux et imprévisible soit-il.

Il faut, au détour d’un pâté de maisons, d’un bosquet, d’une rivière, trouver des postures, des modes de narration, qui seront en adéquation avec l’espace, le moment vécu, les ambiances, l’intimité, la synergie du groupe.

Il convient de ne pas reproduire des gestes telles des géographies types, comme un calque que l’on superposerait à différents lieux, quels qu’ils soient, trame rassurante sans doute, mais aussi carcan de reproductions anachroniques, sclérosantes et asphyxiantes.

Chaque marche, chaque rencontre, chaque projet, devient terrain de jeu où l’écriture, parfois sauvage, doit nous surprendre et nous ravir.

Sérendipité invitée, acceptée, recherchée.

Aujourd’hui encore, sur un chemin menant à une rivière discrète, le pont de bois la surmontant offrant des rythmes de basses fréquences au belles couleurs chatoyantes, avec un groupe d’étudiants en technique du son d’une université québécoise, nous jouons de concert à écouter. Nous nous essayons à faire sonner. Nous jouissons d’un retour à des gestes simples, gratter, tendre l’oreille, s’assoir, placer un minuscule son sur une pierre, un autre dans un arbre, faire chanter intimement le lieu, s’offrir un instant de plaisir qui restera gravé dans notre intime géographie sonique, à chacun la sienne.

Ce extrait de promenade s’imprime dans ma collection de vécus in situ, en même tant qu’il imprime une extension, une couche sensible et cartographique, tissant un paysage sonore quasi universel dans son geste d’écoute.

Chaque nouvelle expérience excite mon appétit à traquer les infimes, ou toniques singularités d’une ville, ses souffleries, ses grésillements, ses musiques envahissantes, ses accents, ses tintements de cloches…

Il me faut ensuite les conter, les transcrire, les rendre partageables, les inscrire dans un carnet informel qui les fixeront comme des traces dans lesquelles je pourrai venir  à l’envi, puiser des ressources, pour poursuivre et enrichir mon chemin d’écoute.

Ce sont ses déambulations sonantes qui me font réfléchir et agir, affiner une géographie en marche, au gré des lieux, des gens, des expériences à fleur de tympan, des parcours, ceux qui provoquent la rencontre, l’échange, la joie de faire à portée d’oreilles. Au fil des pas, se dessine une géographie intime, personelle, sensible, mais surtout vitale pour aller de l’avant.

POINTS D’OUÏE – TRAVAILLER LES PAYSAGES SONORES

Travailler les paysages sonores ?

J’ai voulu travailler un paysage sonore de corons, mais on m’a dit que le son avait mauvaise mine !

J’ai voulu travailler un paysage sonore du journalisme, mais on m’a dit que le son avait mauvaise presse!

J’ai voulu travailler un paysage sonore de vignobles, mais on m’a dit de ne pas travailler en vin !

J’ai voulu travailler un paysage sonore du corps, mais on m’a dit que le son faisait tabou (la rasa ?)!

J’ai voulu travailler un paysage sonore de la guerre, mais on m’a dit que le son par trop désarmait !

J’ai voulu travailler un paysage sonore de l’église, mais on m’a dit que le son était de mauvaise foi !

J’ai voulu travailler un paysage sonore de la justice, mais on m’a dit que le son n’avait jamais connu de lois ! Idem pour le paysage sonore de la justice !

J’ai voulu travailler un paysage sonore de la cuisine, mais on m’a dit que le son avait trop mauvais goût !

J’ai voulu travailler un paysage sonore de l’écologie, mais on m’a dit que le son n’avait pas l’oreille verte !

J’ai voulu travailler un paysage sonore, mais on m’a dit que…

Alors, devant ces résistances, je me suis dit que le son avait vraiment quelque chose à dire, et qu’il fallait bien, à un moment ou à un autre, lui donner enfin la parole.

