CICAPES – Centre Internationnal de Création Artistique pour le paysage et l’Environnement Sonore

LE CICAPES QU’EST-CE ?

Desartsonnants
Parcours Audio Sensible (PAS) à Lausanne (CH) Journées des Alternatives Ubaines 21015 http://alternativesurbaines.ch/le-quartier-du-vallon/

Desartsonnants se déclare comme le fondateur et administrateur du 1er CICAPES (Centre International de Création Artistique du Paysage et de l’Environnement Sonore) connu à ce jour. N’étant soutenu par aucune institution ni autre organisme, il s’offre en toute liberté ce petit plaisir. Parfaitement nomade, il peut venir chez vous si vous l’invitez. Assurément indépendant, il accepte toute aide pour développer ses créations in situ, médiations et recherches (voire la page d’accueil https://desartsonnants.wordpress.com/)… A bon entendeurs salut !

POINTS D’OUÏE – LA MINOTERIE DU SEUIL DE NAROUZE (Aude – France)

Minoterie de Naurouze

Le bruissement des lieux et La clé des Dormants

Sources : http://minoteriedenaurouze.blogspot.fr/2014/07/meta-morphoses.html#comment-form

Parcours d’écoute entre eaux, vents et pierres
Le bruissement des lieux

Minoterie du Seuil de Narouze (Aude)
sur l’invitation d’Alain Joule et de Pascale Goday 
dans le cadre du Méta-Opéra « La clé des Dormants »