PAS – Parcours Audio Sensible, avec Geneviève Girod

Tour du lac d’Emprunt au Grand Parc de Miribel  Jonage

C’est Geneviève Girod, conseillère en management environnemental qui, outre le choix du lieu, guidera la marche.

Dix sept heures, fin août, la température est très douce, chaude même, le soleil luit tout ce qu’il peut, nous nous mettons en marche pour un tour de lac d’Emprunt.

L’endroit présente un entre-deux composé de sauvage et d’aménagé, comme un site naturel mais où la proximité urbaine se fait nettement sentir, ne serait-de qu’à l’oreille.

Le lac est de taille très modeste, le premier tour piétonnier, effectué en solitaire, m’a pris environ quinze minutes, quelques centaines de mètres de pourtour.

Il est niché au sein d’un immense parc métropolitain de 2200 ha, pas moins, site accueillant de grands et de petits lacs, issus pour la plupart d’anciennes carrières réaménagées. Réserve naturelle labelisée Natura 2000, avec une omniprésente de l’élément aquatique, c’est un espace protégé, dans lequel  nous trouvons une incroyable biodiversité de paysages, de plantes et d’animaux, que le citadin lyonnais peut venir apprécier facilement de par sa proximité avec Lyon.

C’est à coup sûr une grande richesse et une immense chance  que de pouvoir profiter de tels espaces à portée de ville.

Pour revenir à notre promenade, la quiétude du lieu impose quasiment une conversation à l’échelle de l’ambiance sonore, calme, sereine, pleine de respirations.

Nous nous fondons, plus ou moins consciemment, dans l’atmosphère du site, en respectant ses presque silences.

Il s’agit pourtant d’en parler, de raconter ce moment de déambulation, sans contrainte, en toute liberté.

La question de la narration, de sa forme, se pose donc, sous-jacente.

Beaucoup de sonorités, de lumières, d’ouvertures et de fermetures visuelles, nous donnent matière à conter, même si elles sont parfois difficiles à retranscrire par les mots. On y entend des voix, des aboiements de chiens réverbérés par la forêt et les nappes d’eau, des pas décrivant à l’oreille la texture des sols très variée tout au long du parcours, des éléments discrets mais bien présents, relevant de l’aquatique…

Le lac présente un écran lisse qui portent les voix et autres sons d’une rive à l’autre, miroir amplificateur acoustique toujours efficace..

Le monde animal est à la fois discret, acoustiquement ténu, mais bien présent, assez logiquement dans ce type d’espace.

De mémoire, il est parfois beaucoup plus présent, selon les heures,les saisons et les conditions météorologiques.

Dans notre conversation,  ne pas avoir peur du vide, des vides sonores, des blancs dit on en radio, en tout cas dans cette promenade.

Nous parlons du visible, de l’audible, de l’odorant, du sensible,  mais également des histoires connues et plus pittoresques du parc, de ses « mythes » et de ses usages, de l’agriculture péri-urbaine, des pratiques classiques ou plus exotiques, étranges, qui abondent sur un si vaste lieu.

Après un tour à un rythme plutôt apaisé, nous regagnons progressivement la ville finalement toute proche, et approchons de la route principale, très circulante.

Les sonorités deviennent progressivement plus denses, et, en comparaison du moment de quietude précédemment vécu, nous paraissent logiquement beaucoup plus agressives.

La problématique de la narration sonore, ou de la narration liée au paysage sonore, reste un questionnement en suspend. Que raconter et comment, via  ce mélange de parcours physique, de regard, d’écoute, de commentaires in situ, forcément partiales et fragiles dans leur improvisation du moment, à la merci de ce qui se passe, du lieu et du moment ?

ECOUTEZ LE PARCOURS

POINT D’OUÏE LYONNAIS, FAÇON PÉREC

TENTATIVE D’ÉPUISEMENT D’UN POINT D’OUÏE LYONNAIS , FAÇON PÉREC

Hier, mardi 18 août, aux alentours de 21H, assis sur les marche du Théâtre Nouvelle Génération, rue de Bourgogne à Lyon, 9e arrondissement.
Une légère pluie vient tout juste de cesser, l’air est agréable, presque frais. La nuit est maintenant tombée.

Lorsque le magnétophone connait ses limites, les mots s’y substituent…

Devant moi, une intersection avec des feux tricolores, des voitures de tous genres passent, s’arrêtent, passent, s’arrêtent, passent, s’arrêtent… Voitures, camions, motos, à chacun sa façon de vrombir…
Un bar ouvert, le patron rentre tables et chaises en causant fort avec des clients à l’intérieur.
Une jeune femme passe tout près, d’un pas pressé. Ses tongues claquent sur l’asphalte mouillé.
Une voiture anime la rue des puissants cliquetis de la grosse remorque métallique qu’elle tracte. On l’entend venir bien avant de la voir et partir bien après l’avoir perdu de vue. Hors champ.
Un vélo traverse le scène, en silence.
Un bus en colère klaxonne rageusement après une voiture qui lui a joliment grillé la priorité.
Un train de marchandise, sur la droite, hors-champ, n’en finit pas de secouer le paysage de ses rythmes saccadés, réverbérés par les constructions adjacentes et les deux ponts de pierres qu’il enjambe.
Le clocher de l’église de l’Annonciation, que l’on voit émerger des toits, égrène ses neuf coups, avec de surprenants échos qui feraient croire que deux clochers se répondent très rapidement.
Un groupe de promeneurs déambulent en parlant de vive voix d’un spectacle apparemment très apprécié.
Des gens fouillent les poubelles d’une supérette, on entend les froissements des sacs en plastique et les fermetures des couvercles.
Une moto, monocylindre, (Harley peut-être?) démarre du feu avec un tintamarre à la fois beau et à la limite de ce que le paysage urbain, et ses habitants, puissent supporter.
Un père de famille portant sur ses épaules une fillette, lui fredonne une chansonnette que l’enfant a l’air de fort apprécier.
Deux personnes regardent à leur fenêtre, en silence.
Un autre train, plus discret et plus court celui-ci.
Le bar ferme ses portes dans un bref mais énergique roulis métallique.
La supérette ferme également ses portes sans particulièrement se signaler à l’oreille, seule l’extinction de ses lumières atteste de sa fermeture. Le quartier, petit à petit, presque en catimini, se blottit un peu plus profondément dans la nuit.
Un jeune homme africain arrive en chantant, me demande du feu avec une voix joviale. Come je lui répond que je n’en ai pas, du fait que j’ai cessé de fumer, il me répond dans un grand rire que j’ai bien de la chance, et s’en va en m’adressant un sympathique signe de la main.
Les voitures se raréfient progressivement, jusqu’à laisser de temps à autre, de vraies plages de silence, durant quelques secondes en tout cas… Surprenant et apaisant.
Un jeune homme chevauchant un Vélov (bicyclette urbaine en libre location) tente de venir arrimer sa monture à la station se trouvant à quelques mètres de moi. Comme il n’y a pas d’espaces libres, il repart en grommelant.
Nouveaux tintements des dames d’airain dans leur tour de pierre, qui semblent rassurer le quartier. Dormez tranquilles braves gens, nous veillons sur vous…
Des adolescents, garçons et filles, arrivent en parlant haut et fort, en chantant et en faisant tintinnabuler leur réserve de bouteilles qu’ils portent dans de grands sacs. Le calme reprend peu à peu le dessus lorsqu’ils s’éloignent. La rentrée étudiante s’approche.
La fenêtre d’où observait le couple s’est refermée, sans bruit.
Un autre train se fait entendre, toujours invisible, de voyageurs celui-ci.
L’heure avançant, les événements deviennent moins denses, le quartier s’apaise, je décide alors de rentrer.

Ainsi va la ville, ou tout au moins une tranche de ville, lorsqu’on lui prête l’oreille