A mon arrivée, de très belles surprises, trois éléments se partageaient la vedette pour donner au lieu une incroyable force physique, esthétique, et dynamique.
Le premier à m’accueillir fut le vent. Un grand vent d’Autan, coutumier de cette région, omniprésent et tempêtueux ce jour là. Ce vent gronde, balaie les feuillages à qui il donne voix, du sourd gémissement aux bruissements des peupliers trembles les bien nommés. Il s’engouffre dans les fous les espaces de la minoterie, par le moindre interstice, la moindre tuile mal ajustée, et donne à chaque pièce, à chaque couloir, une couleur sonore différente. C’est un vent maestro, virtuose, même si dit-on, à forte dose, il rend fou par l’intensité de sa présence et sa pugnacité à secouer le paysage. Durant notre balade, il fut néanmoins un allié de poids qui, loin d’écraser l’écoute, lui donna mille reliefs au gré de ses bourrasques, accalmies, et des sites traversés, plus ou moins protégés ou exposés, naturels ou bâtis.
Le second élément rencontré, incontournable lui aussi sur ce site fut l’eau. La minoterie du Seuil de Narouze a naturellement construit son moulin sur un cours d’eau, et est de plus située sur une ligne de partage des eaux, à quelques centaine de mètres du canal du Midi et d’un lac artificiel, bassin de rétention construit sous le règne de Louix IV. L’eau est donc elle aussi une constituante des plus importante du site. Elle est d’ailleurs ici exploitée de façon très complexe pour la régulation et l’irrigation des plaines agricoles du Lauragais. De nappes tranquilles et silencieuses en des rigoles ou bassins encaissés, d’ou elle surgit par des boyaux rétrécis, avec un grondement imposant des puissantes basses, l’élément aquatique propose une riche palette de sonorités. Ces nombreuses manifestations la rendent acoustiquement présente quasiment partout sur le site, à différents degrés, pour le bonheur du promeneur écoutant. Un espace tout à fait magique est la salle des turbines, sous la minoterie. On y accède par un escalier escarpé qui nous amène au cœur d’une immense salle où se dressent d’énormes machineries, turbines, tuyaux… décor de science-fiction à la Jules Verne noyé dans un tonnerre aquatique véritablement assourdissant. A la fois un émerveillement mais aussi, paradoxalement, un enfer pour les tympans pour qui s’y attarderaient trop longtemps.
Un des gestes les plus intéressants de ce parcours fut le grand nombre possibles de mixages eau/vent, en jouant sur des approches ou des éloignement progressifs des sources aquatiques, fondus enchaînés auriculaires, laissant plus ou moins de place aux éléments dans leurs équilibres, ou déséquilibres, dans leurs maîtrises ou hésitations aléatoires.
Et enfin le troisième élément à m’accueillir dans ses murs fut la pierre. L’imposante masse de la Minoterie désaffectée, de ses différents corps de bâtiments sur deux étages, traversés de cours d’eau aménagés, avec le moulin, les silos, les habitations, la sale de lavage, les espaces de séchage… Déambuler dans un tel lieu, au volume impressionnant, offre un choix de points de vue et de points d’ouïe qu’il faudrait prendre beaucoup du temps pour en explorer toutes les finesses. Néanmoins, après une écoute rapide, ces espaces sonnent chacun de façon différente, avec plus ou moins de porosité avec l’extérieur. Des escaliers en bois craquent joliment, une salle avec un bassin de lavage présente une acoustique tout à fait remarquable, endroit idéal pour installer temporairement des sons décalés via des craquèlements de céramiques mêlés à des chants d’oiseaux malgaches et à l’échauffement vocale de l’artiste Pascale Goday captée quelques heures plus tôt in situ… Une grande cage-Volière dans le hall d’entrée se comporte, explorée au stéthoscope, comme une incroyable harpe métallique, avec des résonances et des harmoniques que l’on excite de la main, et qui chantent différemment selon les caresses, tapotements ou pincements de ses cloisons en fil de fer. Dehors, on explore le grondement d’une chute d’eau du trop plein « la rigole » alimentant anciennement le moulin. Sans parler de tout ce qui a échappé à mon oreille tant le lieu et vaste et riche…
J’avais au départ imaginé, au vue des photos du site, un parcours essentiellement intérieur, architectural en quelque sorte. Mais c’était compter sans la beauté et la richesse de l’écrin extérieur que je ne pouvait plus, arrivé sur place, ignorer. Le parcours joua donc sur des rapports extérieurs – intérieurs, ce qui nous amena à ressentir sensiblement les espaces les volumes, et leurs ambiances spécifiques, et tous les « sas auditifs transitoires » qui les relient.
La question liée aux rapports de l’écoute in situ et à la prise en compte de l’écologie sonore, à noter que nous étions à la date de la « Word Listening day 2014 », amena à un sympathique débat avec les promeneurs écoutants du jour, dont la propriétaire, qui fut ravie de redécouvrir le site et son propre bâtiment à l’aune de ses oreilles.
Ce parcours fut suivi d’un autre parcours Méta-Opéra « La clé des Dormants », écrit parAlain Joule et interprété en duo avec Pascale Goday. Œuvre protéiforme, alternant jeu instrumental, chant, déambulation, actions, peintures, installations plastiques, projections vidéos et sonores… Cette Clé des Dormant place la communication entre les hommes comme sa problématique centrale. En 10 tableaux écrits dans les murs de la Minoterie, s’y référant, les citant, les magnifiant, le duo d’artistes donne 14 fois la représentation de ce spectacle, chaque fois différent, peaufiné, élargi par notamment la magie des lieux et le travail in situ. Moments magiques, synesthésiques, profondément humains…

Gilles Malatray le bruissement des lieux  -Vidéo d’Alain Joule

Merci Alain et Pascale pour ces très belles rencontres.

http://fightersoftenderness.blogspot.fr/

POINT D’OUÏE – LA SALINE ROYALE D’ARC ET SENANS

Des Arcs et sonnances, paysages sonores rayonnants de la Saline Royale

Depuis plusieurs années, je viens régulièrement sur le site de la Saline, à différentes occasions. Je suis chaque fois plus fasciné que jamais par une sorte de résonance, de halo intangible, que je ne pouvais jusqu’alors, au-delà de la beauté physique du lieu et des choses vécues, m’expliquer vraiment.

Dernièrement, après une énième d’écoute rituelle, nocturne, au centre de la grande pelouse, alors que toute activité s’était progressivement apaisée, j’ai commencé à comprendre comment s’opérait la magie des lieux, celle en tout cas qui me captivait tant. Il me semblait tout d’un coup qu’une porte s’ouvrait entre un moi sensible, réceptif, et le lieu, alors que je me fondais dans un ambiance où l’œil comme l’oreille étaient en parfaite accordance. Je me sentais devenir progressivement un élément symbiotique entre un lieu, ses ambiances et l’écoutant posté que je j’étais. La Saline devenait soudain un grand réflecteur amplificateur sonore, me plaçant dans une focale rayonnante, comme au centre d’une bulle d’énergie sensible. L’effet panoptique m’irradiait, immersion intense où sons et images vous rassemblent en même temps qu’ils vous tirent vers des lignes de forces périphériques, des attirances tantôt centripètes, tantôt centrifuges, plaçant l’oreille au centre de l’écoute, exactement ! 

Le panoptique évoqué n’est pas ici envisagé dans une position d’un œil ou d’une écoute dominante, de la position de celui ou de celle qui voit et entend tout, mais comme un espace focal rayonnant, point de jonction, voire de construction endogène, d’un paysage sensible, et entre autre sonore.

La Saline royale pouvait dés lors, pour moi, trouver cette fascinante cohérence que je pressentais depuis déjà quelques années, pour me proposer un site à arpenter comme un vaste territoire d’écoute rayonnante, chambre d’échos multiples, de déambulations, toutes oreilles ouvertes, théâtre potentiel, à ciel ouvert, d’écoutes, de captations et de créations sonores in situ… Un point d’ouïe niché au sein de l’imposante utopie architecturale de Claude Nicolas Ledoux.

Topophonies, hétérotopies, hétérophonies

Il s’agit dés lors de construire un paysage/territoire sonore rayonnant, partant de la grande pelouse irradiante et de ses surprenants échos, reliant tous les éléments d’une architecture en un site acoustique renforcé. D’ici, du centre de la pelouse, visuellement comme acoustiquement, part une multitude de lignes et de chemins qui nous attirent, ou nous poussent vers l’extérieur… Point de passage focal, convergence  quasi obligée, ce point d’écoute central symbolise, voire matérialise une loupe, une écoute rayonnante, qui nous emmènera vers différents ailleurs acoustiques, du panoramique au détail, de l’intime à l’extime, du dedans au dehors, du visible à l’invisible, de la matérialité à l’imaginaire…

Ces lignes sonores nous conduisent ainsi vers,

l’acoustique des grandes bernes,

des autres bâtiments, intérieurs extérieurs…

vers Les jardins,

vers la grande porte, sas, passage  du dedans vers le dehors,

vers le village

Vers la forêt voisine, pourquoi pas…

Une auscultation hétérotopique nous ramène  néanmoins toujours au centre de la Saline, comme un puissant aimant auriculaire fédérateur.

Chronosonie, uchronie

Le site de jour, de nuit, à différents moments, à différents degrés de sérénité, de bruissonnance ou d’effervescence, à des moments de bascules, d’indécisions… Le site et son histoire cachée, enfouie, des réminiscence historiques, salées, tangibles et invisibles…

Le corps écoutant, au centre d’un paysage sonore panoptique

Saisir, de l’oreille et du magnétophone, les différentes strates sonores intrinsèques du lieu, en tirer des fils du centre vers l’extérieur, et vice et versa, implique une approche physique. Il s’agit de marcher, arpenter, errer, passer d’ici à là, lentement, rapidement, flâner, chercher les fondus, les coupures, les masquages, user le lieu à force d’écoutes, s’en imprégner jusqu’à en faire partie intégrante, s’y fondre comme une particule sonore élémentaire…

On envisage ainsi une multitude de balades, parcours sonores, in situ/out situ… Il nous faut creuser le lieu pour en dénicher la moindre parcelle sonore suceptible d’asseoir une architecture pétrie de pierres et de sons.

http://www.salineroyale.com/

POINTS D’OUÏE – LE SENTIER DES LAUZES

POINTS D’OUÏE

LE SENTIER DES LAUZES

1ère journée, la résistance acoustique des Lauzes

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L’immense plaisir de me poster au cœur d’un Oto Data d’Akio Suzuki, pour moi un très grand maître de l’écoute !

Il est un sentier de randonnée, niché au creux des Monts d’Ardèche que je rêvais depuis longtemps de parcourir, tout au moins d’en découvrir de visu, à bout de pieds, quelques parties. Ce sentier, le Sentier des Lauzes pour le nommer, est un itinéraire de randonnée aménagé, ponctué d’œuvres de différents artistes, dont Akio Suzuki, Gilles Clément, Christian Lapie, Domingo Citsernos…

Invité par Raymond Delepierre, nous partîmes donc, sur deux jours, oreilles et regard à l’affut, en exploration de cette incroyablement belle région, où les points de vue offrent de majestueux débouchés sur des vallées encaissées, des collines escarpés à la végétation méridionale, des sentiers qui nous emmènent de surprises en surprises. Ici la pierre grise, la lauze est reine. Elle est travaillée, assemblée avec un art consommé, pour donner corps à de somptueuses maisons lovées à flanc d’escarpements rocheux, sur le lit de rivières temporairement asséchées, ou sur des promontoires aux vues imprenables. La lauze se décline en d’innombrables murets et pavages qui se fondent dans le paysage pétri de matières minérales où de très vieux volcans se décèlent encore. Il est d’ailleurs très difficile de décrire, pour qui n’y est jamais venu, cette région dessinée autour de la sinueuse rivière de la Drobie

Pour ce qui est de la première journée, si la vue offrait sans retenue moult paysages tous plus enchanteurs les uns que les autres, les sonorités du pays, sans être pauvres, présentaient une certaine résistance à l’oreille. En fait, le paysage sonore n’était pas, a priori, en adéquation avec le paysage visuel. Il était beaucoup plus retenu, discret, intime, presque caché pour une oreille non avertie. Bien sûr, quantité de sources sonores étaient bien présentes, cigales ponctuant l’espace de rythmes presque réguliers et pourtant capricieux, oiseaux, bruissement du vent dans les grands feuillus, voix réverbérées qui montaient de gorges encaissées… L’auricularité du lieu n’était pas, loin de là, indigente. Pour autant, dans une idée de partage d’écoute, je pensais que la mise en place d’un parcours ou d’une promenade sonore, dans la partie où nous étions, était difficile à faire nettement ressentir à un promeneur non initié, non habitué à une écoute profonde, active. D’où mon expression de résistance des lieux qui ne s’offraient pas spontanément à qui les parcouraient, sans une attention très soutenue, une ouverture d’esprit, un état de réception sensorielle presque exacerbé. Sinon, le paysage visuel noierait l’espace sonore de son imposante majesté, ce qui n’était peut-être somme toute pas si grave que cela, tous les éléments d’un paysage ne pouvant pas se montrer ou s’entendre dans un parfait équilibre.

Cette première journée m’a également permis de découvrir de près les sculptures de Christian Lapie (Silence des Lauzes), d’Akio Suzuki, un grand maître de l’écoute (Oto Date) de Domingo Cisneros (Paroles de Lauzes) et de Gilles élément (Belvédère des lichens). Que du bonheur !

2e journée, l’ouverture tympanique des Lauzes

La deuxième journée nous amène dans un splendide village, Dompnac, niché au creux d’une vallée encaissée, à la confluence de trois rivières descendant des collines abruptes, contre lesquelles la petite bourgade et adossée.

Ici, à la différence avec la première partie du sentier que nous avons exploré la veille, tout semble soudainement, à l’oreille en tous cas, s’éclairer, devenir limpide, lisible, presque palpable.

Un coq nous fait découvrir de son fier chant de magnifiques et longues réverbérations portées et entretenues par les collines voisines. Bien que très asséchés dans cette période de grande sécheresse, les ruisseaux animent néanmoins le site à hauteur de deux ponts d’où l’on peut jouer à mixer progressivement les rives droites et gauches par des fondus déterminés via de lents allers-retours entre les deux parapets de pierre. La quasi absence de circulation automobile permet de jouer ainsi sans risques.

Deux belles cloches en campanile de lauzes coiffent l’église attendant de réveiller la vallée de leurs tintements d’airain.

Malgré la chaleur étouffante, des voix s’échappent des maisons où l’on se tient sagement à l’ombre.

Un théâtre de verdure aménagé laisse penser que le site a été prévu pour des représentations de plein-air.

Un banc surplombant la vallée fait office de point d’écoute des plus agréable.

Le site sonne délicatement, très équilibré, véritable entonnoir acoustique qui fait que nous avons l’impression de nous trouver au cœur d’une immense oreille de pierre, construite par le village-même et les collines et vallées environnantes.

Certaines époques, au printemps par exemple, après une période pluvieuse, un orage, doivent voir le site s’animer de bouillonnements et de grondements aquatiques beaucoup plus toniques qu’en cet été caniculaire et desséchant.

Tout ceci n’est pas sans donner des idées désarçonnantes. On envisagerait ici un beau PAS (Parcours Audio Sensible). Tout d’abord un séjour pour ausculter le village de fond en comble, en prélever des sons, les agencer pour une composition sonore qui pourrait être diffusée dans le théâtre de verdure, pour clore par exemple une balade écoute publique. Le site serait également un terrain propice à l’élaboration d’un petit parcours où une signalétique nous inviterait à tester des postures d’écoute, et pour asseoir le parcours, on inaugurerait un point d’ouïe à cartographier et à répertorier dans la liste des petites et grandes merveilles auriculaires naturelles. Il est des lieux qui font rêver l’oreille en même temps que les yeux…

3e journée, ouverture panoramique du belvédère de Beaumont

Nous sommes ici hors du sentier des Lauzes, tout en haut de notre camp de base, dans le très beau village de Beaumont, perché comme son nom l’indique sur une colline dominant un imposant panorama de pierres et de verdure entremêlées.

Un agréable sentier de sous-bois nous amène à la table panoramique de la Croix de la Tourasse d’où nous embrassons du regard quasiment 360°, à un arbre près qui nous cache une petite portion du paysage.

Question – l’oreille jouit-elle du même grandiose effet panoramique que la vue?

Réponse, à priori non, le paysage sonore n’est pas tant s’en faut aussi majestueux et attirant que celui qui s’offre au regard;

Pourtant, en y prêtant attention, le panoramique sonore est bel et bien présent, et qui plus est très riche. Il nous faut pour cela faire l’effort de porter l’oreille au loin, de projeter l’écoute vers les fonds de vallées, les villages, les routes, ne pas se contenter du proche espace acoustique, plus facile à cueillir. Alors on découvre une fine spacialisation sonore où des outils électriques, des sautes de vent chahutant les feuillages, quelques rares voitures, des cigales pointillistes, des chiens au loin, construisent un espace d’écoute qui se plaque délicatement sur le panoramique visuel. Comme pour le premier tronçon du sentier, cette scène acoustique ne se livre qu’avec un peu de patience, d’immobilité, d’attention. Lorsqu’on la découvre, nous prenons ainsi possession d’un immense cercle sonore, que nous écoutons en surplomb, dans une attitude proche de celle convoquée par la « Plateforme des lichens » de Gilles Clément. Le regard et l’oreille dominent, tout en allant pêcher au loin des accroches paysagères reconstituant un vaste théâtre auditif panoramique. Si le paysage visuel est imposant, le sonore lui se fait plus discret, mais reste néanmoins bien présent dans un grand arc de cercle nous positionnant à un focus d’écoutant au centre des sons exactement.

Un grand merci à Raymond Delepierre et Catherine pour m’avoir si gentiment  invité à découvrir tous ces superbes paysages sonores et visuels.

Album photos cliquez ici

http://www.surlesentierdeslauzes.fr/

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APPEL À CONTRIBUTION OHCETECHO

OHCETECHO

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Signalétique point d’ouïe à écho, haut-Jura parcours sonore 1991 – Acirene, Parc du Haut Jura

Vous connaissez un bel écho, un écho multiple, un écho qui a de belles couleurs acoustique, en montagne, en ville, ailleurs… ?
Vous pouvez le situez précisément, éventuellement sur une carte géotagée, vous pouvez en donner la direction ?
Vous pouvez le décrire en quelques mots ?
Et si vous pouvez l’enregistrer : Cerise sur le gateau !

Je suis preneur…
Via Facebook, en MP
Ou via un courriel : desartsonnants@gmail.com
Contacts au bas de la page d’accueil.

merci !

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POINTS SENSIBLES, DE L’OUÏE ET D’AUTRES SENS

POINTS SENSIBLES, DE L’OUÏE ET D’AUTRES SENS

Hier, avec Nathalie Bou, on expérimente un lieu.
Comment le lire ?
Comment l’écrire, le réécrire ?
Comment le partager ?
Du bout des yeux – le regarder, le dessiner, le photographier, se l’imprimer tout au fond de la rétine…
Du bout des doigts – le toucher, le caresser, l’effleurer, en déceler les matières, les rugusités, les douceurs, le conserver au creux de la main…
Du bout des oreilles – L’écouter, l’ausculter, l’entendre, le ranger dans un recoin du colimasson…
Du bout des pieds, le marcher, l’arpenter, le tracer d’orteils en talons…
Et puis, lui surajouter des couches sensibles, des nappes de couleurs, des flagrances sonores, de minuscules reliefs, ou creux, un signe, une intime calligraphie…
Installer un espace, un parcours, une zone décelable bien que pas forcément déterminée, et encore moins figée, travaux en cours, toujours…
Respecter son fragile équilibre, se contenter d’en souligner délicatement des saillances, les absences, des points de vues, ou d’ouïe, dérouter les sens au gré du vent, de l’arbre, de l’eau, du galet…
Partager, ne pas garder pour soi mais fabriquer une multitude de petits trésors, hors coffre, in situ, offerts à tous vents…
Écrire, tenter de retenir, voire de faire naitre, au fil des mots, ce qui pourrait rester trop intangible, éphémère, paysages partagés…

Album

Drée Parcours sensible et Point d’ouïe

Drée Parcours sensible et Point d’ouïe

Festival Ex-Voo, Crane Lab, World Listening Day 2015


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Article original : http://www.echodescommunes.fr/actualite_967_Ex-voO-un-festival-pas-comme-les-autres-inaugure-a-Dree.html

#WLD2015

POINTS D’OUÏE, RÉFLEXION SUR UN PROJET EN CHANTIER

POINTS D’OUÏE

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On tire des fils sonores, on tente de les démêler, ou parfois de les emmêler, de les tresser, de les tisser, ou de les détisser.
Chaque territoire, chaque lieu, chaque site, quartier, ruelle, place, impasse, forêt, lac… est un entrelacis d’une infinité de fils sonores qui n’ont de cesse que de moduler un paysage fuyant. L’espace sonore ne se résoudra jamais à être contenu dans une immobilité figée. L’arrêt sur son serait une parfaite ineptie. Il faut une oreille mobile, un écoutant mobile, pour tenter de construire à la fois une lecture et une écriture des paysages sonores en mouvement. Le concept de points d’ouïe, espace délimité comme un lieu emblématique, fixe, en résonance, en rayonnement avec d’autres points, offre une stabilité nécessaire à l’écoutant, une base repère, un point de référence. A partir de là peuvent se tisser moult trajets, fils d’écoute, reliant éventuellement d’autres points, qui commenceront à asseoir un paysage auriculaire. Le projet points d’ouïe joue sur le paradoxe du resserement en même temps que de l’extension. Resserement dans le lieu, parfois inauguré comme point d’ouïe, resserement dans la démarche, dans la définition de certains outils, activités et concepts, en fonction des lieux. Et en même temps, extension des possibles, des approches, des fils à tirer, à mettre en vibration, comme des cordes invisibles et impalpables tendues sur un territoire d’écoute. Resserement et extension à partir des points d’ouïe, avec effets sonores à la fois centrifuges et centripètes pour l’écoutant, attiré ou poussé vers… Entre points d’ouïe et trajectoires, resserements et extensions, la scène acoustique peut se construire, à chaque lieu et à chaque instant différente, à chaque fois un peu plus riche dans son instabilité chronique. Il y a parfois, sur un nouveau lieu, un découragement ou un émerveillement, sans doute les deux, avant que de trouver, entre le trop peu et la surabondance, un équilibre précaire mais rassurant, lorsque la musique des lieux se met en place, sans aucun effort. Il faut parfois, comme le peintre qui guetterait LA bonne lumière, faire preuve de patience, de modestie et de ténacité face à l’inexorable continuum sonore, savoir entendre le doux chant du ruisseau, du vent dans les peupliers, la buse qui chasse au dessus des collines, la cloche dans la vallée qui rythme l’écoute…. Et c’est ici que le point d’ouïe prend toute son importance.

POINT D’OUÏE – DRÉE EN ÉCOUTE

Inauguration du 1er Point d’ouïe mondial dans le cadre de la World Listening Day 2015 à Drée (21), avec Monsieur le maire Paul Robinat. Événement organisé avec CRANE lab et Desartsonnants, dans le cadre du festival ex-voO ‪#‎WLD2015‬

POINT D’OUÏE – DRÉE EN ÉCOUTE

Inauguration du 1er Point d’ouïe mondial dans le cadre de la World Listening Day 2015 à Drée (21), avec Monsieur le maire Paul Robinat. Événement organisé avec CRANE lab et Desartsonnants, dans le cadre du festival ex-voO

‪#‎WLD2015‬

Drée est un magnifique village de l’Auxois (21) niché dans un vallon. Un petit oasis pour l’écoutant dans un site où l’oreille se sent bien, et où l’on s’entend bien avec son environnement. Il a été le premier site à être officiellement inauguré comme « Point d’ouïe »

Cartographie : Le son d’une promenade sonore ici (cliquez sur le point rouge)

Un texte écrit durant l’arpentage repérage

Après 2H 30 d’arpentage du village de Drée (21), magnifique petite bourgade nichée dans un vallon de l’Auxois, traversée de part en part par un ruisseau serpentent en glougloutant entre de belles maisons de pierre, un beau collectage de sons attends désormais son heure… Dés 7 heures du matin, chaleur oblige, plus le fait que le réveil du village offre de belles perpectives d’écoute matinale, magnétophone en main, je prends le pouls sonore du village. Beaucoup d’oiseaux, hirondelles, passereaux de tous genres, buses chassant majestueusement, inévitables tourterelles, des chiens en colère que je vienne déranger leurs territoires, un extraordinaire fil rouge aquatique offrant une belle collection de glougloutis, un grincement de portail bien sympathique, la cloche de l’église qui vient gentiment secouer l’espace, un bel écho à fland de colline, et un écrin acoustique équilibré offert par ce doux vallon… On s’y sent bien on s’y entends bien… Peu de voix , si ce n’est celle d’artistes (Jesse Graves et Nes Poon) en train de mailler le village de leurs délicats ornements, encore moins de voitures, pour le plaisir de nos oreilles. De placettes en ruelles, de sentes forestières en prairies, le paysage prend forme peu à peu à l’oreille. Nous repérons un point d’ouïe intéressant, c’était un des principaux objectifs de ce repérage. Samedi, nous l’officialiserons publiquement, dans le cadre du festival ex-voO, en l’inaugurant avec Monsieur le Maire, comme le premier marquage d’un large territoire sonore, geste symbolique qui n’aura de cesse de nous rappeller combien de scènes d’écoute, naturelles ou urbaines, peuvent êtres aussi belles que fragiles. Un projet « Points d’ouïe » qui débute ici, dans ce vallon de l’Auxois, en attendant de trouver des échos pour révéler moult autres paysages sonores ici et là…

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Savez vous planter les sons ?

Cliquer pour l’Album photos

INAUGURATIONS DE POINTS D’OUÏE

Inauguration de sites « Points d’ouïe »

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Il existe une reconnaissance une visibilité, un repérage, un inventaire, parfois une labélisation de sites patrimoniaux, architecturaux, voire naturels (UNESCO). De même, nous trouvons également ici ou là des points de vue repérés, des guides et des cartes, des tables d’orientation, des longue-vues permettant d’appréhender un paysage, un panorama remarquable du regard.
Quid du paysage sonore ?
Pourquoi ne pas repérer, signaler, inventorier un site point d’ouïe comme un espace entendu et reconnu comme tel ?
Pour cela, il convient d’officialiser la démarche, d’inaugurer avec des élus locaux des sites d’écoute, de leurs donner une existence concrète en temps que sites auriculaires. Il nous faut alors couper le ruban symbolique, pour ouvrir le paysage à l’écoute, une action qui, au-delà de son caractère anecdotique, singulière, se pose comme une invitation à prendre notre environnement sonore en compte, dans une approche tout à la fois esthétique, sociale et écologique. L’implication d’élus permet, en amont d’une inauguration symbolique, d’entamer une discussion autour du statut du paysage sonore, de sites à protéger, à valoriser, à penser une sensibilisation vers une écoute aiguisée, qualitative, à rechercher une qualité acoustique des lieux de vie… bref, à une approche où l’écoute est posée comme une posture sensible et écologique.
Au-delà de l’inauguration de points d’ouïe, l’inscription de sites dans une cartographie interactive, via des outils et réseaux internet, prolonge le geste en construisant un maillage d’un vaste territoire sonore mondial, entre la singularité du local et l’universalité de l’écoute partagée.

A lire : Une première à Drée (21)